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Album

09 décembre 2014 - U-Zine

Communic

Payment of Existence

LabelNuclear Blast
stylePower Heavy Metal
formatAlbum
paysNorvège
sortiemai 2008
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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La caractéristique primaire d'un groupe signé sur le label allemand Nuclear Blast, c'est qu'il est soigné et aux petits oignons de la production à la promotion. Alors on ne se trompe guère quand on écoute un des poulains de l'écurie. Ils sont souvent voués à devenir de beaux étalons sur le continent européen au moins. Communic ne déroge pas à cette quasi immuable règle. Les Norvégiens en sont là à leur troisième album et ils se sont alloués les services du prolifique Jacob Hansen. Alors pas trop besoin de s'étaler sur le son de la galette que vous vous apprêtez à mettre dans votre lecteur: il est bon, parfaitement adapté et équilibré, tous les instruments sonnent à merveille (avec un petit faible pour la double de la batterie qui cogne juste comme j'aime, un peu sec mais pas trop). Une deuxième caractéristique hors des considérations de la composition est la longueur des titres: la plus courte tourne autour des six minutes, alors et le reste évolue aux alentours des sept- huit minutes. Ça peut en rebuter quelques uns, mais c'est un détail qui donne une idée de la manière dont l'album va se dérouler: le groupe a travaillé ses ambiances, ses mélodies, et tient une ligne de conduite musicale qui fait la part belle à la profondeur et à la technique.

En fait la longueur des titres vient de leur côté prog revendiqué haut et fort. En fait le groupe vers lequel on pourrait rapprocher certains de leurs titres serait Nevermore: Becoming of Man pourrait être assez symbolique de ce parallèle: on sent l'escalade, le passage des les arpèges en acoustique, du côté mélancolique jusqu'à l'apparition de riffs très lourds, sans pour autant sombrer dans la rapidité ou la brutalité, juste l'apogée de ce sentiment que l'on ressent dès le départ de la chanson. Le tout est assez nonchalant, mais très mélodique et surtout ça rentre bien dans le crâne. Et si on accroche aussi facilement c'est que Communic joue avec des sonorités typiquement metal: la grosse distorsion et les roulements de double, mais ils jouent aussi avec l'ambiance qui ne change pas mais varie (oui la subtilité est faite exprès) et avec la technique qui s'immisce discrètement avec le contre-temps qui va bien. Ils ont acquis une certaine science de l'alchimie du metal et le résultat est vraiment passionnant.

Ne vous laisser par berner par le fait qu'ils ne soient que trois car ils ont fait leur les effets pour donner de la profondeur à leur son: je pense entre autre au chant de Oddleif Stensland qui est très souvent doublé. De même, pour épaissir les ambiances, ils n'ont pas hésité à rajouter des nappes de clavier en fond, qui ne se révèlent pas si nécessaire sauf quand ils les transforment en pseudo instruments à corde. Mis à part ce détail, le trio est totalement autonome au niveau musical. Et le spectre de ce qu'ils jouent est très large, ce qui permet à l'auditeur de ne pas s'ennuyer voire de ne pas savoir à quoi s'attendre. Les tableaux sur lesquels ils jouent sont donc relativement variés: du thrash de Unpredictables of Life ou de Stone Carved Eyes aux sonorités power metal de Through the Labyrinth of Years au metal plus mélancolique et sombre de la chanson éponyme. Malgré cela, on trouve assez rapidement au bout de quelques écoutes un fil conducteur, une manière d'exposer et d'étaler les notes qui font le style Communic. Car si les ambiances sont variées, le fait d'avoir rallonger les titres jusque dans des mesures peu communes au genres dessert le groupe. En effet les groupes de prog qui se permettent de flirter avec les 8 – 9 minutes incluent des passages purement instrumentaux voire des digressions ou des passages sortis de nulle part. Hors ici, on reste dans une logique, dans un sillon tracé depuis les premières mesures. Heureusement les Norvégiens ne vont jamais jusqu'à l'excès mais ils le frôlent et il s'en faudrait peu pour que l'on décroche. C'est peut être sur ce point là qu'ils sont forts, arriver à capter l'attention de l'auditeur sans jamais le lasser. Mais malheureusement sans jamais le transcender.

En fait, il me semble qu'ils devraient briser le cercle dans lequel Payment of Existence s'enferme et peut être explorer les extrêmes (plus de brutalité ou plus de délires techniques par exemple). Mais répétons que le genre dans lequel évolue Communic n'est pas si commun que ça et on doit reconnaître leur mérite: ils ont largement les éléments pour se détacher de la scène actuelle en ne ressemblant pas aux groupes de leur écurie et surtout en possédant une âme qui leur est propre.

01. On Ancient Ground
02. The Abandoned One
03. Becoming Of Man
04. Payment Of Existence
05. Through The Labyrinth Of Years
06. Raven's Cry
07. Unpredictables Of Life
08. Stone Carved Eyes

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