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lundi 27 octobre 2014 - U-Zine

Cannibal Corpse + Revocation + Aeon + Blood Ages + Heresic Synopsis

Le Bikini - Toulouse

U-Zine

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Il y a quand même de belles choses dans le milieu metal. Après un début de saison marqué par un mois d’octobre ultra chargé, où l’orga Noiser a clairement tiré son épingle du jeu (Conan, YOB, Entombed, …), place donc à SPM qui occupe une grosse place en cette fin octobre/début novembre. Le concert d’Accept avait été une belle surprise, le public, très panaché, ayant répondu présent à l’appel du heavy old school. Mais là où SPM fait très fort, c’est pour cette soirée. Qui aurait pu parier que Cannibal Corpse arriverait à attirer plus de 1100 personnes ?

La raison à cela ? Une soirée au prix dérisoire de 12 euros pour 5 groupes, dont deux formations locales, le tout au Bikini, l’une des meilleures salles du sud-ouest. D’aucuns s’interrogeront sur cet incroyable coup de poker de l’association. Cette dernière, bénéficiant d’un coup de pouce de la municipalité, s’inscrit dans une démarche de rendre la culture encore plus abordable à tous que d’habitude, avec des formations locales ainsi qu’un prix plafonné. Résultat : un Bikini quasi complet, du death old school et une soirée réussie.

HERESIC SYNOPSIS

On commence donc avec un digne représentant de la scène locale : Heresic Synopsis. Membre du collectif de groupe Brutal Frog, les toulousains ne bouderont pas leur plaisir de se produire sur une scène aussi grande et en première partie de Cannibal’. La joie (et le stress) est palpable et les 20 courtes minutes mises à leur dispositions seront utilisés sans en perdre une miette. Défendant leur album « Je suis d’Ailleurs », qui sortira en ce début novembre, un opus qui, d’après le groupe sera aux antipodes de leur musique passé.

Et effectivement, Heresic Synopsis semble avoir muri depuis les quelques dernières fois où nous les avions vu en live. En effet, le groupe distille un death metal déstructuré, oscillant entre la folie mentale et la pure destruction de cervicale. Offrant quelques bonnes idées, on sent pourtant que certains plans mériteraient d’être creusés, certains passages s’enchainant sans réelle transition. Pris séparément, tout roule, mais mis bout à bout, on sent qu’il manque un tout petit truc pour que la sauce prenne vraiment toute sa saveur. Quoi qu’il en soit, à l’image d'Alaric (basse), le groupe se donnera à fond et repartira après 20 courtes minutes avec le mérite du travail bien fait ! A revoir sur un set plus long.

Deliverance
Le Don Macabre
Ar-men
Martyr
Elliot III : Le Sauveur
 

BLOOD AGES

Second groupe toulousain ce soir, et toujours extrait du collectif Brutal Frog, Blood Ages va durcir le ton. En effet, dès les premières notes, on sait que l’on aura affaire à une musique plus massive. Si le groupe n’a rien sorti depuis son premier album At the Height of the Storm, il n’a pourtant pas chômé, se produisant en live à plusieurs reprises. Leur death metal prend ses origines dans la scène old school américaine, auquel Blood Ages a apporté une touche plus moderne, tintant ses compositions de touches de deathcore ou de death mélo typé.

En effet, à l’image de Face The Vigrid, on aura l’impression de naviger entre les genres, le titre commençant par une balade andalouse à la guitare sèche avant d’enchainer sur un riff de death technique à la Gorod, puis sur une rythmique à sample typique de SepticFlesh, pour finir sur du deathcore. Curieux dans l’approche, mais sur scène, tout s’emboite sans soucis. A l’instar de Heresic Synopsis, eux non plus ne cacheront pas leur plaisir d’être ici et de se produire devant une foule nombreuse quoi qu’assez passive. Notons d’ailleurs l’énorme performance d’Aniki, au chant qui officiait avec un gros rhume et 40°C de fièvre !! Respect !

Godless Sandborn
The Beast Within
Dusk
Seth
The crowns collector
Face the Vigrid

AEON

Si Aeon, malgré ses 15 ans d’existence, n’a curieusement jamais vraiment percé, il faut reconnaître qu’il se donne du mal pour réussir. Avec 4 albums sortis ces 10 dernières années, le groupe ne chôme pas. Pas surprenant non plus de voir le groupe présent sur cette tournée malgré qu’ils n’aient pas de nouvel opus à défendre. En effet, Aeon et Cannibal Corpse ont déjà une tournée commune au compteur (2006), en plus de partager le même label (Metal Blade Records). Le groupe, formé sur les cendres de Defaced Creation par Zed Nilsson (guitare) et Tommy Dahlstrom (chant), a renouvelé une bonne partie de son line-up ces deux dernières années s’offrant 3 nouveaux membres (basse, guitare, batterie).

Coté scénique, les 15 années à arpenter la scène sont perceptibles, le groupe ayant le headbang facile et Tommy n’hésitant pas à arpenter la scène de gauche à droite pour dynamiser leur death metal, ou en essayant de faire chanter le public. Coté foule, même si on sent que tout le monde se réserve pour Cannibal Corpse, le public commence enfin à se lâcher avec quelques timides slams et circle pit. On notera la brève apparition du chanteur de Revocation sur Still They Pray. 35 minutes de set, toujours un peu court, mais c’est le prix à payer pour ouvrir sur Cannibal Corpse.

Satanic Victory
Forgiveness Denied
Kill Them All
Aeons Black
Biblewhore
Still They Pray
Forever Nailed

REVOCATION

Second poulain de l’écurie Metal Blade Records, Revocation est un peu le groupe à part de ce plateau. Officiant sous le nom de Cryptic Warning de 2000 à 2006, le groupe change de nom en 2006 pour Revocation et enchaîne 5 albums en 6 ans. Mais là où le groupe dénote, c’est par son approche musicale, oscillant entre death technique et thrash metal. Ainsi, on retrouve autant dans leurs compositions du Gorod pour l’aspect technique que du Havok ou du Skeletonwitch pour la rythmique thrash.

Les ‘ricains défendent ce soir leur tout nouvel opus, Deathless, sorti en octobre dont deux titres seront extrait : Deathless et Madness Opus, qui passent l’épreuve du live sans soucis. Sur scène, on sent que le groupe a longtemps trempé dans la scène thrash américaine, le groupe étant en permanence en mouvement, offrant ici et là des soli démontrant l’aisance flagrante des deux guitaristes. Ce duo, officiant également au chant, offre une complicité qui n’est pas sans rappeler un certain Annihilator. Dans le public, le ton s’est nettement réchauffé, on voit poindre quelques circle pit et les slammeurs se font enfin plus nombreux. La pointe de folie qui manquait à la soirée !

The Hive
Teratogenesis
Deathless
Dismantle the Dictator
Fracked
Madness Opus
No Funeral

CANNIBAL CORPSE

Ai-je réellement besoin de présenter Cannibal Corpse ? Groupe culte de la scène death metal floridienne, dont le 13ème album, A Skeletal Domain est sorti en septembre Cannibal Corpse est de ses groupes qui n’ont plus rien à prouver. Le genre de groupe qui impose son style, et si ça ne plait pas, qui t’enverra pleurer ailleurs. S’il y a des groupes que l’on voit maintenant quasiment tous les ans sur Toulouse (Exhumed ou Korpiklaani), Cannibal Corpse fait parti de ceux qui laissent s’écouler une décennie avant de revenir. En effet, il faudra remonter à avril 2004, au Havana Café pour un précédent. Un membre du public me confiera même : « La dernière fois que j’ai vu Cannibal Corpse, Chris Barnes était encore au chant !! ». Brütal.

Et c’est avec un triplé de The Bleeding (1994) que les floridiens entrent en scène offrant un début de set étourdissant … L’idée même d’enchainer Fucked With a Knife et Stripped, Raped and Strangled dès les 3 premiers titres, c’est poser d’office ses couilles sur la table du old school. Et ce n’est que le début de 90 minutes de set. Là où le groupe à su s’y prendre, c’est de proposer une setlist de 19 titres regroupant leurs meilleures compositions, puisque 12 albums sur 13 y sont représentés. Un gros best of live du meilleur du groupe en quelque sorte.

Ceux qui ont déjà vu Cannibal Corpse sur scène ces dernières années savent à quoi s’attendre. Le groupe, ultra statique n’est pas du genre à arpenter la scène de gauche à droite. Tout le monde a les pieds fixé à sa place, la tignasse devant les yeux, le headbang synchronisé et basta. Si le groupe adopte cette méthode depuis des années (en plus de lights fixes due à deux épileptiques dans le groupe), il faut reconnaître que tout est misé sur la puissance du son. Et effectivement, un Evisceration Plague ou un Make Them Suffer bien placé ont fait quelques dégâts dans la fosse.

Dans le pit, l’ambiance est explosive, à plus forte raison sur les anciens titres à l’image de A Skull Full of Maggots ou I Cum Blood. Il va sans dire que tout le monde est devenu hystérique sur Hammer Smashed Face, offrant un pit d’une rare violence. Sur scène, malgré un Alex Webster (basse) qui nous a semblé un peu moins impliqué que par le passé, c’est surtout la constance de Paul Mazurkeiwicz (batterie) qui tient le rythme sans soucis malgré les années. Coté chant, Corpsegrinder « Coup de Taureau » me fait de plus en plus penser à Nathan Explosion (de Dethklok / Metalocalypse) tant le bonhomme est devenu massif. Son chant, à défaut d’être juste, est constant avec les années, beuglant avec un coffre à faire pâlir quelques groupes de deathcore arriviste. En bref, du 100% Cannibal Corpse. Gloire à la Horde !

Staring Through the Eyes of the Dead
Fucked With a Knife
Stripped, Raped and Strangled
Kill or Become
Sadistic Embodiment
Icepick Lobotomy
Scourge of Iron
Demented Aggression
Evisceration Plague
Dormant Bodies Bursting
Addicted to Vaginal Skin
The Wretched Spawna
Pounded into Dust
I Cum Blood
Disposal of the Body
Make Them Suffer
A Skull Full of Maggots
Hammer Smashed Face
Devoured by Vermin

Bravo et merci à SPM pour la soirée qui aura dépassé les 1100 personnes à la grande surprise des organisateurs. En même temps, pour 5 groupes dont une légende du death pour 12 euros, beaucoup sont venus de loin. On retrouvera l’asso avec Eluveitie + Arkona au Metronum le 6 novembre, date dors et déjà sold out !