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Album

09/12/14 - U-Zine

Mekong Delta

Wanderer On The Edge Of Time

LabelAaaarg Records
stylethrash technique
formatAlbum
paysAllemagne
sortiejuin 2010
La note de
U-Zine
7/10


U-Zine

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Mekong Delta. Voilà un groupe que tout fan de thrash technique connaît au moins de nom mais dont on ne trouve que très rarement mention dans les listes et autres débats qui parcourent les forums. Faute en est à leur dissolution puis résurrection ces dernières années. Pourtant on a bien là une formation avec un concept, une éthique et une façon de faire qui méritent qu'on s'y intéresse. Ainsi Wanderer On The Edge Of Time veut s'inscrire dans la continuité de leur discographie en y trouvant une parenté diégétique avec Dances Of Death, l'album préféré des fans. De là à vous raconter de quoi ce lien est fait, il y a un grand pas, que votre serviteur ne franchira pas ! Le lien avec la musique classique est une constante chez Mekong Delta (on pense à leur reprise de thèmes du compositeur russe Modeste Moussorgski). Sur Wanderer, on trouve un Intermezzo, des chansons qui sont nommées : Movement, un Finale et des Interlude. Sur le papier cette parenté est là, on pourra se pencher sur la musique plus loin. Côté concept, on retrouve les noms (en français) des cartes de tarot. Avec bien sûr une petite influence sur l'ambiance des titres. Et ceci dès le départ.

Après une intro toutes en arpèges, les guitares et la batterie viennent presque surprendre l'auditeur et prennent tout de suite un ton mélodique avant de retomber avec l'arrivée de la voix. On sent néanmoins que le groupe a voulu créer une ambiance, assez inquiétante pour le coup. Et on cerne avec cette première série de titres la façon de faire. Il se passe quelque chose de symbiotique dans cet album. Mekong Delta a cherché à créer une progression, une continuité, faire une ligne discontinue de sa musique. Alors il est bien évident que ce pari est assez périlleux puisqu'il faut à la fois retenir certains thèmes assez longtemps pour qu'ils deviennent comme un refrain et varier suffisamment pour ne pas ennuyer l'auditeur. Et là je dois vous avouer que je ne suis pas toujours convaincu, certains passages traînent en longueur et certaines minutes en deviennent superflues. Ainsi de Ouverture jusqu'à "The 5th element" (Le Bateleur) // Movement 2, le groupe louvoie dans les mêmes eaux, et même si les variations de tempo et d'ambiance générale peuvent venir rompre cette unité, on finit par attendre le changement.

Et c'est quand arrive "The Apocalypt - World in shards" (La Maison Dieu) // Movement 3 que l'on sent un coup d'accélérateur, un coup de boost qui fait du bien. Mais ne vous attendez pas à un morceau de pur thrash débridé. Non, Mekong Delta ce n'est pas ça. Au contraire, ici c'est le mix parfait entre un riff qui poutre à mort et des rythmiques biscornues. On ne plonge pas dans la mathcore mais on se place sur une ligne définitivement technique et très progressive. De plus le break, poussé par la voix de Martin Lemar donne un côté spatial au morceau avant de céder la place aux branleurs de manche (tous deux renouvelés pour la circonstance) qui savent y faire, et là on retrouve le côté débridé du thrash. Ce grain de folie reviendra avec l'Intermezzo, instrumental géant, carte maîtresse où tout le monde se lâche. Le ton est donné pour la fin de l'album, qui se terminera dans une apocalypse de gros son, et sur le même riff, ou une de ses évolutions devrait-on dire, comme pour boucler la boucle.

Mais à deux reprises dans Wanderer, cette énergie est brisée par des titres surprenants, qui sont étrangement placés, même si l'on prend en compte l'alternance acoustique / électrique. "King with broken crown" (Le Diable) // Movement 4 avec ses rythmiques arabisantes et son tempo assez lent finit pas lasser très rapidement, il ne se passe pas franchement grand chose sur ce titre et l'auditeur tombe dans des parties qui ronronnent mais ne mordent pas vraiment. Le second titre est carrément pop, "Affection" (L'Amoureux) // Movement 6, semble sorti de nul part, mais peut-être est-ce dû à son titre et à son thème.

Ces deux titres mis à part, Wanderer On The Edge Of Time est un bon album, certainement pas encore à la hauteur de ses illustres prédécesseurs mais qui reflète le travail précis et imaginatif de Mekong Delta. On regrettera juste la froideur du son de batterie qui fait trop électronique. Dommage car au vu des parties techniques, un son plus chaud aurait été plus que bénéfique. Surtout que le reste du groupe se débrouille pas trop mal côté mix. Cet album s'adresse aux oreilles expertes et à ceux qui aiment la complication qui porte un vrai sens.

1.Intro - Concert Guitar - 02:18
2.Ouverture - 02:50
3."A certain fool" (Le fou) // Movement 1 - 03:37
4.Interlude 1 - Group - 00:52
5."The 5th element" (Le Bateleur) // Movement 2 - 06:32
6.Interlude 2 - Group - 00:34
7."The Apocalypt - World in shards" (La Maison Dieu) // Movement 3 - 05:43
8.Interlude 3 - Concert Guitar - 02:03
9."King with broken crown" (Le Diable) // Movement 4 - 05:41
10.Intermezzo (instrumental) // Movement 5 - 05:23
11.Interlude 4 - Group - 02:11
12."Affection" (L'Amoureux) // Movement 6 - 02:53
13.Interlude 5 - Group - 00:51
14."Mistaken truth" (Le Hérétique) // Movement 7 - 05:10
15.Finale - 02:56