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Album

23/11/18 - ZSK

In The Woods...

Cease The Day

LabelDebemur Morti Productions
styleAvantgarde Dark Metal
formatAlbum
paysNorvège
sortienovembre 2018
La note de
ZSK
7.5/10


ZSK

"On est tous le boomer de quelqu'un d'autre."

Reformé depuis 2014, In The Woods… ne semble pas avoir l’intention de faire un « one-shot » ou de rapidement se faire oublier, bien au contraire. Deux ans après la sortie de l’excellent Pure et presque un peu par surprise, voilà que In The Woods… nous propose son cinquième album, le deuxième depuis son retour. Une nouvelle offrande inattendue qui sera accompagnée de légers remous, discrets mais importants, même s’ils ne vont en rien impacter les talents de la formation. Si le groupe s’était reformé autour de trois membres fondateurs - les frères Botteri et le batteur Anders Kobro, qui s’étaient tous les trois retrouvés chez Green Carnation - et du chanteur James Fogarty (Ewigkeit, Jaldaboath), voilà déjà que ce line-up de rêve se retrouve éclaté. En effet, pour l’enregistrement de Cease The Day, In The Woods… se résume à Fogarty, Kobro… et c’est tout. Exit donc les frangins Botteri et In The Woods… reprend déjà un nouveau départ, complété par de nouveaux membres Live qui se sont greffés à la formation petit à petit. « Mr. Fog » semble donc être le nouveau capitaine du navire, qui bat désormais un pavillon anglo-norvégien. Alors que va devenir In The Woods… ? Un nouveau Ewigkeit ? Non, Mr. Fog ne va en rien trahir l’identité du célèbre groupe avant-gardiste norvégien. Enfin, tout du moins celle qu’il a prise il y a deux ans avec Pure, qui tranchait déjà un tantinet avec les Heart Of The Ages, Omnio et Strange In Stereo, malgré quelques éléments subsistants. Et avec Pure, In The Woods… avait signé un retour saisissant, sous forme d’un Dark-Metal très classieux, porté par le doux chant de Fogarty mais aussi par quelques compositions bien senties, le tout dans un esprit légèrement Arcturusien. Une très belle œuvre qui méritait donc une suite, et la voilà, dans un délai relativement court. Le néo-duo a donc accouché d’un Cease The Day qui va poursuivre l’effort de Pure, et faire vivre le In The Woods… version années 2010 avec du bel œuvre.

On reprend donc, presque sans surprise, les choses là où elles s’étaient arrêtées avec Pure, dans presque tous les détails y compris la sonorisation finale une nouvelle fois réalisée… en France. Les différences avec l’art de Pure sont peu nombreuses et l’on a vraiment affaire à un disque dans la stricte continuité, avec ce Dark-Metal aux oripeaux avant-gardistes norvégiens typiques, avec des riffs crus tout autant que des passages plus mélodiques et éthérés, avec toujours la voix cristalline de Fogarty qui ne faiblit jamais. Cease The Day est tout de même un peu moins « avant-garde » que son prédécesseur, plus direct, moins atmosphérique peut-être. Mais la tambouille reste la même et si les frères Botteri ne sont plus de la partie, Fogarty leur fait honneur et l’on y voit que du feu. A partir de là, il ne nous reste plus qu’à voir ce que Cease The Day va apporter par rapport à Pure. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cet album démarre sur les chapeaux de roue avec un "Empty Streets" débutant par des vocaux assez exceptionnels de Fogarty, avec des premières lignes vocales très émotionnelles et irrésistibles. Une introduction qui c’est sûr résonnera longtemps dans nos têtes. Elle débute un morceau déjà très épique, où riffs et claviers vintage mènent la danse avec brio dans un rythme soutenu donc très prenant, avec déjà des respirations éthérées et des jolies mélodies. In The Woods… repose toute sa palette, n’hésitant pas à user de trémolos plus tranchants et de vocaux plus extrêmes. On retrouve donc tout le In The Woods… de Pure, tout aussi inspiré qu’il l’était il y a deux ans, et Fogarty fait du bon boulot. Et enchaîne d’ailleurs ensuite deux véritables tubes, l’excellent "Substance Vortex" avec des compos mordantes qui font mouche et toujours un côté épique très transcendantal, et le superbe "Respect My Solitude" qui aligne les mélodies mirifiques pendant plus de 6 minutes, avec bien sûr un Fogarty au top dans sa performance vocale. Encore une fois, c’est la classe…

Toutefois, si Pure multipliait les coups d’éclat ("Pure", "Blue Oceans Rise (Like A War)", "Cult of Shining Stars", "Towards the Black Surreal", "This Dark Dream"…), Cease The Day sera lui un peu plus sage, passé un trio d’entrée très enivrant et entraînant. "Cloud Seeder" est un peu trop Arcturusien, et les compos n’apportent rien de neuf. "Still Yearning" ne surprend également guère, et souffre de quelques longueurs. "Strike Up With the Dawn" est un peu plus remuant, mais ne nous retourne pas spécialement. Attention, cela reste du In The Woods… « version Fogarty » de qualité, mais qui n’apporte pas vraiment de plus-value par rapport à Pure ou même le début de l’album. Il faut attendre "Transcending Yesterdays", un morceau enregistré Live ou qui a été enregistré de manière à ce qu’on le croie enregistré Live, pour que Cease The Day reparte de plus belle avec des compos tonitruantes, et un Fogarty qui se lâche que ce soit pour les couplets ou le refrain, pour le morceau le plus efficace du In The Woods… des années 2010. Une belle conclusion, qui sera d’ailleurs ponctuée du morceau-titre qui reprend juste les lignes vocales qui ouvraient "Empty Streets", histoire de boucler la boucle. Une boucle qui sera donc un peu hétérogène, offrant quatre morceaux assez exceptionnels et trois autres un peu plus dispensables. Alors fatalement, Cease The Day sera donc en-dessous de Pure, ne serait-ce que par perte de l’effet de surprise déjà, le style n’ayant pas bougé d’un pouce. On aura donc le droit à du Pure aussi bien que Pure voire même meilleur (rien que "Substance Vortex" et "Transcending Yesterdays" sont de très gros tubes), et du Pure moins bon que Pure. Le bilan est satisfaisant, surtout quand on sait que Fogarty s’est farci la majeure partie de l’enregistrement, et l’Anglais n’a donc pas été loin de l’exploit, réussissant à refaire du Pure sans trahir quoi que ce soit, sauf si pour vous In The Woods… se résumera toujours à Heart Of The Ages… S’il n’est certes pas aussi parfait que son prédécesseur, Cease The Day offre de nouvelles émotions dans le style de Dark-Metal avant-gardiste qu’a forgé le « nouveau » In The Woods… en bien peu de temps, avec toujours une certaine classe. Et en plus, avec une belle pochette.

 

Tracklist de Cease The Day :

1. Empty Streets (9:18)
2. Substance Vortex (7:16)
3. Respect My Solitude (6:25)
4. Cloud Seeder (6:43)
5. Still Yearning (8:48)
6. Strike Up with the Dawn (6:18)
7. Transcending Yesterdays (6:55)
8. Cease the Day (1:49)

 

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