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REVUE D'ACTU #47 : Meshuggah, The Hellacopters, Celeste, Dark Funeral...

samedi 15 janvier 2022
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Pour cette toute première revue d'actu de l'année 2022, on a fait le tour des diverses annonces et titres dévoilés qui ont retenu notre attention : du gros groupe avec Meshuggah, du super-groupe avec Friends Of Hell, le retour des Français deCELESTE mais aussi Dark Funeral, The Hellacopters, Cult of Luna, Horn, 40 Watt Sun et Heltekvad.

 

Meshuggah


Pingouin : 2022 ne pouvait pas commencer qu’avec des mauvaises nouvelles. Après le report de leur tournée de début d’année pour l’automne, les vétérans de Meshuggah annoncent la sortie de leur 10ème album. Dans les bacs le 1er avril prochain, on se contente pour patienter de l’artwork de Luminokaya, et d’un court teaser publié sur leur compte Twitter.

Ce dixième album s’appelle « Immutable, » et sort chez Atomic Fire Records. Il fait suite à leur opus de 2016, « The Violent Sleep of Reason. » Les précommandes ouvrent le 28 janvier prochain. Accrochez-vous bien les cervicales et comptez vos neurones.

Meshuggah announce new album "Immutable" for April 1st, 2022. Album pre-order starts January 28th, 2022.https://t.co/E1duQaUrnU#meshuggahimmutablepic.twitter.com/awHUsq7ppr

— Meshuggah (@meshuggah) January 14, 2022


Friends of Hell

Di Sab : Alors que Reverend Bizarre rend actuellement ses derniers souffles en repressant l’intégralité de sa discographie avant de disparaître totalement et qu’Opium Warlord se porte très bien (l’album de 2020 fait partie des meilleures sorties doom de cette année), Albert Witchfinder s’allie avec un ex Electric Wizard pour former Friends of Hell. Le premier extrait, Shadow of the Impaler nous donne absolument tout ce que nous attendons. Riff gloomy, le flow de Witchfinder, des samples de cris et ce qu’il faut de solis. On n’est pas loin de Pentagram, de Candlemass, voire de Mercyful Fate. Ca sort chez Rise Above, ça s’annonce pas révolutionnaire mais de très bonne facture. Doom over the World !  


CELESTE

Circé : Nuances de gris. Gros plans sur peau, visages abîmés, corps possédés, mains inquisitrices et regards hantés. CELESTE ne dérogera pas, pour son sixième album, à la radicalité de son univers, à ses images intimes et marquantes, aux petits codes qui rythment et unifient l'oeuvre du groupe depuis ses débuts. Une identité singulière qui semble payer, puisque ce nouvel opus, Assassine(s), marque l'entrée des Français sur le roaster de ni plus ni moins que Nuclear Blast. La direction artistique, elle, ne change pas vraiment. Les trois titres sortis pour l'instant semblent mettre les blasts de côté pour ralentir le tempo, préférer une violence moins directe, plus écrasante que du pur chaos comme on a pu en avoir par le passé. On se focalise sur les sonorités black et sludge, avec une production plus claire, un tout qui s'inscrit logiquement dans la continuité d'Infidèle(s). Et de cette oeuvre viscérale se dégage, comme toujours, une certaine poésie, dans la sensibilité des photographies, dans les titres et les paroles, dans le spleen constant de la musique. CELESTE continue de tracer sa route, sans compromis. Rendez-vous le 28 janvier pour découvrir l'album dans son intégralité.


Dark Funeral 

Malice : En 2016, Dark Funeral entamait une nouvelle page de son histoire : Hjelmadr remplaçait l'iconique Caligula au chant, et Where Shadows Forever Reign frappait fort avec un son à la fois moderne et puissant, donnant au groupe des allures de porte-étendard d'un black metal traditionnel mais propre et accessible, le genre d'album important parce qu'il peut ouvrir à beaucoup les portes du genre. Restait à ne pas tomber dans un piège : celui de la facilité. Et bardaf, c'est l'embardée dès ce soporifique "Let the Devil In" : si ce titre de morceau vous rappelle plutôt un album de Sargeist et que vous en êtes fan, spoiler alert, vous n'allez pas en constater la moindre réminiscence ici. On parle d'un mid-tempo mou du genou, dont on attend pendant toute la durée qu'il s'emballe un peu, ou au moins qu'il nous transporte comme le faisait "As I Ascend" sur le précédent opus. 

Si "Let the Devil In" n'est pas représentatif de We Are The Apocalypse, qui paraîtra le 18 mars prochain chez Century Media Records, tant mieux ... mais difficile de dire qu'on salive d'impatience à son écoute. 


The Hellacopters

Di Sab : Hank Von Hell décédé il y a peu, l’avenir de Turbonegro s’assombrit et il faudra compter sur The Hellacopters pour continuer à porter ce High Energy Rock'N'Roll scandinave si caractéristique. Heureusement, le groupe de Nicke Andersson s’est décidé à revenir, 14 ans après un Head Off mitigé. Fraichement signés chez Nuclear Blast, The Hellacopters reprend là où ils s’étaient arrêtés. Un rock pur, une production superbement définie, une qualité d’écriture indéniable. Eyes of Oblivion est un tube, comme tous les titres des Suédois. Le clip est autant naïf que sincère, à base de roadies, de captation live et de clopes backstages. Le savoir faire est ancestral, l’exécution est fringante.  Eyes of Oblivion (l'album) sortira le premier avril 2022 et il y a de fortes chances qu’il reste collé à ma platine jusqu’à la fin de l’été. Vite vite vite !


Heltekvad

Circé : L'année commence à peine que votre serviteur se prend déjà une petite claque sortie de nulle part. Enfin, presque de nulle part, puisque le guitariste et vocaliste d'Heltekvad, Ole Pedersen Luk, n'est ni plus ni moins que la tête pensante d'Afsky. De quoi mettre l'eau à la bouche, vu la petite merveille qu'était Ofte jeg drømmer mig død, dernier album de la formation danoise sorti en 2020. Heltekvad s'est formé la même année, et la nouveauté du morceau dont il est question aujourd'hui est d'autant plus relative puisque celui ci est paru en 2021, apparemment. L'album dont il fera partie vient cependnat lui tout juste d'être annoncé pour mars 2022, chez ni plus ni moins qu'Eisenwald. Un bon départ donc, et c'est plus que mérité. Au programme, la même sensibilité et qualité de composition qu'Afsky, ces mêmes vocaux écorchés et dépressifs. Mais Heltekvad se démarque par son univers médiéval, omniprésent dès l'intro en fanfare qui laisse cependant vite place à un riff plutôt contemplatif et mélancolique, loin de l'agressivité victorieuse qu'on retrouve souvent chez les groupes se qualifiant de “medieval black” ces derniers temps. Heltekvad arrivera t-il à se forger une identité propre ou sera t-il au final une copie d'Afsky avec un décorum d'un autre temps ? Affaire à suivre, mais dans tous les cas, ça fait du bien aux oreilles.

 

Horn 

Malice : Dans la liste des groupes de black metal un peu méconnus alors qu'ils pourraient faire un véritable carton, Horn mériterait de se trouver bien haut tant le one-man band allemand enchaîne les albums taillés sur mesure pour tout casser. Tout fan de black aux accents folkisants et pagan intelligents (la précision est importante) devrait écouter Turm Am Hang (2017), ou encore son successeur Mohngang (2020) plus mélodique et mélancolique, tous deux faisant partie de mes coups de coeur de leur année de sortie. Et si vous avez raté le train, il est temps de vous y mettre : Verzet sortira en mai 2022 et si tout l'album est du niveau de l'incroyable "Alpenrekorder" révélé en toute fin d'année défunte, on tiendra là un incontournable.

Tout y est : choeurs et mélodies si typiques du pagan black à l'allemande (on pense aux meilleurs côtés des débuts d'Equilibrium, eh oui), mélodies de guitare prenantes et même ce violoncelle qui s'intègre parfaitement à l'ensemble - et dont l'apparition dans le clip est comme un hommage (volontaire ?) à la pochette du Todbringer d'Ellende. À noter sur le single l'ajout d'une reprise du "Kampen" de Windir, à la fois fidèle à l'originale et collant parfaitement au style de Horn. 


40 Watt Sun

Dolorès : Après n'avoir pas plus que ça accroché au premier single dévoilé (« The Spaces In Between ») et être passée complètement à côté de « Until », c'est bien « A Thousand Miles » qui m'a complètement bouleversée. Le morceau signe le retour d'un Patrick Walker aussi mièvre que sincère dans une poésie simplissime qui touche en plein cœur. On retrouve là le phare au milieu du brouillard de Warning et des deux précédents albums de 40 Watt Sun qui avaient eu le mérite de dérouter tout le monde ou presque. Bien sûr, le metal n'est plus au rendez-vous sur ce projet mais l'ombre du pilier du doom sentimental surplombe toujours son art.

Reste à espérer que Perfect Lights, l'album qui sortira le 21 janvier prochain chez Svart Records, ne sonnera pas recyclé avec déjà trois titres dévoilés sur huit !

 


Cult of Luna

Dolorès : Cult of Luna fait partie de ces groupes qui sortent des albums à des fréquences très rapprochées mais qui savent toujours ce qu'ils font. Jamais déçue, c'est ainsi que j'ai écouté en boucle « Cold Burn » sorti il y a déjà quelques semaines. « Into the Night » est pourtant ce qu'on attendait, sans même le savoir, des Suédois : du changement.

Véritable prise de risques donc pour ce titre tout en crescendo qui croît dans des atmosphères peu habituelles pour le groupe. Une ambiance feutrée, où le chant clair et la basse sont rois, peu à peu rejoints par tout l'arsenal, prend forme pour ce deuxième titre qui propulse Cult of Luna dans une image de groupe qui est capable de se renouveler. Reste donc à découvrir The Long Road North le 11 février chez Red Creek et Metal Blade Records.