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jeudi 6 novembre 2014

Eluveitie + Arkona + Skalmold

Le Metronum - Toulouse

U-Zine

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Tout le monde le sait depuis 3 saisons, l’hiver arrive. En attendant le froid hivernal, le temps est au beau fixe pour l’association toulousaine SPM Prod. Après avoir dépassé les 1100 spectateurs pour le concert de Cannibal Corpse, la saison continue sous la protection des Dieux puisque cette date d’Eluveitie était sold-out depuis maintenant plusieurs semaines. Et malgré un Metronum pouvant accueillir 500 personnes, nombreux étaient les fans à chercher désespérément une place sur les réseaux sociaux. Que tous ceux-là se rassurent, Eluveitie passeront au Festival de Noel de Limoges le 20 décembre, soit à 3h de route de Toulouse (et croyez-moi, ça se fait facilement, d’autant plus un samedi !). Quoi qu’il en soit, en ce jeudi 6 novembre 2014, c’est bien à Toulouse que se passaient les festivités, et pour ce faire, un joli plateau de trois groupes de folk metal. Retour sur la soirée …

SKALMÖLD

On commence donc la soirée avec Skálmöld venu des froides contrées d’Islande. Notons tout d’abord que l’on avait déjà vu le groupe par le passé en terres toulousaine, puisqu’il tournait déjà l’an dernier avec Finntroll et Týr (que l’on verra eux en décembre avec Sabaton et Korpiklaani). Skálmöld donc, est une des valeurs montantes du label autrichien Napalm Records, ce qui n’en fait pas pour autant un groupe exceptionnel. Le groupe, à défaut de sortir deux premiers albums homogènes, a réussi un coup de génie sur une poignée de titres (Gleipnir, Kvaðning et à la limite Narfi si on est pas trop sectaire), le reste de la discographie étant en revanche très en deçà du coup de maitre réussi sur ces titres-là.

Le deuxième tour de force de Skálmöld a été l’idée brillantissime de s’associer avec l’Orchestre Symphonique National d’Islande pour une réinterprétation symphonico-metal de leur répertoire à la manière d’un S&M de Metallica. Cette série de concert a donné lieu à l’album live Skálmöld og Sinfóníuhljómsveit Íslands, sublimant clairement le potentiel du groupe (la version de Kvaðning avec l’orchestre est juste une merveille !). Et 2014 n’a pas été de tout repos pour les islandais puisque la formation sort en ce mois de novembre son 3ème album studio Með vættum (on l’a écouté en avant-première et foncièrement, il est loin d’être exceptionnel …).

Voilà donc où nous en sommes et il faut croire qu’en ouverture de Finntroll, le groupe avait déjà marqué les esprits puisque le public a semblé les attendre de pied ferme. Une entrée en scène soignée sur un espace réduit par la présence des décors d’Eluveitie, partiellement caché pour le moment. La particularité de Skálmöld est aussi dans son line-up, comportant 3 guitaristes et dont tous les membres sont mis à contribution au chant (batteur compris). Et c’est donc une véritable plongée dans l’univers viking islandais que nous propose le groupe, passant de titres froid à d’autres évoquant le tempérament de la mer et des volcans du pays.

Sans surprise, Gleipnir fait son petit effet en début de set, déridant rapidement le public qui commence sans tarder à provoquer quelques jolis mouvements de foule. Le groupe propose ce soir deux nouveaux titres extrait de l’album à venir Að hausti et Með fuglum, deux titres que l’on qualifiera d’anecdotique à défaut d’être réellement marquant. Bien entendu, la fin de la setlist sera nettement plus apprécié avec un combo Narfi / Kvaðning du plus bel effet, deux petites pépites de folk metal envoyé à la face du public toulousain. Kvaðning notamment très attendue, véritable fresque viking de presque 8 minutes de long évoque les sagas nordiques offrant une place au Valhöll dans l’attente du crépuscule des Dieux. Parfait pour conclure !

Setlist Skálmöld :
Innrás (intro)
Árás
Gleipnir
Að hausti
Miðgarðsormur
Með fuglum
Narfi
Kvaðning

АРКОНА

Arkona, c’est un peu comme pour Disgorge, faut toujours préciser duquel il s’agit. Si pour autant, l’Arkona dont il est question ce soir est le plus connu du grand public, notons l’existence de l’Arkona polonais officiant dans le pagan/black (et qui a d’ailleurs sorti un très bon album en fin d’année dernière), ou plus anecdotique le groupe russe de black metal du même nom. Bref, Аркона (ouais, en cyrillique ma gueule, comme ça, c’est chiant à lire pour vous et j’passe pour un puriste), c’est totalement ce qui pourrait représenter la musique slave transposée au metal.

Les moscovites, dont la grosse période de gloire a été en 2004 et 2005 avec 3 albums en deux ans qui ont permis d’établir le groupe au niveau international. Malgré ça, depuis Гой, Роде, гой! en 2009, le groupe sombre doucement dans la médiocrité avec un Слово qui n’a pas réellement convaincu et cette année avec le dernier opus Явь, qui est, disons-le clairement une bonne fois pour toute : CHIANT. L’impression dans ce nouvel opus de se retrouver au milieu d’un trip sous acide où les instruments folkloriques qui faisaient la qualité de l’Аркона des débuts, ont tout simplement disparus. On ne parlera pas non plus des sorties de l’an dernier avec 2 compilations et un l’album live en un an, semblant n’être que du remplissage assumé.

Bref, c’est dans un climat où le groupe a encore tout à faire pour convaincre que les russes entrent en scène. Et niveau entrée en scène, Masha "Scream" Arkhipova a toujours su y faire, affublé de sa peau de bête, parcourant la scène de gauche à droite en envoyant des cris dont elle a le secret. Et si son mari de guitariste Sergey "Lazar" Atrashkevich n’hésite pas à haranguer la foule et à faire participer le public, de l’autre côté de la scène, Kniaz, derrière sa basse est toujours autant en retrait malgré sa présence dans le groupe depuis plus de 11 ans. Le constat est rapidement fait en revanche que leur batteur est une véritable pépite. Tout fraichement recruté pour palier au départ de Vlad Sokolov (batteur durant 11 ans chez Аркона), le bougre a un CV purement hallucinant avec une participation active à plus de 13 groupes, et ayant été batteur live de Blaze Bayley (ex-chanteur de Iron Maiden), excusez du peu !

Malgré tout, avoir un bon batteur et une chanteuse ultra scénique n’est pas suffisant pour faire un show de qualité si la fougue et la setlist ne suivent pas. Et ce soir, c’est précisément là qu’est le problème. Si les anciens titres (évidement judicieusement placés en fin de setlist) comme Stenka na Stenku ou Yarilo, ultra festifs et mettant à l’honneur les instruments folk, cartonnent toujours autant, les morceaux du nouvel album en revanche font retomber la pression pour nous offrir une sorte de trip chelou d’ennui profond (Serbia par exemple). Heureusement, quelques titres bien placés comme Goi, Rode, Goi! permettent de maintenir l’attention du public, mais globalement, Аркона n’a que moyennement convaincu. Dommage.

Setlist Аркона (de mémoire donc probablement erronée) :
Kolomiyka (Intro)
Yav
Goi, Rode, Goi!
Serbia
Zakliatie
Na Strazhe Novikh Let
Slav'sja, Rus'!
Chado Indigo
Stenka na Stenku
Yarilo

ELUVEITIE

Eluveitie, c’est encore une toute autre histoire ! Le groupe avait frappé un grand coup dans une scène folk métal sur le point d’exploser avec Vên, puis Spirit, petit bijou de folk metal dans la veine de Heol Telwen et de Cruachan. Slania avait fini d’enfoncer le clou, le titre Inis Mona finissant d’assoir la popularité du groupe. Et après, c’est là que tout se gâte, le groupe s’essaye à l’album purement folk sans réellement convaincre avec Evocation I - The Arcane Dominion, puis enchaîne les albums à la qualité aléatoire. Leur folk metal, contenant une bonne dose de death mélo ne convainc plus, et malgré une compilation de leurs anciens titres réenregistrés (une idée excellente par ailleurs), c’est avec Origins, leur 6ème album, sorti cet été que le groupe se présente devant nous.

Curieusement, malgré leurs sorties d’albums aléatoires, Eluveitie a toujours été un groupe très bon en live, probablement du fait que le groupe compte 8 personnes, et offre toujours de quoi occuper le regard. D’ailleurs, c’est très clairement Chrigel Glanzmann et Anna Murphy qui seront les plus applaudis. La jeune vielliste était déjà passé cette année à Toulouse en ouverture du concert d’Anneke van Giersbergen accompagné de Merlin Sutter (batteur d’Eluveitie) pour un concert intimiste laissant parler sa passion pour le chant lyrique et sa vielle à roue.

L’occasion également du concert pour voir enfin sur scène la nouvelle violoniste Nicole Ansperger qui remplace Meri Tadić quittant le groupe en 2013 après 10 années de bons et loyaux services. Nicole s’en sort haut la main, tant son joli minois et son sourire ont conquis le public, possédant également de très bonnes capacités au violon. Pas étonnant quand on sait qu’elle a participé à des concerts de Haggard, projet colossal de métal symphonique comptant plus d’une 20aine de membres.

Eluveitie nous offrira ce soir une entrée en matière cash avec King au rythme soutenu enchainant avec Nil, permettant de mettre la lumière sur l’utilisation des instruments folkloriques. AnDro marquera naturellement des points, à mon immense regret le seul titre de Spirit joué ce soir (quelle honte quand on sait que cet album est une perle …). Mais c’est sur le titre The Call of the Mountain que le groupe saura être ingénieux en proposant au public le choix de la version chantée. Naturellement, c’est en version française que le titre sera interprété. Un titre sur lequel on verra même une nouvelle version de slammer (#CeuxQuiYEtaientSavent #BeachBoys).

On constatera d’ailleurs l’immense place prise dans la composition et dans l’interpretation d’Anna Murphy à l’époque simplement vielliste, mais désormais pilier du groupe, assistant judicieusement Chrigel dans le rôle de leader. On notera d’ailleurs l’immense place prise par Origins dans la setlist avec pas moins de 8 titres, qui, même passable sur album passent plutôt bien en live avec l’énergie délivré par les suisses. A ce titre, Chrigel nous expliquera l’origine de Vianna, jeune fille sur le champ de bataille d’Alesia.

Après un Havoc finement balancé, le groupe se retire pour mieux revenir en rappel. Alors que l’on s’attendait à clôturer le concert avec Inis Mona, Eluveitie réussi à nous surprendre avec Helvetios mais surtout Luxtos (leur version de « La jument de Michao » ), qui était absente sur les concerts précédents en Espagne. Preuve que le groupe a su s’adapter à son public, d’autant plus le public français, et à plus forte raison vu que le groupe s’inspire énormément du folklore breton. Un bon point dont le public ne boudera pas le plaisir. Bien évidemment, le concert se termine sur l’excellente Inis Mona qui me fait toujours autant regretter l’époque où les deux frères Kirder (Sevan aux instru folk et Rafi à la basse), véritables vikings étaient dans le groupe et apportaient une dimension authentique à leurs concerts. En bref, Eluveitie malgré ses chemins mal empruntés sur album offre une constance en concert qui fait plaisir à voir. On les reverra à Limoges en décembre, aucun doute sur ça.

Setlist Eluveitie :
King
Nil
From Darkness
Carry the Torch
Thousandfold
AnDro
Sucellos
The Call of the Mountains (en version française « L’appel De La Montagne » )
Omnos
The Nameless
Inception
Kingdom Come Undone
The Silver Sister
Vianna
A Rose for Epona
Havoc
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Helvetios
Luxtos
Inis Mona

Merci donc à SPM Prod pour un nouveau concert de qualité, d’autant plus à guichet fermé. La bise à Gab’, ma surfeuse préférée ! Et le coucou aux deux lecteurs d’U-zine qui sont venu me voir avant les concerts !