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Album

09/12/14 - U-Zine

Auspex

Heliopause

LabelPervade Prod
stylemetal sympho / prog
sortieoctobre 2010
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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Mais qui est le fou qui a autorisé le groupe français Auspex a mettre cette illustration pour la pochette de leur deuxième album Heliopause ? Certes, celle de leur précédent Resolutio était dans les même tons mais là, c'est un peu se couper les ailes. En sachant que c'est la première chose que l'on voit, ces couleurs froides et ce dessin un peu flou aux lignes très rondes désarçonne. On a surtout du mal à se douter de ce que le disque contient. On pourrait leur trouver ce point positif : ils brouillent les pistes, de plus le label qui les a signé, Pervade, possède un catalogue très éclectique, raison de plus de ne pas savoir où l'on va. Les plus observateurs d'entre vous auront vu la classification un peu plus haut et savent déjà que l'on va parler de métal symphonique à tendance progressive. Et quand on traîne un peu sur leur site et qu'on regarde les fiches techniques mises à disposition, on commence à comprendre les sérieuses intentions que les six membres du groupe ont. On ne parle pas d'un petit groupe qui joue dans sa cave ou dans le bar du coin. Auspex a des exigences et un certain côté pro. Et cela se ressent sur le son de l'album, vraiment bon et équilibré grâce au TowerStudio (tenu par un des membres de Kalisia).

Côté musique, les influences citées sont diverses autant au niveau des styles que des périodes : rock 70s, musique de film, métal prog... et tout se retrouve dans les neuf morceaux. Et c'est vrai qu'ils ont un petit quelque chose pour l'ambiance des salles obscures, on retrouve souvent des morceaux qui pourraient faire partie de bandes originales de films sombres et inquiétants, de fresques épiques ou encore d'œuvres de Tim Burton. On prendra certains passages de Silence ou le thème de In Through The Looking Glass. Bien sûr on a déjà vu ça chez Rhapsody of Fire, mais ici c'est plus subtil et moins prégnant, on a pas à se taper des tonnes de narration ou du symphonique pur à la pelle. Auspex ne perd jamais de vue son objectif métal.

Et ils ont travaillé dur pour varier leur ambiances : il y a un monde de différence entre Silence, avec une rythmique plutôt classique dans le métal mélodique / sympho, un déboulé de double et de gros claviers et 0-1-0-1, plus sombre et agressif avec un chant saturé et une rythmique syncopée. Comptez aussi le nombre de changements de rythmes dans Ad Astra Per Aspera, c'est un peu déroutant mais il semble que c'est une façon personnelle d'aborder le progressif. Ils ont d'ailleurs choisi d'appuyer le feeling plus que la technique. On retrouve des soli et quelques passages complexes, mais l'ensemble n'est absolument pas difficile d'accès. Rien d'obscur ou d'abscons qui pourrait repousser l'auditeur dont les oreilles se trouvent plutôt flattées. Le clavier y est beaucoup pour quelque chose puisqu'il est omniprésent, et c'est peut-être ce qui pourrait refroidir certains d'entre vous, cette débauche de guimauve symphonique dont on nous a déjà rebattu les oreilles.

On retrouve cependant un beau melting pot de sons que l'on reconnaît parmi les classiques comme Symphony X mais aussi des accointances avec des nouveaux comme Whyzdom. Ce rapprochement se fait naturellement à travers le style mais aussi le chant. Les deux groupes ont une chanteuse talentueuse à leur tête. Ici pas de démonstration lyrique mais un chant qui s'adapte parfaitement au style : doux mais qui sait élever le ton, capable de variations sans être franchement audacieux sauf sur un morceaux comme The Pulse of Emptiness. De plus, vous entendrez de l'anglais en général, mais aussi du japonais et du français dans Resolutio, ce qui a encore tendance à prouver qu'ils veulent se démarquer tout en se rapprochant d'un public jeune (parfois plus proche des cultures asiatiques que les vieux bourricots qui ne jurent que par l'Outre-Rhin).

Vous aurez donc compris que même si parfois on se rapproche de groupes connus et reconnus, on peut parier sur Auspex. Leurs qualités leur permettront sans aucun doute de se hisser vers le haut tant ils maîtrisent leur côté mélodique, même si on aimerait encore plus de parties où les deux guitares se détachent l'une de l'autre. Il faut aussi préciser qu'ils jouent un genre dans lequel déjà beaucoup de choses ont été dites depuis longtemps, ce qui peut éventuellement leur compliquer la tâche. Heureusement, ils sont compris qu'ils doivent élargir le spectre de leur musique pour toucher le public. Il semble que développer une personnalité propre soit devenu une de leurs priorités. Tant mieux. Ce qui leur manque maintenant c'est un moment de grâce dans lequel ils pourraient rentrer dans l'esprit des gens. Que ce soit à coup de promo, de scène ou même grâce à un morceau phare qui pourrait leur ouvrir les portes des grandes scènes, il leur manque encore cette petite marche à gravir pour que tout bascule du bon côté. Mais en attendant Heliopause mérite qu'on s'y attarde.

1. Electric Sheep 02:24
2. Silence 06:48
3. I Walked Awoken On Titan 06:08
4. In Through The Looking Glass 07:52
5. The Pulse Of Emptiness 05:24
6. Setsunaki Tabi 03:11
7. 0-1-0-1 (And so on...) 04:38
8. Ad Astra Per Aspera 07:21
9.Resolutio 10:53