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Album

10 novembre 2016 - Willow

Haemoth

Kontamination

LabelDebemur Morti Productions
styleBlack Metal
formatEP
paysFrance
sortiefévrier 2006
La note de
Willow
0/10


Willow

PT.1 / Disque dur : Parce-que mon ordinateur est rempli d’albums que je ne connais pas, je ne m’ennuie pas. Autant vous en faire profiter (pas de notes).

 

Recroquevillé dans de sombres forêts perdues dans la région Centre, attendant qu’un miracle survienne, j’ai récemment eu pas mal de temps pour tourner en rond dans mon bocal et jeter un œil à ce dossier « Musique » un peu effrayant rempli de trucs assez obscurs dont je suis loin de connaitre tous les tenants et aboutissants. Preuve étant, rien qu’en un coup d’œil, j’y trouve pas mal de noms qui ne m’évoquent absolument rien : Kastasyde, Cognitive ou encore Monte Ida, autant de projets dont, je suppose, j’ai dû recevoir les albums, les télécharger mécaniquement avant d’aller au travail et ne jamais les écouter. Fort heureusement, j’y retrouve aussi des douceurs du passé, des trucs dont j’avais franchement oublié l’existence et que pourtant j’aime bien, ou même des albums qui me ramènent à de grandes tranches de vie qu’il serait un peu dommage de négliger.

Parmi ces derniers, un mini-CD attire toute mon attention : il se trouve dans le dossier « Haemoth » et s’appelle Kontamination, un six titres complètement abusé qui m’avait été remis dans des circonstances assez amusantes. En 2011, quelques mois avant la sortie de leur album In Nomine Odium (que je n’aime pas des masses d’ailleurs), j’ai eu la bonne idée de commencer à faire de la radio où, du haut de mes quatorze ans, je n’apportais pas grand chose. Un beau soir d’émission, un ami de mes collègues m’a gentiment filé ce CD en m’avertissant que c’était très extrême (j’écoutais déjà Cradle of Filth, il m’en fallait plus pour m’impressionner). Résultat des courses : j’ai arboré mon plus beau visage circonspect à son écoute : qu’était-il arrivé au monde la musique ? Des années de Maiden pour en arriver là ? Chaud. Histoire de faire bonne impression j’en ai diffusé un morceau le lundi suivant devant les yeux ébahis de mes confrères : « Tu connais Haemoth, toi… ? ». Il s’avérait que le fameux gars qui m’avait donné l’album n’était ni plus ni moins que le batteur du groupe, un pote à eux, et que j’avais l’air con avec mon débardeur As They Burn et son CD dans les mains. Vexé, il est resté pas mal de temps dans mes placards, bientôt rejoint par Breathe in Life de Betraying the Martyrs et Killing, Raping, Burning de Lord Foul

De fait, qu’il fut étrange de me le remettre dans les oreilles après tant d’années. Il y a un peu plus d’un an de cela j’écoutais leur album Satanik Terrorism en boucle et le trouvais incroyable, mais n’avais pas pensé une seule seconde à ce Kontamination, véritable pépite True Black encore bien loin des sempiternels et perpétuels accords barrés dans lesquels s’est à mon sens enfermé le groupe par la suite. Parmi ses atouts : une production qui a été propre avant d’être volontairement salie. Qu’il est plaisant de pouvoir profiter de chaque note, de chaque instrument, de chaque descente de toms, sans pour autant avoir à s’infliger les sonorités synthétiques d’une production moderne assez souvent peu valorisante pour un style aussi cru que celui d’Haemoth ! J’ai vite compris qu’avec une agressivité entêtante, Haemoth avait le pouvoir de rendre littéralement fou durant les quelque trente minutes que durent ce mini-album trop sous-estimé. Les dissonances volontaires des guitares déchirantes ne faisant que mieux souligner la dureté des passages Noise / Ambiant ajoutés aux morceaux, m’ont en quelque sorte ouvert une porte derrière quoi se trouvait ce que je n’étais pas prêt à voir, ni à entendre. Kontamination fut ma première expérience de véritable descente aux enfers musicale, grandement renforcée par leur aspect aussi hermétique qu’inlassablement opaque. La musique d’Haemoth se veut vécue comme un tourment violent, par défaut inadapté au jeune tout droit sorti de sa période émo que j’étais (et ui). 

Kontamination est une expérience à vivre à condition d’avoir les oreilles un minimum taillées pour : elles ne l’étaient pas pour moi il y a bientôt six ans et j’ai finalement failli passer à côté. Ne vous faites pas avoir et foncez !

 

Tracklist :

1 - Soiled

2- When the Blood Turns Black

3 - Kontamination (Nothing But Hatred)

4 - Poisoned Wind

5 - Famished

6 - Stigma Diabolikum