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Album

09/12/14 - U-Zine

Misery Index

The Killing Gods

LabelSeason of Mist
styleBrutal Death / -Core
formatAlbum
paysUSA
sortiemai 2014
La note de
U-Zine
9/10


U-Zine

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Ca fait bien longtemps que Misery Index n'a plus à rougir devant l'ombre de son grand frère Dying Fetus. Le groupe a traversé les années 2000' avec brio et rares sont les combos pouvant se targuer de disposer d'une discographie sans anicroche. En effet, Misery Index est au metal extrême ce que Megan Fox est aux Transformers, le truc sorti de nul-part qui fait bander toute une génération.
Après un Retaliate qui imposa le style, un Discordia qui arracha la gueule aux plus septiques de l'avènement de la scène Death Metal / Hardcore (la vraie, pas celle des tapettes à mèches d'aujourd'hui), un Traitors où foisonnent les tubes pour finir en apothéose sur un Heirs of Thievery au groove incroyable, Misery Index n'a pas fait un seul faux pas. Par un habile mélange de styles, principalement Brutal Death et Hardcore (ou Grindcore d'après certains) et par une surpuissance scénique, Misery impose peu à peu sa marque dans le paysage extrême. Etant un fan incontestable de Heirs of Thievery, que je trouve tout bonnement extraordinaire, j'attendais plus qu'au tournant le nouveau Misery, sans vraiment savoir s'il arriverait à me refiler cette gaule d'enfer qui dure depuis plus de quatre ans maintenant... Et pourtant, ce pti nouveau de The Killing Gods me fait à nouveau l'effet d'un enfant de cœur sur un prêtre de campagne.

Je m'attendais à tout sauf à ça ! Voici la première impression à l'écoute pucelle et naïve de ce nouvel album des génies de Baltimore. En effet, contrairement à la mandale gratos qu'ils nous foutent habituellement dans la gueule dès le premier riff, MI commence cette nouvelle galette avec une intro claire et posée ("Urfaust"), très ambiant, et surtout, terriblement SATAN. Mais qu'est-ce que fout Satan chez les Misery sérieux ? T'as même du chant d'église sur le morceau éponyme de l'album "The Killing Gods". Et Satan ne quittera pas le guest dès l'intro, bien au contraire, puisqu'il officiera dans les quatres morceaux qui vont suivre, tous faisant partie d'un même concept, le concept Urfaust. Donc à l'instar de, chais pas moi, genre Agony de Fleshgod Apocalypse, les pistes se fondent les unes dans les autres amenant l'auditeur dans le tréfonds des entrailles les plus sombres des américains. Et c'est bougrement efficace bordel. Misery Index tape sa ligne de surprise sur la table de mon salon en posant une interlude instrumentale ("The Oath") même pas au milieu du skeud, non, mais bien au milieu de son concept, dès la troisième piste, juste après un "The Calling" qui pose direct le ton : tartine dans ta gueule, mais cette fois-ci avec tact. Quoi tact, soyons plus précis. Sur ce nouvel album, Misery Index retourne bien l'auditeur comme il l'entend. Proposant faussement des morceaux plus mélodiques, plus posés, avec des ambiances bien plus sombres qu'à l'habitué, Misery Index se joue de nous tellement certaines pistes ne sont qu'une montée en surpuissance à la Dragon Ball Z. Tu commences balaise mais tranquilou, tu finis à exploser des galaxies. Ici c'est pareil, une intro posée cache juste une entrée en matière détonante pour finir sur un combo ultra blast / mandale dans ta gueule de pute, et tu peux rien faire, tu viens de te faire violer. Vous aviez eu peur quand vous aviez entendu "Conjuring the Cull" en extrait sur youteub ? Pareillement. Pourtant cette fausse ambiance mid-tempo n'est là que pour cacher l'explosion orgasmoblastique de la moitié des pistes du skeud.

Mais sans troller jusqu'au bout en nous proposant que de la montée bien vénère, le combo nous abreuve de sa toute puissance en mode direct-dans-ta-face & vas-y-tu-le-sens-mon-groove-dans-ta-gueule sur d'autres morceaux genre "Gallows Humor" où tu te vois balancer tes bras partout dans ta cuisine à deux doigts de foutre des claques dans la tronche de ta mère en dommage collatéral de trop de two-step. Tu vas t'arracher les cervicales sur "Heretics" ou "Sentinels" et ce sera bien fait pour ta gueule. MI c'est ça. C'est une réponse de deux chants hurlés, complaignants, arrachés mais toujours bigrement efficaces. C'est aussi des riffs ultra entraînants qui te portent au son du groove sous-jacent de toute la zic de nos compères, le tout saupoudré de leur petite touche Hardcore bien vénère et claquante. Sauf que cette fois-ci on y a rajouté vla la tonne d'épices mélodiques, et vla la sauce Satan. MI c'est aussi un jeu de batterie qui te démonte par tous les trous. Le Misery Index, tu le palpes comme il faut là, tu le sens bien dans le blast, et ça reste toujours aussi varié, blindé de contre-temps, de roulements infernaux, et d'une double saccadée à te décrocher les tympans. Ouai non y'a rien à dire, j'ai pris ma branlée. Alternant entre la violence inouïe, et l'amour de la haine, Misery Index a mis la barre plus haute que Marc Dorcel.
Si on devait émettre quand même quelques critiques, ce serait que le skeud n'est pas super facile d'accès, et qu'il faut du temps d'écoute avant de faire sortir les morceaux indépendamment, y'a pas vraiment de tube comme un "Traitors". Pour certains, ce serait même plus un avantage, tant le concept même de l'album est respecté : t'as juste envie de l'écouter d'une traite, et de le remettre dans ton mange-disque. Les pistes concepts du début donnent un zizi tout dur, mais on a du mal à comprendre pourquoi ça s'arrête en milieu d'album ?! Ca fait vachement, "wesh les gars on a un concept c'est trop cool on va le faire" ; puis finalement, "bah merde, j'ai plus d'idée, bah on arrête là, on fait d'autres pistes à l'arrache à côté".
Enfin bon, limite on s'en branle quand on tâte une telle qualité d'expression. Bref, il me tarde de me faire démonter pour la 666ème fois en live et en attendant, j'vais continuer de me toucher sur ce nouveau Misery Index, qui a su garder une prod' un peu crade, un peu plus vivante que la scène BDM italienne, pour n'en insulter qu'une.

Bonjour on s'appelle Misery Index et notre discographie est parfaite.

1. Urfaust 01:07 instrumental
2. The Calling 03:38
3. The Oath 01:20 instrumental
4. Conjuring the Cull 04:45
5. The Harrowing 04:28
6. The Killing Gods 05:30
7. Cross to Bear 04:25
8. Gallows Humor 04:44
9. The Weakener 03:55
10. Sentinels 02:37
11. Colony Collapse 03:33
12. Heretics 03:36

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