Chronique Retour

Album

04/03/15 - Dolorès

King Woman

Doubt

LabelThe Flenser
styleDoom / Shoegaze
formatEP
paysEtats-Unis
sortiefévrier 2015
La note de
Dolorès
7/10


Dolorès

Non.

A-t-on déjà choisi meilleur moment pour sortir un opus de Doom éthéré ? Alors que le terme englobe de nombreuses manières d'aborder une musique lente, lourde et planante, ce style musical, si on ose l'appeler comme cela, est indéniablement en plein essor. King Woman ne s'est pas planté, empruntant l'ancienne chanteuse du groupe de Shoegaze Whirr, Kristina Esfandiari, pour mener le projet. Le résultat actuel, c'est deux singles et un EP, dont ce "Doubt" sorti chez The Flenser. Musicalement, bien qu'il soit fondamentalement Doom, l'ensemble a tendance à s'écarter du chemin, pour emprunter tant du côté de Whirr que d'autres influences, toujours hors de la sphère Metal.

A vrai dire, à la première écoute, il est compliqué de ne pas avoir une seule chose en tête : "Chelsea Wolfe rencontre SubRosa".
Néanmoins, ce n'est pas une confrontation électrique, explosive, et on a là plutôt affaire à deux entités qui s'approchent et commencent à s'apprivoiser mutuellement. L'évolution se déroule au fil des quatre titres, débute sur "Wrong" qui questionne, étonne, et fait s'interroger l'auditeur sur ce qu'il est en train d'écouter, et s'éteint avec la fin de "Candescent Soul", donnant l'impression qu'enfin, les deux corps ne font plus que se tourner autour, mais s'étreignent de toutes leurs forces.

Quelques échos à Jex Thoth sont également présents, un parallèle difficile à éviter quand on se range du côté du Doom éthéré à chanteuse, bien que le chant soit bien différent de celui de Jessica, peu sensuel ou chaud ici, rien qu'un texte déclamé, juste et simple.

L'originalité de King Woman est que, finalement, le groupe n'hésite pas à flirter côté Shoegaze & Dream Pop, mettant à profit l'expérience passée de Kristina Esfandiari. Non pas une influence lointaine comme certains groupes de Post-Machin le font, mais quelque chose de beaucoup plus perceptible. En résumé, difficile de ne pas entendre Slowdive à l'intérieur de "King Of Swords" : un ternaire lent et mélancolique, à peine tourmenté, où se pose un chant spontané qui se laisse porter par le rythme, sans même rechercher spécialement l'émotion.
Au milieu de tout cela, se pose "Burn" et son atmosphère orageuse, entre la lourdeur grise apaisante et la démonstration de force, et qui n'hésite pas à créer un dynamisme inattendu qui est totalement le bienvenu au sein de l'EP.

A l'heure du dernier titre, je peux comprendre qu'on en ait assez du chant, parfois légèrement monotone, mono-note également (même si le terme est plutôt exagéré). Néanmoins, sur quatre morceaux, le groupe ne tombe pas dans le piège de sonner trop redondant ou trop peu personnel. "Doubt" est clairement un ensemble à la structure solide, carrée, sans hésitation aucune. King Woman trouve le juste milieu pour ne pas se décrédibiliser, et inspirer une certaine prestance qui lui permettra, l'espère-t-on, d'être mis en lumière au moment où le nombre de groupes qui s'essaient au style est toujours croissant.

King Woman semble bien mieux trouver où est sa place et quelle est son identité dans cet EP que dans leur dernier single, "Dove/Fond Affections". Là où les jets précédents étaient beaucoup plus sombres et sobres, le groupe expérimente ici de nouvelles manières de créer, doublant les influences, et arborant une façade beaucoup plus pro. A travers des pistes plus complexes, plus chargées, seul le chant reste égal à lui-même, en n'étant qu'une complainte lascive, désabusée, lâchée sans scrupules : le guide parfait pour ces vingt minutes inattendues.

1. Wrong
2. King Of Swords
3. Burn
4. Candescendent Soul

Les autres chroniques

Album

févr. 2017 Dolorès

King Woman

Created In The Image Of Suffering