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Album

20/12/15 - S.

Bekëth Nexëhmü

De Svarta Riterna

LabelAncient Records
styleAmbiant Black Metal
formatAlbum
paysSuède
sortieseptembre 2014
La note de
S.
8.5/10


S.

A la lecture du nom vous vous attendiez à un énième projet des Black Legions, sorti du chapeau ? Eh bien c’est raté. Malgré tous les trémas, Bekëth Nexëhmü n’a rien à voir avec le groupuscule français des années quatre-vingt-dix. C’est sur d’obscures terres suédoises que cette entité est née en 2010 et a à son actif plusieurs sorties, essentiellement des démos. Aujourd’hui, je vais vous parler de « De Svarta Riterna », son troisième méfait. A l’origine, l’œuvre était sortie en format cassette chez Ancient Records, puis en vinyl chez Mysticism Productions, ces deux labels étant intimement liés. Autant dire des objets assez confidentiels, d’autant plus qu’aucune communication n’avait été faite.

Finalement, le label Allemand Darker Than Black (tenu par les frères Möbus) a obtenu l’autorisation de rééditer la démo en version CD, ce qui la rendit déjà plus accessible. C’est grâce à tout ce cheminement qu’elle est venue jusqu’à mes esgourdes, avec ce sentiment d’avoir trouvé une perle rare.

Très peu d’informations sont disponibles au sujet de Bekëth Nexëhmü. Son géniteur, un certain Swartadauþuz, s’inscrit dans le respect le plus strict du True Black Metal en terme d’imagerie et d’univers : photos à la Darkthrone période Under a Funeral Moon dans le livret (ou plutôt le dépliant) fourni avec le CD, renseignements réduits au minimum, aucune présence sur Internet et une couverture mystérieuse avec cette forêt enneigée qui semble avoir été prise de nuit au flash, ornée d’inscriptions runiques sur le pourtour. Mais ce Swartadauþuz est un microcosme à lui tout seul, puisqu’il possède d’autres projets tout aussi undergrounds et d’une qualité rare : Azelisassath, Grav, Helgedom, Urkaos…etc, pour ne citer qu’eux. Je vous reparlerai de tout cela un jour, en attendant, revenons-en à nos moutons.

Ce De Svarta Riterna commence avec une introduction ambiante, permettant d’établir le décor à la fois macabre et mystique, qui va perdurer tout au long des quatre monolithes qui le composent. Lorsque retentissent les premières notes de Black Metal, on est d’abord surpris par la qualité de la production. Si j’ai pu évoquer précédemment le côté « true » sur le plan visuel ou de la démarche, la musique développée par Swartadauþuz n’est en rien « raw ». Au contraire, les compositions regorgent de richesse avec ces guitares qui s’entremêlent, distillant un front sonore puissant et conquérant, avec ce qu’il faut de réverb’ pour accentuer le côté glacial. Si le rythme est globalement soutenu la plupart du temps, on notera la part réservée aux interludes ambiants, complètement magiques et intemporels, comme le final de « Hels frusna nejder » ou l’intro de « Jörmungandr »
La sonorité de la production et la qualité de l’enregistrement sont les grands points forts de l’œuvre et constituent la marque de fabrique de Bekëth Nexëhmü : les guitares sont très aériennes, la batterie présente un jeu d’une grande profondeur, la basse sait se faire entendre et la partie vocale semble provenir d’un énergumène pris de démence ; tous ces éléments forment un tout cohérent et contrasté. Le plus bluffant dans l’histoire, c’est que tout est vraisemblablement le fruit d’une seule et même personne. Mieux encore, à en croire le texte à l’arrière de l’artwork, cette démo aurait été écrite et enregistrée en six jours seulement.

Bekëth Nexëhmü est un projet stupéfiant et cet opus en est une preuve. Une incroyable atmosphère émane de cette galette. Une sorte d’étincelle dans un monde complètement noir. Amateurs d’Ambiant Black Metal à la Paysage d’Hiver ou, moins connu, à la Murmuüre, je ne peux que vous le recommander.

Tracklist :

1. Fenrisulvens käftar
2. Hels frusna nejder
3. Jörmungandr
4. Nidhöggs härkomst