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Album

06/03/15 - Nostalmaniac

Evil Invaders

Pulses of Pleasure

LabelNapalm Records
styleSpeed / Thrash Metal
formatAlbum
paysBelgique
sortiefévrier 2015
La note de
Nostalmaniac
8/10


Nostalmaniac

Le Max de l'ombre. 29 ans. Rédacteur en chef de Horns Up (2015-2020) / Fondateur de Heavy / Thrash Nostalmania (2013)

Mais qu'est-ce qui peut donner envie de mosh pit à l'ancien leader de Sepultura, Max Cavalera, comme dans les bons vieux jours du Thrash (dixit une des promos le citant) ? Après un EP assez bien accueilli, il y a deux ans, et qui laissait entrevoir un gros potentiel, « Pulse of Pleasure » est le tout premier effort studio longue durée des Belges de Evil Invaders, sorti sur le label Napalm Records qui est plutôt habitué à avoir dans son roster des groupes Sympho, Pagan/Folk ou Black Metal. Le label s'ouvre néanmoins de temps en temps aux groupes Speed/Heavy/Thrash Metal. Preuve en est ! Effet de mode ou véritable coup de coeur de la maison autrichienne ?

Ces joyeux drilles à perfectos sont originaires de la province du Limbourg (au nord-est de la Belgique), région de contraste entre son passé industriel et sa nature foisonnante. Historiquement, il faut bien reconnaître que le nord de la Belgique, plus précisément la Flandre, c'est LA terre du Heavy Metal national avec des groupes connus comme Acid ou plus ou moins connus comme Ostrogoth (toujours actifs) ou encore Crossfire. Il n'est donc pas étonnant de retrouver grâce à ce terreau fertile de jeunes formations comme Evil Invaders (affichant une moyenne d'âge se situant dans la vingtaine). Cependant, avec un sobriquet emprunté au deuxième album (sorti en 1985) des thrasheux canadiens de Razor, j'ai quand même des a priori viscéralement persistants. Et oui, la vague des photocopieuses rétro-Thrash est passé par là usant jusqu'à la corde tous les poncifs du genre. Bref, le Bonded by Blood-core on connaît !

Quand déboule dans mes esgourdes le premier extrait des Impulsions de plaisir, « Fast, Loud 'N' Rude »  (tout un programme !) débutant d'emblée avec un riff tout droit inspiré par le Thrash 80's à tendance germanique, une certaine fébrilité s'installe. Pas que je m'attendais à du Speed/Thrash hyper-technique et progressif (très difficile à croire quand on voit les photos promotionnelles et les t-shirts arborés) mais à quelque chose d'un peu moins évident. Je pinaille, car le titre (qui a droit à son clip) reste assez efficace, mais il va falloir plus d'arguments dans ce menu rétro pour me convaincre. Un des ingrédients les plus évidents tout au long de ces 9 morceaux, ce sont les cris suraigus de Joe (anciennement Jöe Anus quelques litres de bières plus tôt) qui me font penser à un croisement plutôt réussi entre Tony Portaro des Américains de Whiplash et le coté plus Heavy d'un Dan Beehler (Exciter) (pour ne pas dire de manière plus évidente John Cyriis d'Agent Steel). Ah, et avec 20/30 ans en moins ! Même si le label évoque lui le chant de Steve Souza (vocaliste de ... Exodus) période « Pleasures of the Flesh ». Le morceau-titre qui suit « Pulse of Pleasure » devient beaucoup plus réjouissant et l'étiquette Speed Metal revendiquée prend du sens. En effet, à cheval entre l'agressivité du Thrash et une mélodicité plus Heavy Metal, voilà la véritable force du combo belge. Pas question ici d'une broyeuse sans âme donnant une mixture insipide pour néo-Thrasheux fraîchement patchés. Absolument pas ! Certes, on retrouve les gimmicks propres au style, mais tout en évitant soigneusement la faute de goût. Il est également affaire de maîtrise et tout me fait penser que ce premier opus est taillé pour le live. Je ne crois pas me tromper quand on regarde le rythme effréné des tournées et concerts (qui a pour conséquence quelques changements de lineup, dont le départ du talentueux bassiste figurant sur cet album, Nico Beekwilder). Si les premiers accords de « Stairway to Insanity » renvoie directement aux glorieuses années de Iron Maiden (tout comme le riff galopant de « Venom ») et me prennent guitaristiquement parlant par les sentiments, il en ressort tellement de maturité (le mot est lâché !) qu'il serait injuste de les comparer à de pâles ersatz (mais si tu vois de qui je parle). Les différents solos, ainsi que les duels de guitares, exécutés par Joe (vocaliste mais aussi guitariste) et Sam Lemmens sont autant prenants que bien placés. Autre ingrédient de choix que je remarque, c'est le jeu de batterie varié de Senne Jacobs (poussant le old school jusqu'au son de ses toms). La fougue se mêlant à la conviction, le court instrumental « Blinded » sert d'introduction à ce qui est mon morceau préféré « Master Of Illusion ». On parlait de live et justement ce titre doit faire son effet en fin de set avec son refrain tellement accrocheur et ses « Master » répétés à tue-tête. Pas de bonus, ni d'énième reprise d'un groupe « culte » oublié des années 80. Un album qui va donc à l'essentiel servi par la production impeccable de Koen Keijers (lui aussi très jeune), ami du groupe et possédant son propre studio (le Waveshape Studio). Concernant la (magnifique) pochette, elle est l'œuvre, comme pour le précédent EP, de l'artiste guatémaltèque Mario E. López M.  Une bonne raison pour acquérir le format vinyle !

Avouez que pour un premier disque, les mots "maîtrise" et "maturité" peuvent paraître excessifs et pourtant, je ne pense pas exagérer. S'il ne faut pas attendre des envahisseurs maléfiques de réinventer le Speed ou le Thrash Metal, on peut toutefois leur faire confiance pour ce qui est de faire headbanguer et ravir les nostalgiques de ma trempe qui seront tentés de découvrir ces morceaux dans un terrain de jeu idéal, le live !

Tracklist:

1. Fast, Loud ‘n’ Rude
2. Pulses Of Pleasure
3. Eclipse Of The Mind
4. Siren
5. Stairway To Insanity
6. Shot To Paradise
7. Venom
8. Blinded (intro)
9. Master Of Illusion

Le clip de Pulse of Pleasure