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La grotte de S. #4

samedi 1 septembre 2018 - S.
S.

La période estivale est généralement calme dans tous les domaines. Le Black Metal semble ne pas déroger à la règle. Si les mois précédents les sorties étaient riches, en nombre et en qualité, juillet et août n’ont pas été bien prolifiques. On ne note aucun groupe majeur dans la liste qui suit. Et non, ne cherchez pas le nouvel Immortal, qui relève davantage de l’anecdote qu’autre chose…

Et vous, avez-vous relevé d’autres sorties que cette maigre sélection ?

 

RUNESPELL - Order of Vengeance [Australie]

Runespell est en quelque sorte le Graveland d’Australie, avec son atmosphère païenne et vindicative. Ne tombant jamais dans une violence primaire, la formation s’appuie sur un Black Metal assez mélodique, sans extravagance, et plutôt mid-tempo, dégageant une certaine “force tranquille”. On appréciera la qualité de la production, chaleureuse et rassurante, à la sonorité proche du side-project de l’individu, Eternum.

 


DEAD MOON TEMPLE - Ænigmasólvoid [Chili]

Amateurs de Svartidaudi et autre Sinmara, Dead Moon Temple devrait vous plaire. Pour leur premier album studio, les Chiliens proposent un Black Metal occulte et dissonant, certes sans vraiment d’originalité, mais efficace, avec sa production corrosive.

 

VARGAUR - Dem Zwang zum Trotze [Allemagne]

Voilà un bel exemple de ce que peut nous offrir la scène underground allemande. Dans la veine des Vargsang, Graven et les premiers Odal, Vargaur nous envoie son Black Metal sans artifice, à la production poussiéreuse et étouffée, dont il émane des sonorités hostiles, froides et des lamentations lointaines.

 

CANDELABRUM - Portals [Portugal]

Candelabrum est la formation portugaise en vue ces derniers temps, dans l’underground du Black Metal. Beaucoup de mystère entoure ce projet, qui se traduit au niveau musical. Les compositions baignent dans un occultisme constant, avec ce sentiment de magie noire créé par ce clavier omniprésent, des nappes qui bercent l’auditeur de la première à la dernière seconde. L’atmosphère délivrée par Candelabrum est assez singulière et mérite à elle seule de porter une oreille curieuse sur cet opus.

 


OCCELENSBRIGG - The Quest for the Star Mountain [Portugal]

Encore une formation venue du Portugal, pays pourtant pas réputé pour son Black Metal. On mettra ça sur le compte de la coïncidence. Là aussi, il est question d’occultisme, avec des sonorités froides et un esprit fantomatique qui hante les compositions du bonhomme. L’atmosphère y est assez dérangeante et lugubre.

 

ILL OMEN - The Grande Usurper [Australie]

Ill Omen fait partie de cette prolifique génération de groupes australiens, avec Woods of Desolation et Drowning the Light, pour ne citer qu’eux. Après deux ans d’absence, le one-man-band revient avec des sonorités moins aériennes et atmosphériques, pour laisser place à un Black Metal plus old school et lourd, un son plus brut. Virage musical ou parenthèse, seul l’avenir nous le dira.

 

MORKETIDA - Panphage Mysticism [Finlande]

En général, quand un album d’un groupe originaire de Finlande sort chez Werewolf Records, c’est rarement une déception. L’adage est vérifié encore une fois ici. Pour son premier album studio, Mørketida nous sert un Black Metal typique de la vieille école finlandaise, malsain, crasseux et mystérieux, dans la veine d’un certain Satanic Warmaster...


DAUÞUZ - Des Zwerges Fluch [Allemagne]

Après leurs deux premiers albums “In finstrer Teufe” et “Die Grubenmähre”, parus coup sur coup en 2016 et 2017, qui ne m’avaient pas laissé insensible par leur qualité, Dauþuz a sorti cet été un EP de six titres. Les Allemands sont fidèles à leur ligne, grâce à un son facilement reconnaissable, assez aérien, mélodique et épique, comparable à leurs compatriotes d’Imperium Dekadenz. Un bon cru !

 

KIIRA - Tulkoon yö - Talviyö [Finlande]

Des froides et mornes contrées finlandaises s’élèvent des sonorités austères, désolantes et déshumanisées, celles de Kiira et son premier album studio "Tulkoon yö – Talviyö". Un art noir maculé de neige…

 

MARE - Ebony Tower [Norvège]

Huit ans, c’est le temps qu’il aura fallu attendre pour que sorte le premier album de Mare. L’un des dignes représentants du Nidrosian Black Metal (faisant référence à la scène de Trondheim en Norvège) est assez en vue dans le milieu underground, malgré sa discographie assez réduite. Les Scandinaves s’appuient en effet sur une interprétation très rigoriste du Black Metal, mystérieux et oppressant, dans la ligne d’un "De Mysteriis Dom Sathanas". On sent un réel effort de la part du quatuor pour délivrer des atmosphères occultes, que ce soit dans l'instrumentation, la voix ou la production, ce qu'ils parviennent avec un certain talent. Malgré tout, cet "Ebony Tower" ne m'a pas entièrement convaincu. En attendais-je trop ? C'est possible...

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