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mercredi 13 avril 2016 - Balin

Roadburn 2016 : Warm Up & Jour 1

Poppodium 013, Extase, Cul de Sac, Het Patronaat - Tilburg

Balin

Matthieu, 24 ans, basé à Nantes. Ancien membre d'U-Zine et de Spirit of Metal. Vous me retrouverez pour les chroniques et live reports de divers styles musicaux.

Balin : Eh bien il ne m’aura pas fallu longtemps pour retrouver ce cher Poppodium 013 ! Un petit mois et demi après l’excellent Netherlands Deathfest 1er du nom, me voici donc de retour avec de nouveaux petits camarades pour enfin participer au légendaire Roadburn Festival. Véritable Mecque pour tous les passionnés de Doom/Sludge/Stoner/Psyché/autres, le festival est organisé à Tilburg depuis 1999. Si cela faisait plusieurs années que je lorgnais sur l’affiche totalement indécente de ce festival (allez y jeter un œil, vous verrez…), il ne faut pas cacher que le prix m’en empêchait à chaque fois. Cette année, c’est différent et je compte bien y mettre les pieds, d’autant plus que le festival n’affiche plus sold out en une journée comme il fut un temps (on trouve d’ailleurs plein de tickets à prix réduit la semaine précédant les hostilités). Comble de bonheur, Neurosis fête son 30ème anniversaire lors de cette 17ème édition. Immanquable donc !

On m’avait prévenu, le Roadburn est plus qu’un simple festival, c’est une ambiance que l’on ne retrouve que là-bas, d’autant plus qu’une partie de la ville se met littéralement aux couleurs du festival pour l’occasion. Les rues adjacentes sont ornées de banderoles et d’affiches du festival (photographies, running order…), de bars, de stands de restauration, de petites terrasses aménagées pour accueillir les quelques 3000 festivaliers. Le complexe du 013 ayant été récemment agrandi, il contient cette année la Mainstage ainsi que la Green Room, les deux salles les plus importantes du festival qui accueilleront les principaux grands noms de l’affiche. Il faut y ajouter la Het Patronaat, une ancienne chapelle transformée en salle de concert ainsi que l’Extase et Cul de Sac, deux bars à concerts proches du 013, pour un total donc de 5 scènes. Un système de jetons est mis en place pour l’occasion dans tous ces lieux afin de faciliter l’accès à la boisson et la nourriture pour les festivaliers. Il ne faut enfin pas oublier un bâtiment situé en face du 013 regroupant le merch des groupes assez conséquent ainsi que plusieurs distros (Burning World Records, Svart Records, Van Records, etc…). L’espace conférence se situe quant à lui en bas de ce bâtiment.

Voilà pour le tour d’horizon des lieux, place maintenant à la musique avec tout d’abord un petit retour sur le Warm Up ! Ayant appris son existence quelques jours seulement avant le festival, j’étais ravi de pouvoir voir Bang et The Skull que je n’étais pas certain de pouvoir aller voir au cours du festival pour cause de chevauchement dramatique… Cette soirée, gratuite et ouverte à tous, tombait donc à pic ! Direction donc vers Cul de Sac et sa petite scène en forme de cuvette.

 

Warm Up : Mercredi 13 avril

 

BANG (Cul de Sac)

Balin : Pour ceux qui ne connaîtraient pas Bang, il s’agit d’un groupe américain de Hardrock fondé au début des années 70 et proposant un style fortement influencé par Black Sabbath tout en étant bien moins sombre que ces derniers, qui s’était reformé début 2014. C’est parmi un parterre déjà bondé (une constante durant tout le séjour) que nous parvenons à nous frayer une petite place sur les marches dès les premières notes du concert. Premièrement, le son est à la hauteur, même dans la plus petite salle du festival, cela s’annonce parfait donc (même si je n’en attendais pas moins !) Deuxièmement, le trio emmené par Franc Gilcken, guitariste/chanteur et Frank Ferrara, bassiste/chanteur semble très heureux d’être là. J’ignore s’il s’agit de leur première venue en Europe, mais le groupe remerciera à plusieurs reprises l’organisation et le public tout en soulignant leur plaisir d’être là. Et c’est agréable à voir car on sent bien que les musiciens prennent du plaisir à être sur scène. Ne connaissant que l’excellent album éponyme (1972) ainsi que le suivant (Music – 1973), je vais être servi puisqu’ils piocheront quasi exclusivement dans ces deux opus (Lions, ChristiansThe QueenLast Will & TestamentOur Home…) Le seul petit défaut à signaler serait peut-être le manque de voix du bassiste sur la fin du show, alors qu’il faut souligner la technique du guitariste, notamment sur des leads à n’en plus finir. Une excellente entrée en matière donc !

https://www.youtube.com/watch?v=5O1armN7RtA

 

THE SKULL (Cul de Sac)

Balin : Malgré un rythme de tournée assez soutenu, il s’agit de ma première rencontre live avec ce groupe composé entre autres d’Eric Wagner (chant) et de Ron Holzner (basse), deux des membres fondateurs de Trouble, groupe culte de Doom traditionnel américain auteur d’une poignée d’albums incroyables dans la seconde moitié des années 80 (TroubleThe SkullRun to the Light). Cul de Sac qui porte décidément son nom à merveille semble de plus en plus plein à craquer, mais qu’importe, The Skull commence son set par rien de moins que trois titres de Trouble, à savoir R.I.P, At the End of My Daze (!) et Bastard Will Play ! Ce Roadburn débute sur les chapeaux de roues ! On m’avait prévenu sur le débit d’alcool de ces cinq loubards, mais je suis tout de même impressionné par la descente de certains d’entre eux ainsi que sur le rapport ébriété/justesse dans le jeu, notamment de la part du chanteur. Quel timbre ! Quelle voix juste malgré toutes ces années (et deux paquets de clope par jour minimum vu le ratio…). Le groupe, sourire jusqu’aux lèvres, va finir son set par trois titres de The Skull qui font honneur au Trouble des débuts de la plus belle des manières : The LongingTill the Sun Turns Back et le magnifique For Those Which Are Asleep. Eric Wagner clôturera la prestation en annonçant que le groupe, qui joue tout de même trois fois ce week-end, jouera exclusivement du The Skull le lendemain et exclusivement du Trouble vendredi soir (!). Ceci n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd…

https://www.youtube.com/watch?v=SJ4-cGTmtpA

Je m’excuse pour les fans de Jucifer, mais je n’accroche absolument pas et l’appel du bar était trop fort…

 

Jeudi 14 avril

 

CULT OF LUNA « Somewhere Along the Highway » (Mainstage)

Balin : Jeudi 14 avril. 15h30. Voici le véritable début du festival avec d’entrée de jeu un des évènements de cette édition 2016 : Cult of Luna jouant Somewhere Along the Highway en entier ! Si ce n’est pas mon album favori (Salvation demeurant indétrônable à mes yeux), il fait pourtant partie de mon trio de tête avec Eternal Kingdom. D’autant plus que pour un groupe ayant la réputation d’avoir toujours un son parfait, les voir sur la Mainstage de ce complexe au son inégalable serait forcément une expérience unique. Et ce le fut en tous points ! C’est donc une formation de sept musiciens qui prend possession de la scène avec deux guitaristes/chanteurs, un guitariste, un bassiste, deux batteurs et un machiniste pour interpréter dans l’ordre cet album datant de 2006 désormais devenu culte pour les amoureux du style. Car si les fans du groupe sont habitués à entendre Finland ou l’énorme Dark City, Dead Man sur scène, il est beaucoup plus rare d’entendre And With Her Came the Birds ou Thirtyfour live ! Le son est massif et extrêmement propre (les nombreux passages clean du groupe obligent), la salle est déjà pleine à craquer et le jeu de lights vert est de toute beauté. Fidèle à sa réputation, Cult of Luna frappe un grand coup dès l’entrée du festival ! Le seul regret que je peux émettre concerne l’absence de Waiting For You joué lors des autres dates de la tournée, mais c’est du chipotage… Moi qui étais sceptique de voir ça en début de journée (comme pour d’autres têtes d’affiches étrangement placées en début d’après-midi), cela ne change absolument rien à la magie du groupe sur scène et à l’interprétation de haut-vol dont nous venons d’être témoins. Et ce n’est que le début ! 

Ëmgalaï : C'est avec un des groupes les plus attendus de cette 21ème édition que le Roadburn 2016 a commencé, dès 15h, dans la grande salle du 013. Autant dire que l'émotion fut de la partie dès le début ! Bien que je ne sois pas un fin connaisseur de la discographie du groupe, celui-ci nous fait l'honneur de jouer son 4éme album, Somewhere Along The Highway, en entier, avec un show de lumière époustouflant. Rien de nouveau quand on a déjà vu le groupe en live, et toujours la même intensité et cet art de progression entre les morceaux à la fois mélancoliques et puissants. C'est au bout de quelques minutes à peine que mes attentes en termes de qualité de live furent comblées. Comme beaucoup d'habitués du festival me l'avaient juré, le son est quasi irréprochable, même en étant proche de la scène ou même excentré. 

https://www.youtube.com/watch?v=2CzVcu4LSxY

 

INVERLOCH (Green Room)

Balin : Le marathon ne faisant que commencer, je me dirige en courant vers la Green Room pour pouvoir assister à la fin d’Inverloch. Ce premier clash m’ayant bien embêté, je fus tout de même heureux d’entendre deux titres du nouveau groupe des anciens membres de Disembowelment, formation culte de Doom/Death australien ayant sorti un album incroyable en 1993, Transcendence Into the Peripheral. Mais revenons-en à Inverloch qui a sorti un excellent album en ce début d’année 2016, nous gratifiant par la suite d’une petite tournée européenne avec Usnea et qui s’arrêtait en toute logique au Roadburn. J’aurai finalement droit à un titre de leur premier EP datant de 2012 (Shadow of the Flame) ainsi qu’à l’excellent The Empyrean Torment tiré du premier LP Distance / Collapsed, énorme titre à tiroir de plus de 11 minutes, idéal pour clôturer un set qui avait l’air d’être massif du début à la fin…

 

THE SKULL (Mainstage)

Ëmgalaï : N'ayant pas eu la chance de les voir au Cul de Sac pour le warm up, c'est avec joie que je découvre le groupe du chanteur originel du cultissime Trouble. En effet, le groupe joue toujours sous son vrai nom, avec le guitariste d'origine (entre autres) et le chanteur d'Exhorder remplaçant Eric Wagner. Cependant, The Skull reste la seule chance aujourd'hui d'entendre l'authentique voix d'un des piliers du Doom des années 80. Je me réjouis d'entendre que ce dernier n'a pas perdu grand chose de sa voix, et découvrir les morceaux de l'album For Those Which Are Asleep fut un plaisir. De plus, le groupe interpréta des classiques de Trouble des 90's, moins connus des fans de la première heure. Un bon show Heavy/Doom à l'ancienne, et une bonne introduction au show du lendemain, consacré aux plus grands classiques.

https://www.youtube.com/watch?v=vkKOOxy2K7Y

 

USNEA (Green Room)

Balin : Pas de repos pour les braves comme on dit. Non aucun, car Usnea s’apprête à fouler les planches de la Green Room. Et là pas question d’en louper une seule note. Certes, ils passent à Nantes une semaine plus tard, mais les conditions sonores et lumineuses de la Green Room me font camper près de la barrière en attendant les quatre musiciens originaires de Portland, auteurs d’un second LP excellent, Random Cosmic Violence, qui ravira tous les amateurs de Yob, de Funeral Doom, de voix criardes proches du sludge et des leads lorgnant vers Ahab. Tout un programme non ? Comble de joie, le groupe va concentrer les ¾ de son set sur ce deuxième LP ! Disposant d’un son à la hauteur de la musique jouée, Usnea va nous mettre à genoux durant 50 minutes qui passeront en un éclair, à l’aide de titres comme Healing Through DeathRandom Cosmic Violence ou encore Detritus. Tous ces titres dépassant le quart d’heure alternent entre parties Funeral Doom et passages perchés alimentés par un delay et une reverb très présente, mais également entre la voix bestiale et impressionnante de Joel Williams et la voix criarde de Justin Cory. Vous ajoutez à cela quelques moments où ce dernier tripote son attirail de pédales pour nous faire pénétrer dans une ambiance à la fois planante et agressive. Un savoureux mélange qui fait d’Usnea un groupe original et à suivre sans faute. 

https://www.youtube.com/watch?v=gxKqaZo7OyQ

 

FULL OF HELL (Green Room)

Balin : Nous restons camper dans la Green Room car Full of Hell s’apprête à monter sur scène. Véritable OVNI sur l’affiche du Roadburn au même titre que Repulsion ou G.I.S.MFull of Hell est une formation de Powerviolence/Grindcore/Hardcore épileptique très friande de parties Noise, que ce soit en tant qu’interludes ou en plein cœur des morceaux. Réputés pour être très intenses en live (et pour tourner sans arrêt en ce moment), j’étais impatient de voir ce que les quatre jeunes musiciens avaient dans le ventre. Si j’adore sur album, j’avais peur que les parties Noise soient trop présentes et viennent casser le rythme du set. Et j’avais raison car c’est un peu ce qui s’est passé malheureusement. Trop de cassures, trop de pauses, on ne sait pas trop où ils veulent en venir et c’est dommage car quand ça bourre, ça bourre ! Pas de pit au Roadburn ? Cela a changé apparemment car il semblerait qu’un petit nombre de festivaliers se soit déplacé uniquement pour ce concert ! Une prestation en demi-teinte donc, et je file voir la fin d’Hexvessel après les vingt petites minutes du concert des Américains.

https://www.youtube.com/watch?v=TUdVPC-q-AY

 

HEXVESSEL (Mainstage)

Balin : Hexvessel, formation finlandaise menée par le surdoué Kvohst (Beastmilk, Dodheimsgard, etc) qui se qualifie elle-même de « Psychedelic Forest Folk Rock band », fait beaucoup parler d’elle depuis quelques temps, grâce à deux albums extrêmement réussis et originaux : Dawnbearer (2011) et No Holier Temple (2012). La sortie de leur troisième opus, When We Are Death, était synonyme de nouvelle venue au Roadburn et j’en étais très heureux. J’avais déjà eu la chance de les voir en live à Bruxelles en janvier 2015 et j’en garde un souvenir mémorable. Cependant j’étais quelques peu sceptique à l’idée de les voir lors de cette nouvelle tournée car je dois avouer ne pas avoir accroché au dernier album en date… J’arrive donc dans la Mainstage à la moitié du set et je suis surpris du peu de monde assistant au concert ! Style trop particulier même au Roadburn ? Trop de gens font la queue pour aller voir Oranssi Pazuzu qui s’apprête à jouer dans la Het Patronaat ? Je ne sais guère, mais j’en fus très étonné ! On trouve toujours aux côtés de Kvohst un autre guitariste, une bassiste, un batteur et un homme à tout faire (violon, trompette, claviers). Manque de chance pour bibi, j’arrive après I Am the RitualSacred Marriage ou encore Woods to Conjure et je n’aurai droit qu’à Invocation Summoning, perdu au milieu des titres du dernier opus qui ne me plaisent guère plus que sur album… Dommage.

https://www.youtube.com/watch?v=3cLTx0cBd9E

 

ORANSSI PAZUZU (Het Patronaat)

Ëmgalaï : Après avoir passé les deux premiers concerts sur la grande scène, il est enfin temps de découvrir ce que de nombreux habitués du Roadburn m'ont décrit comme un des atouts majeur du festival : l’Het Patronaat, annexe de la cathédrale située devant le 013 avec ses charpentes en bois et ses magnifiques vitraux. La musique d'Oranssi Pazuzu que je décrirai comme un mélange entre un Black Metal assez torturé rythmiquement, et un psychédélisme obscur aporté par les claviers et autres synthétiseurs, colle parfaitement à l'ambiance du lieu. Bien qu'au début je fus refroidi à l'idée de les voir jouer de jour, les vitraux laissant passer la lumière, l'intensité du show et l'énergie dégagée par les musiciens rattrapent largement le coup. 

https://www.youtube.com/watch?v=vC4HMcLqqko

 

CONVERGE "Jane Doe" (Mainstage)

Balin : Voici venu l’évènement que beaucoup semblaient attendre en cette première journée : le show spécial de Converge qui joue Jane Doe (2002) en entier. Pour beaucoup le meilleur album de Converge, il s’agit sans aucun doute de celui qui les a propulsé sur la grande scène, et ce à juste titre selon moi tant cet album regorge de folie et d’innovations en tout genre. C’est simple, la Mainstage est pleine à craquer et je préfère me placer sur les gradins pour pouvoir apprécier pleinement ce qui s’avère être mon premier concert de Converge ! Ayant une vision parfaite sur l’ensemble de la scène et de la fosse, il est impressionnant de voir à quel point la fosse s’agite dès les premières notes de Concubine, classique joué en live lors de chaque concert, simplement annoncé par Jacob Bannon : « Are you ready for this ? ». Putain que oui ! Certes, j’avais eu de nombreux échos et j’avais regardé un certain nombre de vidéos, mais je reste estomaqué par l’énergie déployée sur scène devant mes yeux. Outre l’hystérique et ultra charismatique chanteur et frontman, Kurt Ballou est impressionnant de maîtrise et de justesse dans des compositions pourtant extrêmement complexes, Nate Newton est comme à son habitude déchaîné et Ben Koller prouve une fois de plus qu’il est un des meilleurs batteurs de la scène Hardcore avec un jeu totalement hallucinant et déstructuré (le bougre headbangue en plus !). Les titres s’enchaînent à une vitesse incroyable et on passe de titres violents et épileptiques à d’autres plus calmes et émotionnels. On s’aperçoit alors à quel point la musique de Converge est variée, originale et complexe. Cependant le point d’orgue est sans aucun doute le dernier titre éponyme, pavé de près de 12 minutes qui fait passer l’auditeur et le public par une large palette d’émotions : la folie, la colère, la tristesse… C’est avec ce final extrêmement intense et magnifique que le quatuor américain (parfois rejoint sur certains titres par leur ami de longue date Stephen Brodsky) laisse la foule de fans et/ou de curieux sur les rotules, mais avec le sourire et pour ma part, l’envie de découvrir plus en profondeur cette entité décidément pleine de surprises.

Ëmgalaï : C'est avec regret que j'ai dû louper la fin du set d'Oranssi Pazuzu pour finalement retourner illico à la Mainstage. Impossible de manquer ce show de Converge jouant un de ses chefs d'oeuvre : Jane Doe en entier. Le set fut à la hauteur de mes espérances, avec Jacob, le chanteur fou furieux, au top de sa forme, courrant de part et d'autre de la scène en hurlant ses tripes, et ces muisciens super carrés... On ne les présente plus. Les morceaux furent enchaînés avec soin en respectant l'ordre de l'album, sans non plus faire du copier coller bête et méchant. Le Roadburn étant évidemment un festival assez élitiste et très spécialisé, l'ambiance y est relativement calme en général, très respectueuse (pas de "A POIL !" entre les morceaux ou de conneries du genre). Cependant j'ai eu peur que cela nuise à des concerts comme celui de Converge, qui contrairement à la majorité, incite vraiment à pogoter et à se déchaîner littéralement (à la manière d'Eyehategod l'an dernier par exemple) ! On revivra un tel moment avec G.I.S.M, mais ça c'est pour plus tard...

https://www.youtube.com/watch?v=VprH43DBW6o

 

PARADISE LOST "Gothic" (Mainstage)

Balin : C’est bien connu, le Roadburn est réputé pour accueillir de nombreux shows spéciaux. C’est donc après Jane Doe jouée dans sa totalité que Paradise Lost entre sur scène pour interpréter un de ses albums phares en entier, Gothic. Eclectisme quand tu nous tiens ! Pour beaucoup de personnes de mon entourage, Paradise Lost est un de ces groupes cultes qui a eu son heure de gloire mais qui est désormais démodé et qui ne mérite plus d’intérêt particulier. Certes, leurs derniers albums ne sont pas vraiment ma tasse de thé, mais j’adore les premiers albums (jusqu’à Draconian Times) et je reconnais l’influence de ce groupe majeur dans un certain nombre de mes écoutes de tous les jours. Et il faut avouer que je l’attendais ce show spécial ! Comme la plupart des groupes ici, le quintet anglais a préparé une vidéo spéciale Roadburn qui sera diffusée durant l’ensemble du concert et je tiens à tirer mon chapeau au réalisateur car ce fut de toute beauté (un peu kitsch par moment certes, mais ça fait partie du décor !). Nick Holmes et sa bande entrent ainsi en toute logique sur le titre éponyme avant d’enchaîner les morceaux dans l’ordre chronologique. Première remarque, le son est comme toujours excellent et les leads de Gregor Mackintosh, pour ma part l’élément majeur du groupe, se font entendre à la perfection. J’esquisserai seulement un petit reproche à ce niveau en ce qui concerne les samples de voix féminines alors que le groupe aurait pu faire appel à une choriste… On enchaîne ensuite en passant par les classiques que sont ShatteredRapture, l’énorme Eternal pour enfin finir par The Painless et son lead qui reste en tête pendant des jours ! La voix de Nick Holmes n’est plus exactement la même en ce qui concerne les growls, mais rien de choquant n’est à signaler ce soir. La salle est bien remplie et j’observe avec joie un groupe de quarantenaires déchaînés devant moi, des fans de l’époque me semble-t-il connaissant toutes les paroles par cœur. C’est aussi ça le Roadburn, et ça fait chaud au cœur. Le groupe revient ensuite interpréter quelques classiques de son vieux répertoire et certains titres plus récents (No Hope in Sight et Beneath Broken Heart). Pour ma part, je suis ravi d’entendre des titres comme Pity the Sadness dédié à Lee Dorian et As I Die tirés de Shades of GodEmbers Fire (Icon) ou encore Hallowed Land (Draconian Times). Si Paradise Lost n’est pas un groupe que j’irais voir en festival pour un show lambda, je suis vraiment heureux d’avoir assisté à pareille représentation. Et pour cela, merci Roadburn !

Ëmgalaï : Cette année 2016 est également l'occasion de fêter le 25ème anniversaire d'un des albums majeurs de la discographie de Paradise Lost : Gothic, joué dans son intégralité donc. Un choix pas très étonnant de la part des organisateurs, mais qui fait d'autant plus plaisir que la plupart des morceaux de l'album n'ont pas été joués en live depuis 1991 ou 1994 ! Malheureusement, je fus assez déçu que le groupe choisisse de sampler la voix de Sarah Marrion qui avait été invitée entre autres sur le premier morceau. Bref, seul point noir d'un set grandiose, l'album fut interprété avec soin, agrémenté d'une belle animation en parfaite harmonie avec l'album, réalisée par Costin Chioreanu, affichiste du festival ayant travaillé avec moult formations Metal.

https://www.youtube.com/watch?v=ocLt8y617Pc

 

ABYSMAL GRIEF (Het Patronaat)

Balin : Dernier concert de cette journée plus qu’éprouvante, Abysmal Grief se produisait dans la Het Patronaat de minuit à une heure du matin, ce qui explique le peu de monde présent pour leur prestation, d’autant plus que cette dernière sera bien retardée de vingt minutes. Si la fatigue se fait ressentir, je tiens absolument à revoir les italiens après la baffe reçue il y a un peu plus d’un an à Rennes. Le quatuor, revenu depuis quelques années à la formation originelle, n’a jamais caché son amour pour le kitsch et le sens du détail et on se trouve encore une fois face à une scène décorée de crânes, de bougies, de cercueils, de fleurs, d’un autel et autres fantaisies en tous genres, sans oublier les traditionnels costumes (costume d’enterrement, cape et j’en passe !). Grand fan du groupe, je n’ai malheureusement toujours pas écouté Strange Rites of Evil, le dernier album en date (2015) et je découvre donc certains de ces nouveaux morceaux joués en live. Rien de neuf sous les cerceuils me direz-vous ! En effet, on retrouve tous les éléments qui ont fait la renommée du groupe, à savoir les claviers très présents (trop pour certains ?), la voix tirée d’un film d’horreur italien des années 70/80 et des riffs simples mais diablement efficaces répétés à l’infini. Je reconnais les classiques que sont Hearse et Crypt of Horror ainsi qu’Hidden in the Graveyard et Chains of Death, la reprise de Death SS ! Il faut savoir que la Het Patronaat est une salle très sensible au niveau des basses et dont le sol est en fait un simple plancher. Il se trouve que les Italiens jouent fort, très fort et que les basses se font fortement ressentir au niveau des jambes, ce qui fera fuir certaines personnes au fur et à mesure du set. Votre serviteur tiendra jusqu’à l’avant dernier morceau avant d’aller trouver un bar pour se poser un peu après cette éprouvante journée. Dommage pour les Italiens, mais les conditions n’étaient pas optimales pour apprécier totalement leur prestation. 

Ëmgalaï : Retour à l’Het Patronaat, pour voir les Italiens d'Abysmal Grief. J'avais beaucoup entendu parler de ce groupe, plutôt rare en live. Je les compare souvent à Acid Witch, de par l'utilisation de claviers par exemple et par un coté magie noire et sorcellerie assez kitsch mais complètement assumé. Un genre de Harry Potter du Doom si on veut faire une mauvaise caricature... Encore une fois, le show colle carrément au lieu, avec la fumée, les bougies, l'odeur d'encens et j'en passe. Un chanteur charismatique alternant son chant solennel avec des nappes d'orgue, mais aussi des mélodies super cliché style train fantôme à Disneyland, un bassiste encapuchoné; tous les ingrédients nécessaires à un groupe occulte... mais pas que !

https://www.youtube.com/watch?v=1RoYTCBha8c