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Album

09/12/14 - U-Zine

Mencea

Dark Matter Energy Noir

LabelIndie Recordings
styleDeath / métal moderne
formatAlbum
paysGrèce
sortieoctobre 2008
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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Dans l’absolu, les pays méditerranées n’ont jamais été très doués en matière de métal. L’Italie, l’Espagne, la Turquie, l’Egypte,… malgré quelques éléments qui se démarquent, parler de vivier du métal serait une aberration : à une exception près ! A l’égal des Gaulois et de leur irrésistible village, la Grèce semble être une terre de métal malgré elle. A première vue, rien n’explique la raison pour laquelle les Grecques arrivent si bien à se démarquer mais quoiqu’il en soit, ils y arrivent ! Il n’y a qu’à voir l’attrait que génèrent des groupes tels que Septic Flesh, Rotting Christ ou (plus humblement) Inactive Messiah, pour le comprendre.

Le nouveau venu au pays de Zeus est encore jeune mais ne manque pas de talent et d’ambition pour rapidement devenir l’un des chouchous de la classe. Malgré leur signature sur Indie Recordings, Mencea reste relativement méconnu. Même sur la toile, cela s’avère difficile de trouver des informations de cette formation intimiste (on reste loin des groupes de trüe BM, mais tout de même !).
Cependant la discrétion du groupe est également due à la taille de sa discographie. Le groupe n’a réussi, en quatre ans, qu’à sortir un seul album. « Dark Matter Energy Noir », son nom, est effectivement l’unique maillon de leur discographie. Mais à l’écoute de celui-ci, on comprend pourquoi le groupe a préféré peaufiner son travail plutôt que de nous proposer un truc à la va-vite. Daniel Bergstrand (Meshuggah, In Flames, SYL) lui-même a été impressionné par le potentiel de Mencea. Et comme si leur capacité à composer ne suffisait pas, ils ont également enregistré eux-mêmes l’album aux 210 Studios de Berlin. Tout devient plus facile quand Monsieur Bergstrand a eu la gentillesse de gérer la pré-production ainsi que le mixage final. Mais trêve d’éloges, parlons désormais de la musique…
Pour obtenir « Dark Matter Energy Noir », il vous suffit de prendre une poignée de Gojira. Macérez-la avec une cuillère à soupe de Meshuggah, une pincée de She Said Destroy, saupoudrez d’Opeth, et voici un délicieux opus à dévorer seul ou entre amis ! L’ambiance froide vous envoutera sans vous endormir, les leads se démarquent de par leur originalité, alors que le chanteur donne du volume aux titres. Alternant une voix grasse proche d’UGMOD (She Said Destroy) et un chant hurlé, il permet de faire vivre les morceaux ; il laisse vraiment « respirer les compositions ». Dans des styles totalement différents, les derniers opus de Job For A Cowboy et The Red Chord sont totalement annihilés par un chant omniprésent. Ici l’alliance instruments et voix est pour le coup très bien dosée.

« Dark Matter Energy Noir » sait se faire tendre («The Holy Cast » et ses arpèges) mais aussi brutal quand il le faut (avec de nombreux blasts). La musique en elle-même respire néanmoins un étrange sentiment de fraîcheur et de déjà-vu, mais le résultat final est plutôt satisfaisant. Cependant les leads, qui sont l’un des éléments déterminant de leur musique, sonnent un peu toujours pareil à la longue. Ils sont bons certes, mais sans doute un peu trop redondant.

Les cinq membres de Mencea nous livre une belle pièce avec ce premier album. Net, moderne et sans bavure, voilà comment celui-ci pourrait être décrit. Ayant eu la chance de s’entourer de cadors pour le mixage (Daniel Bergstrand) ou le mastering de George Marino (Metallica, Iron Maiden, AC/DC), les huit titres sont parfaitement affutés pour l’efficacité tout en restant travaillés et variés. On n’espère juste pas attendre quatre ans pour voir à nouveau la tête de Mencea…

1. The passing
2. Ardad
3. Forbidden
4. Deep in the under
5. The holy cast
6. Eminence
7. Curse the damned
8. When strife and greed collide