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Album

09/12/14 - U-Zine

Candlemass

Epicus Doomicus Metallicus

LabelBlack Dragon
styleDoom épique
formatAlbum
paysSuède
sortiejuin 1986
La note de
U-Zine
10/10


U-Zine

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Il y a ces groupes comme Black Sabbath qui ont tout inventé (Heavy Metal, Doom Metal) et il y a des groupes comme Candlemass qui ont su réinventer un genre. Avec Epicus Doomicus Metallicus, le Doom est devenu épique et dépressif comme il ne l'avait jamais été jusque là aussi bien dans la musique que dans les textes.

Pourtant, en 1986 quand le groupe enregistra cet album, on en était encore aux balbutiements. Le line up n'avait rien de définitif avec seulement un guitariste Mats « Mappe » Björkman , un batteur Matz Ekström et un bassiste jouant aussi le rôle de tête pensante du groupe Leif Edling. Il a même fallu compter sur deux musiciens de session pour le compléter : Klas Bergwall à la guitare et surtout Johan Lanquist au chant.

Ce dernier fait figure de culte à lui tout seul. Pour ainsi dire, il n'a donc pris part qu'à cet album durant la carrière de Candlemass. Néanmoins, toujours ami du groupe, Johan participe de temps en temps à des concerts du groupe comme récemment à Stockholm pour célébrer ce fameux Epicus Doomicus Metallicus. Candlemass a eu la chance de voir passer entre ses mains de merveilleux chanteurs avec Messiah Marcollin, Tomas Vikstrom (Therion) et maintenant Robert Lowe (Solitude Aeternus) mais n'a jamais eu deux fois le même genre de chant. Johan Lanquist a un chant rempli de spleen mêlant romantisme et dépression. Il se rapproche assez du chant clair de Mikael Stanne de Dark Tranquillity. Cependant, il est bien plus complet et peut atteindre des notes très aigus, dépassant même parfois la barrière du cri strident. Une performance remarquable et remarquée qui ne sera jamais égalée en live par Messiah Marcollin ou Robert Lowe malgré leurs talents indéniables. A vrai dire, je n'imagine pas non plus les morceaux de Marcollin chantés par Lanquist. Chacun a une voix tellement particulière que chacune de leur performance ne pourrait être aussi parfaite avec un autre.

Je vous parle du chant mais il ne fait pas tout, fort heureusement. Une œuvre ne peut être culte que grâce à un chanteur. Impossible. Tout le travail de Leif Edling - car c'est bien lui qui a tout écrit - est remarquable. Déjà ce travail sur les guitares est fabuleux, il n'y a pas d'autre mot - enfin si mais on resterait dans le dithyrambique. Obligatoirement. Il y a au moins un moment culte par titre... Au moins... Oui, j'aime répéter les mots à la fin des phrases... Les mots à la fin des phrases.
Sans blague, Epicus Doomicus Metallicus, c'est un peu un recueil de certain des plus grands riffs de l'histoire du Doom Metal. Des riffs forcément influencés par la lourdeur et l'accroche de feu Black Sabbath. Les mélodies ne sont plus « joyeuses » comme avec la période du NWOBHM, elles sont ici synonymes de lugubre directement sorties du titre éponyme de Black Sabbath. Une ambiance malsaine, lugubre et fataliste qui provient des catacombes emmenée par une basse lancinante qui hypnotise. L'heure n'est plus à l'introspection. Non, il est trop tard. Notre heure a définitivement sonné. Ce ne sont pas les soli qui me feront dire le contraire. Celui de « Crystal Ball » est furieusement démoniaque, la Terre s'effondre sous nos pieds. « Solitude » et « A Sorcerer's Pledge » sont des tubes Doom interplanétaires voire même fédérateurs pour ce dernier. Le riff final, bien trop court sur la version de l'album ,surplombé par le chant féminin est toujours repris en cœur par le public à chacun des concerts de Candlemass.

S'il ne devait rester qu'un album de Doom Metal, ça serait celui là. Une oeuvre fondamentale qui a encore de l'écho aujourd'hui et dont la production même vingt cinq ans plus tard n'a pas vieilli et garde toujours le charme fou de cette oeuvre qui ne sera jamais égalé dans la carrière pourtant riche du groupe. Vous voulez déprimer, pleurer, vous mettre mal à l'aise, sentir votre fin proche, écoutez donc cet Epicus Doomicus Metallicus et j'attends, de pieds fermes, vos réactions.

"Hate Is My Only Friend
Pain Is My Father
Torment Is Delight To Me
I Seek It With Pleasure
Please Let Me Die In Solitude"


1. Solitude
2. Demon's Gate
3. Crystal Ball
4. Black Stone Wielder
5. Under The Oak
6. A Sorcerer's Pledge

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