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jeudi 19 juin 2014 - U-Zine

StoneBirds

Fañch (guitare/chant)

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Rentrant à peine d'une tournée d'une 10aine de date à travers la France, StoneBirds est un groupe qui ne fait pas les choses à moitié. Entre bière à leur nom et projet d'un album 100% analogique, il était temps de partir à leur rencontre pour comprendre leur philosophie !

Salut les StoneBirds, merci de nous accorder une interview. Vous excuserez l'affligeante banalité de cette question, StoneBirds est encore un tout jeune groupe, pouvez-vous nous le présenter ? Que s'est-il passé pour vous ces dernières années jusqu'à aujourd'hui ?

Fañch (guitare/chant) : Salut, c'est un projet que j'ai monté en 2010 avec des potes, on voulait, à époque, faire du stoner sans se prendre la tête en s'inspirant de Kyuss principalement. Depuis on a énormément évolué tant au niveau membres que stylistique, on est passé de cinq membres à trois, l'arrivée de Sylvain il y'a 2/3 ans m'a permis d'arrêter de porter le projet seul. Puis il y'a un an le dernier larron est arrivé en la personne d'Antoine, ça fait qu'on est trois a porter le projet aujourd'hui, ça complique certaine chose (nous avons tous nos goûts) mais ça ouvre vraiment notre spectre musical.

En 2011, vous avez sorti Slow Fly, votre premier opus. L’album étant sorti passer par l’étape de la démo, on sent que vous aviez beaucoup d’idée à plaquer sur album, non ? Avec le recul, comment voyez-vous cet album ?

Avec le recul, je dirais qu'on a voulu faire trop vite, beaucoup d'erreur de jeunesse. C'est en partie de ma faute j'étais vraiment pressé de le sortir, ces morceaux je les avais dans ma besace depuis quelques années déjà et il était temps pour moi d'accoucher de tout ça pour pouvoir passer à autre chose et comme dit plus haut, j'étais plus ou moins le seul à porter le projet, donc personne pour me montrer les défauts. Je ne regrette aucunement cet album/demo et n'y changerais pas grand chose si c'était à refaire, il regorge de bon riffs que nous jouons encore avec plaisir. On aurait peut-être dû en faire un EP, mais je trouve les dix titres cohérents, y'a du bon dans chaque morceaux. A titre personnel, c'est vraiment une photographie de notre jeunesse dans le Kreiz-Breizh (« Centre-Bretagne » en breton), une petite bande de pote qui prennent leurs scooter pour aller faire de la zik dans un poulailler à l'abandon dans le trou du cul de la Bretagne avec leur sachet de locale, et ça c'est vraiment cool.

En 2013 ensuite, vous sortez un split avec vos amis et compères bretons de Stangala. Comment s’est passé la collaboration, de l’idée initiale jusqu’à la concrétisation du split ?

C'est la grande époque de Myspace que j'ai découvert Stangala, je parle breton et suis assez proche de la culture bretonne du coup j'ai tout de suite adhéré. On les a contacter quelques année plus tard pour faire quelques dates ensemble. Après ça avec Stonebirds, on a mis au point un stratagème pour les attirer jusqu'a nous, il nous aura fallu quelques bouteilles de chouchenn, la privatisation d'un bar et quelques herbes folles pour les faire venir à Guéméné-sur-scorf. Ca a été un de mes meilleurs moments avec Stonebirds pour le moment, vivre dix jours avec des gars que tu n'a rencontré que deux fois auparavant, et passer un aussi bon moment... Tout c'est vraiment déroulé parfaitement, on avait des micros de qualité, un bon PC et une bonne carte son mais a part ça, c'était à l'arrache totale, je suis super content du résultat vu l'état dans lequel on était. C'était plus qu'une session d'enregistrement, ça s'apparentait plus a une colonie de vacance, on avait monté un filet de badminton dans le studio, un golf, une table de ping-pong... C'est vraiment un super souvenir, de même que la tournée commune qui a suivie et qui nous a menés jusqu'en Angleterre.

Le split s’appelle Kreiz-Breizh Sessions Vol. 1. Doit-on s’attendre à un volume 2 ? Si oui, serait-ce toujours une collaboration StoneBirds/Stangala ? A-t-on une échéance quant à sa sortie ?

Il y'aura sans doute un vol.2, on en a déjà parlé, brièvement, avec Steven et on veut remettre ça, quant a sa forme, il y'aura Stonebirds et Stangala mais c'est pas impossible d'y ajouter d'autres groupes... On garde ça dans un coin de notre tête, des morceaux sont prêts a y figurer mais rien n'est décidé pour le moment.

Au début du groupe, vous étiez cinq. Vous évoluez maintenant sous forme de trio. Qu’est ce qui a motivé ce choix ?

Ca c'est un peut fait par la force des choses, pendant l'enregistrement de « Slow Fly », le bassiste originel a quitté le groupe, puis on a commencé à se disperser pour nos études. C'est un mal pour un bien, on est plus efficaces à trois et tout le monde est impliqué ce qui n'était pas le cas au départ. Le trio est vraiment parfait pour ce qu'on a à exprimer.

La Bretagne étant plus réputée pour son bignou que son stoner, dans quoi puisez-vous votre inspiration ?

La fameuse question sur la Bretagne ! Notre pays nous inspire c'est sûr, je ne sais pas si ça nous inspire plus que la musique qu'on écoute, les films qu'on regarde etc. mais c'est clair que pour moi, le Centre-Bretagne particulièrement fait partie de l'identité de Stonebirds. C'est désertique, sale, glauque. On est très loin de l'image de carte postal que la côte renvoie, l'ambiance est plus aux tourbières, aux bars d'un temps passé, aux calvaires disséminés le long de petites routes sinueuse. Les jeunes se torchent la gueule avec la gnôle à papi dans une cabane en forêt. Il y'a un coté "historique" qui me plait, il ne reste que les vestiges du passé, le Centre-Bretagne est une terre maudite et ça on le retrouve de plus en plus dans Stonebirds, bien plus que nos influences musicale à mon sens.

Sylvain, votre bassiste joue également dans The Dying Seed, groupe de stoner. N’avez-vous pas peur que cela fasse doublon avec StoneBirds au vu des styles musicaux très proches ?

Vu que The Dying Seed n'existe plus ça va, on a réussi a les faire splitter. Plus sérieusement ces deux groupes sont quand même assez différents, TDS était bien plus metal que nous le somme et Sylvain n'étant pas le principal compositeur, il n'y avait pas trop de risques.

Vous êtes pour le moment encore non signé. Est-ce par choix ou êtes-vous à la recherche d’un label ?

On a cherché en vain un Label pour les « Kreiz-Breizh Sessions Vol. 1 », et nous en chercherons sûrement un pour notre EP, sans forcément compter dessus, on ne démarchera que quelques labels qui nous paraissent sérieux dans leurs façon de travailler. C’est quelque chose d'assez secondaire pour le moment, on le trouvera quand on aura fait notre part du marché avec notre musique.

Comme beaucoup de groupes, vous avez ouvert un compte Kiss Kiss Bank Bank, site de financement participatif, afin de financer votre future sortie : un EP 4 titres 100% analogique qui sortira en automne sous forme de vinyle. Me viennent à l’esprit plusieurs question que je te livre en vrac : pourquoi cette volonté du tout-analogique ? N’avez-vous pas galéré pour trouver un studio qui fait encore du 100% analogique ? N’est-ce pas un effet de mode que le financement participatif ? De même le retour du vinyle n’est-elle pas qu’une mode ?

Le tout analogique n'était pas une volonté à la base, on était juste à la recherche d'un studio de qualité et on est tombés par hasard sur Kerwax. On a commencé à dialoguer avec Christophe et Marie sur la façon dont on voulait enregistrer, c'est a dire à l'ancienne, live et sans clic et ça leur a plu. Ils sont vraiment impliqués dans ce projet, Christophe va même jusqu'a jouer un rôle de "producteur", il nous guide un peu sur des structures, des arrangements, ça a fini de nous conforter dans l'idée de le faire à Kerwax. Le tout analogique c'est aussi clairement dans le philosophie et l'ambiance de l'EP, de même que l'étape du pressage en vinyle, on a voulu aller au bout de notre idée pour offrir un objet cohérent de bout en bout. Je pense que tout ce cheminement que sont les morceaux, les prises, le mix, le master et le pressage paraîtra logique à tous ceux qui écouteront le produit fini. C'est en tout cas comme ça que nous le voyons. Pour le crowfunding, on le voit comme une « précommande 2.0 ». Les compos sont extrêmement travaillées et on estime qu'elles méritent aujourd’hui un son et un visuel tout aussi travaillés.

Vous avez fait original dernièrement en sortant votre propre bière, la StoneBirds, brassée par la brasserie Couille de Loup. Racontez-nous un peu le délire !

On est très friand de merch, et quoi de mieux pour un groupe de rock que de sortir une bière à son nom? On connaît Vincent, le brasseur, depuis quelques années et il nous a proposé de nous faire un brassin spécial pour le groupe, une proposition qui ne se refuse pas ! C'est une blonde non filtré, non pasteurisé, qui ressemble évidemment à la Couille de Loup mais avec 20% de malt fumé à la tourbe en plus de la recette originale. C'est vraiment une bonne bière. On a commandé 50 bouteilles de 75cl mais entre celles qu'on picole et celles qu'on vend, il ne nous en reste plus. On viens d'en recommander 50 et ça sera encore une autre recette, ça donne un petit coté collector qui nous plait bien.

Pour ce qui est de l'aspect graphique, on a confié l'étiquette à un ami à nous : Peter skull (http://www.peterskull.com/).

Vous revenez tout juste d’une tournée d’une 10aine de dates à travers la France. Racontez-nous un peu comment ça s’est déroulé. Des anecdotes marrantes ?

Ca c'est super bien passé et c'est en grande partie dû au gars qui s'occupe de nous : Thib. On est partis de Brest pour finir à Bordeaux en passant par Lille, Nice... et on s'est rien fait voler cet année ! De la route (4200km), des concerts en conditions extrême à cause de la canicule, des afters comme il faut. Pour tout dire je ne suis pas encore descendu après deux jours et ça fait bizarre de ne plus jouer tous les soirs. Des anecdotes on en a un paquet mais la soirée de Metz est un des moments fort du tour, commander des pâtés lorrains à 6h du matin avec Thib et son casque en gaffer pendant qu'Antoine court après les maîtres matinaux partis promener leurs chiens en gueulant « KIKI !! » c'était vraiment drôle. Sinon la date de Lyon était vraiment extrême, il faisait un chaleur impossible, la salle était pleine et il n'y avait aucune ouverture ou aération... Lorsque le premier groupe a commencé, le sol était déjà souillé de transpiration et les murs suintaient. C'était irrespirable, rien qu'en montant notre matos on transpiraient à grosses gouttes. On a également beaucoup appris sur le contexte des salles : C'est pas une nouveauté mais on a été assez surpris de voir que toute les salles, les clubs, les cafés-concerts sont en train de disparaître, c’est flagrant.

C’est quoi maintenant le futur proche pour vous, en attendant l’EP analogique en octobre novembre ?

Comme dit dans la question le futur proche c'est l'EP, on va passer l'été à travailler ça. On a déjà quelques préprod de faites, on les a laissé reposer pendant la tournée et on va les ressortir bientôt pour réajuster certaine choses s'il y'a besoin. On a décidé de prendre le temps de vraiment bien faire les choses pour l'EP plutôt que de faire de la date cet été. On aura tout de même un ou deux festivals pour ceux qui veulent nous voir mais la priorité reste le studio et le futur de cet EP.

Merci à vous, j’vous laisse le mot de la fin !

Merci à toi Baptistin pour ces questions. J'en profite pour remercier toute les orgas, les groupes qui nous ont fait jouer ces dernières semaines et bien sur Thib. Je rajouterais : bougez-vous au concerts les gens, c'est pas quand il n'y aura plus de lieu ou d'asso qu'il faudra venir pleurer.

Enfin, rendez-vous sur Kisskissbankbank pour découvrir et soutenir notre projet d’Ep. Merci !

Merci à Fañch pour son temps et sa disponibilité.