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samedi 13 septembre 2014

Momignies Extreme Fest

Brasserie de la Thiérache - Momignies (Belgique)

U-Zine

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2 ans après, me revoilà rempruntant les routes des villages les plus nuls du Nord de la France afin de me rendre au Momignies Extreme Fest, en Belgique. C'est donc après avoir admiré des paysages bucoliques tous plus pittoresques les uns que les autres que j'arrive à la brasserie de la Thiérache, barrée de barrières abhorrant un panneau « fête locale » du plus bel effet, alors que le set de Disgrassed vient tout juste de commencer. Les ayant déjà vus, il y a quelques mois à Lille en première partie de Parasitic Ejaculation, je n'ai pas grand chose à rajouter que je n'ai déjà dis à l'époque. En tout cas, ils sont chaleureusement accueillis par un public à l'affluence honnête pour l'heure - mais qui malheureusement n'évoluera pas beaucoup par la suite -qui n'hésite pas à mettre du souk, jusqu'à improviser un Wall Of Death à 7. On notera aussi la qualité du son, excellente avec mes protections, et qui le restera durant toute la journée ! Chose à souligner quand on sait que tout se passe sous un petit chapiteau.

Short, moule burnes et même short moule burnes, pas de doutes Prematory va donner dans le revival thrash ! Alternant morceaux courts et rapides et d'autres plus basés sur les shreds, le groupe est mené par un chanteur bien remuant qui balancera même du oï oï oï et s'efforcera de faire headbanger la fosse qui le lui rendra. Pas un concert des plus mémorable mais terriblement rafraichissant.

BIM, à peine le troisième groupe et même pas l'heure du goûter qu'on se prend déjà une énorme claque dans la gueule avec Deathrite ! Les Allemands proposent un Death metal avec quelques pointes Black mais surtout de gros relents Crust et faisant baigner le tout dans un son bien gras (normal avec un nom pareil ! Hohoho...désolé.) avec ses accointances Sludge et Stoner, Deathrite balance un set intense qui retourne complètement l'auditoire, de tel sorte qu'il se retrouve à exécuter un rappel sous les demandes incessantes de celui-ci, et pour la peine, interprète un nouveau titre : Toxic Hammer.

Cela faisait une trotte que je n'avais pas eu l'occasion de voir Impureza en live ( une date à la rumeur en 2008!), C'était donc l'occasion de voir comment le groupe avait évolué depuis. Et à par la disparition des castagnettes sur scène, pas grand chose à signaler : Impureza joue toujours son flamenco death Metal, où les parties de guitare sèche nous donnent envie de danser et taper des mains en faisant des « olé olé ! »,avant que les gros riffs lourds ne nous donnent envie de nous foutre sur la gueule, excellent concert, le genre qu'on ne peut que suivre avec un sourire au milieu de la face !

Je connais finalement assez peu Agathocles, juste que ce groupe belge est une institution du grind, envoyant chier la mélodie depuis déjà 1987. Mais aussi d’après mes potes, que j’ai beaucoup de chance de les voir en live, le groupe étant rare et habitué des annulations ou de prestations avec membres torchés… Ce qui d’ailleurs explique peut être sa présence plutôt basse sur l’affiche, histoire qu’ils jouent avant d’être finis, défenestrés. Ce dont on ne les blâmera pas, car le batteur n'a pas franchement l'air de première fraîcheur. Mais dès les premières notes, Agathocles balaie toute sorte d'appréhension : 30 titres en même pas 35 minutes de set dans ta gueule, bam ! Et ça en trouvant le temps de taper des speechs entre les morceaux, en Français la plupart du temps s'il vous plaît ! Car si musicalement ça se rapproche du goregrind, idéologiquement c'est à un grind engagé que nous avons à faire. Tout le monde en prend pour son grade, à commencer par les politiques, en particulier les séparatistes flamands et consort, même si la dégaine de Jan réduit un peuuuu l'impact haha ! Grand moment de finesse qui a bien remué le pit.

Au tour du groupe le plus exotique de l'affiche : Nervecell, provenant de Dubaï qui s'était fait connaître en Europe pour avoir tourné en ouverture de Morbid Angel en 2011 en compagnie de Benighted dont elle partage le batteur par intermittence (ce qui ne sera pas le cas aujourd'hui) Et les zigotos ont bien pris de la bouteille depuis lors ! En même temps, quand tu te retrouves à faire la première partie de Metallica dans ton pays, c'est comme péter un boss avec un low level : tu prends plusieurs niveaux d'un coup . Par contre, s’ils ont élevé le jeu sur la prestation, leur death, lui, reste un peu bateau et devient vite redondant, heureusement, ils ont la bonne idée de placer une reprise de Propaganda de Sepultura peu avant la fin pour reconcentrer l'auditoire et terminer avec une attention pleine de la part du public.

Ce sont les Français de Seth qui prennent la suite, et dire qu'ils font un peu figure d'ovni ici est un doux euphémisme ! Leur black Metal sophistiqué dénote un peu au milieu de l'affiche très orientée Death et Grind, ce qui se ressent sur le public où on peut voir un grand espace entre les premiers rangs et le fond composé de curieux ; mais malgré ces conditions pas forcement joyeuses joyeuses, les Bordelais vont délivrer un set puissant et convainquant pour arriver à tirer leur épingle du jeu. Ainsi, ils arrivent à faire bouger toutes les personnes présentes et à ramener une partie des gens restés à l’extérieur au fur et à mesure de leur set, avant de finir sur un magnifique : A La Mémoire De Nos Frère ! A noter un jeu de lumière particulièrement bien léché au vu des conditions, qui arrive à bien rendre les ambiances du groupe. Par contre, les gus qui sont montés sur scène, vont remporter la palme des gros nazes ! On ne monte pas sur scène quand la musique ne s'y prête pas, on ne slam pas sur 7 mecs et surtout on ne reste pas 8 plombes sur scène, on est pas chez tata ici !

Retour à la brutalité avec Blockheads et son grindcore bien vénère pour un set que j'ai bien plus apprécié qu'au Hellfest, le temps de jeu étant un poil plus long, les speechs revendicatifs du chanteur passent carrément mieux. En outre, on aura le droit à 4 nouveaux titres, ce qui est toujours bien cool. Pour le concert en lui même, rien à rajouter pour qui connaît le groupe, ça tabasse méchant sur scène, face à des fan qui se foutent tout autant sur le nez ! D’ailleurs, le chanteur tomba rapidement sa panoplie de Mike Muir à force de se démener et se fendra même rapidement d'un slam avant d’aller hurler en compagnie des fans dans le pit ! Une valeur sûre du grind français pour les friands d'ultra violence musicale.

Le Momignie Extreme Fest se termine sur les black thrasheux de Desaster ! Et autant je connais pas particulièrement plus le groupe que ça, autant, ils ont l'air d'avoir une fan base de fifous comme l'indique ce couple qui à l'air d'être venu de Suède au vu du drapeau qu'ils agitent, et qui portent chacun une battlejacket avec un backpatch Desaster. Mention spéciale à l'individu mâle, dont la veste à patch est uniquement dédiée au groupe, avec patch Desaster à foison ! Ça c'est du dévouement ! Sur scène les Allemands enfilent les titres avec une véritable envie communicative de s'amuser, comme en témoigne le guitariste qui enchaîne moult grimaces caricaturales ! Pour une fois les premiers rangs sont compacts et remplis de fans déchaînés et ravis de se prendre les hits du groupe tel que Satan's Soldiers Syndicate ou encore The Splendour Of The Idols.

Encore une très bonne édition du Momignies Extreme fest, qui malgré le peu de monde a tenu toutes ses promesses et même au-delà avec un excellent line-up et des concert mémorables, un son parfait et des lights performantes.
Un grand merci à Julien et à Undercore asso pour le taff abattu !