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lundi 5 mars 2018 - Dolorès

DOOL + Harakiri For The Sky @ Nantes

Le Ferrailleur - Nantes

Dolorès

Non.

Les Autrichiens de Harakiri For The Sky sont déjà passés à Nantes, au Ferrailleur, en octobre dernier sur une soirée de MVP... Ils sont donc de retour finalement peu de temps après en ce début de mars 2018, pour accompagner la tournée de DOOL, cette fois grâce à Garmonbozia. Bien qu'il s'agisse de deux groupes que j'apprécie beaucoup, la soirée est assez improbable niveau mélange des styles. Direction le Ferrailleur en ce lundi pluvieux.

 

Harakiri For The Sky


Difficile d’aborder le concert sans le comparer à leur précédent, dans la même salle, quelques mois plus tôt. Entre temps, un nouvel album est sorti tout de même, et c’est bien le principal point différent des deux prestations : la setlist est tout à fait différente, et je dois avouer que celle-ci m’a beaucoup surprise. De l’album III: Trauma, le groupe ne joue plus que « Funeral Dreams » (qui est malgré tout un titre merveilleux) et « Viaticum ». Il est très étonnant de voir que ce sont ces titres qui sont restés, j’aurais bien plus attendu et espéré « Calling The Rain » et « Thanatos ».

En effet, trois titres sont issus du nouvel album Arson, encore peu connu du public puisqu’il est sorti il y a moins d’un mois ! Encore une fois, je suis étonnée du choix effectué puisque je pensais les voir jouer le tube d’introduction du nouvel album « Fire, Walk With Me ».


Néanmoins, si la setlist me plaît moins que prévu et moins que la dernière fois surtout, un autre point vient contrebalancer cela. En octobre dernier, le chanteur semblait avoir perdu sa voix (fatigue de tournée, maladie ?), en tout cas le décalage entre sa voix sur album et sa voix sur scène m’avait choquée. Aujourd’hui, sa voix semble bien plus précise, et surtout, elle ressemble à ce qu’on attend quand on aime Harakiri For The Sky.

Le chanteur me fait d’ailleurs sourire car, si le reste du groupe semble totalement à l’aise avec la scène, chemise noire aux manches retroussées et attitude classique de concert, lui a toujours cette attitude d’adolescent timide, t-shirt de groupe à manches longues, dans un corps trop grand pour lui. On dirait vraiment qu’il ne sait pas ce qu’il fait là et qu’il découvre la scène, et que ça lui plaît mais qu’il n’était pas tellement prêt. Si cela peut surprendre au début, j’ai personnellement trouvé qu’on s’y habitue et que ça colle finalement assez bien aux thèmes des morceaux, assez adolescents dans l'idée.

Le son, ni parfait ni mauvais, permettait toutefois de reconnaître et d’apprécier les compositions des Autrichiens. En bref, étant moins fan du nouvel album (bien que les deux derniers se mêlent assez bien dans leurs sonorités sur scène), je ne peux pas dire qu’il s’agisse d’un concert exceptionnel, mais assez bon tout de même.


Setlist :

Heroin Waltz
Funeral Dreams
Tomb Omnia
Lungs Filled With Water
Stillborn
Viaticum
Jhator

 

DOOL
 

Je suis bien évidemment venue voir DOOL, principalement… Le groupe néerlandais a fait parler de lui en 2017 grâce à leur album Here Now, There Then (dans mon top 10 de 2017 !), et la promo axée autour du style particulier du projet et des membres de The Devil’s Blood présents. Je ne m’attendais pas à les voir tourner en France si tôt, et je n’espérais pas les voir dans ma ville.

Cela se voit, tant dans la manière de chanter de Ryanne, que dans son attitude, qu’elle vient d’un milieu beaucoup plus Rock et survitaminé, et autant dire qu’elle fait le show. Heureusement, on est très loin d’avoir une imitation de Farida Lemouchi (The Devil’s Blood), et Ryanne ne semble pas vouloir adopter ce type d’attitude, bien que certaines chansons puissent s’y prêter.

En effet, au milieu des morceaux ultra rentre-dedans à la « Golden Serpents », « Oweynagat » ou encore « She Goat », l’album contient bien d’autres styles. La setlist est d’ailleurs bien ficelée puisque tout le concert, un peu plus d’une heure de show, permettra d’alterner efficacement les tubes d'une part, et les morceaux plus lents et sombres de l'autre. Mention spéciale à l’enchaînement absolument parfait entre « In Her Darkest Hour » et « Vantablack » qui sont parmi mes préférés et ont créé une bulle de noirceur parfaitement mise en scène.


Quiconque, dans la salle, n’ayant jamais écouté DOOL avant le concert a dû être surpris. Ce mélange d’Occult Rock à tendance Heavy et Psychédélique, de Doom, de Post-punk et de passages parfois plus Pop ont de quoi surprendre, mais finalement, la prestation confirme bien que le mélange est maîtrisé et tout à fait cohérent. J’avais oublié qu’ils jouaient en live une reprise de Killing Joke, et leur version s’insère extrêmement bien dans le reste des morceaux de DOOL. Ryanne a d’ailleurs l’air de totalement prendre son pied sur « Love Like Blood ». Le nouveau titre « Well’s Run Dry » ne m’aura pas marquée spécialement, tout ce que je peux en dire est que ça sonne tout à fait comme DOOL et que c’était largement suffisant. Sinon, il manquait juste un petit « Words on Paper » pour faire tout l’album et c’était plié !

Bien que j’aie toujours vu un léger écho à The Devil’s Blood, je dois avouer que je n’avais jamais vraiment réalisé, avant cette date, à quel point « Oweynagat » et notamment sa partie finale sonnent comme un magnifique hommage au regretté groupe. De quoi terminer le concert en beauté. Encore !
 


Setlist :

The Alpha
Golden Serpents
God Particle (new?)
In Her Darkest Hour
Vantablack
Death Of Love
Well’s Run Dry (new)
She Goat
Love Like Blood (Killing Joke cover)
Oweynagat

 

Merci à Garmonbozia pour cette date, malgré la réponse peu enthousiaste du public en ce lundi soir, et pour l’accréditation. Cependant, je m’attendais à voir encore moins de monde. Malheureusement, je pense que beaucoup étaient là pour Harakiri For The Sky, car finalement la salle était encore moins remplie pour DOOL. Il y a encore du chemin à parcourir pour les Néerlandais !

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