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jeudi 30 juillet 2015 - Sleap

Wacken Open Air 2015

Open Air - Wacken

Sleap

Benjamin. Live reporter et chroniqueur occasionnel dans divers genres (principalement extrême).

Wacken... Un festival tant adulé que détesté, mais dont la réputation n'est en tout cas pas usurpée. Ce festival open air se tient en effet chaque année depuis maintenant 26 ans (première édition en 1989 !) et a acquis au fil des décennies le statut de plus grand festival de Metal du monde.
En effet, autant pour le nombre de personnes qu'il accueille tous les ans (environ 80 000) que pour sa superficie (environ 220 hectares !), en passant par le nombre de groupes à l'affiche (environ une centaine), le Wacken impressionne par sa démesure. Et même si le line up est plus que discutable depuis une dizaine d'année, le festival a tout de même su fidéliser sa clientèle. Et cela à tel point qu'il affiche cette année sold out pour la 9ème fois consécutive, et ce moins de 15 heures après la mise en vente des tickets.
C'est avec une météo peu clémente que nous débutons cette édition 2015. Heureusement, de sympathiques concerts d'Uli Jon Roth et d'Europe viennent égayer cette première soirée.

 

JOUR 1

 

Après une nuit difficile (doux euphémisme), cette première véritable journée de festival est surtout consacrée aux achats. En effet, hormis le concert (assez décevant) des gagnants de la Metal Battle française (Impureza), je n'ai rien de prévu jusqu'à ce soir.

 

Savatage

 

C'est donc après cette longue journée que je me place entre les deux Main Stages de Wacken pour assister au show tant attendu de Savatage (accompagné de Trans-Siberian Orchestra). Cette date de reformation est également la seule et unique date européenne de l'année. Et celle-ci promet d'être très spéciale puisque les deux Main Stages seront occupées en même temps (une première) !
C'est sur l'excellent Gutter Ballet que débute le show sur la scène de gauche. Le son est clair et le public très réceptif là où je suis placé (c'est le concert le plus attendu de l'année pour certains). Jon Oliva (toujours plein de bonhomie) est d'ailleurs très en forme et monte bien dans les aigus. Mais c'est surtout sur le coté scénique que mon attention est portée. La scène est divisée en deux parties (haut et bas) reliées par des marches où tous les musiciens peuvent circuler. Je note également un très gros travail sur les lumières en plus des 5 ou 6 immenses écrans diffusant des animations à partir des visuels du groupe. Un véritable show (peut-être même un peu trop parfois). Mais à mon grand étonnement, de nombreux tubes sont expédiés dès la première demi-heure (aucun de Power of the Night, dommage), pour finir sur un Hall of the Mountain King en à peine trois-quarts d'heure de set !
C'est à partir de là que les choses se gâtent... Trans-Siberian Orchestra investit la scène de droite et débute un concert qui va me rebuter dès les premières secondes. En effet, en plus des membres du groupes, la scène est peuplée de nombreux musiciens (violonistes, clavieristes, etc) ainsi qu'une douzaine de choristes. Le groupe entame une série de reprises Metal de Beethoven, Mozart et surtout de Carmina Burana qui me font presque mal tant le cocktail est indigeste. Et le bouquet est atteint lorsque les choristes (femmes en petites tenues évidemment) se mettent à exécuter des chorégraphies dignes d'un clip de pop sur M6 Music. Je suis absolument dégoûté.
Je patiente tout de même un peu puisqu'au bout de quelques minutes les deux groupes se mettent à jouer du Savatage en même temps sur les deux immenses scènes (avec une synchronisation impressionnante). Mais rien à faire, ça ne passe pas en ce qui me concerne. Entendre Chance avec un pseudo orchestre, une pléthore de vocalistes style opéra et des danseuses sexy n'est définitivement pas pour moi. J'ai l'impression de regarder un gala des Enfoirés sur France 2... C'est donc au final une belle déception. Dommage, le show partait bien...

 

JOUR 2

 

Journée du déjà vu en ce qui me concerne (à part la tête d'affiche évidemment), mais globalement des groupes que j'apprécie...

 

Sepultura

 

J'ai beau adorer les premiers albums de Sepultura, leurs prestations live ces dernières années ne m'avaient pas laissé un très bon souvenir. Mais on m'a pourtant dit du bien de la tournée anniversaire de cette année. Les légendes brésiliennes fêtent en effet leurs 30 ans avec une setlist conséquente représentant à peu près toute la discographie du groupe. Je me rends donc à la Main Stage avec un petit espoir.
Et bingo, dès le début du show on a droit à un enchaînement ultime : Troops of Doom / From the Past comes the Storm / Inner Self / Arise. Que des titres que je n'avais jamais pu entendre en live avec cette nouvelle formation. Malheureusement, le feeling n'est évidemment pas le même. J'ai beaucoup de respect pour le nouveau frontman, qui est tout de même une véritable bête de scène (haranguant la foule sans cesse et jouant même du tambour tribal sur certains morceaux), mais il faut se rendre à l'évidence : il n'a clairement pas la rage et la hargne nécessaires pour interpréter ces terribles titres. Je quitte donc le concert après ce bon début de set. Je ne suis pas totalement déçu du rendu (je m'y attendais il faut le dire), et je suis tout de même content d'avoir entendu d'une traite quatre morceaux des quatre premiers monuments du groupe, mais le véritable Sepultura est bel et bien mort depuis un bon paquet maintenant, il faut le dire...

 

Queensryche

 

Après la bonne surprise du Bang your Head quelques jours plus tôt, je suis ravi de pouvoir assister à un show de Queensryche dans sa totalité. Je me déplace à différents endroits de la zone et constate que le son est globalement assez bon. On peine à entendre certains passages vocaux (pourtant très bien exécutés) mais ce n'est heureusement que ponctuel. Je le redis d'ailleurs, mais Todd la Torre (qui ressemble étrangement à mon confrère Balin d'ailleurs) a une voix vraiment excellente. Il rivaliserait presque avec Geoff Tate par moment... La setlist est cependant un peu en deçà de celle de Balingen la semaine précédente. Heureusement, les classiques Eyes of a Stranger ou Breaking the Silence font largement passer la pilule. Moi qui ne suis pas particulièrement fan de Queensryche, je passe un moment fort sympathique. Je retenterai l'expérience avec joie !

 

Opeth

 

Après un début de set totalement désastreux de la part d'Anaal Nathrakh, je fonce vers l'une des Main Stages pour assister à mon énième concert d'Opeth. Sous un soleil de plomb et trois grands drapeaux affichant les visuels du dernier album, les suédois vont encore une fois nous livrer un show exemplaire, comme ils savent si bien le faire. Et cela débute avec des morceaux du dernier album, que je ne connais pas encore très bien. Quelle surprise ! Les mélodies planantes et les nombreux chants polyphoniques qui les composent me surprennent au plus haut point. Très belle entrée en matière de la part d'Åkerfeldt et sa bande. Pour le reste, je suis tout aussi content puisque les titres changent assez de ceux que j'avais déjà pu entendre en live (notamment The Drapery Falls ou To Rid the Disease), et ce avec un son des plus clairs. Plus de The Moor, de April Ethereal ou de Advent, mais je ne désespère pas, un jour... un jour !
Les sempiternelles blagues du frontman font toujours partie du show. Celui-ci n'hésite d'ailleurs pas à se foutre de la gueule des festivaliers de Wacken : « Ce morceau n'est pas assez ''Metal'' pour ce festival, mais on va le jouer quand même » ou encore « Cette guitare est accordée plus bas pour sonner plus ''Metal'' et ''Evil'' comme vous aimez... ». Il prend même le temps de faire une dédicace à Running Wild, que de bon goût ! On a droit à un très bon Heir Apparent avant le classique final sur Deliverance qui fait toujours autant vibrer le public. Bref, un concert d'Opeth des plus classiques (assez court tout de même) mais on n'en attend pas moins. Pour ma part, j'espère toujours un set où Morningrise et Still Life seront un peu plus représentés, mais je passe toujours un très bon moment devant les suédois quoiqu'il arrive.

 

Petit mot tout de même sur les quelques concerts suivants sous la tente (regardés distraitement) avant d'attaquer le gros de la journée. Un concert énergique de Death Angel avec un très bon final sur Mistress of Pain cette fois ! Petite déception pour Armored Saint qui n'a vraiment pas su captiver l'audience malgré les quelques classiques joués. Des musiciens certes souriants mais beaucoup moins présents qu'au Hellfest je trouve. Un set spécial Ceremony of Opposites de la part de Samael qui n'est toujours pas ma tasse de thé (et les samples + boite à rythmes n'aident pas). Et enfin, un très bon début de set de Nuclear Assault, avec un public bien réceptif, mais malheureusement il faut déjà aller se placer aux Main Stages dans la boue pour LE show du week-end...

 

Running Wild

 

Nous y voilà. Le seul concert qui m'a décidé à venir endurer encore une fois le Wacken Open Air : la reformation tant attendue de Running Wild pour cette unique date mondiale de 2015. De très loin ma plus grosse attente du festival et également l'une de mes principales attentes de toute l'année.
Placé dans les premiers rangs au milieu de nombreux autres fans français, allemands, chiliens ou polonais, j'ai une très belle vue lors de l'arrivée du légendaire quatuor sur l'ultime Under Jolly Roger. Premier constat, le rendu scénique est tout bonnement parfait. Les allemands ont abandonné la tenue pirate blanche de leur dernier live pour un retour à la tenue cuir et or du Death or Glory tour 1989. Exit également les écrans géants ou autres backdrops à l’effigie du groupe. On a droit à de simples piles d'amplis et des spotlights très bas sur scène (quasiment derrière la batterie) pour un rendu encore plus intimiste. Les jeux de lumières sont très bien dosés : tantôt rouges tantôt bleus et jaunes à la Blazon Stone... Bref, visuellement, je suis déjà conquis.
Musicalement aussi bien évidemment, mais la surprise vient compléter ma joie. En effet, la setlist de ce soir est assez spéciale. Le groupe a décidé d'occulter volontairement pas mal de classiques pour nous interpréter de nombreux titres pour la première fois en live (notamment des derniers albums). Je suis quelque peu déçu au premier abord, mais certains choix vont finalement s'avérer plus que judicieux. Des titres comme White Masque passent plus que bien l'épreuve du live, un peu moins par contre en ce qui concerne le nouveau morceau joué en exclu ce soir... Mais les moments les plus forts du concert en ce qui me concerne sont évidemment les inattendus Gengis Khan et Diamonds of the Black Chest (figurant parmi mes titres favoris de leurs albums respectifs). Rolf a vraiment la classe et possède toujours son timbre de voix si caractéristique. Il accapare presque toute mon attention, même si ses trois compères occupent bien la scène et sont assez souriants et communicatifs.
Petit coup de gueule par contre en ce qui concerne le public. Je suis bien d'accord que beaucoup de classiques manquent à l'appel, mais les soi-disant fans autour de moi n'ont l'air de connaître que Riding the Storm ou Bad to the Bone, c'est désolant... Les rares personnes à fond de mon cotés lors de Raw Ride ou Jennings' Revenge sont étonnamment des français. Mais qu'importe, il m'en faudra beaucoup plus pour me gâcher le show. Je prends d'ailleurs une claque monumentale lors du rappel sur Bloody Island (pourtant extrait du très moyen Resilient) qui réussit presque à m'émouvoir tant le refrain est prenant en live. Après une heure et demi de set (et quelques soli de batterie très dispensables), le quatuor tire sa révérence. J'ai enfin vu l'un de mes groupes de Heavy préférés... Malgré un très gros manque de classiques (aucun titre de Port Royal ou même de Black Hand Inn), je viens quand même de passer l'un des meilleurs moments de l'année. Le concert du festival, sans hésitation.

 

JOUR 3

 

Après la fin en apothéose d'hier soir, il est temps d'attaquer (enfin) la dernière journée de calv... de festival... Mais je ne crache pas dans la soupe, celle-ci sera quasi-uniquement consacrée au Death Metal (fait assez rare à Wacken pour être souligné) avec entre autres Amorphis, Cryptopsy, Bloodbath, Morgoth, Cannibal Corpse, Obituary et Blood Red Throne. Et le seul autre concert sera celui des mythiques Judas Priest, j'ai connu pire comme programme !

 

Amorphis

 

Et cela débute par ma seconde plus grosse attente du festival, ni plus ni moins. Amorphis va en effet nous interpréter aujourd'hui son meilleur album Tales from the Thousand Lakes dans sa totalité, un événement inratable pour votre serviteur.
Le visuel est parfaitement adapté à la musique développée par le groupe sur cet album. L'immense backdrop est à l'effigie de Black Winter Day et les deux autres grands flags sur les cotés affichent un paysage bleuté tout aussi magnifique. Il est d'ailleurs fort dommage que le groupe joue si tôt dans l'après-midi. Un show en soirée aurait été tellement plus adapté, mais passons... Après la prenante intro Thousand Lakes, les finlandais débarquent sur le classique Into Hiding qui met tout le monde dans le bain, suivi d'un The Casteway tout aussi magique. Je trouve tout de même quelques passages assez indistinct niveau son, mais sans les bouchons ça va tout de suite mieux. J'ai également du mal à reconnaître le chanteur, qui a maintenant les cheveux lisses (plus de dreadlocks) ainsi qu'une boucle de ceinture Xysma (!!!), plus rien à voir avec sa dégaine précédente. Et le bougre s'accapare à merveille le style vocal de son compère Tomi Koivusaari avec son énorme micro steampunk assez improbable. Tous les titres de l'album défilent dans l'ordre, et le public a l'air tout aussi transcendé que moi par les magnifiques leads à la finlandaise de Forgotten Sunrise ou Magic and Mayhem qui viennent magnifier la lourdeur Death Doom du riffing initial.
Mais la véritable surprise du set est la reprise de Vulgar Necrolatry de Abhorrence (!!!) directement enchaînée sans transition. La violence de ce morceau casse un peu l'ambiance installée depuis le début du set mais je suis totalement fou en l'entendant en live. Le quart d'heure supplémentaire est dédié à Elegy pour le plus grand plaisir du public. Pour ma part ce n'est vraiment pas la fin de set idéale (j'aurais préféré des morceaux de Karelian Isthmus) mais ça a au moins le mérite de me faire redescendre sur terre après cet excellent show. Clairement mon second concert du week-end !

 

Cryptopsy

 

Ce sont maintenant les québécois de Cryptopsy qui investissent l'une des deux scènes sous la tente pour un court set d'à peine 35 minutes. Mais, comme depuis quelques mois maintenant, le groupe a compris ce que le public attend et consacre donc une bonne partie de la setlist à ses premiers albums. On a donc droit à une entrée du tonnerre de dieu sur Defenestration (meilleur morceau possible pour ouvrir le concert, selon moi). Le nouveau chanteur a beau me débecter en studio, il possède tout de même un charisme indéniable en live. Ce qui est nécessaire tant les 3 autres musiciens accaparent l'attention du public avec leur jeu ultra technique et maitrisé. Quelques titres récents sont joués (dont un extrait du nouvel EP qui ne me plaît vraiment pas) mais surtout une avalanche de morceaux de None so Vile ! Le pit est d'ailleurs bien mouvementé et très diversifié (mexicains, ricains, français...) durant les tueries Slit your Guts ou Benedictine Convulsions, ça fait vraiment plaisir. En un peu plus d'une demi heure, Cryptopsy a encore une fois démontré sa qualité indéniable en live (à défaut de qualité en studio ces dernières années)...

 

Bloodbath

 

Retour aux Main Stages pour la première venue allemande de Bloodbath depuis leur retour. Ayant déjà vu ce que ça donnait, je ne m'attends pas à être surpris, et pourtant... (j'y reviendrai un peu plus tard)... Toujours est-il que le show se déroule comme tous les autres avec 3 morceaux de Resurrection... et Nightmares... ainsi qu'un de chaque EP. Nick Holmes porte des Ray Bans qui détonent fortement avec le reste de sa tenue ensanglantée, mais je m'y suis fait (autant vocalement que visuellement). Il faut toujours enlever les bouchons pour avoir un son clair au niveau des Main Stages, c'est assez fâcheux. En revanche, la fosse est en effervescence et beaucoup de fans scandent les refrains de chaque morceau en chœurs. Le groupe est attendu, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais j'en viens maintenant à la véritable surprise du show qui est réservée pour le final sur Eaten. En effet, à défaut de Åkerfeldt, c'est finalement Dan Swanö qui fait son apparition sur scène pour chanter le morceau. Et le vétéran de la scène suédoise apporte un coté assez différent au titre avec des vocaux beaucoup plus rugueux et un peu moins profonds. Un événement totalement inattendu qui restera je pense mon meilleur souvenir de Bloodbath en concert. Terrible fin de set !

 

Cannibal Corpse

 

Après avoir vu une petite partie du concert de Morgoth sous la tente, il est temps de retourner sur le site principal pour revoir l'un de mes groupes préférés. En moins d'un an, c'est déjà devenu une routine pour moi de voir Cannibal Corpse en concert. Tout comme sur album, c'est exactement la même chose à chaque fois mais je suis toujours autant à fond. La grosse déception de ce concert est la place du groupe sur la Party Stage (la moyenne scène du festival) au lieu d'une des deux Main Stages, un scandale en ce qui me concerne !
Heureusement, cela ne va pas empêcher le groupe de nous mettre une énième déculottée. On a droit au pit le plus large du fest (sans surprises), le tout dans une boue toujours bien liquide. Je ne parlerai pas de la gueule de mes vêtements à la sortie, mais il reflètent en tout cas très bien le pied que j'ai pris lors du concert. Alex Webster confirme une énième fois son statut de meilleur bassiste de Death Metal de tous les temps avec son jeu aux doigts ultra véloce et technique ayant influencé tant de bassistes à travers le monde... Malgré le temps de jeu écourté de près d'un quart d'heure (!), le groupe prend quand même le temps de jouer Addicted to Vaginal Skin (l'un de mes titres favoris) et son passage de basse ultra furieux. On constate également que les Floridiens ne sont plus tout jeunes lors de Unleashing the Bloodthirsty, dont la partie centrale ultra rapide est maintenant vachement ralentie. Au delà de ça, rien de nouveau, un show carré et identique aux autres mais je n'en demande pas plus (et les nombreuses personnes présentes non plus) !

 

Judas Priest

 

J'aurai beau cracher sur le festival sur beaucoup de points, on aura tout de même eu le droit à 3 têtes d'affiches plus qu'exemplaires durant le week-end. Et la plus culte des 3 est évidemment gardée pour la fin : Judas Priest. De plus, il s'agit là de la toute dernière date de cette tournée pour les légendes de Birmingham (avant leur retour en fin d'année). Ayant déjà vu de près ce que donnait le show au Hellfest, je décide de ne pas trop m'approcher de la scène et de contempler le concert depuis le fond de la zone pour avoir une magnifique vue sur l'ensemble du public.
Et à ma grande surprise, les nouveaux titres passent bien mieux que la précédente fois ! Je me surprends même à fredonner les refrains de Dragonaut et de Halls of Valhalla. Qui plus est, le Rob Halford a l'air encore plus en forme ce soir (déjà que je le trouvais bien au dessus de mes attentes la dernière fois). Le bougre arrive même à tenir de longs cris aigus plus de 10 secondes sur certains passages, assez exceptionnel ! À coté de ça, il ne s'embête pas avec les refrains de Turbo Lover ou de Painkiller, mais heureusement, l'essentiel du public s'en occupe à merveille. Je reste en revanche toujours sceptique concernant les divers « oooh yeaaaah » ou « woooh ooh oooh » échangés avec le public le temps d'un rappel. Outre le fait de nous démontrer une nouvelle fois la puissance de sa voix, je ne vois pas vraiment l'intérêt. Un autre morceau (de Defenders... !) à la place aurait été un bien meilleur choix.
Le ''jeune'' Richie Faulkner accapare toujours autant l'attention avec son charisme indéniable et ses divers soli impeccablement exécutés, un véritable showman ! Petite surprise également concernant l'excellent Scott Travis. En effet, celui-ci a cette fois l'air de nettement moins s'emmerder derrière les fûts. Le batteur a troqué son air blasé et désabusé contre un grand sourire qu'il a presque tout le long du show. Les deux rappels sont toujours les deux meilleurs moments du concert et je note que le public de Wacken connait (heureusement) ses classiques. En me baladant un peu partout dans le public, je constate que la grande majorité des festivaliers chantent tous en chœur les paroles de la plupart des titres de Priest, et ce avec beaucoup d'enthousiasme (même les personnes les plus au fond). C'est donc pour votre serviteur un autre excellent concert de Judas Priest, peut-être même mieux qu'au Hellfest (l'effet de surprise en moins). Je vais encore avoir le refrain de Living after Midnight dans la tête toute la soirée !

 

Obituary

 

Par chance, mon placement tout au fond du public me permet de vite changer de scène pour me rendre sous la tente assister à la fin de set d'Obituary. Et pour mon plus grand plaisir, j'arrive pour la seconde (et meilleure) moitié de set sur Don't Care. C'est déjà l'apocalypse dans la petite fosse et je m'offre même un passage dans le pit sur cette triplette Don't Care / Back to One / Violence (trois des titres les plus efficaces de toute la setlist selon moi). Quel pied ! Obituary est vraiment l'un des meilleurs groupes de Death Metal en ce qui concerne le live, je ne le dirai jamais assez. Pourtant leur musique n'a rien de bien exceptionnel ni de particulièrement original, mais rien à faire, c'est toujours une énième mandale en concert (chacune encore plus violente que la précédente). Le second guitariste, qui jusque là peinait à se démarquer des 4 autres monstres de charisme du groupe, semble ici plus à l'aise et exécute même quelques soli bien sentis. Bref, je n'en ajoute pas plus, même après plus de 30 ans de carrière, Obituary reste une valeur sure du Death Metal floridien en live. On en redemande déjà !

 

Blood Red Throne

 

Je reste sous la tente (sur la scène de droite cette fois) pour assister à mon tout dernier concert de cette édition 2015, et pas des moindres : Blood Red Throne. Il s'agit là de mon groupe norvégien favoris et je ne l'ai toujours pas vu en live, l'excitation est assez présente je ne vous le cache pas.
Le quintette débarque sur Unleashing Hell dont l'intro est faite à la voix par le chanteur (assez cocasse), puis enchaine avec l'énorme The Light, The Hate. Mais petit à petit, la joie se transforme en inquiétude, puis carrément en tristesse. En effet, le son est très médiocre ce soir, notamment à cause d'une section rythmique beaucoup trop en avant. Même en connaissant les morceaux, on peine à entendre le couple de guitares (le riffing étant l'élément le plus accrocheur de la musique de Blood Red Throne), quelle déception. De plus, le nouveau bassiste n'est clairement pas à la hauteur. Même en m'efforçant de ne pas le comparer à son illustre prédécesseur Erlend Caspersen, je trouve tout de même ses lignes de basse assez médiocres pour du Blood Red Throne (effet renforcé par la qualité très indistincte du son). Enfin, arrive l'élément le plus décevant du show : le nouveau chanteur. En voyant son air d'adolescent (très jeune, piercings et t-shirt Black Dahlia Murder) je n'étais déjà pas bien enjoué, mais son chant me conforte malheureusement dans cette position. Le frontman essaie en effet d'imiter les vocaux du grand Hustler, sans succès. Le résultat ne colle définitivement pas à Blood Red Throne et son jeu de scène très typé Deathcore n'aide absolument pas à faire passer la pilule... Pour couronner le tout, le second guitariste vient ajouter une dose d'irritation en posant avec sa bouteille de Jack Daniel's entre chaque morceau (et ceux qui me connaissent savent combien cela m'insupporte).
Ce show de Blood Red Throne que j'attendais impatiemment s'avère donc être une belle désillusion, pour ne pas dire une catastrophe. Fort dommage vu la qualité de la setlist (pas moins de 4 morceaux d'Altered Genesis !)... Une bien mauvaise fin de festival après cette journée de bons concerts.

 

Voilà donc une nouvelle édition de Wacken qui s'achève. Et on peut dire qu'elle restera dans les mémoires ! En effet, tant niveau météo que musical, le cru 2015 aura assurément marqué les esprits.
Avec quelques 20 centimètres de boue bien pâteuse sur toute l'immense surface du camping et du festival (50 centimètres par endroits), le chiffre d'affaire des vendeurs de bottes du village a du faire un bon de plusieurs milliers d'euros ! Le festival n'est, à n'en point douter, un élément non-négligeable dans la prospérité du village allemand. Pour ma part, j'ai plus subi le festival qu'autre chose (à l'instar de l'édition 2012) mais heureusement j'avais des groupes à voir cette fois !
Et les groupes parlons-en, c'est tout de même ce qui constitue l'essentiel de la qualité d'un festival (du moins le plus souvent)... Outre le fait d'avoir enfin vu Running Wild en live, j'ai tout de même pris mon pied sur pas mal de concerts. Je retiens surtout le show spécial ''early days'' d'Amorphis ainsi que l'enchainement de concerts Death Metal du troisième jour, sans oublier les patrons Judas Priest.
En définitive, même s'il s'agit là d'une des édition les plus désastreuses depuis la création du Wacken Open Air (festivaliers invités à ne pas venir au festival le premier jour tant le camping était impraticable), ce sera pour ma part la meilleure que j'aie pu faire au niveau musical (bon, ce n'est pas bien difficile me direz-vous).
Je ne saurais que trop conseiller le festival à tous ceux qui aiment libérer l'apéro entre amis dans un immense camping allemand (les playlists douteuses, bières pas chères et maillots de bain de boue étant évidemment un prérequis). Pour les amoureux de musique, à moins d'être aussi courageux (inconscients ?) que moi pour les rares exclusivités que propose le festival, vous pouvez passer votre chemin. Je remercie tout de même l'orga pour l'accréditation avant d'aller prendre une douche de 4 heures.
Le Wacken Open Air reste toujours impressionnant par sa démesure et par la symbiose qu'il entretient depuis tant d'années avec ses fidèles festivaliers (les plans vidéos de l'immense public chantant pendant les concerts devant les grandes scènes resteront toujours parmi les plus impressionnant de l'histoire des festivals Metal). Le festival aura su développer sa propre identité au fil des ans (et aura même installé une sorte de culte de l'identité chez les metalheads allemands) avec des dizaines de t-shirts, goodies et autres accessoires à l'effigie de Wacken ainsi que des slogans ou catch phrases qui restent toujours aussi utilisés aujourd'hui. L'édition 2016 est d'ores et déjà sold out, preuve que ce festival restera prospère encore un sacré bout de temps malgré ses 26 années. Je n'ai finalement pas besoin d'épiloguer, le festival se suffisant à lui-même. Tous ses aspects (positifs ou négatifs) viennent directement en tête à la simple prononciation de son nom, même à ceux qui n'y ont jamais mis les pieds. C'est pourquoi je me contenterai, comme en début de report, d'un simple « Wacken ».