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Album

09 décembre 2014 - U-Zine

Prime Sinister

United in Violence

LabelSins Records
styleMetal Industriel
formatAlbum
paysFrance
sortiemars 2008
La note de
U-Zine
8/10


U-Zine

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Que l’on se le dise, Prime Sinister vient de renter pleinement dans le cercle intime des groupes, à qui l’adage « reculer pour mieux sauter » sied parfaitement.
« Reculer », pour avoir fait jadis, ses premières armes au sein d’Undercover Slut et finalement avoir tout claqué aux pieds de l’Amérique. Une expérience que le groupe se garde d’ailleurs bien d’évoquer, en écartant de toutes discussions ses rapports au passé, sous peine de publicité déplacée.
« Avancer » finalement pour mieux prendre leur destiné musicale en main, laisser derrière eux un passé amoché par un ancien leader autocrate et despote et pouvoir enfin échafauder avec soins de réelles structures créatives.
Préférant aujourd’hui progresser en trio, l’excellente autorité lugubre de l’hexagone repart (vite fait, bien fait) en musique, pour nous fournir un tout premier effort, chargé de compléter le très prometteur EP United In Violence.
C’est d’ailleurs armé d’un bon bourbon et d’une attitude insolente que le groupe s’est attelé à l’enregistrement de ce premier album, accouché dans la grande tradition du rock maculé et d’un métal indus exclusif. Un premier 12 titres balancé à la face du monde entier, comme pour réveiller les innocentes ardeurs des concitoyens et autres administrations attentistes.

Batterie martial, rythmique suffocante et chant décoché sur l’entrée en piste des francs tirailleurs, le ton est implacablement donné sur le hors-d’œuvre « Last Dance». Un titre accrocheur et une dernière danse dans l’ombre et la différence (pas comme qui vous savez). Le groupe ayant en effet sa propre patte et un sens rafraîchissant, voir destructif du rock n’roll.
Sur ce point-là, on ne leur reprochera rien tant les morceaux sont bien indexés et regorgent d’influences digérées dans une centrifugeuse lourde et grasse. Du Ministry gluant sur l’excellent « Bum’s Fight » jusqu’à l’imaginaire de Motörhead en référence à la voix éraillée de Pills, les clins d’oeils des groupes évoqués ne se refusent rien, mais n’empiètent en aucune manière sur l’intégrité de l’album.

Prime Sinister allant même plus loin en forgeant son caractère par une mise en abîme subtile de sonorités électroniques et les effets de boutons-poussoirs en tout genre. Si chez certain l’usage intempestif des manivelles peuvent rebuter, ici, tout est travaillé avec minutie et incorporé innocemment. Comme sur le titre de bon acabit « Don’t », ainsi que sur le putassier « Son Of The Beach ».
La recette fait mouche, un mélange clinique et simpliste, que ce ministre de l’insalubrité égraine avec l’aisance d’un Ministry ou d’un Type O Negative moins envenimé. L’expérience glanée aux Etats-Unis aidant, les titres s’enchaînent avec parcimonie et ne tombent jamais dans le franchouillard, avec le flamboyant « Buried Live » ou même dans la démonstration, avec des solos bien placés.(« The Riot Bursts » probable single, en tête).
Des pointes de lyrismes remarqués et appréciés car la musique du groupe ne laisse que très peu d’espace, à de biens réelles mélodies. La présence des orchestrations électroniques mâchant, bien entendu, le travail sous la contrainte d’une rythmique prenante et écrasante, compte tenu de la surenchère des toms de batterie, à l’instar du titre « Death Will Pay ».
Peu importe là n’est pas le propos, tant ce In Guns We Trust achemine un rock n’roll décapant, agrémenté de fines touches d’indus, sans tomber dans l’exploitation à tout va des sonorités électroniques.

Un album finement mené pour cette reprise au vol des Français de Prime Sinister. Là où d’autres seraient repartis sur les bases de leur ancienne formation, la noirceur annoncée sème ses cailloux sur le terrain d’un rock n’roll lourd et particulièrement velléitaire. Homogène et hégémonique, ce premier album laisse de bonnes perspectives à ces mitrailleurs de l’ère industrielle, préoccupés par la tenue en règle de leurs flingues et de leur son poisseux, mais néanmoins chirurgicale. Une chose est sûre, pas besoin de chercher bien loin les futurs remplaçants de Al Yourgensen et de sa fine équipe.

01. Last Dance
02. Death Will Pay
03. Bum's Fight
04. Eat The Flesh
05. Don't
06. So Close
07. Son Of A Bitch
08. The Riot Bursts
09. The Den Of Demise
10. Doom Or Be Doomed
11. In Guns We Trust
12. Buried Alive