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Album

09 décembre 2014 - U-Zine

Gwen Stacy

The Life I Know

LabelFerret Records
styleMetalcore
formatAlbum
paysUSA
sortiefévrier 2008
La note de
U-Zine
5.5/10


U-Zine

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À l’Ouest rien de nouveau … Une nouvelle fois, le métalcore exhibe fièrement ses travers et prouve devant toute une génération, que d’un style pourtant révolutionnaire et aguicheur, il n’y a qu’un pas pour élever une multitude de riffs, au rang de radotages outrageux.
Une fois encore, se présente devant nos yeux un nouveau groupe d’une vague souffreteuse, supposé rebrancher la prise d’un genre pour le moins conquérant.
Sur le papier, Gwen Stacy s’apparente à un de ces supergroupes overbookés pour cause de tournées incessantes et ne cessant de prêcher sa bonne foi sous les balcons de l’Oncle Sam. Univers graphique soigné, style vestimentaire réajusté et noms aux consonances clichées, nous ne donnions cependant pas cher de la peau de cet endimanché du métal.
Bien loin d’être des protagonistes écervelés, ces cinq bambins venus d’Indianapolis forment pourtant une entité soudée, bien en vogue, mais malheureusement appelé à rester dans le ventre mou d’un style en peine de transparence et de visibilité.

Avec The Life I Know, premier album du groupe et après quelques démos bricolées à droite et plutôt gauches, le groupe nous livre une bien fade prestation de son talent, entaché par un manque cruel d’inspiration.
Du talent, les cinq membres du combo en possèdent indéniablement. À l’écoute des premiers titres de la galette et des poussives installations des musiciens, tous les ingrédients sont bel et bien rassemblés dans une organisation impeccable. Une ordonnance quasi-maniaque et plutôt bien orchestré à l’image du premier titre d’ouverture « The Path To Certainly », sorte de mea-culpa mélodique, un brin énervé et mélodique.
Mais ce n’est pas tant la propreté des morceaux du groupe, effectués avec le meilleur des Babyliss, que l’on regrettera. Nous préférerons parler d’un manque cruel de renouvellement et d’innovation. Ce qu’avaient entrepris les The Devil Wears Prada et autres mychildren mybride il y a maintenant six mois, se retrouvent insérés sans scrupules sur les morceaux « I was born with two first names » et « Challenger Pt 2 ».
Un manque certain de crédibilité pour le groupe que ne saurait renier l’usage cliché des noms précédemment cités et l’univers doucereux du groupe.

Continuant notre aventure fluette sur des eaux biens connues, des titres arrivent tout de même à attirer notre attention, poussé sur des chemins mélodiques relativement instruits. À qui la faute ? Aux guitaristes multipliant les octaves à do ingénus, mais surtout à la besogne réalisée par Paul Leavitt, bidouilleur en chef de All Time Low, The Bled mais aussi de From Autumn The Ashes. Bien sûr, Gwen Stacy ne dépassent à aucun moment les groupes mentionnés, mais les arrangements de Paul apportent une touche agréable de sincérité, de raffinement électriques comme sur « If We Live Right, We can’t Die Wrong ». La plupart des titres de fins de l’album ("The Fear In Your Eyes" ; "I’ll Splatter You Like Jackson Pollock") renouent également bien avec cette dynamique de litanie et envers une rythmique davantage heurtée, bousculée et bien moins linéaire.
Des éléments qu’il convient de noter même si l’ensemble des assortiments de l’album est plutôt creux, quasi-transparent à l’image d’un chant hurlé et clair, inodore et incolore, dénué de tous sentiments et exécuté sans grande conviction.

Gwen Stacy ne marque pas réellement de points dans son secteur, subissant de plein fouet la notoriété de plus grands groupes solidement arrimés à l’embarcation métalcore et bien plus enthousiasmés musicalement. À ce petit jeu-là, on leur préférera largement les Haste The Day, ou leurs homologues d’Underoath, vigoureusement copiés sur la piste « Sleeping in The Train Yard » de l’album.
L’album regorge néanmoins de subtilités mélodiques, de pics rythmiques positifs, qu’il aurait été judicieux de faire transparaître tout au long de l’album. Car les choix créatifs abordés par The Life I Know relève davantage d’une manque cruel d’identité, que d’une marque de fabrique déjà longuement instituée par les pairs de la discipline.

1. The Path to Certainty
2. I Was Born With Two First Names
3. Challenger Pt. 2
4. If We Live Right, We Can't Die Wrong
5. What Will Happen If I Hit Enter?
6. The Fear In Your Eyes
7. Playing God Is Playing For Keeps
8. Falling From the Fence
9. Sleeping In the Train Yard
10. Gone Fishing, See You In a Year
11. Paved Gold With Good Intentions
12. I'll Splatter You Like Jackson Pollock