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Livre

09/12/14 - U-Zine

VS-Webzine

Textallica - Tome 1

LabelCamion Blanc
styleRecueil d'essais
sortiejanvier 2013
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !

Il faut reconnaitre que nos confrères de VS-Webzine, à défaut d’avoir un design digne de leur statut ont cependant des très bonnes idées. Cet ouvrage est né d’une idée simple : le metalleux lambda, en plus de s’exprimer parfois avec un instrument sait aussi s’exprimer avec la plume. On connait d’ailleurs le milieu métal pour son activité en termes de webzines et fanzines. En effet, beaucoup d’ouvrages écrits par des metalleux pour des metalleux font leur apparition, et le plus souvent avec l’appui de Camion Blanc. C’est donc tout naturellement que VS et Camion Blanc se sont groupés pour organiser un concours. Le principe est simple : soumettre au jury un texte de sa propre composition, le sujet étant totalement libre. Après étude, relecture et éventuellement correction et adaptation, le résultat est là : Textallica.

Et je le dit haut et fort d’emblée, c’est une réussite ! L’ouvrage est donc composé de 12 écrits de 12 auteurs différents, et cette diversité de style comme de sujet est une vraie force. En effet jugez plutôt : nous avons ici deux études libres, une analyse philosophique, un essai descriptif et 9 textes narratifs sur des sujets bien vastes. Sans trop vous spoiler le livre ni vous raconter toutes les histoires, je vous propose de revenir néanmoins sur certaines d’entre elles.

Au titre de ceux qui m’ont vraiment marquées, le premier écrit rédigé par une professeure des écoles, traitant de la possibilité de faire usage de la musique métal en cours d’éducation musicale. Vaste sujet n’est-ce pas ? Rappelez-vous les cours de pipo du collège et les chants du primaire. Aurions-nous été plus ouvert étant môme en ayant écouté, de manière peut-être brève, quelques titres de metal ou de hard rock ? Quels sont les éléments qui sont bloquant pour les professeurs qui souhaiteraient mettre cela en place dans leurs classes ? Le manque de formation ? Le peur de la réaction des parents ? De la hiérarchie ? Ce premier écrit, en une 20aine de page essaye d’y répondre. Il s’agit ici d’une courte analyse certes, qui pourrait servir d’ouverture à quelque chose de plus poussé, et de plus complet. Libre aux étudiants en master éducation, spécialité musicale de faire le reste du chemin lors des mémoires de fin d’études !

L’un des écrits les plus marquants du livre s’intitule « Violons ! », et fait grandement jouer l’imaginaire. En effet, imaginez (oui, oui, ça demande un effort certain, mais essayez !) un monde dans lequel le métal aurait la place de la variété actuellement. Le genre est devenu mainstream, Tatie Giselle ne jure que par Anthrax, vos parents, professeurs proches de la retraite sont des deatheux tatoués jusqu’au cou, et vous au milieu, qui, à la grande déception de tous écoutez du classique. Vous êtes la honte de la famille et devez vous cacher pour répéter avec vos amis pour jouer de la musique de chambre. Nous avons là une très belle inversion de genre, le métal devenant à la mode, et la musique classique étant devenue marginale. On est parfois forcé de faire une certaine gymnastique d’esprit pour suivre et ne pas se laisser berner par les clichés habituels, ici totalement inversés. Bel exercice de style !

L’étude « Un hippie survivrait-il au Hellfest ?» est à juste titre fort intéressante. Malgré l’habituelle insulte entre metalleux « sale hippie », sortie avec beaucoup d’humour, on se rend compte que les deux genres sont loin d’être aussi opposé qu’au premier abord. En effet, l’un des exemple donné, et à mon sens le plus parlant reste la Valley Stage, propice aux groupes psychédéliques que ne snoberait pas un vraie hippie (pour peu que l’on ne parle pas là du bobo faussement négligé se cherchant encore dans un style pseudo-contestataire !).

Bref, passant d’un style à l’autre par le biais de ces courts texte (12 pour 200 pages), l’ouvrage se lit facilement et à toute vitesse. La richesse de style rend la lecture d’autant plus agréable. Deux points noirs cependant : le dernier texte, très (trop ?) philosophique laissera le lecteur peu fana de philo sur le carreau. Effectivement, la profusion de termes techniques et le style un peu trop typé rend la lecture laborieuse. Deuxième point noir : le prix. 28 euros pour 200 pages, ça reste toujours cher, d’autant plus que le livre se lit très très vite ! Dommage car le contenu vaut vraiment le détour. A ce propos, le tome 2 est déjà en préparation !


Le metal comme support d'enseignement en éducation musicale
Groupie
Violon !
Après
Un hippie survivrait-il au Hellfest ?
L'homme des salles
Egoterrorism
Les menteurs au paradis
Quand le projecteur s'éteint
Alter-ego
Le contrat
L'imaginaire thanatique dans la culture metal ou comment redonner un sens initiatique à la mort ?