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Album

01/05/20 - ZSK

Disbelief

The Ground Collapses

LabelListenable Records
styleSludge Death Metal
formatAlbum
paysAllemagne
sortiemars 2020
La note de
ZSK
8/10


ZSK

"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre."

Ça y est, Disbelief est de retour ! Bon il était déjà « revenu » il y a 3 ans avec The Symbol Of Death mais il est de retour sous la forme d’un groupe un minimum productif. Après 7 ans d’absence - 8 si l’on s’arrêtait au « vrai album » Protected Hell (2009) - nous avions le plaisir d’enfin retrouver le groupe allemand avec son Death/Sludge écrasant et sinistre, avec en sus un excellent album. Avec The Symbol Of Death, Disbelief montrait qu’il était toujours en forme et poursuivait une carrière sans fausse note depuis Worst Enemy (2001) même si chacun aura ses favoris ou trouvera que tel ou tel album était plus faible. Mais avec son style de Death mi-moderne mi-traditionnel, historiquement boueux et rampant, Disbelief et son chanteur Karsten Jagger restent presque inimitables, et ont rapidement trouvé leur singularité au milieu de tous les groupes de Death « lent ». Il a du toutefois passer par quelques incertitudes pour renaître discographiquement en 2017, perdant notamment ses deux guitaristes au passage. Et ce n’est pas fini vu qu’un des deux néo-gratteux a déjà mis les voiles, Alexander Hagenauer (Soul Demise), numériquement remplacé par Marius Pack (Defective Reality). Mais malgré ce line-up variable, Disbelief reste toujours le même, autour de Jagger et du bassiste historique Joe Trunk. Et The Symbol Of Death l’avait prouvé sans mal. 3 ans plus tard, toujours via nos frenchies de Listenable, Disbelief continue son chemin discographique avec The Ground Collapses, un 10ème album (je compte toujours pas Heal! désolé) qui vient fêter les 30 ans d’existence du groupe, et dont les fans frétillent rien qu’à l’annonce d’un nouvel opus. Moi y compris, pour qui toute la discographie du groupe depuis Worst Enemy est en train de saisir le stylo pour cocher la case « culte ».

Alors bien sûr, rien ne va vraiment changer dans le monde déprimé de Disbelief, dans le fond comme dans la forme (avec encore une fois une prod bien puissante et parfaitement adaptée). Mais ce n’est pas forcément ce qu’on attend de lui-même si le groupe sait varier ses équilibrages pour ne pas donner l’impression de sortir deux fois le même album. Et c’est là que The Ground Collapses va se poser comme un disque un peu plus singulier. Après un The Symbol Of Death plutôt accrocheur et efficace, Disbelief va se plonger dans une certaine noirceur, s’enfoncer la tête dans sa mélasse gluante, à l’image de l’apparat apocalyptique choisi pour cet album. Nous allons tout simplement avoir affaire au disque le plus lourd et le plus dark du groupe depuis Shine (2002), même si un Navigator (2007) ne souriait pas des masses en son temps. Le rythme sera souvent soutenu, les mélodies très présentes seront plus sinistres que jamais. Disbelief ne vire pas Death/Doom mais va plus appuyer la lourdeur « Sludge » qui l’accompagne depuis bien des années maintenant. Cela est d’ailleurs très vite mis en lumière, ou plutôt jaillit dans l’obscurité, par la deuxième piste extrêmement écrasante qu’est "Scaring Threat". Un rythme pachydermique archi colossal accompagne ce morceau parpaing, peut-être le morceau le plus pesant de Disbelief depuis ses débuts, et l’ensemble s’alourdit de plus en plus au fil des compos et des minutes. Avec toujours ces mélodies dépressives, Disbelief montre le plus pur visage de sa lourdeur. Et cet esprit va notablement émailler cet album qui commençait très bien par "The Ground Collapses", déjà dans une certaine lourdeur mais avec un côté tubesque tout comme pour le génial "Full of Terrors" qui ouvrait The Symbol Of Death. Un départ parfait, avec une belle petite intro, avant que les riffs ultra lourds nous cueillent à chaud. Disbelief est toujours en forme, et il va mettre en musique sa vision de l’apocalypse qui nous guette.

The Ground Collapses ne sera donc pas avare en compos bien lentes et pesantes, pas du tout même ("The Awakening", "Killing to the Last", "Insane", "Kill’s Ending"), mention spéciale au particulièrement boueux "The Waiting", extrêmement lourd dès le début, avec un Jagger qui s’autorise au passage quelques écarts de voix à la Obituary alors que sur la majeure partie de l’album, son registre est bien grave. Disbelief agrémente, comme convenu, son Death bien graisseux de nombreuses mélodies qui appuient encore plus leur côté désenchanté ("Killing to the Last", "Soul Destructor", "Hologram for the Scum" avec de beaux leads à la clé, entre autres), deuxième mention spéciale au très mélancolique "Colder Than Ice", morceau assez marquant dans son registre. Entre lourdeur et mélodie qui sont les maîtres mots de ce The Ground Collapses, Disbelief se lâche tout de même un petit peu, avec quelques passages un peu plus punchy (les rythmes de "Killing to the Last", le plus rapide et couillu "Hologram for the Scum", le bonus "Depth of Sorrow" lorgnant plus vers un Death-Metal traditionnel), troisième mention spéciale pour le bien dynamique "Soul Destructor" où l’on pourra entendre les grunts de notre Julien Truchan national - retour d’ascenseur pour Jagger qui a joué les guests sur deux albums de Benighted. Encore un album irréprochable pour Disbelief donc ? Je dois tout de même avouer qu’il n’y pas vraiment d’autre hit que le morceau-titre, et que les plus classiques "Insane" et "Kill’s Ending" ne sont pas indispensables. Mais le contrat est rempli : on voulait un nouvel album de Disbelief qui demeure inspiré et on l’a sans problèmes avec ce The Ground Collapses. Seul le temps nous dira où il se situe finalement entre les Worst Enemy, Spreading The Rage, 66Sick, Protected Hell et même déjà The Symbol Of Death. Ce qui est sûr, c’est que Disbelief a ici choisi de pousser à son quasi-paroxysme son aspect le plus lourd et le plus désenchanté, et cela fonctionne parfaitement même si l’on perd un peu quelques accroches. Mais en 30 ans maintenant, et bientôt 20 depuis sa première vraie référence Worst Enemy, et après quelques galères (et critiques sur son style particulier), Disbelief est toujours là et le respect à lui donner se doit d'être aussi gros que la lourdeur des riffs de "Scaring Threat".

 

Tracklist de The Ground Collapses :

1. The Ground Collapses (6:00)
2. Scaring Threat (5:35)
3. The Awakening (3:08)
4. Killing to the Last (3:50)
5. The Waiting (4:10)
6. Colder than Ice (4:49)
7. Soul Destructor (3:04)
8. Insane (4:38)
9. Hologram for the Scum (4:46)
10. Kill's Ending (4:26)
11. Depth of Sorrow (3:07)

 

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