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Album

25 février 2015 - Michael

Inferi

The Path of Apotheosis

LabelAuto-production
styleDeath metal technique
formatAlbum
paysEtats-Unis
sortiejanvier 2014
La note de
Michael
8/10


Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Quand on évoque la ville de Nashville dans le Tennessee, on pense avant tout à la country, à Elvis, aux Titans et à la moustache de Jeff Fisher (enfin, à l’époque). Quoi qu’il en soit, on ne pense pas vraiment à la musique metal. Et pourtant, à l’écoute du dernier album d’Inferi, on se dit qu’on n’est peut-être passé à côté de quelque chose de grand toutes ces années. Après avoir sorti deux albums en 2007 et 2009 respectivement intitulés Divinity In War et End of An Era, les américains reviennent après 5 ans d’absence pour nous offrir un album qui repousse les limites du death metal technique et mélodique prodigués jusque lors.

Le death metal technique est une terre qui a été labourée sans relâche ces dernières années. Pour le meilleur comme pour le pire avec de nombreux groupes à la précision chirurgicale qui vous distillent des riffs plus techniques les uns que les autres en oubliant parfois tout sens de la mélodie, sacrifiant l’âme et l’émotion qu’est censée procurer la musique au profit de la technicité. Rares sont ceux qui parviennent à être originaux sans perdre leur fil conducteur. D’où la satisfaction que l’on ressent à l’écoute de ce The Path of Apotheosis qui se révèle être délicieux.

Si le titre d’ouverture Those Who From The Heavens Came laisse présager un album confinant au black metal symphonique dans sa structure et avec l’utilisation de nappes de clavier (que l’on retrouve, au reste, sur quasiment tous les titres de l’album), The Promethean Kings ou A Betrayal Unforetold ne laissent plus planer le doute avec un death metal technique aux structures originales mais également mélodique voire symphonique avec la présence de très nombreux soli de guitare (en shred, évidemment) et des leads et textures de claviers qui confèrent une profondeur aux titres et enrichissent les compositions sans les alourdir à l’excès.

Le groupe parvient à subtilement marier des passages résolument violents et rapides avec des passages harmoniques (on pense notamment à Marching Through The Flames Of Tyranny ou bien encore le bridge très typé Opeth sur le titre d'ouverture). Ne vous attendez toutefois pas à des passages récurrents à mid-tempo, le groupe garde le pied sur l'accélérateur en toutes circonstances. Le groupe est à son aise dans la vélocité et multiplie les structures pour ne jamais offrir à son auditoire les mêmes compositions, ce qui peut parfois être déroutant et nécessite en tout cas de nombreuses écoutes pour ne pas perdre le fil d’une musique très réfléchie qui peut vite nous dépasser.

Il ne fait aucun doute que l’hibernation du groupe pendant cinq ans leur a fait du bien, y compris dans le perfectionnement de leurs instruments. A cet égard, le jeu de guitare de Malcolm Pugh et Mike Low (nouveau guitariste) est incisif, propre, parfois même d’inspiration néoclassique et en tout cas très technique sans en devenir démonstratif malgré la présence d'un solo sur chaque titre. Le (petit) point noir est peut-être le jeu de batterie de Jack Blackburn qui, s’il est technique et rapide à souhait, est parfois un peu trop mécanique. La surutilisation de blast et une double-pédale triggée continuellement mise à contribution ne sont pas déplaisant et collent à la musique mais on aurait probablement aimé un peu plus de variation et de groove. Bien qu’un peu en retrait dans un mix qui fait la part belle aux guitares, Josh Harrell n’est pas en reste avec une prestation solide faite d’alternance de screams et de death growls (à la Trevor de TBDM) et qui convient parfaitement à la musique des américains.

En somme, The Path of Apotheosis vous fera voyager au cœur d’un metal qui parvient à vous donner l’impression de partir dans tous les sens tout en étant parfaitement maitrisé. Une richesse de composition (on a même le droit à du chant clair sur Destroyer), une maitrise des instruments pour une explosion musicale qu’il vous appartiendra de dompter, de disséquer et de savourer.

Cet album est roboratif et redonne foi dans un death mélo technique qui a, ces derniers temps, trop souvent laissé sur sa faim (voire ennuyé) les amoureux du genre. Avec des relents symphoniques comme sur Wrath of the Fallen One, Prelude To A Perilous Fate ou The Ophidian Form (et ses passages qui vous donneront des frissons) voire progressifs comme sur Onslaught Of The Covenant, Inferi apporte une touche d’originalité et parvient à atteindre des sommets qu’il n’avait jamais égalé. Sans aucun doute un des albums les plus riches de ces derniers mois et dont l'achat ne vous le rendra pas moins (10 euros sur le bandcamp du groupe).

1. Those Who From the Heavens Came
2. The Promethean Kings
3. A Betrayal Unforetold
4. Wrath of the Fallen One
5. The Ophidian Form
6. Prelude to a Perilous Fate
7. Destroyer
8. Onslaught of the Covenant
9. Marching Through the Flames of Tyranny
10. The Ancients of Shattered Thrones
11. The Path of Apotheosis