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lundi 12 novembre 2007 - U-Zine

Comeback Kid

Andrew Neufeld

U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Alors que la scène Bastille s’apprêtait à recevoir en ses lieux la déferlante hardcore du Never Say Die Tour, il nous était donné de rencontrer Andrew Neufeld, leader charismatique de Comeback Kid.
S’ensuit une agréable rencontre, animée par une discussion à bâtons rompus sur le groupe, ses projets, et ses rapports particuliers avec le hardcore.

Salut Andrew, votre tournée a débutée depuis quelques semaines. Comment se passe pour l’instant le Never Say Die Festival avec les autres groupes ?

Andrew Neufeld : C’est vraiment très sympa en ce moment. Un vraiment bon début pour cette tournée, sur laquelle on avait pas mal d’attentes. Il faut savoir que tous ensemble, on avait vraiment hâte de se retrouver autour d’un tel évènement qui regroupe 4 bons groupes à nos cotés.
Et puis au delà de ça, on ne s’est pas pris la tête, même si cela fait 7 mois que l’on prépare petit à petit cette tournée. À partir du moment, où on a tous eu cette envie commune de partir ensemble, tout s’est très vite programmé et imbriqué.
Ce festival, c’est avant tout la volonté de tous les groupes de se retrouver ensemble et de partager la route sur différentes dates. On s’est rassemblé autour d'une table un jour et on a fait le point sur ce que l’on pourrait faire en commun. Finalement, il en résulte cette tournée, et cette affiche que tu auras l’occasion de voir ce soir. On a pris des groupes que l’on aime et qui correspondent parfaitement notre état d’esprit.
Et sur ce point là, c’est vraiment génial.

Vous venez une nouvelle fois en France promouvoir votre dernier album « Broadcasting » ? Êtes-vous content de revenir chez-nous, et comment considérez-vous le public Français ?

A.N : Je suis vraiment enthousiasme de revenir à Paris. Ce qui est vraiment excellent avec cette ville, c’est qu’elle est à la fois très animée, tout en étant un formidable endroit culturel. Il faut voir le monde dans les rues, ça grouille de partout !
Paris est vraiment différente des autres villes sur ce point là. Il y a toujours de l’ambiance, de la vie, beaucoup d’animosité.
Par exemple, pour arriver à la salle, on a mis au moins 5 minutes à pouvoir sortir de notre tour bus et encore plus de temps à décharger le matériel que d’habitude. C’est assez hallucinant, car il y avait au moins une cinquantaine de voitures dans la rue et vraiment beaucoup de circulation. Dans ce sens, Paris est une ville extrêmement vivante.
Et puis j’aime cette ville, tu sais ! Paris, c’est avant tout un état d’esprit, une formidable culture, différente de là où l’on est originaire.
Et tu vois ce soir, on va faire notre show, et j’ai l’impression qu’ici les parisiens raffolent des concerts et des réunions de ce genre. Ils ne prennent pas le concert pour un dû. Le divertissement est quelque chose de sacré ici, avec un coté exceptionnel qui n’est pas pour me déplaire.
Pour ma part, j’aime la culture, j’aime bouger, j’aime rencontrer pas mal de monde, et sur ce point là paris est vraiment fantastique.

Il y a-t-il une réelle différence avec le public américain ?

A.N : C’est difficile à dire et à expliquer mais il y a un grand fossé entre les deux. Le public américain est plus modéré et a plus de retenu. Il semble plus adulte au cours de nos différentes représentations.
Quant au public français, il est largement plus drogué à la musique. Tu saisis un peu ?

Oui je vois ! Coté album maintenant, on peut sentir une réelle évolution du groupe à travers vos albums. Turn It Around était brut, et vos deux précédents albums plus mélodiques. Que pouvons nous attendre pour le prochain ?

A.N : On prend du hardcore dans son état brut, c’est un fait. On va toujours rester dans cette vision, tout en essayant de varier, de créer de nouvelles choses. Hors de question de répéter les mêmes schémas des précédents albums et de refaire ce que la plupart des autres groupes font et refont inlassablement.
Tu vois, on n’a pas envie d’écrire et de rester dans des standards. Innover, et voir d’autres horizons, c’est ça l’esprit Comeback Kid. Et contrairement à tous ces groupes qui restent dans le même domaine, on va se donner à fond toujours en essayant de faire la meilleure musique possible pour nous et pour vous.

Ceci dit, tu me parles de l’album Turn it around qui selon toi est un album dur et tu me cites aussi Broadcasting comme étant davantage mélodique. Je pense que Turn It around est le plus dur certes, Wake the Dead l’est tout autant, mais dans un autre rapport d’énergie. Il est plus mélodique, et Broadcoasting est encore plus mélodique. Les chansons ne se ressemblent pas, on met de plus en plus d’énergie dans nos compositions et ça va continuer.
Et puis tu sais, on est là en train de parler des chansons, mais finalement je n’en ai écris aucune à l’heure actuelle (rires). Ce qui est sûr, en revanche, c’est que l’on va écrire des chansons différentes dans leur approche, c’est tout !


Broadcasting est inévitablement un album sombre et noir. Vous avez atteint un niveau où vous ne voulez plus rigoler ?

A.N : Tu ne veux plus que l’on rigole c’est ça ? (Rires). Oui j’aime bien écrire écrire des morceaux sombres et assez noirs, c’est un fait.
Comme j’ai pu te le dire, on teste d’autres trucs. Et là c’est vrai que ce coté sombre est plus dominant et diffère des autres albums. Que veux-tu, c’est l’évolution !
Le premier album était plutôt imagée et ici, on a mis davantage le coté sombre à profit sur Broadcasting. Je pense également que le monde est un endroit vraiment sombre. J’aborde les choses moi-même avec une certaine noirceur et j’aime bien mettre à profit cette idée dans l’interprétation des chansons en extériorisant cet aspect. Après chacun se fait sa propre vision de la noirceur et de la dramaturgie.

Votre dernier clip met en scène le pouvoir de la télévision, des médias ? Est-ce satyrique pour vous ?

A.N : Je dirais que c’est plutôt un phénomène de société qui concerne le monde en général. Je suis comme toi, une personne parmi tant d’autres et je n’ai pas vraiment de réponse à ce sujet. Je n’ai pas la capacité de juger et de te dire "Fais comme-ci où ne fais pas comme çà". C’est plutôt dur pour moi d’évaluer ce qui est une réalité et ce qui ne l’est pas, car je n’ai pas la science infuse.
Quand tu regardes la télé et les journaux, et que tu vois le monde à travers les médias, tu as ces gens qui te le décrive sous un certain angle et avec un certain point de vue qui est très subjectif.
Moi, je pose juste la question de savoir si ce point de vue est vrai ou pas. Et la plupart du temps en Amérique, et particulièrement là – bas, beaucoup de fois les médias te mentent et leurs prises de paroles ne donnent pas dans le vrai. Ils essayent avant tout de faire peur à la population avec leur emprise.
Quels sont les vrais dangers, je te le demande ! Et je n’ai aucunement la prétention d’éduquer les gens et de donner des réponses. Je pose juste à plat ces thématiques et nous amenons les gens à réagir et à réfléchir.
Les gens parlent beaucoup entre eux de l’actualité. Ils nourrissent un certain débat d’opinions et l’échange est une vraie réussite. Être capable de voyager comme moi, m’a largement ouvert l’esprit et m’a côtoyer de nombreuses cultures. Une ouverture qui ma fait beaucoup réfléchir et m’a inciter à me poser les bonnes questions.


Et la représentation de forces armées dans votre clip, c’est une manière détournée de représenter une certaine forme de censure de la part des autorités publiques.

A.N : Je pense que les médias censurent pas mal de choses. Après tout dépend de quelle nature est le média, d’où il provient, par qui est-il détenu et ce qu’il diffuse.
Ils te montreront sans aucun doute, ce qu’il veulent te montrer et inversement.


Coté musique et composition maintenant, quand sentez-vous que vous tenez le bon groove et le bon riff pour une chanson ? Et quand savez-vous que le morceau ne doit plus être touché ?

Tu sais mec, c’est à toi de le sentir. Tu dois avoir avant tout un riff qui te plait, c’est une évidence ! À force de le faire tourner, de le peaufiner, de l’écouter et de l’enregistrer, tu finis par savoir ce que tu veux. Tu corriges les imperfections et tu te rends compte de ce que tu désires le plus et vers quelle direction tu veux tendre. Tu finis par savoir pertinemment quelle orientation donner à ta ligne de chant, de guitares …
Et puis, tu le fais écouter aux autres, ils sont là pour dire ce qu’ils souhaitent. En posant la batterie, les voix, tu te rends compte très vite si le morceau est trop lent ou à fortiori très rapide. Il faut arriver à jongler avec cet aspect. Tu sais, on fait un paquet de démos avant le passage en studio, ce qui nous permet de nous juger et de faire le tri entre différentes parties. Les pré-maquettes sont un excellent moyen de se tester.

Avez-vous des conseils particuliers aux musiciens qui nous liront et qui se lance dans des projets musicaux ?

A.N : Trouves-toi un bon groupe, une deuxième famille, où il fait bon vivre. Des bons musiciens, qui ont un réel sens du partage, et une culture musicale en béton. Il faut plus que jamais être soudés , même dans les moments les plus dures. Seul un groupe qui apprend à se parler fera de bonnes choses sur le long terme.
Et puis je vais te dire, si tu as un bon guitariste, tu as déjà un putain de bon groupe, et tu peux t’apprêter à envoyer du bois (rires).


As-tu déjà écouté du Hardcore Français ?

A.N : Il y a bien quelques groupes que je connais. J’aime beaucoup l’esprit du Clan, et Kickback.

Et quand penses-tu ?

A.N : A part ceux-là, je ne connais pas beaucoup les nouveautés, mais en France c’est assez brut et ça rappe souvent sur les parties.

Quelque chose à rajouter ? Quelque chose de spécial à faire parvenir à vos fans ? Le petit mot de la fin est pour toi !

A.N : Je suis vraiment enthousiaste et à la fois excité de jouer chez-vous ce soir. Je n’en peux plus d’attendre, c’est vraiment interminable. Et puis, c’est une grosse opportunité de jouer ici, dans cette ville et devant je l’espère pas mal de monde. J’aime me dire que c’est une formidable occasion de nous produire aussi pour un public qui ne connaît pas forcément.

Merci beaucoup, Andrew
A.N : Merci à vous.

Merci à Gothenburg, Max, Johanna, Victory Records, et bien entendu Comeback Kid à travers Andrew Neufeld.