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Album

05/12/16 - ZSK

Almyrkvi

Pupil Of The Searing Maelstrom

LabelVán Records
styleBlack Metal astral
formatEP
paysIslande
sortiemai 2016
La note de
ZSK
8/10


ZSK

"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre."

Le Black-Metal islandais a le vent en poupe en ce moment… MysÞyrming a bien évidemment servi de locomotive mais outre Kontinuum qui était déjà un peu connu, on peut aussi citer Naðra, Svartidauði, ou encore Zhrine repéré par Season of Mist. Bref, il y a de quoi faire et le son si particulier de ces formations insulaires a été vite adopté par les amateurs. Parmi tous ces plus-ou-moins newcomers, il y a néanmoins eu un inaperçu. Il s’agit d’Almyrkvi, qui n’a certes pas de lettre bizarre dans son nom pour se démarquer, mais est un projet parallèle d’un autre groupe dans le giron de Terratur Possessions, Sinmara. Garðar S. Jónsson, guitariste de son état (et qui est par ailleurs bassiste Live de Slidhr), a fondé ce projet pour explorer d’autres contrées musicales. Et si MysÞyrming ou Naðra se distinguent par leur agressivité doublée d’un certain raffinement « à l’islandaise », Almyrkvi va lui nettement plus s’axer sur les ambiances. Des ambiances plus astrales que glaciales. « Black Holes, Cosmos, Darkness », c’est ce qu’on peut trouver sur Metal-Archives à la ligne « lyrical themes ». Il n’en fallait pas plus pour que Ván Records se penche sur la bête pour un premier jet sous forme d’un EP 5-titres, Pupil Of The Searing Maelstrom. Et à l’image du Söngvar Elds Og Óreiðu de MysÞyrming en son temps, voilà à nouveau un premier jet en forme de grosse révélation.

Un premier jet qui nous introduit dans son ambiance mystérieuse avec "Primeval", sorte d’intro de luxe où Almyrkvi choisit tout d’abord de nous bercer avec des mélodies tour à tour lancinantes et épiques, et un chant clair très aérien et surprenant. On monte vers les étoiles sous un ciel bleu, mais quand on finit par quitter l’atmosphère, on se retrouve vite dans le noir astral, aveuglé par la lumière intense des étoiles, criant bien que personne ne nous entende dans l’Espace. "Shrouded in Blinding Light" démarre donc véritablement les hostilités. Almyrkvi y dévoile directement le potentiel de son Black-Metal stellaire mais ténébreux. Riffs rampants et râpeux, batterie martiale, sonorités extraterrestres inquiétantes, vocaux rauques possédés, breaks ambiants cosmiques, atmosphère apocalyptique et chaotique… l’art noir d’Almyrkvi est du genre mystique et aliénant. Plongé dans le noir, on se laisse hypnotiser et emporter. "Currents of Detestation" ne nous laisse déjà plus aucun espoir d’échapper au trou noir ouvert au milieu de la dorsale islandaise, entre trémolos décharnés, batterie tribale des enfers et sons étranges venus d’une dimension maléfique ouverte par mégarde, ou volontairement.

Entre une version moins crue et bien pesante d’un Darkspace, les travaux les plus ambiants d’un Deathspell Omega ou d’un Blut Aus Nord, et surtout une version plus astrale d’un The Ruins Of Beverast, Almyrkvi fait mouche, dans la lignée des Italiens de Lorn mais avec un touché personnel, et pas forcément « Islandais » en définitive. Une belle performance confirmée par les certes plus classiques mais totalement réussis "Feeding the Void" (aux dissonances et effets d’ambiance apocalyptiques très prenants et aux rythmes martelés très entraînants) et "Pupil of the Searing Maelstrom" (plus mélodique et offrant un final dronesque). En prenant le contre-pied de ses collègues insulaires et en choisissant de partir vers les étoiles plutôt que de s’enterrer dans des caves (malgré des éléments tout aussi rocailleux d’un point de vue musical), Almyrkvi se révèle comme un monstre de Black-Metal tendance ambiant, tendance cosmos, tendance chaos et apocalypse. 26 minutes d’une rare noirceur, de la part d’un musicien qui a préféré contempler les aurores boréales plutôt que les volcans, et voici comment on tient une autre vision du Black islandais, qui s’inspire d’autres influences pour livrer un EP particulièrement prenant et aliénant. Un énorme potentiel qui ne demande qu’à être confirmé sur un full-length, pour voir ce qu’a vraiment dans le ventre ce croisement improbable entre Darkspace et The Ruins Of Beverast né sous la neige et la cendre des paysages de l’Islande, le tout vu du Cosmos.

 

Tracklist de Pupil Of The Searing Maelstrom :

1. Primeval (4:41)
2. Shrouded in Blinding Light (5:31)
3. Currents of Detestation (5:50)
4. Feeding the Void (5:18)
5. Pupil of the Searing Maelstrom (4:47)

 

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