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jeudi 11 décembre 2014

Mastodon + Valient Thorr

Le Trabendo - Paris

U-Zine

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Grand écart au détour de leur tournée partagée avec les piliers de Metallica ou saut de cabri en direction de la France peinant à se remettre de la déferlante Hellfest, les martiens de Mastodon avaient choisi le Trabendo afin de poser les pieds sur terre et de présenter le bien nommé et élégant Crack The Skye. Une nouvelle et quatrième soucoupe aux qualités astrales indéniables et lorgnant davantage vers le mysticisme et l’atmosphérique déjà aperçu au détour de Blood Mountain. Une énième corde à l’arc des Américains, qui n’ont pas oublié de surfer sur l’engouement progressif de leurs toutes dernières compositions tout en livrant un set compact et monté en épingle tout au long des 1h40 de concert.

Une prise de contact que l’on qualifiera de graduelle tant la prestation des Américains s’est faite calmement dès l’entrée en matière planante et quasi-religieuse du diptyque « Oblivions »/« Divination » jusqu’à l’apogée « Iron Tusk » et les coups de butoirs de « March of The Fire Ants ». Si le groupe avait à cœur de finir sa représentation sur les chapeaux de roues et face à quelques riffs ahurissants et assourdissants, il n’en a pas été de même sur les tous débuts d’un set débuté tranquillement et placé sous le signe de l’échauffement. Ce ne sont pas moins de trois titres pondérés (mais néanmoins subtils) qui sont venus se greffer au départ de la course en sac d’un groupe ayant à cœur de nous dévoiler paisiblement leur Crack The Skye encore logé dans les esprits. Un album que personne n’oubliera de sitôt même si l’accueil que lui réserve une majeure partie de l’auditoire ne semble pas à la hauteur de l’excitation d’un public plus captif que dynamisé.
Le très épicé « Bladecatcher » finit par battre la chamade avant de passer le relais à « Colony of Birchmen » ou « The Wolf Is Lose » démarrant les hostilités face à un Brent Hinds omniprésent et n’oubliant pas de sortir de sa tanière pour insuffler un second souffle à la formation ayant eu du mal à se calibrer dans une première partie de set respectable.
Sur ce dernier point, force est de constater que la formation s’en sort avec les honneurs malgré un son de zone aéroportuaire et l’incapacité acoustique de Troy Sanders à sortir du lot face à un mur de guitares chatouillant encore les pavillons internes. Un bon tremplin pour la formation marquant d’autant plus sa capacité à rebondir, faisant un joli saut en arrière en allant piocher dans les classiques « Capillarian Crest », « Blood And Thunder » ou encore « Iron Tusk » afin d’enfoncer le clou sur un florilège de leur discographie. Si le groupe n’a pas manqué de montrer son enthousiasme face à leurs dernières compositions, joués avec plus d’entrain et d’excitation sur les visages, il n’en demeure pas moins que la formation d’Atlanta n’est pas manchote lorsqu’il s’agit de fouiller dans ses vieux tiroirs et d’enchaîner à grande vitesse les morceaux qui ont forgé leur carrière en imposant leur marque de fabrique (« Megalodon » ou encore le très racé « Crystal Skull »). Une patte toujours équilibrée et menée par le métronome/vocaliste Brann Dailor et ses doigts de fées, donnant la saine vibration à des musiciens talentueux et ne cessant d’évoluer depuis leur dernière venue en France.

Au final, un concert fortement honorable de Mastodon qui a délibérément choisi l’adage du « vite fait bien fait » en piochant généreusement dans sa discographie. Des titres du dernier album plus soigné et peaufiné jusqu’aux valeurs sûres de leur début - formalisées par le toujours épicé Leviathan -, Mastodon persiste et signe dans une voie qu’il ne cesse de parcourir de fond en comble. L’expérimentation en plus, avec une attention toute particulière à leur dernier bébé : un Crack The Skye conceptualisé et prenant désormais tout son sens dans une étuve feutrée et bouillonnante.

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