Interviews Retour
mercredi 21 décembre 2011 - U-Zine

Metal : Apocalypse ?

Josh Lurienne

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Alors que tout bon metalleux qui se respecte connait au moins de nom Sam Dunn et ses reportages "Metal : Voyage au Coeur de la Bête", "Global Metal" ou "Iron Maiden : Flight 666", il est loin d'être le seul réalisateur lié au métal !

En effet, Josh Lurienne, un français qui plus est, est actuellement en pleine préparation d'un documentaire sobrement intitulé "Metal : Apocalypse ?". Nous avons voulu faire le point avec lui et en savoir plus sur son initiative ...
 

 

U-zine : Bonjour Josh, tu es scénariste, réalisateur et monteur vidéo. Tu projette de te lancer dans la réalisation d'un documentaire, Metal : Apocalypse ? Peut-tu tout d'abord te présenter, et détailler ton parcours professionnel comme musical ?

Bonjour Shawn ainsi qu’aux lecteurs d’U-Zine et merci beaucoup pour cette interview. Je ne suis pas un spécialiste pour me présenter, mais je dirais que je suis tombé dans la marmite du cinéma tout petit, en temps que cinéphile tout d’abord. Etant né au début des années 80, j’ai été bercé par les grandes sagas de l’époque avec les Indiana Jones, Star Wars, Retour vers le Futur et bien d’autres sagas. Par la suite, j’me suis mis à regarder tout genre de film et de tout pays. J’suis autant fan des films dialogués par Audiard, que des films plus contemplatif comme ceux de Terrence Malick ou des films de genres comme ceux de Romero ou Dario Argento. Comme tu peux voir, j’aime vraiment tout les genres. Je pense qu’il faut juste s’intéresser et découvrir tout les univers, car il y a vraiment des perles dans chaque registre.

Concernant mon parcours professionnel, étant issue d’un milieu ouvrier la tâche n’a pas été évidente. J’ai tout d’abord commencé par faire des films avec des amis d’Honfleur (ville où je suis né) puis il m’est venu l’idée de faire une école de cinéma mais je n’avais pas les moyens financiers pour m’en payer une. A cette époque, je travaillais dans une société métallurgique et au bout de quelques temps on a découvert que j’étais atteint de la spondylarthrite ankylosante et que du coup je ne pouvais plus travailler dans cette entreprise. La médecine du travail m’a donc parlée d’un organisme, appelé le Fongécif, qui finance des reconversions professionnels. C’était donc l’occasion ou jamais de faire une école de cinéma. J’ai donc quitté ma Normandie pour entrer à l’école de cinéma ETTIC basé à Gennevilliers en région parisienne. Une fois mon diplôme obtenue, j’ai commencé à travailler dans une association audiovisuelle (qui est devenue par la suite une société) que j’ai créée avec une personne de ma promo. J’y ai fait mes premières armes essentiellement en temps que monteur-vidéo sur plusieurs projets de films d’entreprises et des reportages. Par la suite, j’ai eut l’occasion de travailler pour Universal Studios pour couvrir l’évènement de la sortie du film « La Légende de Despéraux ». Aujourd’hui, j’ai l’intention de mettre de côté le montage-vidéo pour me concentrer de plus en plus sur la réalisation.
 

U-zine : Explique-nous comment t'es venue l'idée de réaliser un documentaire sur le metal ?

Le projet de faire ce documentaire m’est venu il y a environ 4 ans. Donc bien avant le reportage « Hellfest : Metal expliqué à ta mère ». Si mes souvenirs sont bons, c’est suite à la vision d’un reportage sur M6 qui comme à leurs habitudes depuis quelques années faisait l’amalgame Metal = Satanisme. Etant métalleux depuis de nombreuses années, le point de départ de mon documentaire vient d’un sentiment de ras le bol de voir la musique que j’aime être aussi critiqué et surtout jugé sans même la connaître. Donc l’objectif est d’analyser la musique en profondeur pour que le spectateur lambda puisse avoir toutes les cartes en main pour se faire une meilleure opinion du Metal en faisant abstraction des idées reçues.

U-zine : Sam Dunn, dans Global Metal abordait l'universalité de cette musique. Le titre "Metal : Apocalypse ?" me fait plus penser à "Voyage au cœur de la bête" avec le coté "le metal est-il le mal ?" Est-ce ta problématique ?

Je n’ai pas vu le film « Global Metal » donc je ne peux vraiment pas comparer mon documentaire avec celui-ci. Concernant la comparaison avec « Voyage au cœur de la bête », je peux déjà dire qu’il y aura quelques points communs sur le fond du sujet sauf que je souhaite aller beaucoup plus en profondeur que Sam Dunn. La forme du documentaire sera quand à elle attractive avec des animations numérique pour appuyer certains sujets qui aiderons à la compréhension de certaines informations aussi bien pour le spectateur lambda que le métalleux. Donc quelques parts la problématique que tu citais sera bien évidemment traitée, mais je souhaite aussi traitée d’une problématique qui est l’avenir du Metal d’où le nom « Metal : Apocalypse ? ».

U-zine : As-tu dors et déjà la structure du reportage ? Comment vas-tu aborder ton sujet ? Quels en serons les thèmes ?

« Metal : Apocalypse ? » sera segmenté en plusieurs chapitres. Cela ira de l’origine du Metal à son avenir en passant par une analyse complète et détaillés de chaque sous-genres que ce soit du Heavy, du Black, du Death, du Doom, du Thrash. Tous les styles seront vraiment représentés, même si j’insisterais beaucoup sur le Metal Extrême et plus particulièrement le Black Metal. Car les précédents documentaires réalisés, que ce soit celui de Sam Dunn ou Hellfest : le Metal expliqué a ta mère, restaient trop focalisés à mon goût sur l’étiquette du satanisme. Alors que l’univers Black Metal est bien plus riche que ça.

U-zine : Quelle est l'organisation derrière un projet comme celui-ci, en terme humain, matériel et logistique ?

C’est une très grosse organisation. Tout d’abord en amont du projet avec toute la préparation. Il faut tout d’abord se documenter un maximum malgré que j’écoute du Metal depuis près de vingt ans. Ensuite, il faut contacter beaucoup de personnes que ce soit des musiciens ou des spécialistes mais également des détracteurs. Pour le tournage, il faut rencontrer des techniciens que ce soit pour le cadre, le son, etc… Il faut également prévoir un calendrier de tournage et planifier les différents rendez-vous pour tourner les interviews et les différentes images pour illustrer les différents sujets. En terme de matériel, il faut prévoir le matériel à utiliser à l’avance selon les lieux de tournages surtout en matière de prise de son car il faut s’adapter à chacun des lieux. Pour la caméra HD ce sera la même tout le long du tournage, mais il faudra surtout prévoir les batteries et les cartes d’enregistrements car une interview peut être plus ou moins longues.

U-zine : J'imagine que tu va rencontrer un grand nombre de groupe ... As-tu déjà quelques noms pour nous faire saliver ?

Oh que oui. Il le faut pour avoir un maximum d’éléments, plus il y en aura plus le documentaire sera complet, ce que je souhaite ardemment. J’ai contacté près d’une centaine de groupes et intervenants. Pour te faire saliver ainsi que les lecteurs voici déjà quelques noms : Behemoth, Therion, Orphaned Land, Pin-Up Went Down, Benighted, Kalisia, Folge Dem Wind, Eluveitie, Conscience, Trail Of Tears, Enslaved et beaucoup d’autres. C’est d’ailleurs même en très bonne voie pour interviewer Black Sabbath et Scorpions. Mais j’ai également essuyé quelques refus comme Nightwish, Burzum et Fantômas.

U-zine : Une aventure dans ce genre, c'est en quelque sorte un aboutissement ? Je présume que l'idée doit te trainer dans la tête depuis un moment ...

Oui c’est vraiment un aboutissement pour moi car le parcours était semé d’embuche et il l’est encore. Je devais déjà faire le documentaire il y a presque 3 ans, mais la société de production avec qui je devais le faire a rencontré quelques soucis, indépendant de leur volonté, et j’ai dû trouver un autre producteur. J’ai eut aussi quelques soucis de mon côté qui m’ont obligé à mettre le documentaire de côté pendant quelques temps. Mais comme on dit c’était reculé pour mieux sauter. Maintenant, je n’ai qu’une seule hâte, commencer à tourner. Mais on a encore pas mal de choses à régler avant.

U-zine : Un projet comme celui ci, en terme de budget, qu'est-ce que ça représente ? De plus, ces fonds sont des aides des collectivités, tes fonds propres, sponsors ?

Le budget est assez important, idéalement nous souhaiterions 130 000€ pour pouvoir réaliser tout ce que je souhaite faire dans ce projet et surtout payer les techniciens qui vont travailler avec moi comme des fous furieux durant toute l’aventure. Une partie des fonds viendront de mon producteur et de sa société mais surtout des distributeurs qui achèteront et diffuseront le documentaire. C’est d’ailleurs cette partie qui est encore en négociation car dans le contexte actuel c’est loin d’être évident. Les distributeurs sont de plus en plus frileux pour investir dans des projets comme celui-ci. Mais nous sommes confiants. J’ai également quelques sponsors en tête pour nous aider à financer le projet au cas où. C’est sur que ce serait tellement plus simple si c’était mes fonds propres, mais dans l’audiovisuel on est loin de tous rouler sur l’or. C’est une bataille de tous les jours pour moi et beaucoup de mes confrères afin de vivre de notre métier.

U-zine : Comment sera disponible le film ? Sur le site internet en visionnage gratuit ? Sorti dans quelques cinémas spécialisés ? Un DVD ?

Nous faisons tout notre possible que le film sorte dans des salles de cinéma indépendant et d’arts et d’essais. Je ne me fais pas d’illusions les gros complexes ne le diffuseront pas car ils sont pour la plupart dans une politique de rentabilité donc dans une logique de cinéma pop-corn. Le film sera également diffusé à la télévision, sur une chaîne que j’apprécie beaucoup pour la richesse de sa programmation. Pour le DVD, je souhaite seulement une édition en version longue rempli de bonus. Par contre, nous ne pourrons pas mettre le mettre en visionnage gratuit sur le site web, c’est malheureusement impossible.

U-zine : Je suppose que les commentaires seront en français et les interviews en anglais sous-titrés ? Comptes-tu en faire une sortie en plusieurs langues, avec des sous-titrages différents ?

Il y aura 3 types de langues audio sur le film. Le français, pour les artistes et intervenants français que nous interviewerons. L’allemand, pour les groupes allemands. Pour tous les autres se sera en anglais. Bien sur pour la diffusion française, le film sera sous-titré en français. On envisage également le marché international avec des sous-titrages anglais et allemands et peut-être même en espagnol pour le marché sud-américain notamment.

U-zine : Comment peut-on soutenir ton initiative et suivre la progression du projet ?

Tout le monde peut suivre le projet sur les pages Facebook, Google+ et Twitter du film. D’ailleurs plus il y aura de monde sur ces pages, plus les distributeurs et sponsors nous aiderons à financer le documentaire. Je compte donc sur tout le monde pour aimer et partager les pages en masse. Un site web est également disponible à cette adresse : www.metal-apocalypse.com

U-zine : Un petit mot pour nos lecteurs ?

Je souhaiterais remercier tous ceux qui ont aimés et partagés les pages sur les réseaux sociaux et qui nous soutiennent continuellement ainsi que ceux qui le feront. J’ai besoin de vous tous pour mener à bien ce documentaire, je compte sur vous. Passez tous de très bonnes fêtes de fin d’année. Et surtout n’oubliez jamais les paroles de notre regretté Patrick Roy : Le Metal c’est vital.

Merci donc à Josh pour sa disponibilité, sa gentillesse et sa passion communicative. Je suis de tout coeur avec toi mec !!