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Album

25/09/17 - Dolorès

Grave Pleasures

Motherblood

LabelCentury Media
stylePost-punk / Deathrock
formatAlbum
paysFinlande
sortieseptembre 2017
La note de
Dolorès
9/10


Dolorès

Non.

Les ex-Beastmilk nous proposent un nouvel album à nous mettre sous la dent en ce début d’automne 2017. Motherblood sort chez Century Media, deux ans après le très critiqué Dreamcrash. Si vous n’avez jamais entendu parler du groupe, un bref historique s’impose. Avant d’être renommé, Beastmilk avait sorti les excellent Climax et Use Your Deluge (EP). Dans un genre de post-punk / deathrock très moderne mais très rentre-dedans et dansant, l’album avait séduit tant les amateurs de musiques post-punk 80s qu’un public plus metal pour ses thèmes noirs et son rock’n’roll bien ficelé. A l’inverse, Dreamcrash en avait déçu plus d’un, alors que le groupe se renommait Grave Pleasures en parallèle d’un changement de line-up.

Fade, rock’n’roll mais sans l’esprit « goth » qui avait séduit à l’origine, autant dire qu’on n’attendait pas mieux de ce Motherblood annoncé. On s’est visiblement tous trompés, car c’est une petite merveille, un véritable retour en force que les Finlandais viennent d’opérer.

Ce nouvel album est plein de surprises : on peut réellement parler de 10 tubes qui s’enchaînent en reprenant la recette miracle de Climax. On a toujours ce feeling post-punk / deathrock très moderne et dansant, mais dans un esprit noir au possible. Paroles macabres, état d’esprit complètement désabusé, le tout dans une structure et un son très modernes : c’est bien ce qu’on attendait de Grave Pleasures. On ne reste pas sur des titres superficiels, rock’n’roll en surface mais sans âme, et pour ça on applaudit.

« I rest my mouth upon your mouth, and the world is the color of murder. I lie beside your oblivion in the shadow of mass destruction. »

On a clairement, d’un côté, les tubes format « radio post-apocalypse » : « Be My Hiroshima », « Infatuation Overkill » comme représentants parfaits, dans une tendance très pop et dansante. De l’autre, on a des titres aux sonorités plus solennelles et deathrock / goth menées par le chant grave et sublime de Mat McNerney : « Atomic Christ », « Deadenders », et mon petit favori ultime « Haunted Afterlife » (qui doit être une véritable bombe en live !).

Grave Pleasures prend incroyablement bien son nom finalement, à partir de maintenant. « Joy Through Death » résume assez bien ce que devient l’entité, en un simple concept, tant dans les sonorités, le concept, que les images du clip. On a un côté très « deal with it », memento mori moderne de teenager en soirée au cimetière. « Party hard » dans le deuil.

« Oh happy Death, it’s been too long, I’ve come to be with you again. »

C’est en cela que l’esthétique et l’univers sont une part importante d’un groupe comme celui-ci. La musique, seule, ne fait pas tout, et ne se suffit clairement pas à elle-même, comme Dreamcrash et son absence de succès l’ont prouvé il y a deux ans. Cette teinte plus sombre, même en ne l’apercevant que sur la tracklist avant la première écoute par exemple, met réellement l’auditeur dans un état d’esprit propice à l’écoute de Motherblood.

En ce sens, je ne comprends pas tout à fait le choix opéré pour la pochette. Certes, une figure comme celle de la déesse Kali est un très bon symbole de puissance au-dessus du commun des mortels en ce qui concerne la destruction, l’anéantissement ultime et par extension, la mort. Par contre, autant je verrais très bien ce visuel chez Cult of Fire, autant cela ne m’évoque pas spécialement Grave Pleasures. Une volonté du groupe de se détacher d’une imagerie « goth » qui peut se révéler kitsch ou ridicule, tout en conservant l’efficacité du message à véhiculer ? Pourquoi pas. Reste que l’image est esthétiquement maîtrisée.

En bref, Motherblood est un album à conseiller à tout fan de musique rock’n’roll à tendance sombre (et encore), et à tous, curieux nouveaux arrivés comme fans déçus de l’album précédent. On l’a bien vu, Grave Pleasures a le don de réunir des auditeurs de plusieurs milieux musicaux, des amateurs de post-punk à ceux de black metal, ce qui s’explique bien quand on sait d’où viennent les membres du groupe, mais bien sûr et surtout par la qualité de la musique dans son ensemble.
 

1. Infatuation Overkill
2. Doomsday Rainbows
3. Be My Hiroshima
4. Joy Through Death
5. Mind Intruder
6. Laughing Abyss
7. Falling For An Atom Bomb
8. Atomic Christ
9. Deadenders
10. Haunted Afterlife

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