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Album

07/04/20 - ZSK

Thanatos

Violent Death Rituals

LabelListenable Records
styleLE DEATH METAL
formatAlbum
paysPays-Bas
sortiemars 2020
La note de
ZSK
8/10


ZSK

"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre."

« This is Death Metal you bastards ! ». La punchline que l’on associe en général à Asphyx et son frontman culte Martin Van Drunen, mais sa bande bien qu’existant depuis 1987 n’est pas le vétéran absolu du Death Metal batave. Avant, il y a eu Thanatos, débarquant dès 1984 ce qui en fait même, si on en croit les bios, « le premier groupe néerlandais de Metal extrême ». LE Death Metal, avec un grand D, il en est un des dépositaires, même si à l’époque le Thrash se confondait largement avec. Pionnier des pionniers, Thanatos a peut-être relégué au second plan avec les années devant le succès d’Asphyx ou Pestilence, mais pour qui connaît la scène Death old-school européenne, c’est un nom inoubliable. Quand bien même sa carrière n’a pas été énormément florissante, le groupe n’avait d’ailleurs sorti que deux albums (Emerging From The Netherworlds en 1990 et Realm Of Ecstasy en 1992) avant de splitter après seulement huit ans d’existence. De retour en 1999 autour du chanteur/guitariste historique Stephan Gebédi, accompagné de Paul Baayens (qui rejoindra Asphyx en 2007), Thanatos a pu rattraper une partie de son retard. Cinq albums sont sortis depuis, entre les stuffs de Hail Of Bullets, l’autre groupe très remarqué de Gebédi, qui quelque part a même plus fait parler de lui qu’à chaque sortie de Thanatos… Mais maintenant que Hail Of Bullets a cessé ses activités, il est temps que Thanatos retrouve ses lettres de noblesse et redevienne LA référence du Death batave aux côtés des inévitables Asphyx. D’autant que sa discographie post-reformation est quand même très croustillante. Il n’y a pas grand-chose à reprocher à Angelic Encounters (2000), Undead. Unholy. Divine. (2004) et l’excellent Justified Genocide (2009) qui dix ans après sa reformation, montrait en groupe en grande forme qui envoyait sévère. Global Purification (2014) prolongeait le plaisir, et même si Thanatos se fait attendre entre chaque sortie désormais, il ne déçoit finalement jamais. Nous voilà donc six ans après le mortel Global Purification avec Violent Death Rituals, cinquième album post-reformation et septième album de Thanatos en tout, qui débarque par chez nous avec Listenable après être passé chez Century Media.

LE Death Metal. C’est ce qui ressort à chaque fois qu’on lance un album de Thanatos, old-school jusqu’au bout des ongles des orteils. Un Death Metal qui assume d’ailleurs à 100% ses racines Thrash. Et contrairement à un Asphyx dont une partie du fonds de commerce est assez doomesque avec d’habituels morceaux longs, lourds et lents, Thanatos lui va quasiment toujours à fond. On peut d’ailleurs presque plus parler de Death/Thrash à son sujet, mais quand on descend d’une époque ou la délimitation des genres étant mince voire encore inexistante, c’est tout simplement un Death Metal d’une époque d’antan. Thanatos privilégie donc toujours l’agression et la violence à la lourdeur, sans pour autant tomber dans le trip régressif ou trop passéiste. La production est abrasive, mais vit largement avec son temps. Après, musicalement, rien n’a bougé ni évolué depuis Angelic Encounters mais de toute façon, ce n’est pas ce qu’on attend ni demande. Du pur Death Metal batave à 666%, c’est encore et toujours le programme et l’efficacité sera là à tout instant. Et Thanatos est capable de faire très, très mal, en témoigne un morceau comme "Queen of Rats" sur Global Purification ou encore la reprise très offensive du "Dawn of Eternity" de Massacre sur Justified Genocide. Violent Death Rituals va donc logiquement évoluer dans la lignée de tout ceci. Riffs gras, tranchants et souvent thrashisants, batterie qui dépote (du nouveau venu, Martin Ooms), et bien sûr la caractéristique du Death batave, un chant assez aigu qui ici est d’ailleurs plus agressif que jamais (écoutez ne serait-ce que "The Outer Darkness" pour vous en convaincre). Du haut de ses 50 balais passés, Stephan Gebédi se donne comme dans les années 90 et sa fine équipe suit la cadence. Et se permet même de nous prendre par surprise, car Violent Death Rituals s’ouvre par son morceau-titre qui place sans intro des riffs bien lourds et rampants. Thanatos va-t-il finalement prendre le même chemin qu’Asphyx ? Que nenni, après quelques compos pesantes, les petites accélérations Thrash caractéristiques vont donner le vrai ton et à partir de là, Thanatos va balancer toute son énergie et à nouveau hacher menu. Préparez-vous à taper du pied, du poing au rythme des riffs rangés, de headbanguer comme un festivalier au devant du pit, voilà 46 minutes de DEATH METAL.

Autant dire que Violent Death Rituals, rien que par son nom déjà, va bourrer avec peu de compromis. Et même souvent partir dans l’ultra old-school avec des compos basses du front mais jouissives, et des solos bien déglingués comme il faut ("The Silent War", "Corporate Indoctrination"). Comme dit, Thanatos est un groupe très ancré sur les racines Thrash et certaines compos n’hésitent pas à le montrer (l’hyper véloce "It Always End in Blood", le très rapide et assez chaotique "Sent From Hell (I Infidel)"). Malgré tout, Thanatos est aussi un groupe qui sait vivre avec son temps, la production est une nouvelle fois assez énorme tout en respectant la graisseur et l’agression sonore de l’old-school. En ressortent alors de grosses tueries propices au headbang frénétique, comme les passages les plus salvateurs de "The Outer Darkness" ou "Legacy of the Gods" et son final d’une violence absolue ; ou encore ce hit absolu qu’est "Burn the Books of Hate", une véritable bombe et un catalogue de riffs assassins, témoin de l’inspiration sans failles du groupe. Mais même s’il envoie nettement plus qu’un Asphyx, Thanatos sait aussi un peu varier et aérer son jeu. En début d’album nous avons d’ailleurs le droit à un morceau exclusivement « lent » en la présence de "Unholy Predators", et l’efficacité est toujours de mise. D’autres passages plus lourds se retrouvent ici et là (le début de "The Outer Darkness" et de "Corporate Indoctrination", la globalité de "Legacy of the Gods"), on aura même le droit à quelques moments mélodiques ("It Always End in Blood", le break dark de "The Outer Darkness"), mais la riffaille furieuse reprend bien vite ses droits. Même si Violent Death Rituals se conclut par un "As the Cannons Fade" très aéré (avec même un break acoustique !), plus dark et lourd et se permettant un final mélodique tout au bout ; on retiendra que cet album envoie méchamment la sauce, à l’image de la dernière partie plus agressive de ce morceau de clôture d’ailleurs. Autant dire que Thanatos est en très grande forme et Violent Death Rituals est à nouveau un bon gros plaisir en termes de Death batave. Certes, il n’y a aucune surprise là-dedans, l’ensemble est parfois légèrement inégal mais en termes d’efficacité, ça fait le job et plus que bien. On reste dans le niveau bien élevé de Justified Genocide et Global Purification, et de nouvelles tueries sont au programme, entre pur old-school, énervements Thrash et autres joyeusetés dans l’air du temps à la Hail Of Bullets. Si comme moi Asphyx vous fait un peu bailler quand il ralentit trop la cadence, Thanatos a toujours été là pour compenser en tempos véloces. Un album bien mortel, un de plus. C’est ça LE DEATH METAL ! Bande de bâtards !

 

Tracklist de Violent Death Rituals :

1. Violent Death Rituals (4:29)
2. The Silent War (3:50)
3. Unholy Predators (4:31)
4. The Outer Darkness (4:53)
5. Burn the Books of Hate (4:04)
6. It Always Ends in Blood (4:44)
7. Corporate Indoctrination (4:12)
8. Sent from Hell (I Infidel) (4:30)
9. Legacy of the Gods (4:21)
10. As the Cannons Fade (6:10)