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vendredi 28 novembre 2014 - U-Zine

Ellende + Thou Shell of Death

Le Dock - Grenoble

U-Zine

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Malgré une notoriété relativement faible, les deux formations Ellende & Thou Shell of Death ont entrepris une courageuse tournée européenne en cette fin novembre, qui les auront amenés sur les terres slovaques, tchèques, polonaises, allemandes, françaises et suisses. Ce vendredi 28 novembre est leur avant-dernière date, posant leurs valises du côté de Grenoble, au petit bar du Dock.

Annoncé pour 19h30, le show prend un incroyable retard, problèmes d’ampli me dit-on. Planqué contre un pilier, j’observe la mise en place laborieuse, les musiciens semblant être livrés à eux-mêmes dans l’installation. Sans loge et avec une scène d’environ 3,5 mètres de large, même leurs affaires personnelles sont posées en vrac ci et là ; conditions on ne peut plus classique au Dock.

Il est 20h45, le premier groupe peut enfin se produire. Thou Shell of Death est une jeune formation originaire d’Estonie, comptant une démo, un split, un album et un EP qu’ils sont venus défendre ce soir. Ornés de leurs vêtements à caractère monastique, les trois individus nous livrent un Ambiant Black, style plutôt rare en live me dois-je de noter. La partie clavier (ici programmée par ordinateur) joue en effet un rôle principal dans leurs compositions, enveloppant guitares et batterie dans une atmosphère mystérieuse, renforcée par la fumée et l’inamovible néon bleu du Dock. Le rythme se veut mid-tempo, plongeant l’assistance dans une ambiance forestière et nocturne, avec un Ingwar au chant distillant ses incantations occultes. La particularité de ce dernier est de ponctuer certaines de ses phrases d’un « ouh » lycanthropique, telle une créature des bois. Musicalement on est assez proche d’un Lustre ou Forest Silence, avec quelques envolées cosmiques comparables à un Darkspace ou Borgne. Leur prestation m’a hypnotisé du début à la fin, convaincu à tel point que je suis reparti avec leur album !

Place à la « tête d’affiche » de la soirée de fouler l’autel de cérémonie, Ellende. Pas facile de caser les cinq musiciens dans cet exigu espace. Les autrichiens officient dans un registre quelque peu différent de leurs prédécesseurs : une sorte de Post-Black / Black atmosphérique. La nostalgie semble être leur ligne directrice pour leurs compositions, soutenues par des samples de violon douloureux. C’est plutôt bien fichu même si les passages plus « rentre-dans » apparaissent comme inopportuns en cassant l’ambiance, c’est le problème avec le post-black et la transgression des codes. Autre point négatif : une batterie trop forte, surtout au niveau de la caisse claire, qui prend le dessus sur le reste des instruments. Pour être tout à fait honnête, j’ai porté une oreille sur leurs travaux studio, c’est beaucoup plus fin et travaillé, expliquant sans doute cette impression en demi-teinte de leur prestation.

Setlist :

Weltennacht
Meer
Feuer
Der letzte Marsch
Rückzug in die Innerlichkeit

Une bonne soirée malgré tout, que bien trop peu de gens auront partagé…je ne sais pas même pas si nous avons atteint la trentaine d’entrées. Ce n’est pas faire honneur à ces groupes plein de bonne volonté pour faire découvrir leur art à travers les frontières...

Merci à tous les acteurs.