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Album

09/12/14 - U-Zine

Nader Sadek

In The Flesh

LabelSeason Of Mist
styleDeath Metal
formatAlbum
paysUSA
sortiemai 2011
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Aujourd’hui, le 06/06/11, date de la sortie d’un des albums les plus attendus de la sphère metal. 8 ans après « Heretic », les dieux Morbid Angel sont de retour avec leur frontman d’origine, David Vincent. « Illud Divinum Insanus », démontre aujourd’hui que Morbid Angel surfe toujours au dessus de la masse avec une bonne longueur d’avance…

Non je rigole.

Si comme moi vous êtes « pas assez ouverts d’esprit » pour apprécier « le meilleur album du groupe », veuillez me suivre, aujourd’hui on va parler d’un véritable album de death.
S’il y a bien un projet qui pourrait profiter de l’énorme flop de Morbid Angel, c’est bien l’album de Nader Sadek. Si ce premier opus a souffert d’un manque de promotion évident (oui il y avait le génialissime Morbid Angel à promouvoir), on ne peut que le regretter au vu de la qualité de cet « In The Flesh ».

« Mais John, c’est qui Norbert Sandec ? »

Nader Sadek, d’origine égyptienne et aujourd’hui résident des Etats-Unis, est connu pour être designer et a collaboré notamment avec le monstre norvégien, Mayhem. Voulant lancer un projet musical, l’égyptien a profité de ses contacts pour donner vie à son bébé et a fait appel à Blasphemer (Ex-Mayhem, Aura Noir) pour se charger des guitares, Flo Mounier (Cryptopsy) à la batterie, et pour couronner le tout, Steve Tucker (Ex-Morbid Angel, 1997- 2004) au chant et à la basse. Oui rien que ça ! Rajoutez à cela une pelletée de guests tel qu’Attila (Mayhem), Destructhor (Ex- Zyklon, Morbid Angel) et vous avez une équipe plus qu’alléchante sur papier.

Car oui on sait tous que les all-stars bands c’est quitte ou double, le tout peut être génial comme totalement pourri, et une chose est sûre c’est qu’une harmonie parfaite, une alchimie s’est créée autour de ce même projet pour laisser place à un opus de qualité.

Si le pari était loin d’être gagné, « In The Flesh » fait preuve d’une réelle cohérence musicale, tous ont réussi à s’accorder pour un résultat homogène. La présence de Steve Tucker laisse une empreinte du grand Morbid Angel, c’est indéniable. A en écouter les trois titres entièrement composés par Tucker, à savoir : « Of This Flesh », « Soulless » et « Mechanic Idolatry » (ce dernier a des fort relents de « Eyes To See, Ears To Ear »), on se rend vite compte que c’était ce dont nous étions en droit d’attendre d’un Morbid Angel en 2011.
Ces influences ‘à la Morbid Angel’ se font aussi sentir sur le côté sombre et puissant qui se dégage de l’ambiance des titres, mais aussi par les vocaux de Tucker qui n’a définitivement rien perdu de sa superbe, il n’y a qu’a écouter le refrain dévastateur d’ « Of This Flesh ».
Si la performance de ce dernier est époustouflante, les autres ne sont pas en reste, Blasphemer et son jeu très froid dont lui seul a le secret, apporte un côté vicieux, poisseux loin d’être déplaisant. Tout comme Flo Mounier, qu’on ne présente plus pour ses talents de batteurs, et qui ne joue pas la surenchère avec un jeu totalement adapté aux titres présentés.

Mais que fait Nader Sadek dans tout ça ? Car oui, moi aussi je peux sortir un album à mon nom et inviter des artistes que j’adule. Tout simplement, en plus de participer à la composition de deux titres (« Petrophilia » ainsi que l’instrumentale « Nigredo In Necromance »), - sans compter les plages ambiantes - il a apporté un concept basé autour des relations humaines et l’effet qu’a le pétrole sur notre monde. Hélas n’ayant pas les paroles je ne pourrai vous en dire plus.

On regrettera une fois de plus l’énorme manque de promotion de ce premier essai, bien plus méritant qu’un « Illud Divinum Insanus ». Même si « In The Flesh » reste très court pour un album (29 minutes au total, retirez à cela toutes les plages ambiantes, cela fait 6 titres au total), il restera pour sur une des sorties majeures (qualitativement parlant) de 2011. Nader Sadek a réussi à « museler » le talent des musiciens dont il s’est entouré pour sortir un album terriblement puissant, noir, intense et surtout cohérent. Le pari est réussi, et plus j’écoute ce disque, plus je me dis que le retour de David Vincent au sein de Morbid Angel est une grosse erreur. Vous l’aurez comprit, j’ai choisi mon camp, pour moi ça sera « In The Flesh ».

1. Awakening
2. Petrophilia
3. Of This Flesh (Novus Deus)
4. Exhaust Capacitor
5. Soulless
6. Rusted Skin
7. Mechanic Idolatry
8. Sulffer
9. Nigredo In Necromance