Live reports Retour
samedi 8 août 2015

Brutal Assault 2015 - Jour 4 (+ afterparty)

Open Air - Jaromer

Sleap

Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Mercredi 5 et jeudi 6 dispos ici !
Vendredi 7 aout dispo ici !

SAMEDI 8 AOUT

Sleap : Cette édition 2015 du Brutal Assault se termine en apothéose avec cette quatrième et dernière journée de festival qui est sans nul doute la plus chargée de toutes. Nous avons aujourd'hui une quinzaine de groupes à voir (sur quatre scènes différentes) ainsi qu'une exposition de David Glomba (Teitan Arts) dans la galerie aménagée. Et en plus de ça, il faut que la mise en vente des tickets pour le Netherlands Deathfest 2016 tombe également aujourd'hui, quelle journée...

Blood Red Throne

Sleap : Bloqués au coin VIP à spammer la touche F5 du PC pour enfin acheter notre pass pour le festival susnommé, c'est avec près de 30 minutes de retard que nous arrivons au concert de Blood Red Throne. En plus de jouer très tôt (11h du matin) et donc d'avoir un temps de jeu assez restreint, le groupe a manifestement interprété ses meilleurs titres en début de set (avec notamment une ouverture sur Arterial Lust)...
Le temps pour moi de constater que le second gratteux continue de poser avec sa bouteille de Jack Daniel's, que le nouveau chanteur est toujours aussi inadapté au groupe et que, cerise sur le gâteau, il n'y a carrément plus de bassiste. Je ne trouvais pas le remplaçant bien convainquant, mais aucun bassiste sur scène est tout simplement inacceptable, surtout pour un groupe comme Blood Red Throne... Même le final sur Mephitication s'avère donc extrêmement faible en cette fin de matinée. Moi qui espérais un show moins décevant qu'au Wacken le week-end précédent, c'est raté.  

Balin : Blood Red Throne est un groupe que j'ai adoré pendant de nombreuses années avec pour point d'orgue deux shows absolument énormes lors de mes deux premiers Neurotic Deathfest (2011 et 2012) et grâce à des albums vraiment terribles (Altered Genesis et Monument of Death en tête). Pourtant je dois avouer que je n'en écoute plus du tout et ce depuis déjà quelques temps. Je me décide tout de même à me rendre au concert malgré les avertissements plutôt négatifs de mon compatriote. Et il s'avère que le bougre avait raison ! Outre l'absence de bassiste (pour un groupe comme le combo norvégien qui accorde une énorme place à l'instrument, c'est un peu con... Vous auriez vu que le break d'Arterial Lust a tout de suite bien moins d'impact !), le nouveau chanteur que l'on croit tout droit sorti d'un énième groupe de deathcore immonde est vraiment insupportable. Ajoutez à cela une chaleur torride (40 degrés) et une gueule de bois de la veille et vous obtenez le pire concert qu'il m'ait été donné de voir des Norvégiens. Dommage car le son était excellent et la setlist de qualité.

Psycroptic

Sleap : Histoire d’enchaîner les déceptions, je me déplace vers la scène de droite pour assister un peu au concert de Psycroptic. Cela fait 2 ans que je ne les avais pas vu en live et mon intérêt pour le groupe a, depuis, fortement chuté.
Je constate tout d'abord que le chanteur studio est maintenant de retour sur scène. Son remplaçant tchèque (le frontman de Godless Truth) est d'ailleurs présent sur le coté de la scène. Et j'en viens presque à regretter ce dernier tant les vocaux Hardcore du chanteur principal m'insupportent. Qui plus est, on a uniquement droit à des morceaux des derniers albums, histoire de me dégoûter encore plus... Les deux frères Haley (guitare / batterie) sont toujours impressionnants de maîtrise et de technique, mais le rendu musical est beaucoup trop indigeste pour moi. Le nombre de breaks, interludes et passages groovies est bien trop important pour un groupe comme Psycroptic. C'est bien de vouloir composer des morceaux catchys, mais le Technical Death est un genre qui doit tout de même rester un minimum complexe et travaillé. Et le peu de présence scénique des membres et le public mal réveillé ne rendent pas ce concert plus attractif. Bref, je préfère m'épargner la suite. Encore un groupe qui ne me fait plus aucun effet, même en live. Décidément, la liste s'agrandit...

All Out War

Sleap : N'ayant rien d'autre à voir après les deux déceptions précédentes, je me rends donc au concert d'All Out War les mains dans les poches. Ne connaissant pas encore la formation américaine, je suis tout de même moyennement emballé en voyant la description « New York Hardcore » (branche du Hardcore ne m'ayant jamais fait vibrer). Mais le lobbying d'une bonne partie de mes collègues français à propos de ce groupe me motive tout de même à rester assister au show.
Et quelle surprise ! Le quintette new-yorkais pratique en fait un Hardcore '90s fortement teinté de Thrash. Et ce coté Crossover est clairement l'élément qui me séduit le plus dans la musique des 'ricains (la scène Hardcore des 90s n'étant pas particulièrement mon fort). Le riffing fait indubitablement penser à du Slayer en slow-motion, donnant envie de tout casser autour de soi. Certains y verront un simple enchaînement de breaks ultra lourds (et c'est souvent le cas), mais le groupe nous concocte également de nombreux passages Skank beat ou D-beat bien sentis qui viennent donner un coup d'accélérateur aux compos. Le frontman, à la dégaine typiquement NYHC, possède une voix assez éraillée qui s'éloigne quand même pas mal des standards du genre susnommé. Celui-ci est d'ailleurs très charismatique, tout comme ses confrères guitaristes et bassiste (aux t-shirts Discharge ou Amebix, ces mecs ont tout compris). Le seul défaut notable est encore une fois le manque flagrant de public en ce début de journée. Mais cela ne réduit en rien la qualité de la prestation d'All Out War. Excellente découverte (je laisse l'ami Balin vous en parler plus en détails) !

Balin : Bah au final t'as déjà dit l'essentiel mon grand ! C'est vrai que c'est loin d'être les conditions idéales pour voir un groupe comme All Out War en live mais franchement, ça tuait ! Il y avait tous les copains, il faisait beau (non, bien trop chaud) et il n'y avait pas beaucoup de monde (et donc pas de circle pit caca-prout même si ce n'était clairement pas un pit de hardcore). Je suis loin de connaitre la discographie du quintet sur le bout des doigts, mais le groupe pioche autant dans le premier opus que dans le dernier EP en date, Dying Gods. Il manque quelques classiques à l'appel, et pas de reprise d'Amebix en fin de set comme à l'accoutumée pour cause de setlist de festival, mais un très bon premier concert du groupe pour ma part. Et je les revois le week-end suivant au Motocultor, O joie.

Defeated Sanity

Sleap : Retour au Death Metal avec l'une de mes principales attentes du week-end. Cela fait plus de 2 ans que je n'avais pas vu Defeated Sanity en live et je suis déjà tout excité à l'idée d'en reprendre une couche. Surtout qu'il s'agit là d'une des toutes dernières dates avec Konstantin Lürhing au chant.
Les allemands débutent le set sur le dernier album et sèchent toute l'assemblée (avec notamment Verblendung et sa furieuse intro de basse). Defeated Sanity fait en effet partie de ces rares groupes de Brutal Death dont absolument tous les musiciens sont hallucinants à voir en live. Le chanteur a l'air assez crevé en ce dernier jour de festival mais ses vocaux restent toujours aussi profonds et dégoulinants. Outre les enchaînements d'accords complètement inhumains des guitariste et bassiste, c'est surtout le jeu de batterie de Lille Gruber qui retient souvent mon attention. Ce dernier est pour moi l'un des meilleurs batteurs de la scène Death Metal européenne actuelle, et le revoir à l’œuvre aujourd'hui me conforte assurément dans cette position. La violence de certaines de ses parties blastées couplée à son touché subtil et délicat lors des multiples accélérations / décélérations est tout bonnement ahurissante à contempler. De plus, les nombreuses structures rythmiques progressives de Defeated Sanity renforcent le coté très jazzy du style de Gruber (et quel jeu de cymbale, mes aïeux !). Mais histoire d'aérer cette déferlante de brutalité, le groupe n'hésite pas à nous interpréter des titres beaucoup plus catchys et dansants à l'image du classique Engulfed in Excruciation et ses Slam parts super bien dosées, ou du nouveau titre Generosity of the Deceased au feeling beaucoup plus old school et rentre-dedans. Même si je n'aurai pas droit au terrible Hideously Disembodied, je suis tout de même aux anges lors de la doublette Stoned then Defiled / Engorged with Humiliation (extraite de mon album favoris Psalms of the Moribund). Le parfait équilibre entre la lourdeur Brutal Death et la maitrise technique ! Avec un son toujours aussi exemplaire et un temps de jeu plus conséquent que la précédente fois, ce concert de Defeated Sanity entre sans nul doute dans mon top 3 du week-end.  

Balin : Place désormais à l'élite du Brutal Death européen. En effet, je considère Defeated Sanity comme le meilleur groupe du genre du vieux continent et ce n'est pas aujourd'hui qu'ils vont me faire mentir ! Il fait pourtant de plus en plus chaud mais ce n'est en aucun cas une raison pour que je manque la seconde prestation du quatuor qu'il m'ait donné de voir. Sleap a déjà tout dit mais je me dois d'insister sur la qualité du son ainsi que sur la très bonne setlist (malgré le fait qu'ils aient occultés entièrement le premier opus et que seulement deux titres de Psalms of the Moribund furent joués en cet après-midi ensoleillé). Mais que voulez-vous, la machine de guerre allemande assure comme une bête, Lille Gruber m'en met plein les oreilles (et accessoirement les yeux), les titres de l'excellent dernier opus passent à merveille en live, Konstantin assure parfaitement dans son rôle de frontman (bien que ce soit ses dernières heures au sein du combo, le bonhomme préférant partir se consacrer entièrement à son premier bébé, le pourtant très anecdotique Despondency, en autres). Bref je m'arrête là car je ne ferais que répéter ce que mon compère a déjà dit. Un excellent concert donc, parmi les meilleurs du week-end !

Setlist :

1. Verblendung
2. Stoned Then Defiled   
3. Engorged With Humiliation 
4. Generosity of the Deceased
5. Verses of Deformity 
6. Engulfed in Excruciation  
7. Salacious Affinity  
8. Introitus   
9. Consumed By Repugnance

Procession

Sleap : Ce créneau était initialement réservé aux grands Trouble, l'un des groupes que je ne voulais absolument pas rater du week-end. Mais les pionniers du Doom ayant malheureusement annulé leur tournée d'été, ce sont les jeunes prodiges de Procession qui se retrouvent donc sur la Main Stage de droite en ce début d'après-midi. Cela fait également 2 ans que je n'ai pas vu les héritiers de Candlemass en live et je suis surpris de voir qu'ils ne sont maintenant que 3 sur scène. Une configuration improbable et assez dommageable pour le groupe car la seconde guitare est malheureusement samplée. La richesse des ambiances développées par le groupe s'en trouve donc légèrement atténuée. Heureusement, le charisme des musiciens et la qualité de leur Doom épique en live parviennent à me maintenir dans le show. La setlist est en plus assez variée ce soir, avec des titres des deux albums et même du premier EP comme Raven of Disease. Quelques courts titres au feeling Heavy Metal comme Like a Plague upon the Earth viennent ponctuer la lourdeur Doom des autres morceaux. Je n'aurai pas droit à Death and Judgement cette fois-ci mais les ''Suédo-Chiliens'' me laissent tout de même sur une très bonne impression avec les titres éponymes de leurs deux full-length. Au final, malgré l'intense chaleur, le peu de public et le 2ème guitariste en moins, ce concert de Procession est tout de même assez sympathique pour décompresser avant la deuxième avalanche de violence qui se prépare...

Balin : Je ne le répèterais jamais assez, je suis totalement dépité de l'absence de Trouble sur cette affiche (comme au Motocultor le week-end suivant), mais je dois confesser avoir été soulagé d'apprendre qu'ils étaient remplacés par un groupe que j'apprécie énormément et dont je connais tout le potentiel en live, les suédo-chiliens de Procession. Il n'y a cette fois qu'une seule guitare sur scène à ma grande surprise : changement de configuration ou simple empêchement de dernière minute ? Quoi qu'il en soit un sample se charge de l'autre guitare et la musique du groupe s'en trouve intacte bien que l'aspect visuel en prenne un petit coup. Quiconque s'intéresse à la scène Heavy/Doom épique sait que Procession est un des tous meilleurs groupes du genre et ils vont encore une fois le montrer, et ce même à trois sous un soleil de plomb (je me répète, mais c'est absolument intenable !) Pas un mot sur la setlist car Sleap l'a déjà évoquée, mais putain, To Reap Heavens Apart est quand même un des meilleurs titres du genre composés ces dernières années. En attendant de les revoir dans un espace plus confiné et au complet !

Ratos de Porao

Sleap : Le Wacken m'ayant fait rater il y a quelques semaines la venue de Ratos de Porao dans ma ville pour leur unique date française, je me réjouis de pouvoir enfin les voir en live au Brutal Assault. Évidemment le cadre est bien moins intimiste qu'en petite salle Punk de 200 personnes, mais l'énergie y est toujours, c'est certain !
Les quatre Brésiliens démarrent leur set sans aucun backdrop ou artifice quelconque ni aucune présentation. Et les courts titres ultra énervés du quatuor s’enchaînent dès lors à une vitesse supersonique. Une simplicité scénique et musicale qu'entretient le gang de São Paulo depuis près de 35 ans ! Preuve que certains groupes n'ont pas besoin de grand chose pour mettre une mandale à toute l'assemblée (clin d’œil clin d’œil Kreator)...
L'imposant chanteur et sa grosse barbe grise a des allures de vieux papy latino. Toujours souriant et jovial, le frontman n'hésite pas à se déplacer et même à danser sur certains passages frénétiques de la musique du groupe. Mais le guitariste et compositeur Jão accapare tout autant l'attention. Seul membre fondateur, le gratteux possède une sorte d'aura et de prestance comme rarement on peut en voir sur scène. Et le public, qui jusque là était plutôt passif, se réveille enfin. Ratos de Porao met un véritable coup de fouet à l'audience avec des titres tous plus punchies les uns que les autres. Les rythmiques restent très simples mais d'une efficacité redoutable (alternant souvent entre Skank beat destructeur et D-beat ultra groovy). Toute la discographie du groupe est passée au peigne fin, avec des titres tantôt purement Hardcore Punk comme Crucificados pelo Sistema, tantôt beaucoup plus Thrash Metal comme Diet Paranoia. On a même droit à une reprise des Ramones dans une version survitaminée !
Malgré leur air assez âgé, les Brésiliens se démènent sur scène pour finalement nous offrir l'un des shows les plus énergiques du week-end. On sent clairement le vécu derrière eux en les voyant en live. Quelque chose se dégage vraiment de ce groupe sur scène et, croyez moi, ça force le respect !  

Cryptopsy

Sleap : À mon grand regret, je n'aurai pas le temps de vous parler plus en détail du show de Cryptopsy puisque je n'assisterai qu'au début du set. Mais l'ouverture sur Defenestration est toujours aussi surpuissante, je peux vous le garantir ! Flo Mounier reste impressionnant à regarder, alliant précision et puissance de frappe de manière magistrale, même sur les morceaux récents (que je n'apprécie pourtant pas du tout). Le pit, bien qu'assez petit, est tout de même très violent. Et le frontman se charge de toute façon de rappeler le public à l'ordre si celui-ci faiblit. Malheureusement, il est déjà temps pour moi de me rendre à la troisième scène pour la première fois de la journée...  

Demilich

Sleap : Bien que j'aie déjà pu voir les légendes finlandaises en live pour leur première date française en début d'année, leur présence sur l'affiche est aussi l'une des (nombreuses) raisons de ma venue au Brutal Assault.
Avec une configuration et une attitude tout aussi simple et sobre qu'au Wolf Throne Festival, le groupe démarre le set sur l'habituel Chamber of Whispering Eyes. Le riffing tordu si caractéristique du groupe est parfaitement mis en valeur avec le très bon son de cette troisième scène (encore une fois). Antti paraît encore plus amical et sympathique que la fois précédente. Le frontman n'hésite pas à dialoguer et rire avec certaines personnes du public. Il énonce même les titres des morceaux en entier cette fois-ci (oui oui, même The Planet...) ! Et à entendre les acclamations du public à l'annonce de chaque titre, on constate que le groupe est attendu par nombre de fans. Malheureusement, le temps de jeu n'est pas assez conséquent pour pouvoir entendre tous les classiques du groupe. Les quelques 45 minutes qui sont accordées à Demilich ne leur permettent pas de pouvoir jouer certains de leurs morceaux phares comme Embalmed Beauty Sleep (!!!). Fort regrettable pour les fans mais cela n'enlève rien à la qualité de la prestation des Finlandais. Le show se termine comme d'habitude sur la doublette When the Sun Drank... / The Echo qui récolte tous les applaudissements. C'est donc un très bon show open air de Demilich, bien meilleur que pas mal d'autres concerts ce week-end, mais qui restera tout de même très en dessous de la première fois à Paris. En attendant de les revoir chez eux en Septembre pour un 3ème round...

Balin : Le retard occasionné lors du Wolf Throne festival m'ayant empêché d'assister au show des légendaires Finlandais, cette séance de rattrapage tombait à point nommé ! Même si j'aurais préféré les voir en salle (ce sera chose faite au Netherlands Deathfest), je ne cache pas mon plaisir de les voir sous le chapiteau, d'autant plus que le son est excellent (et ce n'est pourtant pas facile de sonoriser le Death Metal tordu et alambiqué du quatuor finlandais). Mené d'une main de fer par un Antti Boman très proche du public (ayant récemment quitté les rangs de Jess and the Ancient Ones), Demilich nous assène pour mon plus grand plaisir pas moins de sept titres de son album désormais classique, Nespithe. La fosse est clairsemée et peu de gens semblent très réceptifs au style très particulier des finlandais mais votre serviteur est aux anges. Baptême de l'air réussi en ce qui me concerne, vivement février.

Setlist :

1. (Within) the Chamber of Whispering Eyes  
2. The Siwteenth Six-Tooth Son of Fourteen Four-Regional Dimensions (Still Unnamed) 
3. The Cry 
4. Inherited Bowel Levitation - Reduced Without Any Effort   
5. And the Slimy Flying Creatures Reproduce in Your Brains 
6. The Planet That Once Used to Absorb Flesh in Order to Achieve Divinity and Immortality (Suffocated to the Flesh That it Desired...) 
7. Emptiness of Vanishing
8. When the Sun Drank the Weight of Water
9. The Echo (Replacement)

Rome

Balin : Véritable ovni à l'affiche du Brutal Assault aux côtés de Phurpa, Rome était pour ma part quelque chose que je ne voulais pas manquer. Amateur sans être adorateur du one man band allemand, Rome est une formation de néo folk lorgnant parfois vers le martial-folk dont les prestations live sont assez rares pour être soulignées. L'occasion de les voir au sein d'un festival Metal est pourtant bien la preuve de l'ecléctisme de l'organisateur du festival et je ne peux que louer cette initiative. C'est à ma grande surprise que je pénètre sous un chapiteau déjà bien rempli alors que Jérôme Reuteur, maître à penser de l'entité, investit la scène accompagné d'un bassiste, d'un synthétiseur et d'un batteur pour une prestation qui va davantage me faire penser à du Anathema période Alternative 4 Judgement A Fine Day to Exit et ce n'est pas pour me déplaire (bon, en peut-être un peu moins mielleux, mais bon). Je m'excuse pour les fans mais je serais incapable de vous dire quels morceaux le groupe a joué sur scène et ne peux que vous dire que je suis parti très loin durant le concert. Je n'ai pas l'occasion de voir ce genre de groupe en live souvent et il va falloir que j'y remédie très rapidement. Une belle claque inattendue, tout en douceur.

Victims

Sleap : Après avoir assisté à une partie du show de Rome (ce n'est définitivement pas pour moi, même si ça passe un peu mieux en live), il est temps de revenir au cassage de gueule. En effet, après quelques instants d'inquiétude, je constate que ce sont bien les Victims suédois (et non les tchèques) qui foulent les planches de cette troisième scène. Même si ce ne sont clairement pas mes favoris dans la scène Crust suédoise, je suis impatient de constater la violence de leur musique en live.
C'est la section rythmique qui marque en premier lieu. En effet, en plus d'une structure assez variée niveau batterie (oscillant toujours autour d'un schéma D-beat, on ne va pas se mentir), c'est le chanteur bassiste qui mène la danse pendant cette cinquantaine de minutes. Fort d'un chant éraillé très puissant, Johan Eriksson jouit également d'un excellent son de basse. Leurs deux nouveaux compères guitaristes s'approprient à merveille le riffing mélodique de cette vague Crust suédoise des années 2000, et cela rend vraiment bien en live !
Malheureusement, le public ne répond que très peu présent aux nombreuses invitations du frontman. Et c'est le principal point faible de ce concert. Quand il s'agit de mosher sur des groupes de Doom ou de Black atmosphérique il y a du monde, mais lorsqu'il faut se mettre sur la gueule lors d'un bon concert de Crust c'est le calme plat. Décidément, je ne comprendrai jamais le public tchèque. Malgré mon enthousiasme, je ne peux donc pas apprécier ce concert à sa juste valeur. J'essaie souvent de faire abstraction du public mais il y a des concerts où ce n'est tout simplement pas possible. J'espère donc revoir les Suédois devant un parterre plus réceptif...  

Phurpa

Sleap : Voici venu le temps d'inaugurer la fameuse Oriental Stage dont on nous rebat les oreilles depuis le début du week-end. En effet, le festival a décidé cette année de construire une quatrième scène en plein cœur de la forteresse afin d'accueillir deux groupes à l'univers bien particulier. Et le premier d'entre eux est le trio russe Phurpa. Évoluant dans un registre ambiant et ritualiste, le groupe intrigue plus qu'il ne plaît, visiblement. Bien que j'apprécie beaucoup la musique méditative et traditionnelle de Phurpa, la venue du groupe dans un festival Metal open air me laisse tout de même assez sceptique.
Après plusieurs minutes de retard (dues à l'installation du matériel), les trois énigmatiques individus s'installent sur scène. Vêtus de longs atours traditionnels noirs et de couvres-chefs asiatiques voilés, les membres de Phurpa tentent d'installer une ambiance propice à leur musique. Assis en tailleur, ils disposent divers récipients devant eux (dans lesquels fument des espèces de pierres et amas de bois). Une telle préparation aurait été bien plus prenante dans un cadre plus intimiste, mais ici les festivaliers ont plutôt l'air de se demander ce qui se passe. Mais le rituel peut enfin débuter. L'un des trois membres commence sa série de vocalises ultra graves, suivi petit à petit par les deux autres. Et de fil en aiguille, les sons infra-basse développés par les Russes commencent à créer une atmosphère saisissante. Et quelques personnes peuvent enfin fermer les yeux, s'asseoir ou s'allonger pour tenter d'entrer dans la musique traditionnelle tibétaine de Phurpa. Leur chant guttural (aussi appelé « dbyangs » si je ne m'abuse) est complété par divers instruments qui viennent le renforcer ou l'atténuer selon les moments. Tantôt des sortes de trompettes en os humains pour des sons plus perçants (« Rkang Gling »), tantôt des tambours, gongs ou cymbales traditionnels pour ponctuer et marquer les instants.
Malheureusement, il est déjà temps pour moi de retourner à la 3ème scène. Malgré le cadre peu adéquat et le public non-initié (certains gueulent pendant la prestation...), j'ai tout de même apprécié cette petite expérience. Je maintiens que ce ne sont absolument pas les conditions idéales pour voir une formation telle que Phurpa, mais je serai au moins rentré dans leurs univers pendant quelques longues minutes.  

Dead Congregation

Sleap : Décidément, j'aurai passé le plus clair de mon temps sous la tente aujourd'hui. C'est maintenant au tour de Dead Congregation d'investir la scène. Et comme à leur habitude, les grecs vont nous mettre une branlée monumentale en ce début de soirée. La traditionnelle entrée sur un morceau du premier EP fait toujours mouche, le temps pour nous de constater que les conditions sonores sont une fois de plus exemplaires. Un son de guitare massif et une assise rythmique ni trop en avant, ni pas assez. Coté setlist, c'est quasi-identique à ce que le groupe joue d'ordinaire en ce moment, à savoir un équilibre entre les deux full-lengths. Je suis juste déçu de l’absence de Serpentskin après la splendide pièce Promulgation of the Fall (le groupe ayant enchaîné avec Immaculate Poison à la place), mais je chipote. Only Ashes Remains provoque toujours un chaos monstre dans le pit et Teeth into Red est toujours l'un des morceaux de Death Metal les plus magistraux en fin de set (surtout qu'il est joué en entier cette fois) ! Bref, je n'épilogue pas, Dead Congregation est toujours aussi percutant que transcendant en live et le groupe tient assurément le haut du pavé dans la scène Death Metal actuelle.

Balin : J'ignore si vous avez lu ma chronique du magistral Promulgation of the Fall, auquel cas vous apprendrez dès lors que je considère Dead Congregation comme le meilleur groupe de Death Metal de ces dix (vingt ?) dernières années. Et le pire c'est que le quatuor grec mené d'une main de fer par A.V. est aussi impitoyable en live que sur album, c'est dire ! Cinquième fois que je vois la machine de guerre et ce fut assurément un des meilleurs show auxquels j'ai assisté, majoritairement grâce à un son absolument énorme et à une setlist toujours aussi terrible (ajoutez simplement Vomitchrist, Lucid Curse et Vanishing Faith à tous les titres cités par mon compère et vous obtenez la composition d'un des tous meilleurs concerts du week-end. Je ne suis pas objectif, non clairement, mais c'est pourtant la vérité. Dead Congregation über alles.

Lvcifyre

Sleap :Demilich, Dead Congregation, Lvcifyre (en remplacement d'Antaeus), Cult of Fire... C'est à croire que Wolf Throne Productions sponsorise cette dernière journée au Brutal Assault ! Après le show exclusif Svn Eater (au Wolf Throne 2015 justement), je me réjouis d'assister ce soir à un concert de Lvcifyre où l'on pourra entendre des titres de leur premier album.
Malheureusement, aucun ne sera joué ce soir. En effet, avec leur tuerie de 2014, les anglais semblent avoir totalement délaissé leurs précédentes sorties. On aura donc droit à la majorité des titres de Svn Eater dans le désordre (avec intros et interludes samplées). Mais ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je prends toujours autant mon pied (notamment sur les énormes Liber Lilith et Nekvomanteion). Mais l'ambiance est nettement moins prenante qu'à Paris en Mars dernier en ce qui me concerne. Bien que le son soit encore une fois d'une qualité irréprochable, les musiciens semblent, eux, beaucoup moins possédés sur scène. Je ne retrouve d'ailleurs pas les nombreux passages à trois vocalistes qui m'avaient tant impressionnés la fois précédente. En revanche, le batteur me scotche toujours autant (quelle puissance, quelle vitesse d'exécution !), certainement l'un des plus incroyables de tout le week-end. Je retiens donc finalement un très bon concert des anglais (pour leur première fois en République Tchèque), mais tout de même bien moins prenant que la première fois.

Balin : C'est très pratique de faire des live reports avec toi Benjamin, tu dis tout avant tout le monde ahah! J'aurais par contre un avis différent de mon compère ce coup-ci étant donné que ce fut la meilleure des trois fois pour ma part. Certes le son est vraiment terrible, mais ce qui a fait la différence en ce début de soirée selon moi est incontestablement l'expérience que le groupe a pris à force de jouer un peu partout. Et cela se ressent sur le jeu de scène (quatre mastodontes vraiment imposants), la fluidité dans le jeu et une maitrise implacable (ce batteur bordel !). Nous n'aurons en effet droit uniquement qu'à des titres du petit dernier et cela ne me dérange pas du tout tant il avoine de long en large. Quelle puissance, quelle intensité ! Nous tenons assurément là un des futurs grands noms du Death Metal occulte, que ce soit en live ou en studio. A revoir très très vite.

Setlist :

1. Liber Lilith   
2. Svn Eater 
3. Calicem Obscurum  
4. In Fornication Waters 
5. Nekvomanteion 
6. Fiery Spheres of Seven 
7. Fyre Made Flesh

Cult of Fire

Sleap : Retour à l'Oriental Stage pour enfin voir le second et dernier groupe jouant sur cette scène si spéciale. On reste dans la thématique tibétaine avec l'un des combos Black Metal tchèques les plus en vogues du moment : Cult of Fire. Le groupe étant réputé pour sa malchance en live (son, technique, matériel, musiciens...), on ne peut que redouter le pire une nouvelle fois. Cependant, au vu du cadre et du caractère si spécial de cette prestation, on est tout de même en droit d'espérer du mieux (le dernier EP Čtvrtá symfonie ohně sera en effet joué en entier ce soir, pour la première et dernière fois en live).
Deux immenses autels ornés d'innombrables bougies, crânes et autres artefacts sont donc installés de chaque coté de la scène. Je vous passe les bénévoles qui manquent de faire cramer une table en faisant tomber des bougies, ainsi que les quelques énergumènes qui chantent « Happy birthday to you » dans le public... Pour le reste, le visuel est là. En plus de cette décoration habituelle, on a également deux machines pyrotechniques qui viendront appuyer les temps forts du show par quelques grandes flammes, ainsi qu'un immense brasier sur la muraille juste au dessus de la scène. Et le tout en pleine nuit !
L'intro classique de Vltava retentit enfin et les musiciens arrivent sur scène vêtus de leurs habituelles robes à capuches et de leurs masques atypiques. Le son est un peu chaotique en début de set, mais on constate finalement une nette amélioration peu de temps plus tard. La voix du chanteur est légèrement en retrait par moments, mais ce n'est finalement que le seul défaut (avec les nombreux pains du batteur). Après les titres du fameux EP, c'est évidemment le très encensé Ascetic Meditation of Death qui est mis à l'honneur (avec entre autres On the Funeral Pyre of Existence, Kali Ma ou le désormais classique Khanda Manda Yoga), et je suis pour la première fois totalement happé par cet album. J'en viens même à ne pas pinailler sur le peu de titres de Triumvirát joués ce soir. L'ambiance si particulière du concert est si saisissante, si unique... Il n'y a pas à dire, toutes les conditions sont réunies pour que ce show de Cult of Fire soit mémorable. Mais outre le caractère exclusif de cette prestation, je prends assurément ma claque devant les Tchèques, c'est certain ! Même si ce n'est pas l'un de mes concerts favoris du festival, je viens de vivre l'un des moments les plus prenants de tout le week-end. Magique !

Balin : Non là vraiment je ne peux rien rajouter, c'est exactement ça. Un cadre parfait, une setlist parfaite, un son quasi parfait (hormis sur Vltava magistralement gâché par un son atroce qui me poussera presque à quitter le concert furax), j'ai tendance à croire que c'était incontestablement le concert de Cult of Fire qu'il fallait voir un jour. L'enchainement des titres du quasi parfait second opus (avec quand même un Satan Mentor de rigueur) font passer le concert comme une lettre à la poste ! Dommage, on en veut encore... Un des meilleurs concerts du week-end pour ma part, qui fait oublier la triste prestation du Wolf Throne festival...

Esoteric

Sleap : Après une très faible prestation de Vader, il est temps d'assister au tout dernier show du festival. Et je dois dire qu'Esoteric est vraiment le choix parfait pour clore cette 20ème édition du Brutal Assault ! Les anglais font parti de mes grosses attentes du week-end. Cela fait en effet pas mal de temps que je me languis de constater le rendu live de leur musique si caractéristique.
Le voyage débute pour mon plus grand plaisir sur du Paragon of Dissonance. L'atmosphère saisissante couplée aux compositions à tiroirs d'Esoteric offrent une richesse musicale rarement égalée dans les sphères Funeral Doom et Doom Death. Et le son déjà excellent la majeure partie du week-end est ici tout bonnement extraordinaire, notamment au niveau de la batterie. Joe Fletcher, déjà très expressif derrière son kit, jouit d'un sustain et d'une résonance absolument parfaits. Les nombreux enchevêtrements mélodiques et ambiants développés par les trois guitaristes sont vraiment magiques. Greg Chandler utilise un micro serre-tête pour pouvoir mieux se déplacer sur scène avec sa guitare. Sa démarche flegmatique est d'ailleurs assez spéciale à voir en live. L'importante réverbération vocale rendent ses râles beaucoup plus profonds, et cela participe également à l'immersion dans la musique du groupe. Les 50 petites minutes accordées à Esoteric ne leur permettent pas de nous interpréter beaucoup de titres, mais la richesse et la qualité de ceux-ci suffisent à nous transporter mieux que n'importe quel substance illicite. Le groupe nous laisse (assez étonnamment) sur Caucus of Mind qui nous ramène peu à peu sur terre avec sa structure plus Death Metal et son aspect brut et rapide. Un set beaucoup trop court, mais qui figure déjà dans mon top 5 du week-end (et dieu sait qu'il y avait de la concurrence) !

Balin : Une de mes principales attentes du festival tant le groupe est rare sur les planches et de plus placé à un horaire des plus judicieux. Si la grande majorité des festivaliers sont d'ores et déjà partis se coucher ou se pinter la tronche jusqu'à pas d'heure, hors de question que je manque une seconde des quarante cinq (trop) petites minutes du show d'Esoteric, formation culte et tellement à part du petit monde du Funeral Doom. Nous avons encore une fois droit à un son extraordinaire et heureusement vu le matos présent sur scène (vous jetterez un oeil aux pedalboards ahah) et le bordel que c'est de sonoriser trois guitares. Mené par le charismatique Greg Chandler (malgré le fait que oui, le micro-tête, c'est moche), le quintet anglais ouvre sur un titre de Paragon of Dissonance : joiiiiie ! Nous n'aurons malheureusement droit qu'à deux autres titres du même acabit avant un final plus Death Metal et bien moins psyché, Caucus of Mind. Une des prestations du week-end pour ma part également en attendant de les revoir en salle. Pour l'heure, je suis lessivé, je suis saoul, j'ai mal aux pieds, je n'ai jamais vu autant de groupes lors d'un festival mais ça en valait la peine. Il est grand temps pour moi de vous laisser pour aller finir le festival en beauté, mais sachez d'ores et déjà que le rendez-vous est pris si l'affiche est encore une fois de qualité. Cette édition était une véritable réussite !

AFTERPARTY

Sleap : En plus d'avoir une des meilleures affiches de l'été, le Brutal Assault propose également une afterparty fort alléchante le lendemain du fest. Celle-ci se déroule donc le dimanche 9 août dans la magnifique capitale Prague. Et on peut dire qu'il y a de quoi baver puisqu'on a droit à un second show de Vader (différent de la veille !) précédé de jeunes formations talentueuses comme Heaving Earth (!!!), Ad Nauseam ou encore Hemdale.
C'est donc après avoir visité le magnifique ossuaire de Kutna Hora (situé pile entre le festival et Prague) et mangé un énième KFC que nous arrivons sur les lieux. L'endroit est en fait un simple squat où a été aménagée une scène extérieure dans la petite cour, ainsi qu'une petite scène intérieure et quelques buvettes ça et là. Au vu des personnes présentes, nous ne sommes pas beaucoup à avoir fait le déplacement après le festival. Qu'à cela ne tienne, ça en fera plus pour nous !

Hemdale

Sleap : Nous arrivons donc pour le début du set d'Hemdale sur la petite scène dans le bar. Et étonnamment, tout le monde reste assis à picoler ou manger à l'extérieur. Heureusement, le trio américain n'en a cure et nous interprète une bonne vingtaine de morceaux dans le temps qui lui est imparti. Le frontman, toujours le sourire aux lèvres, n'hésite pas à blaguer pour annoncer les titres, et ses deux acolytes (basse / batterie) non plus. Une certaine intimité s'installe donc entre le groupe et la dizaine de personnes dans la salle. Les morceaux au noms tous aussi marrants les uns que les autres sont très rentre-dedans et bien sur assez courts (Overflow, Advanced Intestinal Love, Waking up to Missing Limbs, etc). Le bassiste paraît complètement fou à s'agiter convulsivement sur scène (et même jusque dans la salle parmi le public), et continue de blaguer avec les fans tout le long du set. Au final, même si le Grindcore de Hemdale ne me retourne pas plus que ça, ce concert plein de bonne humeur et d'humilité est vraiment sympathique.

Vader

Sleap : Place maintenant au seul groupe jouant sur la grande scène extérieure : Vader. Et après le show ultra mou de la veille (beaucoup de morceaux récents et des musiciens pas super en forme), le groupe va nous concocter un set très spécial pour cette afterparty. Quasiment que des morceaux des 3 premiers albums (et même des inédits des toutes premières demos) ! Je suis aux anges... Le son est terrible et on a droit a beaucoup plus de proximité avec le groupe compte tenu du cadre intimiste et du peu de monde à ce concert. Les classiques ultimes s'enchainent (Carnal, Sothis, Reborn in Flames, Decapitated Saints, Dark Age, Vicious Circle, Chaos, Silent Empire... Argh !!!), quelle tuerie ! On regrette juste un manque conséquent de public et donc une fosse beaucoup moins active que d'habitude. Mais qu'importe, le concert est totalement incroyable. Peter est toujours très charismatique et son timbre de voix si particulier est quasi-identique aux versions studios. Le jeune batteur est toujours affolant de vitesse et de précision. Et pour couronner le tout, le groupe nous gratifie de morceaux de la toute première demo comme Satan's Wrath ou (pour la toute première fois en dehors de la Pologne) Tyrants of Hell ! Quel set inédit ! On aura finalement eu droit à un show en avant-première de leur prochaine tournée « old school » avec Venom Inc.… Terrible !

Heaving Earth

Sleap : Il est enfin temps d'assister au concert que j'attends le plus aujourd'hui (et même l'une de mes principales attentes de tout le week-end), les Tchèques de Heaving Earth ! Leur dernière sortie Denouncing the Holy Throne est encore à ce jour mon album de l'année et je suis donc très impatient d'entendre les titres en live.
Le son de cette petite salle est vraiment surprenant. Aussi clair et puissant que celui du festival (alors que nous sommes dans un petit squat tchèque complètement random) ! Tous les musiciens paraissent très concentrés derrière leurs instruments. Excepté le chanteur, ils sont donc peu actifs sur scène, mais cela ne les empêche pas de scotcher absolument toute la salle ! Quelle technique, quelle ambiance ! Pour définir le combo à ceux qui ne le connaitraient pas encore, Heaving Earth (comme son nom l'indique) est très influencé Morbid Angel de base. Mais ce nouvel album se situe à cheval entre un Immolation et un Hate Eternal, et l'atmosphère est parfaitement restituée ce soir. Inutile de vous décrire mon attitude lors de ce set, je suis tout simplement subjugué... On a droit à quasiment que des titres de ce nouvel effort (The Final Crowning, Nailed to Perpetual Anguish, Doomed before Inception, Jesus Died ou encore le final sur I am Nothing, dont le break Immolationesque me restera en tête toute la soirée)... Le frontman en fait peut-être un peu trop niveau jeu de scène (cela ne colle pas vraiment à l'ambiance globale), mais au delà de ça, je suis totalement conquis. Concert absolument parfait !

Ad Nauseam

Sleap : Histoire de faire encore plus technique et ambiancé, ce sont les italiens d'Ad Nauseam qui clôtureront cette afterparty (et ce week-end par la même occasion). Auteur d'un remarquable premier album en début d'année, le groupe n'en est pas à son coup d'essai puisque tous les membres officiaient auparavant dans Death Heaven. Cependant, la musique d'Ad Nauseam est d'un tout autre niveau, dans la droite lignée de Gorguts, Ulcerate et consorts.
Et en une cinquantaine de minutes, le groupe va me mettre une claque Death technique comme rarement j'en ai pris en concert. Je n'ai tout simplement pas vu en live de groupe aussi impressionnant techniquement depuis Ulcerate. Absolument tous les musiciens sont effrayants de maitrise. Entre une paire de guitariste aux accords complètement fous et un bassiste (aux doigts) qui malmène sa fretless 5 cordes de façon hallucinante, je ne sais plus où donner de la tête. Ce dernier, en plus d'enchainer des plans en slap ou tapping à une vitesse impressionnante, a également un jeu de scène assez semblable à celui de Robert Vigna (Immolation), donc parfait en tout point ! Celui qui accapare également mon attention est bien sur le batteur. Jouant au casque (personne n'est parfait), il fait indubitablement penser à Jamie St Merat (Ulcerate), tant pour l'attitude que pour le jeu. Un touché à couper le souffle au niveau des cymbales, une vitesse et une précision dingue niveau kicks et roulements, et surtout une qualité de composition effarante (plans et structures complètements alambiqués)... Celui-ci impressionne d'autant plus qu'il est apparemment blessé à l'épaule lors du dernier morceau, obligeant le groupe à le rejouer depuis le début. Mais le batteur parvient, malgré sa souffrance manifeste, à terminer le set de manière magistrale. Total Respect ! C'est donc complètement abasourdis que nous terminons ce week-end de folie. Quelle claque !

 

Sleap : Ainsi s'achève ce Brutal Assault 2015 en ce qui me concerne. Et cela aura été l'un des festivals les plus éprouvants qu'il m'ait été donné de faire.
Cette 20ème édition aura assurément tenu ses promesses, voici donc un petit listing histoire de ne pas encore vous encombrer avec des énormes pavés :

- cadre magique (immense forteresse de l'Armée Rouge)

- camping très ombragé (sous les arbres)

- butte de 10 mètres derrière les régies son (pour avoir une superbe vue sur les deux grandes scènes, tout en étant posés)

- cinéma d'horreur (avec grands classiques, petits films obscurs ou même nanards tout le long du week-end)

- galerie d'exposition (avec des artistes excellents)

- nombreux bancs, tables et chaises dans toutes les zones du festival, intérieur comme extérieur (il est rare d'avoir autant de possibilités pour se poser en fest)

- visite quasi-gratuite de la crypte de la forteresse

- nombreuses décorations et sculptures en ferraille sur tout le festival (pirates, steampunks, etc)

- prix dérisoires (pinte de bière à 1,10 € !)

- large choix de bouffe pour tous les gouts (carnivore et vegan)

Et les plus importants :

- le meilleur son que j'aie pu entendre en open air (pour la quasi-totalité des groupes !!!)

- des soundchecks ultra rapides (5 minutes pas plus entre chaque groupe, on n'a jamais vu ça !)

- et bien sur, l'une des meilleures affiches de l'été 2015 tous genres confondus ! Il suffit de jeter un œil à la vignette en haut de page pour le constater...

Si je devais pinailler, je reprocherais juste un manque de Heavy Metal sur l'affiche (du moins cette année), et un public un peu trop attardé par moments. Beaucoup de libérateurs d'apéro ou de gens venus uniquement pour pogoter (enfin tourner en rond plutôt). Et peut-être un choix assez restreint au niveau du merch et des distros.

Mais malgré mon scepticisme au départ, le Brutal Assault s'avère finalement être l'un des meilleurs open airs que j'aie pu faire aux cotés du Party San (dans un tout autre genre). Je le recommande donc vivement à tous les fans de musiques extrêmes, une véritable surprise !