Interviews Retour
samedi 18 août 2012 - U-Zine

ADX

Betov (guitare)

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Qu'on se le dise, ADX, l'un des groupes phares de la scène heavy metal française est de retour. Leur passage au Motocultor a marqué les esprits, et l'occasion était trop bonne pour passer à coté. Nous avons donc été tailler le bout de gras avec l'adorable Betov, guitariste de la formation ...

Bonjour Betov, merci de nous accorder cette interview. Tout d’abord comment vas-tu et dans quel esprit êtes-vous avant d’aborder ce Motocultor ?

Betov : On est super content d’être là. D’une part parce que c’est le Motocultor et qu’on avait déjà fait plusieurs demande pour y jouer depuis qu’il existe. Maintenant qu’il y a deux scènes et plus de monde que les précédentes éditions, on a eu la chance d’être programmé ici. D’autre part, on a eu une année 2012 assez pénible avec énormément de soucis familiaux, de santé et dans le groupe. On a malheureusement été obligé d’annuler beaucoup de date. Beaucoup trop à mon gout, puisque c’est quelque chose qu’on avait jamais fait à ce point par le passé. Là on est ici donc on est très heureux d’être là, surtout que l’état d’esprit correspond totalement au notre, à savoir à la bonne franquette, très familial.


Il y avait donc une grosse attente de votre part pour jouer ici ?

Betov : Oui, tout à fait, d’où notre joie d’être là aujourd’hui.


Tu parlais des dates qui ont été annulés lors de la tournée, tu peux revenir sur ces évènements ? Comment avez-vous géré ces soucis ?

Betov : Je ne vais pas entrer dans les détails mais il y a eu beaucoup de décès dans l’entourage proche du groupe, des soucis de santé avec notamment l’opération de notre batteur qui est resté hospitalisé très longtemps. J’y suis passé aussi … Et malheureusement ça tombait à chaque fois sur des dates de concert. C’est un peu une malédiction que l’on trimbale depuis presque un an et demi.


Oui, effectivement, c’était le cas à Toulouse où ça a été annulé quasiment le jour même. En ce qui concerne votre discographie, Immortel est sorti il y a un peu moins d’un an. Avec le recul, quel regard as-tu sur cet album ?

Betov : Je pense que c’est une progression dans la manière de composer puisqu’on l’a composé et enregistré assez rapidement. On ne voulait pas faire une suite logique de tout ce que l’on avait fait avant et je trouve qu’il y a une ambiance très différente. On a pas essayé de se moderniser ou de s’actualiser mais de faire quelque chose d’un peu plus actuel tout en gardant l’esprit des années 80. On essaye de faire ce mélange-là, j’espère que ça réussi. Là, on est déjà sur le prochain album donc comme tu vois, ça va très très vite !!


Quels retour as-tu eu à la fois de la presse et du public sur Immortel ?

Betov : Les gens ont été globalement assez contents sur cette progression là. Au niveau du son, on a travaillé avec quelqu’un de différent, qui a une manière de travailler assez rapide et très « live ». C’est quelque chose qui nous plaisait parce que pour l’album précédent, Division Blindée, on était resté très très longtemps à enregistrer au studio, alors que là, ça s’est enchainé très vite. Par exemple, pour tout ce qui est basse et guitare, c’est quasiment du live.


Avec le succès, presque inattendu de Division Blindée, est-ce qu’il y a eu comme une pression lors de l’enregistrement d’Immortel ?

Betov : Peut-être qu’on l’aurait eu si on avait été un jeune groupe parce que l’on a déjà eu cette situation il y a quelques années, notamment après le premier album qui avait beaucoup plus. Pour le second, on était attendu au tournant. Là, on était attendu aussi puisque c’était notre retour avec Division Blindée qui avait plu aux gens. En même temps, si on avait fait la suite logique, les gens auraient pu se dire que l’on se repose sur nos lauriers en suivant la recette qui avait marché. Donc pour toutes ces raisons, pour Immortel, on est parti sur quelque chose de plus sombre et de plus brut au niveau du son.


Le titre de l’album, Immortel, n’est probablement pas dû au hasard. Est-ce un message subliminal envoyé aux fans ou aux groupes pour dire que vous êtes toujours là ?

Betov : Non non, c’est surtout en rapport aux textes. Le batteur et le chanteur, qui écrivent généralement les paroles t’en dirons certainement plus. Quoi qu’il en soit, les textes d’Immortel ont été écrits très longtemps avant l’album. Et quand on a cherché un titre pour l’album, on s’est dit que ça sonnait bien. Pour la pochette aussi, on a fait quelque chose de très différent, très sobre pour montrer ce changement musical. Ca explique donc cette pochette blanche, très pure, avec un ange … qui n’est pas vraiment un ange d’ailleurs si on fait bien attention aux détails. On est parti sur cette idée là parce que c’est un concept par rapport à l’album et surtout parce que le texte d’Immortel collait bien à notre situation. Comme tu le sais, on a passé des tas d’épreuves dans le groupe aussi bien niveau commercial et business il y a quelques années que « physiques » maintenant. On a traversé tout ça, et l’album est aussi la preuve que l’on est encore là aujourd’hui.
 

 




Vous vous étiez essayé au chant en anglais sur Weird Visions en 1990 mais vous avez été toujours très fidèle à la langue de Molière. Est-ce une question de compréhension par rapport aux fans ?

Betov : C’est un peu ça, mais c’est surtout la richesse de la langue française. Philippe, notre chanteur, est un féru d’histoire et c’est vrai que raconter la révolution française en anglais, il y avait un décallage qu’à l’époque on n’aimait pas tellement. A l’époque, on se trimbalait avec la guillotine grandeur nature sur la tournée de La Terreur, donc ça fait pas super british … Je crois aussi qu’on est plus à l’aise en français. On est français, on chante devant un public majoritairement francophone. Par contre c’est peut-être la presse française qui, à une certaine période (notamment en 90) qui nous ont critiqué, rapport au chant en anglais, en nous taxant d’opportuniste, comme quoi nous essayons de nous exporter. En fait, ce n’était pas du tout le cas puisque Weird Visions devait être enregistré dans les deux langues. Malheureusement il y a eu incompréhension avec Noise International, notre label de l’époque, ce qui fait que l’on a jamais eu la version française. Ceci dit, c’était un choix délibéré d’essayer d’anglais, de progresser vers ça pour voir ce que ça donnerai. Si ça avait marché, on aurait peut-être géré différemment les paroles par la suite mais on est revenu très vite au chant en français. Ceci dit, la version française de Weird Visions n’a même jamais été enregistré donc on ne pourra même pas en faire un collector un jour !! Par contre, on a encore les paroles … sait-on jamais !!! (rires)


Il y a depuis quelques années un revival des groupes de la vieille école, à l’image de Vulcain ou de vous. Comment voyez-vous ce retour à la vie des groupes avec qui vous aviez commencé ?

Betov : Si tu as été à l’école et que tu retrouves tes potes 10 ans après, tu vas boire une bière avec, tu es content de te recroiser. On ne pensait pas ça vraiment possible il y a 10 ans, mais je pense que c’est cyclique. La musique c’est comme une roue qui tourne, les gens vont, vienne mais on retrouve tous les 20 ans une même dynamique.

Dog (arrivé entre temps) : De toute façon, il y a toujours un public. Il y a le public, metal … bon après, il y a le death, le black, tout ça, chacun son truc … mais quoi qu’il arrive il y a toujours un public metal et toujours ce même engouement pour des groupes comme Vulcain et tout. On sait qu’on va pas revenir et vendre des millions d’albums alors on se contente de prendre notre pied.


La scène métal a beaucoup bougé durant votre absence. Quels sont les groupes actuels qui vous ont récemment fait vibrer ?

Dog : Moi, j’aime bien Gojira. Ils ont apporté quelque chose de nouveau.

Betov : On a beaucoup de respect pour eux même si musicalement on est différent. Ils ont fait un boulot énorme pour arriver là où ils en sont même si ca reste très discret du grand public. Mais voir les tournées qu’ils font et le succès qu’ils ont, je pense qu’on peut n’avoir que du respect pour eux.


Quels seraient les rêves encore inaccomplis avec ADX que vous aimeriez vivre ?

Dog : J’aimerai bien coucher avec le bassiste !! (rires)

Betov : Moi, j’aimerai bien jouer de la batterie. Mais genre, vraiment bien quoi !

Dog : Plus sérieusement, le souhait en ce moment, ça serai que cette période noire s’arrête. En ce moment, il se passe plein de merde, on en chie, on a tellement annulé de concert qu’on aimerait que ça s’arrête au plus vite. Notre rêve, c’est de continuer. On aimerait rejouer au Hellfest, tourner à l’étranger, refaire des albums, chanter en français

Betov : Pour l’anecdote, sans les nommer, depuis 2006, on a deux labels chez qui on était et qui ont disparus, et deux distributeurs qui ont disparus également. En fait … c’est peut-être nous qui portons malchance …


Ca fait maintenant plusieurs décénies que vous êtes sur le circuit. Quels conseils de vieux briscards donneriez-vous aux jeunes groupes ?

Dog et Betov : Ne pas se prendre la tête. Faut pas qu’ils se disent « On a sorti un album, on est les rois du monde ». Faut rester les pieds sur terre et être sincère avec son public. Proche du public aussi, c’est important. Faut pas avoir la grosse tête. La preuve, nous on a pas de grosses têtes mais on a des grosses couilles !!

Merci à Betov et à Dog pour leur disponibilité et leur gentillesse.