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Album

29/04/15 - Rob

Solefald

World Metal - Kosmopolis Sud

LabelIndie Recordings
styleMetal avant-gardiste
formatAlbum
paysNorvège
sortiefévrier 2015
La note de
Rob
9.5/10


Rob

Voilà cinq ans que Solefald n'avait rien sorti, en dehors d'un ep plutôt moyen. Cinq longues années durant lesquelles notre duo, Cornelius et Lazare, a également entamé un trilogie s'étalant sur Norrøn Livskunst et Norrønasongen - Kosmopolis Nord pour conclure sur ce World Metal - Kosmopolis Sud.
Solefald a toujours cherché à expérimenter et sortir des sentiers battus mais une pointe d'inachevé restait en travers de la gorge, comme si nos compères n'allaient jamais jusqu'au bout de leur concept. Le groupe ne s'est cette fois imposé aucune limite.

Car, pour qui connaît le parcours des Norvégiens, aucun album ne se ressemble vraiment, le combo étant en perpétuel (r)évolution. Kosmopolis Sud va à fond dans le délire de nos deux zigotos et devient par là-même l'album le plus varié de leur discographie.

Bien que la patte de Solefald soit reconnaissable entre mille (la douce voix de Lazare, le riffing et les tremolos mélodiques propres au groupe), l’apport de rythmiques tribales, de parties électro et dub donnent une saveur particulièrement légère et plus posée qu'à l'accoutumée, le groupe ayant totalement digéré les expériences des précédents opus.

Comme à leur habitude, notre duo a porté une attention toute particulière à chaque détail. Les paroles sont toujours aussi bien écrites. Intéressantes, profondes et critiques -voire les trois à la fois- les thématiques continuent de se diversifier. 2011 or a Knight of the Fail par exemple -dédié à Anders Breivik-  raconte la tuerie d'Oslo et ses répercussions sur la population . Ou bien encore Le Soleil qui, dans une tonalité bien plus lumineuse, parle de façon poétique de notre étoile, en Norvégien et en Français. Car oui, Lazare et Cornelius ont décidé d'utiliser à nouveau la langue de Molière.

Bububu Bad Beuys se démarque de la tracklist car il est le morceau le plus fou de Kosmopolis Sud. Le genre de titre qui rassemble tous les délires de l'album dans un mixeur et en régurgite quelque chose de complètement intense. Que ce soit par sa première partie - sorte de mélange entre Darkthrone et les Tambours du Bronx - ou l'autre moitié aux sonorités électro, Solefald prouve qu'après dix ans d'existence on peut encore se renouveler.

Le groupe continue son bonhomme de chemin et ce qu'il en rapporte n'a de cesse de piquer la curiosité et de provoquer l’intérêt. Loin est le temps où le duo jouait du black metal, qui déjà à l'époque partait dans des directions inattendues. Certaines traces sont encore présentes, notamment sur Bububu Bad Beuys et String the Bow of Sorrow (composé lors de leurs débuts, en 1995). 

World Metal - Kosmopolis Sud est un album qui divisera, comme toujours. A la croisée des chemins, entre Zappa, Patton, l'indus et le black metal, Solefald nous offre ici encore une musique à la fois planante, inattendue, organique et intelligente. La durée de vie de l'album est étendue, de nouveaux détails ressortant à chaque écoute. Le groupe nous invite au voyage. Une excursion que l'on suivra volontiers.

1. World Music with Black Edges
2. The Germanic Entity
3. Bububu Bad Beuys
4. Future Universal Histories
5. Le Soleil
6. 2011, or a Knight of the Fail
7. String the Bow of Sorrow
8. Oslo Melancholy