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Album

26/11/17 - Dolorès

Ne Obliviscaris

Urn

LabelSeason Of Mist
styleMetal extrême progressif
formatAlbum
paysAustralie
sortieoctobre 2017
La note de
Dolorès
7/10


Dolorès

Non.

Bien que Ne Obliviscaris ne ressemble en aucun point à ce que j’écoute habituellement, il serait étonnant de donner une mauvaise note à un album du groupe australien. En effet, le groupe oscille entre un Metal extrême et un Metal progressif et épique à souhait, quand ces deux facettes ne sont pas étroitement liées dans la composition. Soyons clairs : il y a autant de chant clair et de violon que growls graves et de double pédale.

Mais ce qui fonctionne, et fonctionnait déjà depuis les débuts du groupe, c’est bien évidemment le savant dosage de chaque élément gardé, à la fin. Car oui, Urn est dans la lignée directe des albums qui l’ont précédé. Je me suis toujours intéressée de près au projet, et j’ai été autant fascinée par Portal of I (2012) que par Citadel (2014), qui sont à mes yeux deux véritables perles dans ce style.

Je me souviens avoir remarqué, lors des écoutes des deux premiers albums, que les atouts principaux du groupe étaient le violon, la basse et le choix des rythmiques. Par comparaison, il faut avouer que les compositions sont moins marquantes à ce niveau-là, sur le nouvel opus.

Celui qui fait le job en premier lieu, c’est toujours Tim Charles au chant clair qui nous sort de ces mélodies qui vous restent en tête pendant des semaines. De plus, on est toujours en présence d’un véritable virtuose du violon (notez l’allitération involontaire en « V »), que cela soit sur les interludes acoustiques (« Ascent of Burning Moths ») ou non (« Eyrie », « And Within the Void We Are Breathless »).

La basse est, quant à elle, toujours bien sympathique mais elle n’est plus à ce point valorisée sur Urn. Seule exception, « Intra Venus » (et notamment son intro), qui reste l’un de mes titres favoris de l’album, rentre-dedans et grandiloquent à souhait. En ce qui concerne les changements de rythmiques, ceux-ci sont moins complexes et moins risqués, mais toujours présents dans une moindre mesure. Quelques breaks çà et là, mais surtout des évolutions plus tranquilles (« Eyrie » dans sa première moitié).

Il est difficile d’évaluer Urn sans le comparer à ses prédécesseurs. Comme je l’expliquais déjà après mes écoutes de Citadel sorti il y a trois ans, Ne Obliviscaris est un groupe qui a cette faculté incroyable de réussir à garder exactement la même ligne directrice tout au long de sa discographie. Le même univers, et les mêmes méthodes reviennent à chaque nouvel album, sans que les nouveaux titres ne sonnent réchauffés ou recyclés.

C’était plus que vrai lors du passage du premier au deuxième album. Ça l’est un peu moins du deuxième au troisième. Ne Obliviscaris commencerait-il à tourner en rond ? Difficile à dire, car la qualité de composition et la méticulosité sont toujours au rendez-vous. S’ajoutent aussi le niveau technique et la production plus que parfaite qui rend hommage à leur talent, ce qui donne un ensemble subtil et puissant à la fois.

Mais il faut avouer que le charme opère un peu moins. A peine moins, mais pour une convaincue du talent de ces mecs, c’est déjà beaucoup. Et il me faut là, faire remarquer un bémol pour moi, le dernier titre « As Embers Dance In Our Eyes » que je ne comprends pas. Je ne vais pas dire que je ne l’aime pas, bien que cela soit vrai, mais le premier sentiment est l’incompréhension totale. J’ai l’impression, pardonnez-moi messieurs de Ne Obliviscaris, d’entendre un morceau du groupe de Death local sans identité, le tout avec une super production. Le soulagement vient alors que le morceau se transforme en véritable titre de Ne Obliviscaris, lorsque le chant clair s’immisce. Mais même celui-ci n’a rien de convaincant… J’ai l’impression d’un titre composé et rajouté à la dernière minute, bien que je doute que cela soit leur genre. Quel dommage de terminer une écoute sur un sentiment comme celui-ci !

Et en même temps que j’écris ces lignes, j’ai l’impression de chipoter sur des détails tant les passages les plus épiques de l’album me prennent aux tripes et me donnent l’impression de me contredire (mais surtout de vouloir conquérir le monde, soyons honnêtes). « Saturnine Spheres » et ses breaks majestueux, le chant épique de « Intra Venus » (à faire pâlir certains groupes de Heavy, dans l’intention), la progression hallucinante de « Eyrie »…

En résumé, si je dois juger l’ensemble de l’album, Urn est un peu en deçà de ses prédécesseurs. Mais si on me laisse passer le dernier titre assez insupportable, il a son lot de passages merveilleux qui peuvent facilement le hisser au niveau des autres. De toute manière, si c’est votre truc il faudra bien vous passer les trois albums, car ils sont tous complémentaires et sur la même longueur d’ondes. Et je ne peux que vous conseiller d’obtenir par vous-même la preuve de leur talent en allant les voir sur scène.


1. Libera (Part I) - Saturninre Spheres
2. Libera (Part II) - Ascent Of Burning Moths
3. Intra Venus
4. Eyrie
5. Urn (Part I) - And Within The Void We Are Breathless
6. Urn (Part II) - As Embers Dance In Our Eyes