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Album

09/12/14 - U-Zine

Hypnos

Heretic Commando

LabelEinheit Productions
styleBlackened Death
formatAlbum
paysTchéquie
sortiemai 2012
La note de
U-Zine
6/10


U-Zine

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Tout bon métalleux qui se respecte, pour peu qu'il ait dépassé la trentaine, a déjà entendu parler des Tchèques d'Hypnos (pour ceux qui écoutent de l'extrême, cela va sans dire). Ce groupe fait partie des noms que l'on connait, que l'on a vu dans les magazines spécialisés, et que l'on a vu durer depuis un moment maintenant sans pour autant être 100% sûr de pouvoir citer le nom d'un album ou d'un titre. Alors au moment de sortir Heretic Commando, il a fallu travailler l'image et le son pour qu'enfin on puisse caler leur nom dans notre mémoire. D'abord ils se sont entourés des techniciens du Toproom Studio, d'où sont sortis entre autres Mayhem et Arcturus. Puis ils ont travaillé un artwork guerrier et pleins de symboles, de divinités guerrières sur des tons de gris. Et pour finir, ils ont choisi un titre d'album qui fédère puisque tout auditeur est susceptible de faire partie de cet Heretic Commando créé pour l'occasion. A voir aussi les t-shirts marqués de leur illustration très symbolique

Maintenant côté son et par extension écriture, ils ont trouvé une recette qui peut faire mouche. Et quoi de mieux que de venir attaquer un des grands du genre qui, en ce moment, a un genou à terre, sur son terrain. Je vous laisse deviner de qui il s'agit, si ce n'est déjà fait. Sinon voilà quelques indices : ils viennent d'un pays voisin, eux aussi jouent du « blackened death metal » et eux aussi utilisent la même imagerie martiale et symbolique. Bingo, c'est Behemoth que l'on voit apparaître en filigrane. Et ce n'est pas le premier titre de l'album Nailed To The Golden Throne qui fera mentir ce constat : que ce soient les guitares ou la batterie, on se prépare à rentrer sur le champ de bataille. Les riffs sont assez proches, les gimmicks aussi (certains petits coups de cymbales ou même la façon de jouer au tout début du titre).

L'ensemble des dix titres est assez bien calibré et on ne dépasse pas vraiment les cinq minutes par titre avec une mention spéciale à Decadence / Art of Modern Misery qui sert de transition acoustique et qui ne vous reposera pas au-delà d'une minute avant d'enchaîner avec Extremely Dark Days qui déborde sur un black agressif et mid tempo où un chant haineux et gras vous attaque les esgourdes. On notera le ridicule de certains titres : celui nommé précédemment mais aussi Urbi at Morbid (qui repompe le riff de Misanthrope : Reine Martyre) ou encore In Love With Death (dont vous apprécierez l'intro boîte à musique). L'inspiration n'a pas été bonne sur cet aspect.

Un détail qui nous saute vraiment aux oreilles est que pour garder cet esprit sombre et agressif, Hypnos s'est basé sur un son bien bas et grave en accord avec un chant du même calibre. On n'est pas obligé d'aimer mais on ne peut pas nier que cela donne une vraie personnalité à l'ensemble. Et pour assurer, ils se sont fendus de quelques variations avec un rendu qui l'est tout autant (variés bien sûr). In Love with Death tranche avec un son rock'n roll, un solo, un tempo peu soutenu et des arpèges ce qui donne une composition un peu OVNI au milieu de cette débauche de violence.

Et on finit presque par se demander pourquoi le groupe n'a pas exploité ce filon de l'originalité jusqu'au bout, puisque le reste n'est qu'une redite de chansons déjà faite dans le genre. Si l'on veut être optimiste, on peut se dire qu'après tout les groupes n'inventent pas souvent quelque chose ou n'apportent pas quelque chose de novateur et l'auditeur s'en fout tant qu'il prend un certain plaisir à écouter l'album. Mais là, face à Versus The Void, on s'ennuie, le riff est répétitif et déborde sur le pénible. Et ce n'est pas le seul exemple, on pourrait aussi parler de Cholera / Mor dont le riff de départ est aussi étrange que malvenu alors que la suite démontre une certaine prise de risque. Ce n'est pas que l'ensemble soit mauvais mais il est moyen et on se dit qu'il est sûrement en devenir car on sent que les expérimentations et les tâtonnements sont là. Mais ils ont aussi tenté de jouer la carte sécurité et sont tombés dans le panneau.

Un peu plus haut était évoquée la recette qui fait mouche. Néanmoins l'adopter n'est pas synonyme de réussite et Heretic Commando en est la parfaite illustration. Album de transition, qui fourmille de bons petits riffs, de gros blasts qui tâchent et d'un mélange entre brutalité et une volonté de rester proche d'une certaine mélodie, il ne propose rien de neuf. L'impression de redite et parfois de repompe déçoit à de nombreux endroits, noyant les efforts qu'Hypnos a su développer. Si l'on voulait apporter une conclusion positive, guettez certains morceaux en live et attendez le prochain album studio, s'ils continuent sur cette voie, ils auront sans aucun doute un vrai produit intéressant à nous offrir.

1. Nailed To The Golden Throne
2. Inverted / Chasing The Apostles
3. Cholera / Mor
4. Burning Again / Hymn Of Eternal Fire
5. Alliance Of Snakes / Reptilian Conception
6. In Love With Death
7. Decadence / Art Of Modern Misery
8. Extremely Dark Days
9. Versus The Void
10. Urbi At Morbid / Farewell To Sanctity