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jeudi 7 décembre 2023

Ufomammut + Homecoming @ Petit Bain (Paris)

Petit Bain - Paris

S.A.D.E

Chroniqueur doom, black, postcore, stoner, death, indus, expérimental et avant-garde. Podcast : Apocalypse

Pour compléter la sortie de leur EP Crookhead, Ufommamut est parti sur les route d'Europe avec une escale à Paris. Valeur sûre en live comme en studio (Crookhead, bien qu'en format court, est une excellente sortie), difficile de bouder le passage des Parisiens au Petit Bain, une date concoctée par Garmonbozia.

 

Homecoming

L'annulation de dernière minute de Oaks donne à Homecoming la tâche d'ouvrir la soirée et, assez rapidement, je comprends que la musique des Parisiens ne va pas beaucoup résonner en moi. Malgré un set carré et une aisance sur scène, le quatuor ne parvient jamais à me toucher : qualifié sur leur bandcamp de "post what-ever metal", leur style navigue entre plein d'idées mais sans fil directeur et sans cap, un peu à vue. Il n'y a rien de véritablement mal fait dans la proposition d'Homecoming (à part le chant éraillé qui est vraiment surprenant, pour rester diplomate) mais rien de véritablement original non plus. On est face à un patchwork entre postrock, postcore et postmetal (et un peu de postgrunge, si une telle diablerie existe [et une rapide séquence post black metal dont on se demande ce qu'elle fichait là, aussi]) sans grande cohérence. Néanmoins, une partie du public accueille sans trop de réserve le groupe et il est chaleureusement applaudi entre les titres et en fin de set. Pas la première partie la plus mémorable pour un concert d'Ufomammut en ce qui me concerne donc, mais qui aura quand même chauffé une partie du public.

 

Ufomammut

Lorsqu'Ufomammut est sur scène pour défendre un nouvel album, il est en général joué en intégralité et complété par quelques tubes. Ici, du fait que les Italiens n'ont qu'un EP à présenter, la setlist s'étale davantage sur les précédentes sorties, et notamment Fenice (2022) qui sera proposé dans son intégralité. C'est néanmoins avec « Supernova » extrait de Crookhead que le trio entame les hostilités et cette première mandale confirme que cet EP d'Halloween n'était pas un petit amusement pondu juste comme ça : la déflagration est aussi lourde que réjouissante et nous voilà embarqués dans un trip entre le cosmique et le tellurique. Un vaste écran de projection nous guide dans des teintes bien entendu psychédéliques et bariolées, avec des motifs tantôt spatiaux, tantôt terrestres, mais toujours chargés en possibilités interprétatives. Les indéboulonnables Urlo et Poia, leurs éternels brassards absorbants au poignet pour éponger les fronts, tiennent le devant de la scène avec leur prestance inentamée, tandis que Levre, en poste depuis 2021, a tout à fait trouvé sa place derrière les fûts.

Le son est comme toujours massif et rond à souhait, les tripes vibrent toujours au moindre accord. Je connais d'ailleurs peu de groupes qui ont cette capacité à rassasier l'auditeur avec des riffs à deux coups de médiator, à parvenir à donner beaucoup avec peu et Ufomammut fait partie de haut du panier dans cette petite niche. Comme d'habitude, c'est le titre « Temple » qui m'envoie dans les tréfonds du plaisir, avec cette rupture en milieu de morceaux qui est toujours aussi assassine. Ufomammut se paie même le luxe d'une reprise de « Welcome to the Machine » (Pink Floyd, juste au cas où) habillée d'images du système solaire toutes kubrickiennes, histoire de compléter le bingo psyché. Le groupe nous quitte sur un « Stigma » qui fait remuer une fosse conquise depuis le début du concert, sans rappel comme à l'accoutumée. Le trio serre quelques paluches depuis la scène, tout sourire, avec une humilité qui est toujours aussi agréable et authentique, les remerciements ne sonnent pas convenus, et les lumières se rallument, fin du voyage.

Alors que je les ai vus un paquet de fois maintenant, je n'ai jamais été déçu par une prestation des Italiens. Les tournées et les albums s'enchaînent avec une qualité constante et Ufomammut semble toujours trouver des manière de se renouveler. Leur pré carré est maintenant bien délimité, mais à l'intérieur de celui-ci, il semble toujours y avoir de la place pour autre chose, un peu plus. Espérons que cela dure encore longtemps !

Setlist :
1. Supernova
2. DUAT
3. KHEPERER
4. PSYCHOSTASIA
6. METAMORPHOENIX
7. PYRAMIND
8. EMPYROS
8. Vibrhate
9. Temple
10. Welcomme to the Machine
11. Stigma

 

Un grand merci à Garmonbozia pour cette soirée !

Crédits photo : Lil'Goth Live Picture

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