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Album

09/12/14 - U-Zine

Devourment

Conceived in Sewage

LabelRelapse Records
styleBrutal Slam Death
formatAlbum
sortiefévrier 2013
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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Devourment c'est plus qu'un groupe, c'est une institution. De tous les groupes de Brutal Slam Death du monde, ce doit être celui qui a la plus grosse die-hard fanbase. De toutes manières, c'est simple, avec le tube « Baby Killer », Devourment a inventé le Slam. C'est une vérité indiscutable, je l'affirme, et c'est pas négociable. Devourment est tellement populaire dans l'UG que lorsque tu fais n'importe-quel festoche de Death Metal tu peux être sûr que 50% des T-shirts sont à l'effigie du groupe, au point que ma mère pensait au début qu'il s'agissait là d'une marque de fringues au même titre que Fruit of the Loom. Après quant à savoir qui a vraiment écouté la discographie de Devourment, c'est un autre combat ; mais on s'en fout, avec des habits Devourment tu te fais jamais insulter en soirée, c'est déjà ça. Nouvel album en date pour le groupe, quatre ans après « Unleash The Carnivore », « Conceived in Sewage » me permettra-t'il encore une fois de soigner ma monomanie ? Rien n'est moins sûr.

Je me souviens, j'étais pas bien grand quand leur compilation « 1.3.8 » est sortie mais depuis lors c'est le chiffre que je joue toujours au loto. La claque la première fois que t'écoutes Devourment sérieux : c'est pas technique pour un sous, la caisse claire a un son de casserole, le chant est dégueulasse, rien n'est carré, c'est lent mais putain qu'est-ce que ça groove ! Qu'est-ce que c'est efficace bordel ! Tu sais que c'est franchement un peu de la merde, mais ça marche ! Et là, tu remarque que tu découvres le groupe à titre posthume... Et t'as les boules.
Mais cinq ans après cette compil', t'apprends que le groupe revient sur les devants de la scène avec un tout nouvel album en poche et ton zizi se durcit. Puis la tournée européenne arrive, tu vas les voir sur la scène du Mountain of Death en Suisse, tu coupes du bois pendant pratiquement une heure à t'en péter la main sur la scène (pas de points de suture mais j'avais la tranche en sang quand même) et tu kiffes ta vie : contrairement à Jesus, Devourment est revenu, lui. « Butcher The Weak » est dégueulasse à souhait, « Unleash The Carnivore » est un peu nul, tu vois Devourment 10 fois la même année et la magie opère un peu moins. Devourment c'est un produit de consommation, c'est la hype du BDM UG et ça t'exaspère un peu, tu lâches du lest. Mais dès qu'ils reviennent, tu sautes sur l'occasion quand même, car faut pas déconner putain ! Voyons si le groupe, lui, a déconné avec leur nouvel album « Conceived in Sewage ».

A la première écoute, tu comprends que t'es bien en face d'un Devourment. C'est pas super propre, pas vraiment très carré, les morceaux se ressemblent tous et l'ensemble paraît assez linéaire et banal ; un peu comme si Devourment repompait du Devourment. Les écoutes se font et le plaisir arrive de plus en plus. D'abord vachement déçu, l'album s’enrichit au fur et à mesure des écoutes où tu comprends le seul intérêt de Devourment : faire bouger ton boule. Rien à branler du « Death Metal moderne » ou de ces autres trucs de tapette, on fout les pitchers du studio à fond et on te met un truc heavy as fukk dans la gueule. Très lourd au niveau de la prod' donc, ce nouveau Devourment jouit d'un son assez propre et les gros riffs bien dégueulasses qu'on aime bien prennent très largement la dimension qu'il se doit dans un groupe du genre. C'est lourd, c'est lourd, c'est lourd. Tu te sens forcément l'âme d'un bûcheron avec une connerie comme ça dans les esgourdes. Le morceau éponyme de l'album en est le parfait exemple. Devourment c'est autre chose que des breaks et du blast, c'est aussi des riffs lourds et crasseux, parfaits pour déboîter quelques nuques, le tout au ralenti, slamming touch' oblige.

Assez déçu d'autre part car les musiciens semblent avoir fait des progrès. Une écoute plus attentive te fait remarquer que le jeu de batterie s'est affiné avec pas mal de rythmiques et contre-temps différents de ce qui se faisait avant. Le chant aussi a changé. Il s'est troqué un truc plus guttural caverneux et pro voire par moment « clair » à la Misery Index, pour prendre un exemple qui vient pas de moi (j'vous laisse vérifier sur le morceau « Carved into ecstasy »), contre un vomit sonore indiscernable qui faisait le charme des productions d’antan. Un peu plus et on comprendrait les paroles maintenant... Exit le côté pig squeal, ok, ça a changé de chanteur depuis "1.3.8" (et même des 3/4 des zicos), mais c'est pas une excuse pour que les remplaçants fassent des progrès quoi ; c'est pas vraiment ce qu'on leur demande. Du coup ce nouvel album de Devourment sonne mieux (du coup j'aime moins), comme ça se sentait déjà sur « Unleash The Carnivore ». Après faut pas pleurer non plus, c'est pas encore du Beneath The Massacre hein, les riffs coûtent toujours que deux euros et sont toujours répétés à outrance sur chaque morceau. Gardons quand même une recette qui marche. Et puis merde, cet album est carrément mieux qu'Unleash mes couilles alors pourquoi se priver ?

Vous voulez du Brutal Slam bien gras qui poutre et tâter de la légende ? Bah touchez vous sur le dernier Devourment, vous le pouvez.

1. Legalize Homicide
2. Fifty Ton War Machine
3. Conceived in Sewage
4. Fucked with Rats
5. March to Megiddo
6. Today We Die, Tomorrow We Kill
7. Heaving Acid
8. Carved into Ecstasy
9. Parasitic Eruption