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Nos 16 albums non-Metal de 2019

vendredi 24 janvier 2020 - Team Horns Up
Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

On vous bassine à longueur d'année avec des disques sans cesse plus violents, techniques et bruyants, mais la rédaction d'Horns Up n'écoute pas que des musiques extrêmes. Il lui arrive également de se laisser bercer par de la folk intimiste, de s'ambiancer sur du PNL, de se laisser séduire par de la dream pop, ensorceler par de la dark wave ou de retrouver des terrains sonores plus inhospitaliers avec de la techno industrielle ou de l'EBM sauvage. Voilà un bilan qui part dans toutes les directions !

Pour vous prouver qu'on est plus éclectiques qu'on en a l'air, voici notre sélection d'albums non-metal/hardcore de l'année 2019. Puissiez vous y trouver de quoi vous évader quelques minutes des tremolo pickings, des blast beats et des growls caverneux !

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Acid Rooster S/T (Kraut Rock / Heavy psych)

Di Sab : A ne pas confondre avec les précurseurs du prog d’AtomicAcid Rooster sont allemands et ont mis tout le monde sur orbite cette année au moyen de leur premier album éponyme.

Dans la plus pure tradition kraut rock, les nappes instrumentales s’accumulent, les sens se brouillent et les structures se délitent pour un voyage dès plus réussis. On apprécie ressentir la dimension jam dans les compositions et se retrouver face à une musique qui s’est créée au moment où elle s’est jouée. A l’instar de leurs camarades de tournée de Yagow, le groupe n’invente pas grand-chose mais propose un album d’une tellement bonne facture que le Roadburn les a invité pour l’édition à venir. Bravo !  


Billie Eilish Where we fall asleep where do we go ?  (Pop)

Di Sab : Quoi qu’on en pense, quoi qu’on en dise, l’Ovni de 2019, c’est elle. Je conçois qu’au vu du bruit qu’à fait When we all fall asleep where do we go ? on s’en détourne naturellement. De plus, l’inadéquation des discours qui gravitent autour n’incitent pas à s’y pencher. Mais non Billie Eilish n’est pas David Bowie, non elle ne prétend pas se réapproprier les codes de la musique gothique et non, son album ne rend pas la dépression adolescente « cool ».

Qu’on le veuille ou non, Billie a révolutionné, en un album et à 18 ans, les codes d’une pop culture américaine ultra aseptisée qui ne fait que rarement écho des troubles inhérents à l’adolescence et à notre époque. Dans ce contexte, il me semble salutaire et formateur que quelqu’un se charge de dire à son public qu’aller mal c’est ok et que tout ne finit pas toujours bien mais que, au besoin, il y aura toujours un CD pour t’accompagner. Ce CD n’est pas sans défauts, il contient quelques longueurs et 2-3 titres dispensables mais il est mature, irrévérent et propose une alternative intéressante au pré existant.

J’ai conscience que je n’aurais pas développé le même intérêt pour Billie Eilish si elle s’était cantonée à une scène indépendante / alternative à laquelle sa musique la destinait. Mais j’ai suivi avec grand plaisir son ascension et son explosion. La suite de sa carrière va être intéressante. Il me semble en effet risqué de reproposer plusieurs albums dans la lignée de celui-ci sans tourner en rond rapidement, mais je serai curieux de voir comment Billie va grandir et comment elle pourrait éventuellement collaborer avec des pop stars installées.
 


Brockhampton Ginger (Best boys band since One Direction)

Hugo : Passer après la trilogie tour de force des Saturation (2017) ne fut pas tâche aisée. Largement acclamés par la critique, les trois disques du boys band conjuguent avec goût et justesse morceaux catchy et bangers rap, lorgnant tant vers des contrées Pop que plus expérimentales. En somme, un run tout à fait remarquable et remarqué, mais conclu par un Irridescence (2018) plus contrasté. Si le disque est loin d’être mauvais, il demeure pour moi un peu décevant, tant le groupe ne semble pas réussir à aller jusqu’au bout de ses (nombreuses) idées sur la plupart des morceaux. Qu’à cela ne tienne, Ginger sort donc à l’été 2019, et vient troquer un peu de folie contre davantage de mélancolie, bien que les deux éléments soient indissociables de l’identité du groupe. Ici, retour en terrain connu et plus identifiable, où les morceaux s’enchaînent de façon très organique, un peu comme les flows des différents membres du groupe se superposant les uns les autres avec facilité à la manière d’un Bone Thugs-N-Harmony. On s’imagine aisément apprécier le disque couché dans l’herbe, le monde passé sous filtre rosâtre comme dans Virgin Suicides, ce qui est tout à fait cohérent vis-à-vis des promesses d’un opus estival par Kevin Abstract (ndr : le leader du groupe). Peut-être aussi plus facile d’accès, l’album n’est pour autant pas plus léger ni moins addictif qu’à l’accoutumée, et l’on y revient avec plaisir tant pour frissonner sur « No Halo » que siffloter les mélodies entêtantes de « If You Pray Right ».


Butter Bullets Noir Metal (Rap)

Hugo : Ma découverte de Butter Bullets remonte aux débuts de la Ténébreuse Musique (avec Alkpote et Singe Mongol), et le financement participatif de son premier (et dernier ?) album. Sombre et incisive, la musique du duo n’est pas faite pour laisser indifférent, et assume d’en rebuter plus d’un. Les morceaux sont en effet portés par la voix assez unique de Sidi Sid, haineuse comme jamais (contre les rappeurs blancs notamment), sur fond de productions ultra léchées de Dela. Bousillés par le rap américain le plus underground, le duo délivre ici son album le plus oppressant, froid aussi car conjuguant avec d’autres influences musicales plus inédites (Dungeon Synth comme Dance…). Ainsi, le choix du titre de l’album, Noir Metal, semble davantage justifié par ce côté froid, presque industriel, qu’en référence à un certain style musical. Que les lecteurs ne s’attendent donc pas à une musique qui leur sera facilement accessible, bien que ce projet puisse constituer une belle porte d’entrée dans la discographie du groupe, étant à mon sens leur plus cohérent et abouti. Si l’album est profondément nonchalant, on réécoute pourtant régulièrement la cassette sur laquelle il est sorti, finalement comme avec les meilleures démos de projets Black Metal obscurs.


Cigarettes After Sex Cry (Dream Pop qui fait des bisous)

Florent : "Toujours le même", "soporifique", "niais", "guimauve"... Quand toutes ces critiques au sujet de Cigarettes After Sex me parviennent, je me bouche toujours les oreilles, conscient qu'elles ont un fond de vérité mais refusant de l'admettre. Et quand Cry est sorti, j'ai du me rendre à l'évidence, pensais-je : ça sonne comme le premier album, en moins bien. Puis je l'ai réécouté, encore et encore, dans d'autres états d'esprit, jusqu'à me rendre compte que ces clopes post-coït (sensation que, ne fumant pas moi-même, je n'ai jamais connue - oh l'ironie) sont tout ce qu'il me faut : une chaleur quand il fait froid le soir, des bras imaginaires quand une relation longue distance (thème aborde sur Falling In Love) se fait difficile, bref, des câlins à chaque note de cette basse amoureuse, à chaque ligne distante de guitare mélancolique et à chaque soupir gnangnan de Greg Gonzalez. Et Heavenly pour ouvrir mon coeur. 


Drab Majesty Modern Mirror (Synth Pop / Dark Wave)

Di Sab : Si on se doit de parler de She Past Away, à moi d’évoquer le Drab Majesty. On rapproche souvent les deux entités du fait d’un parcours un peu parallèle. Mais là où She Past Away développe une New Wave un peu tranchante voire parfois agressive, Drab Majesty surexpose sa mélancolie via des lumières acidulées.

Aussi entrainant que désespéré Modern Miror est avant tout une usine à tubes. Introduction parfaite sur A dialogue dont la polyphonie crescendo prend dès la première écoute jusqu’à Out of Sequence, aucun répit pour l’auditeur. Dans Yamaha Triplego évoque une fille qui « twerke et qui pleure ». Ce sont les deux seuls comportements à adopter lorsqu'on écoute cet incroyable album. 


Fire! Orchestra Arrival  (Big band expérimental)

Raton : Formation suédoise titanesque issue du cerveau des trois membres de "Fire!", le Fire! Orchestra propose une musique aérienne et contemplative à des lieues de toutes les étiquettes pertinentes. Influencée à son cœur par les musiques à distorsion (post-rock et rock psyché) et les styles expérimentaux du jazz (fusion, free jazz, etc.), la musique du collectif prend toute son ampleur par le biais de son orchestralisation. Les cordes frottées (violons et violoncelle) se mêlent, charnelles, aux clarinettes qui soutiennent un duo de chanteuses, aux voix aussi nostalgiques que hantées.

Je ne saurais pas vraiment poser des qualificatifs sur une oeuvre aussi dense que celle-ci : parfois luxuriante, puis dépouillée, elle échappe aux cases et aux critères de ce monde. Sorte de rituel anachronique, "Arrival" invoque des démons rassurants et des fantômes pas tout à fait morts dans une transe indescriptible. À écouter d'urgence pour tous ceux qui aiment les instrumentations ambitieuses et les voix enchanteresses (j'ai parfois pensé à du Anna von Hausswolff).

Ci-dessous, le morceau final, reprise personnelle et hallucinnée de Chic (mais surtout de la version de Robert Wyatt) :

 

Lana del Rey Norman Fucking Rockwell!  (Bitchwave/Art pop)

Raton : Je n'ai jamais caché ma passion sans bornes pour la diva qu'est Lana del Rey. Amateur de la première heure (deuxième si on compte ses débuts sous le pseudo de Lizzy Grant), je suis tombé sous le charme de la quasi-intégralité de ses productions. C'est surtout avec sa trilogie dépeignant successivement les heures californiennes que je suis tombé sous son charme : la journée accablante ("Born to Die"), la nuit sensuelle ("Ultraviolence") et le crépuscule langoureux ("Honeymoon"). Son disque intermédiaire ("Lust for Life") était décevant mais Lana revient à ses racines avec ce "NFR".

Ce nouvel album est pour moi celui où elle confirme à la face du monde qu’elle est la marraine mystique et aimante de la « bitchwave » (j'ai déposé le genre pour la postérité, je deviens coutumier du fait), cette scène qu’elle a créée et qui mêle dans un flot aussi tumultueux qu’enchanteur, vulgarité et délicatesse. Lana y déploie tous ses talents de composition avec des titres marquants et enchanteurs rendant compte plus que jamais de l’aspect doucement suffocant des métropoles californiennes : le psychédélique "Venice Bitch", le lynchéen "Happiness Is a Butterfly" ou encore le déchirant "hope is a dangerous thing for a woman like me to have - but I have it".


Lingua Ignota Caligula  (Death industrial / Neoclassical darkwave)

Raton : on ne pouvait décemment pas faire un bilan hors-metal sans mentionner la déflagration absolue qu'a été le nouveau disque de Kristin Hayter. Véritable sensation ayant dépassé la scène expérimentale pour être extrêmement bien reçue dans la sphère metal et par la critique exigeante, Lingua Ignota se situe dans cette nébuleuse musicale qui n'existe que sur l'internet. Allez parler à quelqu'un dans le vrai monde de "Neoclassical darkwave" ou même de "Death industrial" et vous verrez ses yeux s'écarquiller d'incompréhension.

Pour faire simple, la musique de Lingua Ignota se situe aux confluents des musiques industrielles, bruitistes et darkwave. Rugueuse, agressive, mortuaire, la proposition musicale de l'artiste américaine n'en est pas moins céleste. C'est justement ce mélange entre sévérité hurlée et élégance décharnée, qui confère à l'artiste un charme absolu, une puissance magnétique d'un autre monde.

L'intensité de cet album est ahurissante et parfois échappe à ma compréhension de moldu (écoutez "May Failure Be Your Noose" ci-dessous pour vous faire une idée). Il s'agit là d'une oeuvre conceptuelle, dense, que vous ne parviendrez jamais à saisir dans sa totalité. Impossible à noter, il s'agit sûrement là d'un jalon dans les musiques exigeantes.


Pharmakon Devour (Power Electronics auto-cannibal)

Nostalmaniac Ce qui me plait beaucoup avec Pharmakon, c'est que chaque album est différent et même complémentaire. Avec Devour, elle livre son oeuvre la plus intense et cathartique. Oui, absolument cathartique car écouter un tel album ce n'est pas s'infliger une punition, c'est se libérer. En évacuant ses angoisses les plus profondes, elle nous invite à faire pareil et à briser nos chaînes mentales. À réfléchir sur cette allégorie de l'auto-cannibalisme dans notre société actuelle. Du point de vue purement musical (à considérer que c'est plus que ça justement), ce n'est inévitablement pas fait pour toutes les oreilles et ça ne s'apprivoise pas vraiment (...) Lire la suite.

 

PNL Deux Frères (QLFcore)

Nostalmaniac : Ça en agace beaucoup, mais c'est un fait, le phénomène PNL a dépassé, et même carrément explosé les frontières musicales auxquelles on le confine. C'est tout simplement un phénomène populaire et si ça peut paraître étrange que ça arrive même à atteindre des sphères considérées élitistes comme la nôtre, j'assume entièrement d'aimer PNL et son univers, tellement travaillé, fascinant et cohérent sur fond de spleen des cités. "Mais tu viens pas de la cité !" Parce que toi tu viens des sombres forêts de la Transylvanie, fils de pute ? Avec Deux Frères, Ademo et N.O.S nous offrent leur opus le plus intime et poignant, moins nihiliste qu'auparavant, en développant un peu plus l'histoire derrière leur relation si fraternelle avec ces moments de nostalgie amère et de grosse mélancolie. L'ambiance est très spatiale et je trouve que c'est leur opus le plus abouti car on a rarement entendu les deux frères si complices et complémentaires, même si N.O.S vole souvent la vedette et c'est une des bonnes suprises de cet album mais ça n'empêche en rien les deux frères de fusionner façon Dragon Ball Z comme pour l'autotune tant décrié. L'album est émouvant (Coeurs, Zoulou tchaing, Chang) mais on n'oublie pas les bangers imparables comme Menace même si Déconnecté est sans doute le morceau qui m'a fait le plus d'effet grâce à ce premier couplet tonitruant d'Ademo. J'ai adoré aussi Blanka taillé pour le live et son clip tourné en Jamaïque. Bref, PNL plus que jamais dans la légende !


Rome La Ceneri Di Heliodoro (Dark Folk poppisante)

Hugo : Dense discographie que celle du projet luxembourgeois Rome, qui fêtera cette année ses quinze ans d’existence. Aussi, et depuis ma découverte du groupe il y a quelques années avec son Flowers From Exile, je n’ai jamais cessé d’écouter les nouveautés qu’il proposait. Cependant, cela faisait bien longtemps qu’un album du combo n’avait pas tourné à ce point en boucle sur mes enceintes. Rome n’innove en rien avec La ceneri di Heliodoro, expliquant peut-être la déception d’un certain nombre d’adeptes, mais propose ici un lot de tubes Néofolk tout à fait appréciables. Si les premières écoutes peuvent donner l’impression d’un disque trop facile, on se surprend malgré tout à chanter de plus en plus les refrains au fil du temps, et se laisser emporter par ces pièces acoustiques portées par la belle voix solennelle de Jérôme Reuter. Un peu comme pour Brockhampton finalement, Rome signe là un disque qui (me) fait plaisir, que l’on sent sincère, devenant tout à fait addictif. Notons au passage que le groupe sortit également un EP/live plus récemment, The Dublin Session, qui clôtura très bien cette année 2019.


She Past Away Disko Anksiyete (Post-Punk / Coldwave)

Florent : J'aurais aimé pouvoir vous parler de toute cette scène post-punk / coldwave que j'ai appris à découvrir (parce que c'est la grande mode, il faut l'admettre, et que je suis un indécrottable suiveur) en 2019, mais pour ainsi dire aucun de ces groupes ayant tourné l'année passée dans mes oreilles n'a sorti d'album dans les douze derniers mois (j'aurais pu vous citer Molchat Doma, Группа ХмурыиThe End of Electronics ...). Je me rabats donc sur la Turquie et le dernier album de She Past Away : si on est peut-être un cran en-dessous de Belirdi Gece, ce Disko Anksiyete fait remuer du popotin avec mélancolie. Mention spéciale au titre d'ouverture Durdu Dunya et son refrain qui me hante toujours, ou aux nappes de clavier fantastiques de Girdap. Si la fin des années 2010 avait couronné le rose de la synthwave, les années 2020, elles, semblent prêtes à se teinter de noir. On prend les paris pour les sonorités abordées par les prochains Perturbator et Carpenter Brut ... ? 


Spit Mask You May Feel Some Pressure (EBM pour BDSM)

Nostalmaniac : Toujours en quête de découvertes, j'ai d'abord été très intrigué par cette pochette en noir et blanc de corps féminin attaché et dès la première écoute, j'ai rapidement été subjugué. Avec ce premier album, le duo texan (maintenant basé en Allemagne) Spit Mask nous plonge dans l'univers BDSM en se servant de la violence musicale de l'EBM mais aussi de beaucoup d'influences indus old school et quelques touches de Power Electronics comme des instruments de contrainte et d'humiliation. Le résultat est épatant : ni beau, ni laid mais âpre et punitif. Parfois, la rythmique se fait plus entraînante mais rigoureuse et on monte en intensité dans ce qui pourrait être la bande son d'une session SM dans un donjon berlinois. Autre très gros point fort de cet album, les vocaux sont agressifs et écorchés nous faisant ressentir de la part de ses créateurs une véritable volonté de repousser les limites et de faire mal. Et ça fait très mal autant que c'est jouissif ! Death to false BDSM !

 

Tinariwen Amadjar  (Tishoumaren/Blues rock)

Raton : La musique du Sahel et du Sahara a bercé mon enfance comme aucune autre musique. Mes parents écoutaient en boucle leurs compilations de desert blues et je me rappelle des trajets en voiture avec Boubacar Traoré ou Tinariwen. C'est donc avec nostalgie que je me replonge dans la musique des touaregs.

Après s'être essayés à la collaboration sur trois morceaux de leur album précédent (avec Kurt VileMark Lanegan ou Matt Sweeney), Tinariwen nous livre un album bourré à ras-bord de guests prestigieux. Certains sont évidents (Noura Mint Seymali) et d'autres sont bien plus surprenants : Warren Ellis sur cinq titres, Micah Nelson (fils de Willie), l'excellent folksinger Cass McCombs, et surtout le guitariste de SunnO)))Stephen O'Malley. L'intérêt principal de ces collaborations repose sur le fait que les musiciens invités, aussi talentueux qu'ils soient, n'imposent pas leur style (pourtant aisément reconnaissable pour chacun) et s'adaptent subtilement à la musique des touaregs.

Ainsi, sur "Wartilla", le drone de O'Malley est discret et complète finement l'atmosphère du titre. Les amateurs du groupe ne seront pas surpris, mais quel plaisir de les retrouver avec un album aussi irréprochable, à l'ambiance sèche et onirique, comme un feu de bois à la nuit tombante aux confins du Sahara et du Sahel.


VR SEX Human Traffic Jam (Darkwave / Post-punk apocalyptique)

Nostalmaniac : Quelques mois avant la sortie de Modern Mirror, le leader androgyne de Drab Majesty Deb DeMure (ici rebaptisé Noel Skum) nous dévoilait un side projet énigmatique au nom provocateur : VR SEX ! Avec ce nouveau projet qu'il a monté en compagnie d'Aaron Montaigne, figure du Post-Hardcore californien avec le défunt groupe Antioch Arrow, et de Brian Tarney on ne s'éloigne pas du tout des sonorités Darkwave 80's du groupe phare de DeMure mais Human Traffic Jam prend une direction beaucoup plus sombre et sale dans un univers parallèle où s'amalgame Post-punk apocalyptique et Deathrock terrifiant. VR SEX se veut plus expérimental aussi mais arrive à rester très catchy sur de nombreux morceaux comme ce "Maiden China" étrangement dansant. On a une drôle d'impression en écoutant cet album un peu comme se sentir dans un état second mais il faut le réécouter encore et encore pour en extraire les déconcertantes subtilités. De toute évidence, j'espère que nos trois mercenaires gothiques n'en resteront pas là tellement c'est réussi !


Et vous, quels sont vos albums non-metal de l'année ?