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dimanche 28 février 2016 - Sleap

Netherlands Deathfest - Jour 3

013 - Tilburg

Sleap

Benjamin. Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Blind to Faith

Balin : La fatigue se fait de plus en plus ressentir en ce début de troisième journée de festival, mais pas question de lever le pied, nous aurons le temps de dormir demain. Et quoi de mieux pour se réveiller qu’un concert de Blind to Faith ? Supergroupe ultra rare sur scène de hardcore belge bien vénère et quasi seul représentant de son style sur l’affiche, il n’était pas question de manquer une seconde de leur set. Sachant qu’ils jouent en général 20 minutes, il fallait mieux être à l’heure même si ce fut un des seuls concerts de la seconde salle à ne pas être pleine à craquer, la faute à l’heure matinale mais aussi à la musique proposée. Ne connaissant que les EP The Seven Fat Years Are Over et Under the Heptagram, je fus ravi d’en entendre une grande partie en live, d’autant plus que le quintet possède une grande énergie sur scène, en particulier Stijn, le chanteur au charisme certain. Il semblerait d’ailleurs que certains soient venu juste pour eux à la vue de leur bracelet 1 jour et de leur connaissance de tous les textes de la formation. Enfin bref, un chouette concert qui aura simplement manqué de connaisseurs et de proximité avec le groupe. A revoir donc dans une plus petite salle, mais ça ça n’arrive malheureusement pas tous les jours…

Cenotaph

Sleap : Bien qu'il ne s'agisse pas du groupe mexicain comme nous l'avait laissé présager la première annonce, je suis tout de même content de pouvoir voir les Cenotaph turcs en live. Cependant, les contraintes de cette dernière journée (surement la plus chargée) ne me permettront pas d'assister à la totalité de la prestation. Malgré le peu de public, les musiciens ont l'air heureux de fouler les planches du 013 (salle principale s'il vous plait), et le chanteur se montre assez communicatif malgré son apparence plus ou moins austère. C'est un plaisir d'entendre les titres Consumed By Embryophagy et Paroxysmal Mutation extraits du dernier album en date (le seul que je connaisse assez bien), mais je suis forcé de quitter la salle avant le tout aussi bon Schizoid Acts of Mental Defloration pour ne pas louper le début de Beheaded... J'en garde un assez bon souvenir mais j'espère pouvoir revoir le combo turc dans de meilleures conditions à l'avenir.

Beheaded

Sleap : Et c'est avec surprise que je me rends compte que j'aurais très bien pu rester assister à la fin de Cenotaph... En effet, ce show de Beheaded sera de très loin le moins bon auquel j'aie pu assister. Très court temps de jeu, public totalement passif et setlist presque intégralement dépourvue de classiques...
On a tout de même droit à deux nouveaux morceaux (dans la droite lignée du précédent album), mais pas de Never to Dawn, pas de Broken Thoughts Of Righteousness, et même pas de Recounts Of Disembodiment. Et les Elapsed in the Vortex of Extinction et Where Hours Etch Their Name interprétés dans l'indifférence la plus totale ne m'aident pas à apprécier davantage le set des Maltais. Bref, déception.

Panzerbrume : Je n'ai que peu de souvenirs de la fois où j'ai vu Beheaded, mais je me souviens avoir passé un bon moment. Je me dirige donc vers la petite salle pour voir à quoi ça ressemble quand on est sobre... Bah, j'ai trouvé ça assez décevant au final. Le jeu de scène est ultra aseptisé, et me fait penser à une tentative ratée de faire du grandiloquent à la Fleshgod Apocalypse. Malgré un son plus que correct, les compos ne me touchent pas plus que ça. La voix n'a rien à voir avec l'album, beaucoup plus détachée et moins grasse. Je m'ennuie assez vite, et finis par partir de la salle en milieu de set.

Morpheus Descends

Balin : On continue dans la série des raretés servies sur un plateau d'argent ce week-end avec la première venue en Europe de Morpheus Descends, formation culte de Death Metal américain injustement resté dans l'ombre pour cause de productivité pour le moins faiblarde. Ajoutez à cela Ritual of Infinity, un album incontournable du genre pour les passionés mais sorti en 1992, année où tant de choses bien avaient déjà été dites en la matière... Privé de leur chanteur d'origine pour une histoire de visa, le quintet est donc mené par un jeune remplaçant arborant un joli t-shirt Drawn and Quartered et ne fait pas honte à la formation puisque le bougre dispose d'un sacré growl. Côté attitude, on sent que le groupes est resté bloqué dans les 90's mais ça ne fait pas de mal de voir ça de nos jours. Et quel bonheur d'entendre des Corpse Under Glass, Proclaimed Creator et surtout Immortal Coil, tous issus de l'excellent Ritual of Infinity. Nous aurons également droit à un titre de chaque EP suivant. Seul problème au tableau, les incessants aller-retour du guitariste de gauche pour se réaccorder et l'absence de son du guitariste de l'autre côté. C'est bien simple, il ne sort rien de son ampli... Dommage donc, mais ce ne fut pas cela qui sera parvenu à gâcher ce premier concert européen. On en veut encore ! 

Sleap : Là par contre c'est une tout autre histoire ! La première venue européenne de Morpheus Descends est en effet l'un des événements que j'attends le plus ce week-end. Et bien qu'ils figurent assez bas sur l'affiche, les américains vont avoir le temps de nous interpréter un bon nombre de tueries, à commencer par Corpse Under Glass tiré de l'ultime Ritual of Infinity. Le son massif rend les compos du groupe encore plus lourdes et grasses, un vrai régal. En revanche, ce n'est malheureusement pas Craig Campbell au micro aujourd'hui. Le vocaliste est bloqué aux USA pour une sempiternelle histoire de visa (putain de pays), et c'est donc un remplaçant chevelu qui se charge du chant. Malgré l'apparente timidité et retenue qu'il peut avoir sur scène, son chant n'altère en rien le rendu global des morceaux (et en plus il arbore un t-shirt Drawn and Quartered), 'y a bon !
Au moins un titre de chaque EP est joué, mais la part belle est évidemment faite à l'unique full-length des New-yorkais, avec entre autres Proclaimed Creator et Immortal Coil ! Seul bémol, l'énorme Trephanation est joué en début de set et est complètement amputé. Ce brulot aurait eu tellement plus d'impact en fin de show, mais bon... Hormis ce point, je passe un excellent moment devant Morpheus Descends, et c'est également le cas des musiciens vu leurs nombreux sourires tout au long du concert (mention spéciale au bassiste, quelle classe) !Si certains d'entre vous vont à Dublin pour le Unconquered Darkness en avril prochain, ne les ratez surtout pas !

Decimation

Sleap : Il est temps de remettre les pieds dans la troisième salle pour voir l'un des autres combos turcs du week-end, et pas des moindres ! Decimation figurent en effet parmi les meilleurs groupes de Brutal Death de leurs contrées. Le show a déjà débuté lorsque l'on arrive, mais c'est fort heureusement le titre Gospels in the Exile of the Omnipotent qui s'ensuit. Là encore, nous sommes très peu nombreux à assister à la prestation des Turcs (alors que cette troisième salle sera complètement blindée pour tous les autres groupes qui y joueront)...
On y retrouve aujourd'hui plusieurs membres de Cenotaph, dont le guitariste et le vocaliste, toujours aussi en forme pour leur second concert en même pas 2 heures. Malheureusement, je n'aurai là encore pas le temps de rester bien longtemps avec ce planning surchargé. J'attends tout de même Profane Councils of a Higher Debauchery (autre titre de l'excellent Antehms of an Empyreal Dominion) avant de quitter la salle. Même si ça n'aura pas duré bien longtemps, ce set fut fort plaisant, et il m'aura d'autant plus incité à écouter le ''nouvel'' album (paru en 2014)... Il était temps !

Gruesome

Sleap : C'est lors de mon arrivée en trombe dans la salle principale que j'entends raisonner la BO du culte film Phantasm. Introduction de fort bon aloi pour la bande à Matt Harvey ! Quel plaisir de revoir le vocaliste d'Exhumed au 013 après le concert absolument ultime de Death to All au Neurotic Deathfest 2013. Et comme vous vous en doutez, l'aura de Chuck Schuldiner planera également sur ce concert de Gruesome. En effet, le combo américain est certainement le groupe de Death-worship le plus abouti de ces dernières années. Tout dans l'imagerie, les textes et bien sur la musique rappelle la bande au défunt Chuck (à tel point que l'on crierait presque au plagiat).
Et le groupe est étonnamment très attendu au vu du public enfin réactif ! En à peine un an et un seul album, Gruesome semble avoir converti un certain nombre de personnes, c'est certain. La quasi intégralité de Savage Land est donc interprétée aujourd'hui. De Lepr... euh Gangrene à Open... euh Closed Casket en passant par Spiritua... euh Gruesome. On a même droit à un nouveau morceau : Evil De... euh pardon Dimensions of Horror (bon ok j'arrête, mais c'est tellement flagrant). Musiciens investis menés par un Matt Harvey toujours aussi classe et à l'aise, son excellent et public au top. On a enfin droit à un pit qui ressemble à peu près à quelque chose pour ce troisième jour. Pour agrémenter le tout, le quatuor nous offre une autre reprise de Death (mais une vraie cette fois) avec le titre Born Dead, et nous interprète même l'intro de Leprosy en toute fin de set (quelle frustration) !
En tout cas, Gruesome a clairement confirmé en live ce que l'on pensait du groupe en studio : un projet hommage qui tente de perpétuer l'héritage de Chuck Schuldiner par un autre biais que celui des reprises, le tout avec humilité (« not as good as a Death song ») et bonne humeur. Un sans faute !

Panzerbrume : Difficile de savoir à quoi s'attendre avec Gruesome. Le all-star band (des membres de ExhumedDerkétaPossessed, et l'ancien batteur de Malevolent Creation) a beaucoup fait parler de lui l'an dernier avec la sortie de son album, Savage Land. Et si certains ont crié à l'hommage parfait à Death période Leprosy, d'autres n'y ont vu qu'une énième copie sans intérêt. Personnellement, je fais partie de la première catégorie. Il me tardait donc de découvrir ça en live ! Et clairement, je n'ai pas été déçu. Le groupe revendique ouvertement son amour pour Death, citant Chuck Schuldiner comme seule et unique influence, et affirmant officiellement que Gruesome est un hommage avant tout autre chose, faisant ainsi taire ceux qui leur reprochent un manque d'inspiration. Matt Harvey (à la guitare et au chant) communique beaucoup avec le public, tantôt évoquant ses inspirations, tantôt remerciant le public pour l'accueil chaleureux auquel a droit le groupe. On a droit à la quasi totalité de l'album, globalement dans l'ordre (Savage Land étant bien évidemment ramenée en fin de set), avec un son parfait, une exécution toute aussi réussie, et quelques surprises en bonus. On s'y attendait un peu, mais on a droit à une cover de Born Dead de Death (Leprosy, bien évidemment), magistralement exécutée par le quatuor ! Ce à quoi on s'attendait moins par contre, c'est à un nouveau morceau à paraître sur le prochain album de Gruesome, qui sera inspiré de Scream Bloody Gore ! Dimensions of Horror est une tuerie, et présage du très très bon pour l'année à venir !

Coffins

Balin : Il s'agit du second concert qu'il m'ait donné de voir de Coffins, et pour la première fois en salle dans un complexe pareil, le son va être lourd, très lourd ! Pour ceux qui n'auraient jamais vu Coffins en live, c'est simple, c'est une leçon d'humilité et d'efficacité. Grands prêtres du culte d'Asphyx, le quatuor japonais, toujours emmené par le guitariste Uchino (qui a également été batteur et chanteur ahah), fort d'un nouveau chanteur au coffre incroyable, vont nous asséner de rythmiques doom/death dans sa tradition la plus pure pendant quarante minutes éprouvantes. Le groupe, visiblement attendu, fait forte impression vu l'état de la fosse pendant le concert. Ca headbangue, ça se tape dessus, c'est parfait. Disposant comme à leur habitude d'un son de cochon, les japonais vont tout détruire sur leur passage avec l'aide de leurs grands classiques que sont Under the Stench, Evil Infection en fin de set et l'imparable Altars in Gore. Je suis en sueur mais j'en veux encore ! 

Caacrinolas : Et voici le retour de mes japonais préférés, eux aussi à l’instar d’Haemmorhage ça me fout toujours une banane monstre. Le quatuor si timide et poli en dehors de scène semble toujours se transcender dès lors que les premières lignes de basses se font entendre. Et là pour le coup avec le son du 013 ça ne pouvait que coller. Les passages doomy sont toujours aussi gargantuesques, Jun Tokita le chanteur à beau peser 40 kg tout mouillé son chant reste énorme de profondeur. Rien à dire de plus que ce que les collègues ont déjà déclarés, encore une fois les japonais étaient irréprochables.

Sleap : Troisième fois que je vois Coffins, première fois en salle. Excitation !
Il s'agit en effet d'un de mes groupes japonais préférés (si ce n'est mon préféré), et le quatuor va encore une fois nous offrir une prestation remarquable. Le nouveau chanteur, assez efféminé, assure toujours bien mieux le poste que le précédent vocaliste, et le batteur fait toujours autant marrer avec ses lunettes de soleil et sa tête dans les nuages. Mais celui qui accapare mon attention reste le petit Uchino, yakuza du Death Metal et homme à tout faire chez Coffins depuis la création du groupe. Quelle classe !
La setlist ne change pas trop depuis la fois précédente, avec toujours les highlights sur Under the Stench et Altars in Gore en milieu de set. Mais c'est toujours l'explosion sur le final de Evil Infection qui rend le public totalement fou dans le pit. Pas besoin d'en dire plus, si ce n'est que j'en redemande déjà !

Panzerbrume : Alors, jamais je n'aurais imaginé ça d'un concert de Coffins ! Je m'attendais à un show un peu hypnotisant, limite transcendantal, le côté Doom prenant le pas sur l'aspect Death des compos. Rien n'en fut, à la place ça a été la cour de récréation du début à la fin du concert ! Et vla que ça se bouscule sur Tyrant, que ça se bagarre sur Evil Infection... Niveau scène, les musiciens ont l'air possédés, en particulier Jun Tokita au chant qui, malgré une apparence assez chétive, nous offre un chant particulièrement grave et adapté à l'ambiance des compos ! Bon, j'ai un peu exagéré, on a quand même eu droit à ces passages hypnotisants entre les riffs plus groovy qui ont fait bouger tout le monde. Et encore un excellent souvenir du Netherlands Deathfest !

Antropomorphia

Sleap : LOL

Prout : SATAN

Panzerbrume : What ? Aurais-je raté un truc ?

Demilich

Balin : Mon compère en bas va tout vous dire donc je vous embête pas plus longtemps. C'était quand même super chouette malgré les pains heins (attention spoils).

Caacrinolas :Demilich il y’a 2 ans c’était le groupe quasi impossible a voir, et voila que ce soir là c’était la 3 fois en même pas un an que je voyais le groupe se produire, bien que cela fût longtemps suspendu au fait qu’Antti Boman et son accident de Skate soit incertain quant à la prestation du groupe. Et puis là d’un coup de chapeau voila que Danny Tunker apprends les morceaux en même pas une semaine et que le groupe peut finalement se produire au festival. Une prouesse énorme qu’il faut saluer, bien que venant d’un type qui joue du Spawn Of Possession les yeux bandés ça n’a au final rien d’étonnant. C’est donc pour la première et vraisemblablement unique fois que Demilich s’avançait à cinq devant nous. Le résultat bien que brouillon durant les deux premiers morceaux fut largement à la hauteur, en même temps comment pouvait il en être autrement avec un groupe de cette trempe là ? Antti, que l’on aurait pu croire orphelin de sa guitare s’en est largement bien sorti, n’hésitant pas à combler son absence d’instrument par un charisme à tout épreuve. Un concert atypique donc mais non moins excellent, mais ça c’est presque devenu une habitude avec ce groupe.

Sleap : Il y a un an, je tremblais encore d'impatience d'assister enfin au retour de Demilich sur scène. C'est aujourd'hui la quatrième fois que je les vois en live, et j'avoue être toujours dans le même état. D'autant que la date du jour est assez particulière puisque Antti assurera uniquement le chant. Avec un plâtre au bras gauche depuis quelques semaines, le frontman ne peut pas s'occuper de la seconde guitare. Je suis tout de même assez sceptique puisque le remplaçant n'est autre que le nouveau guitariste d'Aborted.
Et contrairement à mon collègue, mes craintes vont malheureusement se confirmer puisque l'un de mes morceaux favoris (Inherited Bowel Levitation) est joué en premier, et est assez dénaturé par le jeu plus progressif et raffiné du remplaçant. Beaucoup de pull-off et autres subtilités malvenues qui rendent le tout bien moins tordu que sur disque. Antti vient d'ailleurs plusieurs fois ''corriger'' le guitariste pendant les morceaux (toujours de manière détendue et amusante bien sur). Il faut dire que cela doit faire tout drôle au frontman de se retrouver sans sa guitare, il occupe donc la scène comme il peut, souvent avec auto-dérision (quelques pas de danse, etc). Je suis par contre profondément dégouté lorsque Embalmed Beauty Sleep (mon autre titre préféré) est coupé en plein milieu à cause d'une faute, contre toute attente... du batteur ! Sans possibilité de recommencer, bien entendu...
C'est donc un concert assez cocasse de la part des Finlandais. Entre imprévu et humour, le groupe nous aura offert un show que l'on est pas près d'oublier. Je ne boude pas mon plaisir, mais j'avoue ne pas avoir autant apprécié que les précédentes fois.

Panzerbrume : J'avais eu très peur de voir Demilich disparaître de l'affiche quand Antti Boman avait annoncé s'être cassé le bras dans une chute de skateboard un mois à peine avant la date du festival. S'en est suivie une recherche assez infructueuse de musiciens pour le remplacer (tâche ardue s'il en est). SDS, le troisième guitariste de 2005-2006, ainsi que Corpse, bassiste du groupe en 2005-2006 et 2010, ne pouvant pas assurer le remplacement, les possibilités s'amenuisaient, et Antti Boman avait même envisagé de faire retirer son plâtre en avance. De nombreux internautes ont alors suggéré des guitaristes au groupe, et on est passés très près de voir Philippe Tougas (Chthe'IlistBrought By Pain) prendre l'avion depuis le Québec ! Hélas, ce dernier n'a pas pu assurer le remplacement, et la recherche a dû recommencer. C'est finalement Danny Tunker (Alkaloid, ex-Aborted) qui a relevé le défi d'apprendre les riffings alambiqués de Demilich, deux semaines à peine avant le concert ! Durant le concert, Antti Boman n'a pas manqué de remercier ceux qui ont aidé le groupe à trouver le guitariste, levant son plâtre rouge, et rappelant au public qu'un homard ne pouvait pas jouer de guitare. Mais qu'a donné ce remplacement alors ? Tout simplement hallucinant !! En deux semaines à peine, Danny Tunker a réussi un exploit considérable. Si on a pu entendre une note pas exacte par-ci par-là, c'était vraiment occasionnel. La performance était monstrueuse, et il jouait avec une aisance déconcertante les riffs les plus tordus, le tout avec le sourire ! Entre deux blagues, Antti Boman n'a pas manqué de le charrier, insinuant qu'il faisait exprès de reproduire les mêmes erreurs que lui pour l'humilier, ou qu'il n'était pas si bon qu'il en avait l'air ! Hormis un petit couac en fin de set sur Embalmed Beauty Sleep, obligeant le groupe à écourter un peu le set, on a eu droit à une setlist regroupant une bonne partie des meilleurs morceaux, dont les titres ont été donnés en entier par le frontman (bel effort !), avec entre autres The Planet that Once Used to Absorb Flesh in Order to Achieve Divinity and Immortality (Suffocated to the Flesh that it Desired...)When the Sun Drank the Weight of WaterThe Echo et Emptiness of Vanishing (pour ne citer que quelques uns de mes préférés). Le son était un petit peu brouillon par contre, ce qui est assez inhabituel pour la grande salle, et a pu dérouter ceux qui ne connaissaient pas le groupe. Pour ma part, j'ai adoré ! C'était la troisième fois que je voyais les Finlandais en live, et c'était pour moi la meilleure, que ça soit pour la prestation, les interactions avec le guitariste de remplacement, ou le côté "sauvetage de dernière minute" auquel je ne croyais presque plus !

Funebrarum

Balin : Oui j'adore Disma, mais j'aime encore davantage Funebrarum que je n'ai encore jamais vu ! Je suis donc aux anges lorsque Daryl Kahan, seul maître à bord du vaisseau, débarque sur scène avec les quatre jeunes soldats qu'il vient d'engager pour continuer à répandre mort et putréfaction sur cette planète. Comme il me le confiait vendredi soir, Daryl et ses sbires sont heureux d'être en Europe après tant d'absence et le quintet américain débute sur Draped in Silence, tiré du tout nouvel EP Exhumation of the Ancient. Si le son est tout d'abord un peu approximatif, cela s'arrange rapidement pour devenir vite irréprochable, et c'est tant mieux vu la setlist que les américains nous ont concoctés ! Visez un peu : Dormant Hallucination, Into Dark Domains, Grave Reaper (point d'orgue du show), Incineration of the Mortal Flesh ou encore Depths of Misery ! Côté jeu de scène, le chanteur arpente la scène et en impose de sa voix et de sa prestance. Derrière pas de problèmes, ça suit, ça riffe et ça headbangue, rien à dire ! La salle est pleine à craquer et ça fait plaisir de voir autant de gens à fond devant un groupe comme Funebrarum. Mais pas le temps de se reposer sur ses lauriers, ça bouge du côté de la mainstage...

Caacrinolas : Difficile de passer après Demilich me direz vous ? Pas pour un groupe tel que Funebrarum. Bien qu’accompagné d’un line up entièrement nouveau, Daryl et les siens nous ont démontré durant 40 min la réelle définition du Death Metal, celle d’un style lourd, poisseux, et direct.
40 min d’un set qui sera passé à une vitesse incroyable, le groupe enchainant une fois n’est pas coutume un best of de sa carrière avec en point d’orgue l’énorme Grave Reaper toujours aussi flippante d’intensité. Une prestation sans aucun point faible si ça n’est le fait de devoir le quitter avant la fin histoire de ne pas rater la suite.

Sleap : Encore un enchainement de dingue avec Funebrarum dans la seconde salle. Contrairement à beaucoup de mes confrères, je suis content de pouvoir les voir en live à la place de Disma que j'avais déjà vu (bien que j'aime autant l'un que l'autre). Et c'est sur le premier morceau du nouvel EP que débute le concert. Le son, un peu brouillon en début de set, ne tarde pas à devenir tout à fait correct là où je suis placé. La salle est presque aussi blindée que pour Magrudergrind la veille, une ambiance suffocante qui sied ma foi assez bien à la musique du groupe.
Sur scène, c'est clairement Daryl Kahan qui accapare l'attention. Le vétéran a l'air très en forme pour le show de ce soir et ne cesse de se déplacer et même de sauter. Au moins deux morceaux de chaque album sont joués (dont les excellents Incineration of Mortal Flesh et Depths of Misery en final), mais c'est véritablement sur Grave Reaper, tiré du split avec Interment, que la plupart des fans pètent un câble. Pour le reste, le nouvel EP est quasiment joué en intégralité, un excellent avant-gout ! Mais à peine le concert est-il terminé qu'il faut déjà enchainer avec le suivant dans la grande salle... Ce festival me tuera !

Asphyx

Balin : Tout comme mon ami Sleap, je commence à en avoir marre de faire des live reports d'Asphyx car je dis toujours la même chose : attitude au top, efficacité maximale, son excellent, public totalement fou, setlist parfaite même s'il en manquera toujours... Alors vous imaginez un concert chez eux dans une salle pareille ? Ahah c'était la folie avec un début en trombe sur Vermin, puis on passe des M.S. Bismarck et Deathhammer toujours aussi efficaces et rentre dedans aux rythmiques plombantes à s'en décrocher la nuque de Wasteland of Terror, The Rack et Last One on Earth (trio final gagnant validé monseigneur). Vous ajoutez à cela Into the Timewastes issu du petit dernier, Death the Brutal Way de l'avant dernier opus et le classique Asphyx (Forgotten War) ainsi que des sourires et des bières et vous aurez un très bon aperçu de ce que fut ce show des légendes hollandaises le week-end dernier. La grande classe ! 

Caacrinolas : Oui parce que la suite c’est ni plus ni moins qu’Asphyx et Asphyx à la maison c’est toujours un événement en soit. Comme d’habitude c’est bel et bien Vermin qui fait office d’introduction à la messe qu’Apshyx va donner ce soir là. Certains groupes ne déçoivent jamais, certains groupes sur lesquels l’âge ne semble pas avoir d’emprise, Asphyx est de ceux-là. Un son toujours impeccable, un frontman parmi ce qui se fait de mieux en matière de charisme, et puis bon comme Asphyx n’a pas de mauvais morceaux on ne peut jamais être déçu du groupe. Ca en devient presque gênant, à tel point que j’en deviendrais curieux de savoir ce que donnerait un mauvais concert d’Asphyx. Mais bon comme ça ne semble pas près d’arriver, on se tait et on admire encore une fois la leçon donné ce soir là par les bataves.

Sleap : Alors je vais faire court, parce que ça fait un paquet de fois que je me répète... Attitude identique, setlist identique, public identique, son identique. Bref, c'est parfait !
Nombreux sont les groupes pour lesquels le coté ''toujours pareil'' serait nuisible, mais avec Asphyx c'est tout le contraire. C'est exactement la même chose que la fois précédente, et on en redemande ! Je n'aurais pas dit non à un petit Scorbutics mais je chipote, une pure tuerie !

Panzerbrume : Bon ben comme d'habitude avec Asphyx. On arrive fatigués, on prend une bonne dose de tueries par les Merchants of Brutality, et on ressort requinqués pour la suite du fest ! Et comme d'habitude avec Asphyx, on connait les morceaux par cœur, ainsi que la setlist (qui il faut bien l'avouer n'évolue pas des masses), mais c'est pas grave. J'ai hélas dû écourter Last One on Earth pour pouvoir me frayer un chemin vers Entrails, mais bon, on les reverra, et ça sera encore une tuerie !

Entrails

Panzerbrume : Entrails, c'est un peu des mini-Bloodbath dans mon cœur ! Du coup je ne pouvais rater cette première occasion qui m'était offerte de les voir, surtout pour la toute dernière date de deux des musiciens du line-up de résurrection du groupe en 2008 : Jocke Svensson (basse, chant) et Adde Mitroulis (batterie, chant) ! Ces derniers feront d'ailleurs leurs adieux au public en milieu de set. J'avais quand même un peu peur du résultat car pour moi Obliteration n'est clairement pas au niveau des albums précédents. Peurs vite effacées, une bonne partie de la setlist provenant de The Tomb Awaits, mon album préféré du groupe ! On a donc droit aux classiques Eaten by the Dead, To Live is to Rot, et surtout à putain de Crawling Death !! Super show, les musiciens étaient motivés comme il faut, un peu moins de fumée que pour les concerts précédents (pas trop non plus), et un son impeccable, bien craquant comme il faut pour magnifier un concert de Death Suédois ! Bref, bien content d'avoir vu ça, mais je dois m'en aller après Voices pour me placer pour Autopsy.

Autopsy

Balin : Attention mesdames et messieurs, voilà le moment que tout le monde ou presque attendait. Etant donné que Sleap va tout vous raconter, je vais être très bref. Petit moment d'émotion pour ma part car c'est la seconde fois que je vois le combo américain, la première fois étant ce concert absolument grandiose du Neurotic Deathfest 2011 dans cette même salle où Chris Reifert et sa bande nous avait offert 1h30 de leçon de Death Metal. Et bien c'est simple, on reprend ici les mêmes et on recommence (avec 10 minutes en moins, certes...) Je ne vais pas m'attarder sur la setlist ni sur l'ambiance dans la fosse, mais sachez qu'Autopsy a encore une fois mis tout le monde d'accord. La très grande classe, encore une fois ! 
Ridden With Disease ! Urgh ! 

PS : Il semblerait qu'Eric Cutler ait également beaucoup apprécié le festival étant donné qu'il fallait pas moins de trois personnes pour le porter jusqu'à son hôtel après les concerts ahah ! 

Caacrinolas : Bon autant crever l’Abscess directement, le reste de l’affiche aurait pu être constitué de metalcore, de Chrishammercore ou de Crabcore que je serais quand même venu, les yeux bandés, et sans aucun souci. Pourquoi donc ? Tout simplement parce que le meilleur groupe de death de l’histoire était présent en tête d’affiche sur le fest. Autopsy.
Autopsy est bel et bien là devant moi, pour la troisième fois ils sont là. Et dès les premières notes de Twisted Mass of Burnt Decay j’ai tout simplement oublié ce qui m’entourait, amis ou pas, vide moi ta bière et observe les maitres, voire LE maitre. Car oui si Autopsy s’est imposé bien évidemment grâce aux riffs si poisseux de Danny Coralles et Eric Cutler, c’est avant tout sur Chris Reifert que mes yeux se sont majoritairement posés durant ces 70 minutes bien trop courtes pour un groupe de cet acabit.
Bon la set list je vous fais pas le coup hein, évidemment tout les tubes ou presque y sont passés même si personnellement je n’aurais pas été contre un Dark Crusade ou un petit morceau de Macabre Eternal mais qu’importe, les dieux sont venus, ils ont donnés une leçon et sont repartis non sans un tonnerre de bruit pour la légende qu’il représente, j’ai mis 5 ans avant de les revoir, j’espère juste ne pas devoir en mettre 5 de plus.
Impossible de finir de plus belle manière un festival parfait sur tous les points dont la seconde édition est d’ores et déjà cochée dans mon agenda.

Sleap : Et voilà enfin la principale attraction de cette première édition du Netherlands Deathfest. Le retour tant attendu de Autopsy en Europe pour une unique date en 2016.
La grande salle est pleine à craquer, et dès les premiers coups de Twisted Mass of Burnt Decay, c'est l'apocalypse. L'intégralité de la fosse se met à bouger dans tous les sens, avec un pit digne de ce nom en son centre. Les Californiens ont bien compris ce que le public attend et nous interprètent un nombre incalculable de tueries des deux premiers albums. In the Grip of Winter, Ridden With Disease, Service for a Vacant Coffin, Torn from the Womb, Gasping for Air... Argh !!! Entre deux grognements, Chris Reifert fait d'ailleurs plusieurs blagues sur le « très apprécié » album Shitfun. Une bonne humeur constante qui contraste à merveille avec l'intensité des morceaux. La paire de guitaristes Cutler / Coralles est d'une classe absolue, mais rien à faire, c'est vraiment le batteur / chanteur / frontman / humoriste / buveur de bière qui accapare l'attention.
Le premier album est quasiment joué en intégralité, avec une fin de concert cataclysmique sur Severed Survival / Critical Madness / Stillborn (pas joué depuis 20 ans) / Charred Remains / Pagan Saviour / Embalmed. J'aurais bien aimé entendre Disembowel et certains autres titres de Mental Funeral comme Slaughterday, Dark Crusade ou Retribution for the Dead mais c'est encore du chipotage. Tant sur scène que dans la fosse, le concert est dingue.
Je n'avais pas connu d'ambiance aussi intense depuis Bolt Thrower. Il s'agit vraiment de ce genre de show de Death Metal où absolument tout le monde devient fou, du premier au dernier rang. Très peu de groupes sont capables d'électriser autant le public. Autopsy est grand, très grand ! À quoi ça sert de faire d'autres festivals en 2016 quand on a déjà vécu les concerts de l'année dès février, je vous le demande !

Panzerbrume : Oh putain !!! Ok, ça rentre dans le top 5 des meilleurs concerts de ma vie, facile. Ma plus grosse branlée depuis Bolt Thrower ! Pour le reste, lisez les deux gars du dessus, ils ont raison !

Severe Torture

Sleap : Malgré cela, je décide tout de même de continuer le marathon jusqu'au bout (je m'étonne moi-même)... Mais Severe Torture reste un de mes groupes hollandais préférés, et c'est toujours un carton en live.
J'arrive sur l'excellent Grave Condition, et à mon grand étonnement, le pit est ultra violent, même après le concert dantesque d'Autopsy. Ça bouge du début à la fin, et il y aura même deux types en sang qui quitteront le pit pour mieux y revenir quelques minutes plus tard !
Pour le reste, la setlist ne change pas beaucoup avec toujours un peu de chaque album : Mutilation of the Flesh, Feces for Jesus et un final sur End of Christ et son riff de fin hyper catchy. Des musiciens très énergiques et un publique qui l'est tout autant, je n'aurais jamais pensé ça après un concert tel que le précédent !

Interment

Balin : Je suis fatigué, je suis saoul mais je suis heureux. Et c'est avec un excellent concert d'Interment dans la salle Her Patronaat que ce festival va s'achever. Troisième fois que je vois les suédois, mais rien à faire c'est toujours efficace et excellent à défaut d'être novateur et original. Le groupe va d'ailleurs jouer de nombreux extraits du nouvel opus qui sonnent plutôt bien en live (de toute façon c'est dans la lignée directe de ce que le groupe propose depuis vingt ans !) L'ambiance est déjantée dans la fosse et le nombre de slammeurs semble irrité le second guitariste de la bande. Johan Jansson, toujours le sourire aux lèvres, mène sa barque comme un chef et nous assène de brûlots swedish avec Torn From the Grave et les obligatoires Morbid Death et Nailed to the Grave pour finirC'est bon on va faire dodo là ? Ah bon le bar est encore ouvert... Bon bah ok, on va au bar ! 

Sleap : J'arrive à pénétrer dans la troisième salle déjà remplie avant que les vigiles ne bloquent l'entrée. Même si ça fait déjà quatre fois, je suis content de revoir Interment, bien que je sois complètement exténué. Mais là encore, ce n'est pas le cas du public. Le pit sera une nouvelle fois très mouvementé du début à la fin. Même à bout de force, l'ambiance me redonne donc un coup de fouet. Je prends mon pied sur Torn From the Grave ou Morbid Death, mais les nombreux titres extraits du nouvel album volent presque la vedette aux classiques, au vu des réactions de l'audience. Au final, bien que je n'aie plus de jambes, ni de pieds, ni de cerveau, c'est certainement mon meilleur concert d'Interment. J'ai bien fait de rester jusqu'à la fin !

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Sleap : Verdict ? En ce qui me concerne il n'y a pas de surprise : c'est tout simplement le meilleur festival auquel j'aie assisté jusqu'à présent. Le complexe du 013 (agrandi et amélioré pour l'occasion) m'aura un peu déçu au niveau du son sur certains groupes par rapport aux années précédentes, mais il surclasse tout de même largement toutes les autres salles où j'aie pu aller. Le public s'est en revanche montré bien plus réactif que lors des éditions du Neurotic Deathfest. Un vrai plaisir de voir enfin bouger tout le monde sur les groupes adaptés (et pas simplement tourner en rond comme des mongols). La circulation reste encore un problème à certains endroits, mais cela reste heureusement moins dense que dans d'autres complexes ou salles... Enfin, le principal point fort de ces Deathfests (Maryland, California et maintenant Netherlands) reste évidemment l'affiche. Pour ma part, je serais presque allé voir la totalité des groupes si c'était possible, tant 90% d'entre eux me plaisaient. Malheureusement, enchainer autant de tueries en 3 jours sans presque aucune pause est totalement irréalisable. J'en viendrais presque à demander plus de groupes nazes pour avoir le temps de me reposer... Sans déconner, des journées aussi intenses devraient être interdites ! Bref, je n'épiloguerai pas : meilleur festival du monde. L'hôtel est déjà réservé pour 2017 !