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mardi 3 janvier 2017 - Sleap

Sadistic Intent @ Lyon

Hotel de la Musique - Lyon

Sleap

Benjamin. Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Sleap : Mon arrivée plus que tardive ne me permet pas d’assister aux sets de Purgatory Unleashed et de Grand Bouc Noir assurant la première partie. Je m’en excuse…

Dehuman

Sleap : Dehuman… De mon départ de la maison à mon arrivée à la salle de concert, ce nom m’aura trotté en tête sans trop que je sache pourquoi. C’est en voyant le batteur que tout me revient soudainement. Les Belges ont en effet joué deux fois à Montpellier au cours de l’année précédente. Et il faut croire que l’enthousiasme et la dégaine de leur frappeur – que l’on retrouve également maintenant chez Putrid Offal – m’aura plus marqué que leur musique… Le groupe pratique en effet un Death Metal brut et efficace parsemé çà et là de passages plus techniques et mélodiques. Un mélange qui ne me fait malheureusement pas vibrer plus que cela. Dehuman me fait l’effet d’un groupe dans lequel cohabitent deux écoles de Death Metal qui sonneraient bien séparément mais qui, en l’occurrence, ne donnent rien de bien prenant conjointement. Cette présence de deux influences distinctes – l’une assez old school, l’autre plus technique et moderne –  me laisse donc sur une impression assez mitigée. Je pense me souvenir pourquoi les prestations précédentes du groupe ne m’avaient pas plus marqué que ça.

Sadistic Intent

Sleap : Voici enfin venir l’un des gangs californiens les plus respectés dans le monde du Death Metal. Je n’avais pas vu Sadistic Intent depuis presque deux ans, et le manque commençait à se faire vivement ressentir. Et dans un endroit comme le minuscule Hôtel de la Musique, cela s’annonce une nouvelle fois mémorable. J’avais découvert le lieu en Mai dernier lors de la venue des légendaires Vulcano, et malgré l’étroitesse de la salle, cela s’était avéré très bon.

Et, sans aucune surprise, il en sera de même ce soir ! Le son est même encore meilleur que la dernière fois. Malgré quelques soucis de microphone en début de set, tous les éléments ne tardent pas à sonner distinctement. La boucherie démarre sur une triplette ‘‘récente’’ de la carrière du groupe avant d’enchainer sur des titres issus des toutes premières démos. Et je dois dire que, même si j’attends surtout les vieux titres en live, je prends tout autant mon pied sur les nouveaux Malignant Spirits ou Death is Coming que sur les classiques Lurking Terror ou Existence. Le public n’est en revanche pas aussi déchainé que lors de mon précédent concert du groupe. Les têtes remuent comme il faut, les poings se lèvent, mais pas de véritable pétage de câble. Le seul moment de folie a lieu lors de l’annonce de Conflict Within et son « Joooiiinnn Uuuuuusssss !!! » initial qui suffit à rendre fous plusieurs fans des premiers rangs.

Sur scène, ce sont évidemment les deux frères Cortez qui accaparent l’attention. Le guitariste Rick et son allure Trey Azagthoth (cheveux noirs hyper denses cachant son visage du début à la fin du show), et le bassiste / vocaliste Bay tel un fauve en cage derrière son pied de micro. Pleins de sympathie, les musiciens ne cessent de remercier la cinquantaine de personnes présentes en ce glacial mardi soir dans cette petite salle de Villeurbanne. Ils nous offrent également un bref moment de rigolade lorsque le batteur fait un faux départ sur l’intro de Condemned in Misery (« Condemned…, take two ! »). En plus des classiques Asphyxiation (sans l’intro cette fois) et Ancient Black Earth, le moment le plus intense du concert est pour moi la doublette finale Impending Doom / Funerals Obscure, ou comment achever ce qu’il nous reste de cervicales.

Nous n’aurons malheureusement pas droit à un rappel comme à Paris ou à Rennes (le manque de réaction du public y étant je pense pour beaucoup), mais les Californiens nous auront fait passer un excellent moment en leur compagnie. D’une simplicité et d’une humilité légendaire, toute la bande vient prendre un petit bain de foule et discuter avec différentes personnes à la fin du set. Même après trente ans de carrière, les gars n’ont pas pris une ride et continuent de nous offrir des shows qui renvoient au berceau nombre de formations Death Metal actuelles, et le tout avec le sourire. Même sans un seul full-length à leur actif, les Chicanos de Sadistic Intent utilisent une recette qui marche, et ils ne sont pas prêts de s’arrêter de sitôt. Total respect !