
U-zine.org, webzine musical metal actif entre 2004 et 2015. Fermé en 2015 suite à sa fusion avec 2Guys1TV, ses articles (chroniques, live-report, interview, dossiers, ...) sont désormais disponibles directement sur Horns Up via ce compte !
Difficile de trouver la moindre information sur Magistral, qui n'est pas à confondre avec Majestic, mais heureusement qu'à Uzine, on est persistants ! Il faut les suivre les musiciens, ils sont partis de Santiago du Chili d'où ils sont originaires et se sont installés aux États-Unis, au Texas pour être plus précis et ont creusé leur trou ici. Un Ep en 2003 et après c'est le grand vide jusqu'en décembre 2009 où ce Insanity of Truthsort et va chercher à faire parler de lui dans le monde du métal prog mélodique. Impossible de rajouter une information sur l'enregistrement ou même les artistes qui ont collaboré aux illustrations, mais cette autoproduction possède un son d'excellente facture, très professionnel qui n'a rien à envier aux grosses machines et leurs gros studios aidés par leurs gros labels, ils sont sur leurs talons.
Pas de doutes, dès les premières notes, on comprend de quoi va être fait l'album. Un heavy speed assez classique mais orchestré par des musiciens qui ont envie de montrer tout ce dont ils sont capables. On sent que les guitaristes ont les doigts qui les démangent, leur virtuosité est impressionnante. Ça sent le Malmsteen mais aussi le métal qui ne se donne aucune limite de vitesse. Sans tomber dans le Dragonforce, où on frôle le n'importe quoi, Magistral n'hésite pas à employer des mélodies rapides et débridées, I Am, Darkest Hour, le refrain de Hope, n'en sont que quelques exemples. Ces morceaux sont la connexion naturelle entre Magistral et les groupes Italiens de speed mélodique qui sévissaient il y a maintenant une dizaine d'années et qui sont tombés dans l'oubli avec la mode, ou qui ont évolué avec les goûts des auditeurs (Vision Divine ou Labyrinth pour n'en citer que deux).
On sent que les arcanes du heavy sont maîtrisées et que Magistral s'est fait plaisir en composant cet album. Bien sûr, ils n'ont pas oublié de varier les plaisirs pour ne pas lasser l'auditeur. Ainsi on retrouve maints passages acoustiques, comme le début de Ashes of Innocence, ou celui de Sail Away. On a même le droit à une instrumentale, Valle de la Luna. Pas grand intérêt, sauf peut-être pour le côté mélodique et presque folk, sûrement une sorte de retour aux racines.
Souvent ces passages un peu plus posés sont là pour laisser l'auditeur souffler, car le groupe ne se repose que peu, et on finit d'ailleurs par retrouver les mêmes sortes de mélodies, ce qui n'aide pas à se faire une idée claire de chaque morceau. On comprend que Magistral est plus là pour dérouler que composer des chansons à tiroirs, car on ne trouve pas de chansons véritablement longues, au delà des sept minutes. Parfois on aimerait bien un changement d'ambiance car on finit par s'ennuyer un peu pour les plus exigeants, et pour les plus tolérants, on ne se sent pas la force de revenir plus amplement sur ce Insanity of Truth.
Le chant est plutôt moyen, assez lassant, car stéréotypé au possible. Les poncifs du genre sont respectés : cris aigus et tenus par exemple. Une autre remarque que l'on peut faire, c'est qu'on sent fortement l'accent du chanteur. Bon pas de quoi s'émouvoir plus que ça, mais pour une oreille entraînée ça peut prêter à sourire. Le jeu du batteur s'avère passionnant dans quelques éclats de talent qu'il étale parfois, le reste du temps, il se contente de suivre le métronome : à fond. Monotone. Si vous écoutez Back Down to Reality, vous vous rendrez compte des effets pervers de ces petits défauts : vous vous laissez emporter par la chanson et en perdez le fil. Dommage car on perd les meilleurs moments, ces super soli, quelques breaks épiques et bien sûr le thème arabisant sur Sail Away, passage obligé de tout groupe un tant soit peu technique.
Au final, Insanity of Truth se laisse bien volontiers écouter ne serait-ce que pour le titre I am qui cartonne vraiment fort, mais il semble s'adresser aux connaisseurs du genre car Magistral joue une musique technique et heavy sans pour autant transcender les deux genres. Il manque encore au groupe un peu de caractère et certainement un peu d'expérience pour sublimer les excellentes idées dont ils ont parsemé leur album.
1 Darkest Hour
2 Glimpse of Light
3 The Maze
4 Redemption
5 Hope
6 Ashes of Innocence
7 Back Down to Reality
8 Sail Away
9 I Am
10 Valle de la Luna
11 Legacy of Time





