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Album

09 décembre 2014 - U-Zine

Disfear

Live the Storm

LabelRelapse Records
styleMetal Swingué
formatAlbum
paysSuède
sortiefévrier 2008
La note de
U-Zine
8.5/10


U-Zine

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Le vent de la rébellion semble s’être une nouvelle fois levé à l’orée de nos enceintes et sur la petite sphère du métal nordique, dont les qualités intrinsèques ne sont plus à démonter. Poing levé, mâchoires serrées et muscles contractés sont une fois de plus de bon aloi lorsque s’avancent, pour une énième protestation sonore, les Suédois de Disfear.
En parfaits petits casseurs de briques, leur nouvelle apparition revêt un dynamisant parfum de révolution, à la limite de la mutinerie sonore, portée à vif par un nouveau brûlot intempestif, sortie sous les étendards du label Relapse.
Entendez, Live The Storm, où 35 minutes de folie furieuse convoitent dangereusement les plus disgracieux amateurs de Rock n’ Roll graisseux, approchant la puissance des meilleures embardées métal. Et même, si nous n’en attendions pas moins du légendaire Thomas Lindberg (At The Gates) et de sa bande, il convenait de voir si le bonhomme n’avait en aucun cas perdu sa fouge et son spectaculaire charisme, devant un album couperet et l’incessante menace de bombes venues d’outre-atlantique.

Live The Storm n’a jamais autant bien porté son nom et remplie parfaitement la fonction de rafale sonore qui lui a été confiée au coeur même des studios de Godcity. Véritable démonstration de folie furieuse, caractère direct dénué de fioritures, ce nouvel album est une réelle pépite d’efficacité, fourrée de 10 charbons ardents, prêts à en découdre avec la dissidence de ce bas monde.
Il faut dire que le groupe n’est pas venue jusqu’ici pour faire de la figuration. Privilégiant un certain côté direct de leur musique, les 5 musiciens entament leur chevauchée des Walkyries sur l’impétueux « Get It Off » qui pourrait se faire aisément le porte-parole de l’ensemble de cet album. Tout est assurément placé sur ce titre d’ouverture, flirtant généreusement avec l’efficacité des précédents opus, mais néanmoins majorée d’un soupçon de frénésie et de folie, à l’image du morceau éponyme, gorgé d’une tension palpable et d’une orchestration bien sentie.
Portons également à l’actif de cet album, l’ingéniosité des guitares sur des titres comme « Maps Of War » ou « In Exodus», largement plus entreprenants que par le passé et élevés par les nombreux solos traversant l’esprit des créatifs guitaristes Björn Peterson et Uffe Cederlund.
De riffs acérés en partie de corde en l’air, les suédois font preuve d’une maturité exemplaire sur un cocktail détonnant de rock n’roll, teinté d’un métal assourdissant.

Véritable déclaration d’amour à ces deux styles comme en témoigne les explosifs « Deadweight » et « Testament », le groupe n’en oublie pas pour autant de rendre hommage à ses pairs et sources d’inspirations. Accréditation spéciale à Lemmy et à Motörhead, tape amicale sur les épaules de Sick Of It All, ou encore salut volontaire à l’industrie Prong. De nombreux éléments rapprochant le groupe du caractère sans concessions, étroitement lié à ces différents groupes. La fougue et la jeunesse en plus, pour un groupe lancée dans une course effrénée, guidés par la simple expression de la testostérone et biberonnés à l’hémoglobine.

À l’instar du titre de clôture de la douce frénésie suscitée par l’album, Disfear n’a, à aucun moment fait le moindre faux-pas sur un album hautement électrique et mis en valeur par une production des plus mécaniques. Une atmosphère foncièrement adaptée pour faire émerger les moindres subtilités de l’esprit cradingue et de l’enfer rutilant de Disfear.
En chœur et sans reproche, les musiciens de l’entité réussissent la délicate symbiose du rock n’roll et d’un métal chaloupé. Espérons qu’ils continueront à se faire les dignes portes paroles de ce mélange des styles hautement jouissif.

1. "Get It Off"
2. "Fiery Father"
3. "Deadweight"
4. "The Cage"
5. "The Furnace"
6. "Live The Storm"
7. "Testament"
8. "In Exodus"
9. "Maps Of War"
10. "Phantom"