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mardi 28 octobre 2014 - U-Zine

Cannibal Corpse + Revocation + Aeon

Trabendo - Paris

U-Zine

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Les vieux de la vieille Cannibal Corpse sillonnent la France pour défendre leur dernier bambin : A Skeletal Domain. Accompagnés d’Aeon et de Revocation, ils posent leurs valises à Paris.

Le Trabendo est une salle de concert atypique, avec sa fosse à plusieurs niveaux, ses barrières de Zenith, et sa terrasse excentrée. Bien que petite, la salle est bien agencée, permettant au son de rebondir avec justesse sur les murs. Un peu comme le John Lennon de Limoges. Arrivé pile à l’heure, on plonge directement dans le set d’Aeon.

AEON

Une fosse en petite forme attend les Suédois, mais l’accueil est bon. Le groupe embraye sans introduction avec son Death bien vilain. Ce qui surprend tout de suite, c’est le professionnalisme des gus : c’est carré dès les premiers riffs ! Le batteur y est pour beaucoup. Concentré et inspiré, il emmènera ses potos dans des contre-temps réussis, apportant une touche de technicité aux compos.

Le reste des zikos n’est pas en reste. Le front-man bien en voix balance de la haine sans se chier dessus, même si quelques grimaces seront perceptibles en fin de set. Les deux gratteux restent les pieds au plancher et headbang nerveusement. La communication est ponctuée et discrète. Le genre est respecté.

Tout ce petit monde balance de la mandale par pack de 12, sans réel temps mort. Quoique si, une seule pause sera effectuée (histoire d’haranguer le public et de feinter une baisse d’intensité) avant de repartir direct sur morceau bien speed à base de blastbeat comme on les aime.

La demi-heure de set passe comme une lettre à la poste.

Dans la fosse, on distingue un public très hétérogène. Le vétéran retient sa vibe pour Cannibal Corpse, l’étudiant en vacances chahute dans les premiers rangs. Sans grande volonté de retourner le Trabendo, la fosse répond bien et remerciera chaleureusement la formation à la fin de leur set.

Bonne entame de soirée avec Aeon, qui a bien assuré avec une prestation solide. La fosse a gagné en densité, témoin de la réussite des Suédois. Dommage que le son eut été parfois inégal, mais là on chipote.


Satanic Victory
Living Sin
Forgiveness Denied
Kill Them All
Aeons Black
Biblewhore
Still They Pray
Forever Nailed


Changement de matos, la batterie voilée de Cannibal Corpse ne s’animera qu’après le set de Revocation.

REVOCATION

Depuis plusieurs albums à succès, les Amerloques de Revocation roulent leur bosse. Accouchant d’un nouveau full-length : Deathless, ils ont la lourde tâche d’ouvrir pour la légende du Brutal Death. La fosse est maintenant bien garnie, les premières notes se font entendre, on est parti pour un set de Trash/Death sans accros.

Revocation est énergique, se balade de part et d’autre de l'estrade, partage. Il en résulte une scène en mouvement et une communication très bien calibrée. La set list est à l’image de la formation, oscillant entre titre Death coupé au hachoir, et compos aux riffs Thrashy incisifs. Certains morceaux possèdent des soli assez chauds à jouer, mais les Américains assurent et animent la scène même pendant ces parties retorses !

Deux/trois breaks passent moins bien en live que sur skeud, mais le brailleur Dave Davidson les recouvre correctement et la pilule passe crème. En bonus : deux nouveaux titres de leur nouvelle galette seront joués ce soir (Deathless et Madness Opus). Il passent l’épreuve du live haut la main. L’audience est reconnaissante et renvoie la musique des Américains à travers de bons mosh pits ça et là, avec ponctuellement un circle pit pas vilain.

Révocation a parfaitement rempli sont rôle de chauffeur de salle. Départs de flammes constatés au Trabendo. Prochaine mise à jour avec Cannibal Corpse.

The Hive
Teratogenesis
Deathless
Dismantle the Dictator
Fracked
Madness Opus
No Funeral


CANNIBAL CORPSE

Si le Brutal Death Metal devait retrouver ses parents, il toquerait probablement à la porte de Cannibal Corpse, juste pour vérifier. Fort de leur dernière galette pas piquée des hannetons, A Skeletal Domain, la bande de George Fisher monte sur les planches et balance pêle-mêle Staring Through The Eyes Of The Dead et Fucked With A Knife. Leur manière à eux de dire bonjour, en somme.

Ça enchaîne sur un Stripped, Raped And Strangled du plus bel effet. On pourrait croire avec ce début de set à une "full Bleeding" session, avant que Kill Or Become, tirée du dernier album, ne soit exécutée.

Cannibal Corpse ne fait pas de fioritures. Vissés au plancher, les zikos jouent frénétiquement et tournent leur tignasse en rythme sans discontinuer. Paul Mazurkiewicz assure grave à la batterie, et Mr Fisher dégueule ses tripes avec efficacité. Pour ce groupe légende du Brutal Death qui officie depuis 89, tenir une scène avec des titres aussi intenses force le respect.

Les compos les plus anciennes n’ont pas pris une ride, ces riffs incisifs font toujours autant de dégâts, comme en témoigne la fosse. A présent remplie et à chaud, elle se livre à des mosh pits bien crades, tout en haranguant le groupe entre les morceaux. La communication est minimaliste, comme à l’accoutumée, renforçant la haine déversée ce soir au Trabendo.

Dormant Bodies Bursting et ses coups de cymbales tranchants se termine. On a pour l’instant passé un bien bon moment, mais c’est sans compter sur la seconde moitié du set, composée principalement de titres old school, que Cannibal Corpse va montrer qui est le patron.

A Skull Full Of Maggots, Hammer Smashed Face, ou encore I Cum Blood sont parfaitement jouées et font des ravages dans le public. Les Américains restent carrés, pros et motivés, formant un bloc compact délivrant de la violence pure. Le Trabendo oscille entre pue, viscères et putréfaction. Devoured by Vermin finira les restes des premiers rangs, pour une clôture de concert sous couvert de leçon de Death Metal.

Cannibal Corpse tient le cap, n’a plus rien à prouver depuis belle lurette et reste une machine de guerre bien huilée. Les Floridiens, s’appuyant sur une super setlist, diffusent une atmosphère violente, glauque et chaotique. Souvent imité, mais jamais égalé, Cannibal Corpse à encore de beaux jours devant lui.

Staring Through the Eyes of the Dead
Fucked With a Knife
Stripped, Raped and Strangled
Kill or Become
Sadistic Embodiment
Icepick Lobotomy
Scourge of Iron
Demented Aggression
Evisceration Plague
Dormant Bodies Bursting
Addicted to Vaginal Skin
The Wretched Spawn
Pounded into Dust
I Cum Blood
Disposal of the Body
Make Them Suffer
A Skull Full of Maggots
Hammer Smashed Face
Devoured by Vermin


Une bonne salle, des premières parties qui assurent, un Cannibal Corpse au top et un public qui suit, ce sont les ingrédients de cette soirée réussie, crade et définitivement violente. Un grand merci au Trabendo et à Cartel Concerts pour l’organisation sans faille de cette date Parisienne !