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Album

09/12/14 - U-Zine

Abigail Williams

In The Shadow Of A Thousand Suns

LabelCandlelight Records
styleBlack métal symphonique / deathcore
formatAlbum
paysÉtats-Unis
sortieoctobre 2008
La note de
U-Zine
7.5/10


U-Zine

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Après un EP polémique répondant au nom de « Legend », Abigail Williams décide de mettre à nouveau un vent de panique dans le monde de l’extrême. Le sujet de la polémique, le voici : si la vague du métalcore venait du fait que de nombreux groupes avaient été bercé autant par le métal et que par le hardcore, Abigail Williams a sans doute été lui bercé par le black symphonique et le deathcore. Sur le papier, ces deux mélanges sont en totale contradiction, mais dans les faits, la formule du groupe semble montrer ses preuves.

Amis über true BM, fuyez ! « In The Shadow Of A Thousand Suns » risquerait de vous faire subir une attaque. A vos yeux élitistes, cette formation n’est rien d’autre qu’un groupe de deathcore symphonique. Pour quels motifs ? Évidemment parce qu’ils sont jeunes, américains et ont un son « in » ! Mais pour les autres, ceux ouverts d’esprit, réduire Abigail Williams à ceci serait bien limité.

Le mot précurseur est peut-être un peu exagéré mais la formation s’en rapproche grandement. C’est qu’il en fallait du culot pour oser mêler ces deux types musicaux qui à première vue n’ont vraiment rien en commun. Pour ce faire, Abigail Williams a privilégié le bon sens à la précipitation : le black métal symphonique, avec Emperor en tête, est en effet la base de leur musique. Et seulement à cela viennent s’ajouter des éléments deathcore (ses sonorités et sa modernité). Ce mix était probablement la seule façon d’avoir un rendu digeste et surtout crédible ! Pour parfaire cette crédibilité, AW a trouvé bon de s'associer à James Murphy pour la production et à Trym (Emperor, tiens bizarrement !) pour la batterie sur de nombreux titres.
Les premières écoutes, à l’instar d’un Dimmu Borgir ou d’un Emperor, ne sont pas à la portée de tous. Les aspects métal, symphonique et la rapidité n’arrangent pas vraiment une « accroche facile ». Mais le groupe a su disséminer ici ou là des passages efficaces permettant de ne pas être larguer dès les premières tentatives ; avec entre autre les claviers ou piano. Occupé par la charmante Ashley Jurgemeyer (engagée autant pour son potentiel musical que physique ?), les claviers ne font pas tellement tâches sur la toile « In The Shadow Of A Thousand Suns » même si on assiste à quelques loupés un peu trop niaiseux.
Mais pour remettre de l’ordre dans tout ça, Abigail Williams peut compter sur son batteur Sam Paulicelli, une véritable machine de guerre. La cadence qu’il impose parfois est tout simplement… hallucinante ! Donnant un tempo véloce aux morceaux, il est également pour beaucoup dans la difficulté d’approche de l'album. Disons que la double pédale chauffe sec sur plus d’un morceau, s’adaptant parfaitement aux rythmes des guitares (souvent effrénés) ! D’ailleurs ce duo est bien illustré sur le début de "Into The Ashes". Le résultat est cataclysmique ! Entre son introduction calme et son accélération fracassante, l’auditeur reste sur le carreau. La rapidité du tempo et du solo sont fracassant et ne laisseront pas insensibles les fans de rapidité. Pour ma part, j’aurais aimé voir plus d'initiatives de ce genre et un peu moins d’ambiance aux claviers…

Malgré l’étiquette in de la formation, Ken Sorceron (chant) assure bien sa part du boulot. Excepté quelques écarts gutturaux, sa voix reste bien plus orientée black métal - comme l’ensemble de la musique. Sur "A Thousand Suns", le bougre se tente même aux chants clairs : on aime ou on n’aime pas, mais force est de reconnaître qu’ils ne sont pas mauvais dans l’absolu.

« In The Shadow Of A Thousand Suns » n’a pas la prétention d’être un album de black pur et haineux. Vous ne retrouvez peu d’aspects d’un black métal scandinave sombre et mélancolique. Les membres se contentent de nous pondre un opus rafraîchissant. Quelques fautes sont cependant encore présentes.
Après l'écoute de cet opus, certains pourraient se demander si Abigail Williams ne serait pas une ouverture du black vers de nouveau horizon ? Le renouveau du black ? La réponse dans les années à venir... (à moins que les über trues ne les ai brûlés vifs avant).

1. I
2. The World Beyond
3. Acolytes
4. A Thousand Suns
5. Into The Ashes
6. Smoke And Mirrors
7. A Semblance Of Life
8. Empyrean: Into The Cold Wastes
9. Floods
10. The Departure

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