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samedi 17 juin 2017 - Team Horns Up

Hellfest Open Air 2017 - Jour 2

Open Air - Clisson

Team Horns Up

Compte groupé de la Team Horns Up, pour les écrits en commun.

Le premier jour est désormais derrière nous et la chaleur se fait de plus en plus dure à supporter. Mais qu'importe, show must go on ! Et bien que l'on ait senti un peu plus de monde le samedi, comme il en a toujours été le cas sur les éditions du Hellfest depuis 2012, on a réellement pu apprécier les améliorations proposées par le festival, et notamment le gain de place devant les deux Mainstage. Même si cela ne suffira pas pour certains, l'effort doit être remarqué tant il avait été pénible l'an dernier d'assister aux têtes d'affiches dans des conditions acceptables.

Et c'est une deuxième journée riche en concerts de qualité (et en déceptions, aussi) que nous vous proposons de revivre ci-dessous.

Retrouvez d'autres photos d'ambiance par ici

Liste des groupes commentés :

Los Discidentes Del Sucio Motel - Monolithe - Monarque - Insanity Alert - Ultra Vomit - Crypt Sermon - Igorrr - Nails - Bongripper - Zeke - Chelsea Grin - Blood Ceremony - Skepticism - Steel Panther - Decapitated - Mars Red Sky - Turisas - D.R.I. - Chelsea Wolfe - Saxon - Alcest - Comeback Kid - Airbourne - Primus - Wardruna - Agnostic Front - Aerosmith - Opeth -  Slo Burn  - Kreator - Suicidal Tendencies

LOS DISCIDENTES DEL SUCIO MOTEL
VALLEY
10:30 > 11:00

 

MONOLITHE
TEMPLE
11:05 > 11:35

Sleap : Bizarrement, je commence à avoir l’habitude de commencer les journées de certains festivals par du Funeral Doom. Et il faut avouer que, parfois, ça marche. Même s’il ne s’agit pas d’un de mes groupes préférés du genre, les trois premiers albums de Monolithe ne me laissent pas insensibles. Et lorsque j’ai appris que les Français allaient enfin se mettre à faire des concerts après plus de 15 ans de studio, j’étais d’autant plus curieux.

Malheureusement, ce ne sera pas la bonne pour moi aujourd’hui. J’arrive à peine réveillé sous la Temple et les trois « petits » morceaux joués ne me font pas vraiment décoller. Évidemment, la courte demi-heure de set ne laisse pas le temps au groupe d’interpréter ne serait-ce qu’un seul de leurs trois premiers full-lengths, mais en plus, les titres récents ne me plaisent vraiment pas. Je reconnais tout de même un bon point à ce concert sous la Temple : le son est pour une fois très bon ! En dehors de ça, le chanteur parle beaucoup trop pour un frontman de Funeral Doom et cela casse le peu d’ambiance installé en ce samedi midi. J’espère seulement que leur concert au Brutal Assault me plaira un peu plus…

Setlist :
TMA-0 / TMA-1 (Excerpts medley)
Ecumenopolis (Edit version)
The Barren Depths (Edit version)

 

VERBAL RAZORS
VALLEY
11:05 > 11:35

Lactance : La journée commence tôt avec une nouvelle excursion matinale du côté de la Warzone, parée à accueillir Verbal Razors. Aux côtés de Hexecutor, Mortal Scepter et de Deathroned, les Tourangeaux constituent clairement pour moi le haut du panier de la scène Thrash hexagonale à l'heure actuelle. Et bien que le combo ait déjà sillonné une bonne partie de la France grâce à la sortie de son deuxième album Misleading Innocence, je n'avais jusqu'alors pas eu l'occasion de me frotter à lui. 

Malheureusement, si certains témoignages lus et entendus semblaient plutôt favorables aux exactions du groupe en live, difficile de dire la même chose aujourd'hui à Clisson. Qu'on se le dise, les trois musiciens se démènent comme des dingues pour nous expédier leur crossover bien bas du front, qui dégomme tout ce qui bouge à coup de riffs acérés et de gros refrains sous testostérone (façon Nuclear Assault ou Exodus des early days). Mais là où ça coince complètement pour ma part, c'est du côté de Simon, qui s'occupe de la partie chant et qui fait pourtant un taf monstre en studio. Les yeux rivés vers le sol en permanence, aucune attitude sur scène, commentaires totalement inutiles, une petite dose de je-m'en-foutisme pour couronner le tout... On dirait bien que le quatrième larron s'est levé du pied gauche ce matin ou n'arrive pas à surmonter totalement son trac. Au point de saboter le travail de ses collègues bien comme il faut. À force de tourner à vide toutes les deux minutes et d'enchaîner les gros moments de gêne entre et pendant les titres, l'ennui ne tarde donc pas à me gagner en ce qui me concerne. Vraiment dommage vu l'énorme potentiel du groupe...

MONARQUE
TEMPLE
12:15 > 12:45

Schifeul : Beaucoup de monde sous la Temple pour accueillir Monarque qui entame son concert par un tonitruant “On vient du Québec et on joue du black metal, tabarnak !”. C’est avec grande joie que j'accueille leur black metal dans la fraîcheur du chapiteau, ayant encore en tête leur concert au Ragnard Rock, excellent, mais handicapé par un soleil de plomb qui t’empêche de profiter vraiment du concert. Là, seule la lumière aura empêché que l'on soit dans des conditions optimales pour apprécier le set. Car pour le reste, rien à redire à leur prestation. Mené par un frontman vêtu d’une bure à capuche et dont la gestuelle s’accorde avec les ambiances distillées dans leur musique, Monarque va enchaîner ses titres sans oublier de lancer un “Vive le Québec libre !”. Tour à tour violent, nostalgique ou encore fortement rock’n’roll à l’image du début de L'Abysse Aux Charognes, les brûlots black metal vont se succéder jusqu’à ce que Monarque se retire, nous laissant seuls avec l’envie de les revoir à nouveau. Ça tombe bien, pour moi faudra juste attendre 5 jours.

Setlist :
La Quintessence du Mal
Vigor mortis
L'appel de la nuit
Le Vent du Nord
L'Abysse aux Charognes

INSANITY ALERT
WARZONE
12:15 > 12:45

Michaël : Après avoir récemment vu le groupe en première partie des non moins déchainés Municipal Waste au Divan du Monde à Paris, je savais à quoi m’attendre en voyant débarquer sur scène les Autrichiens d’Insanity Alert qui se décrivent plus ou moins comme des bouseux des montagnes. Dès leur arrivée sur scène, le groupe fait déjà sourire ceux qui ne le connaissent pas : une camisole de force pour le chanteur, des vêtements bizarres et une superbe oriflamme placée côté jardin où figure l’inscription : Why is this thing here ? Et c’est parti pour trente minutes d’un thrash metal pas forcément ultra inspiré mais résolument taillé pour le live, porté par un Heavy Kevy qui portera à tour de rôle des pinces de crabe pour Confessions Of A Crabman et divers panneaux d’inscription sur Desinfektor ou bien encore Fuck this shit, Circle Pit. On aura même vu un mec déguisé débarquer sur scène avec une poupée à l’effigie de David Guetta pendue à un fil sur le titre Why Is David Guetta Still Alive?. Bref, dès les premiers titres, la Warzone se retrouve à nouveau submergée par un nuage de poussière créé par un mosh pit déjà bien actif et des festivaliers prêts à mettre de côté leur cerveau pour mettre en avant leurs instincts les plus primitifs. C’est ça l’effet Insanity Alert, et on en redemande.

Shawn : S’il y a bien un groupe que nous n’aurions loupé pour rien au monde, c’est clairement Insanity Alert. Les Autrichiens commencent à doucement se faire une place dans le cercle fermé des groupes de crossover/thrash de qualité. Pas étonnant vu leur registre de les avoir vus tourner alternativement avec les cadors du genre que sont MunicipalWaste ou IronReagan. Les Autrichiens sont clairement aussi atteints que leurs comparses américains et c’est un véritable festival que de les voir de nouveau. Sur scène, rien n’a de logique, entre le décor de scène loufoque, les costumes des musiciens (le chanteur Heavy Kevy débarquera sur scène en camisole de force). Dans le pit, tout le monde est au même tarif : poussière gratos ! En effet, les circle pits et autres mouvements de foule sont de mise et le sol, passablement éprouvé après une première journée sur place, ne rend pas la chose facile. Glorious Thrash, ou encore Confessions of a Crabman (présent sur le dernier opus du groupe, Moshburger), le groupe nous livre ses meilleurs pavés. Mention spéciale pour le titre Run To The Pit, qui conclura le set en guise de tribute à Iron Maiden. On ne se lasse décidément pas de ce groupe !

Lactance : Vous pensiez avoir tout vu durant votre premier concert de Municipal Waste ? Eh bien ça, c'était avant celui d'Insanity Alert ! Il est à peine midi et le moins qu'on puisse dire, c'est que les Autrichiens sont déjà au taquet pour foutre le boxon à la Warzone, à peine remise de sa cuite du vendredi. Survolté du début à la fin, le groupe nous attrape directement par le col avec son crossover pas des plus originaux, mais terriblement addictif, qui puise aussi bien son inspiration dans D.R.I. (pour le côté purement instrumental), que dans l'humour extravagant d'un Lawnmover Deth. Costumes en tout genre, interventions à mourir de rire entre chaque morceau, pancartes débiles comme sur un plateau télé, paroles ouvertement pro-weed, moufles en forme de pinces de crabe... Devant nos yeux médusés, Insanity Alert s'est mis en tête de faire les 400 coups en l'espace d'une demi-heure chrono. Dans l'impunité la plus totale, les Autrichiens reprendront même Run To The Hills qui, en modifiant les paroles, donnent à présent Run to the pit, mosh for your life. Du grand nawak !

ULTRA VOMIT
MAINSTAGE 02
12:50 > 13:30

Shawn : Me croiriez-vous si je vous disais qu’Ultra Vomit est le premier groupe que j’ai vu au Hellfest, toutes éditions confondues ? En effet, en 2008, la formation nantaise ouvrait le Hellfest sur la mainstage. Une autre époque puisqu’après la sortie de l’album Objectif Thunes, qui a depuis obtenu le statut culte pour une large part de la scène hexagonale, il aura tout de même fallu attendre 9 ans pour y voir un successeur. Un délai purement incompréhensible vu l’accueil qui avait été fait à Objectif Thunes, mais dû à un manque de motivation et d’idées, comme nous l’avait avoué Fetus en off d’une interview d’Andreas et Nicolas. Qu’importe, les Nantais sont de retour. Vu l’immense foule venue les acclamer on constatera que malgré les années d’inactivité, la ferveur est restée intacte. L’accueil est impressionnant pour un groupe qui donnait, ne l’oublions pas, dans le grindcore bas du front il y a encore 15 ans ! Sans faire du name dropping, tous les classiques du groupe seront joués, l’accent étant clairement mis sur les nouveaux titres (Un Chien Géant, Calojira, Takoyaki, …). A notre grand regret, bien trop peu de titres de Mr Patate : un Booba ou un Captain Igloo bien placé aurait été parfait. Qu’importe, le groupe fait mouche et les refrains sont scandés par des milliers de personnes. L’humour et le second degré sont de mise comme toujours même si on constate un manque de naturel des musiciens. Notons enfin le coté insolite d’entendre Ultra Vomit interpréter Quand j’étais petit, en imitation de Lemmy, alors que sur la scène d’à côté Phil Campbell est en train de régler ses amplis. Drôle d’hommage ! Le groupe ne sort pas des sentiers battus mais a le mérite de faire le travail sans sourciller !

Schifeul : Voici venu le temps de l’exode, une grosse masse de festivaliers se dirige vers la Mainstage 2 afin d’assister au concert d’Ultra Vomit. Et j’en fais partie, car ça fait longtemps que je n’ai pas vu le groupe alors que c’est en général synonyme de bon moment, puis je reste curieux de voir les nouveaux titres en live. Et puis qui vous êtes pour me juger ? Encore une fois, c’est dans la tristesse que je dois me résoudre à suivre le concert de loin, sur une chaise, mais heureusement, pour cette édition le Hellfest a bien amélioré sa catégorie “écran géant : exit la déco façon tatouage qui bouffait l’écran à le réduire à un rectangle en hauteur, mode “j’ai filmé avec mon i-phone”. Là non, on a droit à 3 putains d’énormes bazars aussi grands que les scènes. De quoi voir peinard la faute subtilement placée sur le backdrop des Ultra Vomit.

Alors que le thème des Looney Tunes suivi de la musique de Fort Boyard retentissent, le groupe monte sur scène puis enchaîne avec un bon petit Darry Cowl Chamber. Forcément, ça commence à se secouer dans le pit et le groupe ne trouve pas cool qu’on bouscule ainsi son camarade. Il va donc nous apprendre, Les bonnes manières ! Très bonne transition, parce que oui, j’avoue, j’ai ri à leurs blagues, même les plus pourries. Surtout les pourries en fait ! Je ne vais pas toutes vous les retranscrire, sinon ça va vous spoiler quand vous les verrez. Mais parmi celles qui doivent être liées au Hellfest, on notera les traductions en anglais jusqu’à l'échec et la feinte du Hell-pêche en download, avec ensuite le magique “ceux qui ont crié Download, recevront une lettre d’Hadopi” de Manard. 6/5, un magistre. Au niveau des titres, des trucs comme Un Chien Géant passent carrément mieux en live, Kammthaar est parfaite, tout comme la chenille lancée sur le titre adéquat et surtout, c’est là, durant ce concert, que j’ai compris le génie de Pipi Vs Caca avec ce rouleau de chiasse.

On aura bien sûr les classiques, avec Je Collectionne des Canards (Vivants) qui marquera l'arrivée en feat d’un Andréas sous amphet'. Le concert se termine sur l’hymne fédérateur Evier Metal puis le groupe se retire. Alors oui, si on retourne les voir, les blagues seront les mêmes pour la plupart, mais sur le moment présent, on s’est rappelés pourquoi on aime ce groupe.

Michaël :  Je pense que tout a déjà plus ou moins été dit. C’est toujours un plaisir de voir Ultra Vomit sur scène. Et vu la quantité de personnes présentes devant les Mainstage, le groupe jouit d’une notoriété incontestable en festival. Il faut dire que même si tout est réchauffé, attendu et qu’on voit venir les gags à 200 kilomètres, on se marre, on bouge, on danse. C’est efficace, c’est frais. Vraiment immature mais drôle. A voir tous les ans on s’en lasserait, mais occasionnellement ça ne se refuse jamais.

Setlist :
Looney tunes theme
Fort boyard theme
Darry Cowl Chamber
Les bonnes manières
Un Chien Géant
Mechanical Chiwawa
Calojira
Takoyaki
Boulangerie pâtisserie
La Ch'nille
La Bouillie IV
Pipi VS Caca
Welcome to the Jingle
Je collectionne des canards (vivants)
Kammthaar
Quand j'étais petit
Evier Metal

 

CRYPT SERMON
ALTAR
12:50 > 13:30

Sleap : On continue dans le Doom avec cette fois-ci un jeune groupe américain qui officie dans la veine la plus traditionnelle du genre. L’influence la plus flagrante en studio est évidemment Candlemass, et la musique est très bien restituée sous l’Altar en ce début de journée. Malheureusement, il y a très très peu de monde pour assister à la prestation du quintet et nous devons être une petite vingtaine tout au plus à véritablement exulter durant ce show.

Tout en simplicité, les musiciens nous interprètent différents titres de leur premier et unique album Out of the Garden (qui figure parmi mes meilleures surprises de l’année 2015). On remarque que c’est le chanteur qui donne les « tops » et les « 1, 2, 3, 4 » avant et pendant les morceaux. Le point d’orgue est pour moi l’arrivée de Into the Holy of Holies avant le final sur l’excellent The Master’s Bouquet. En bref, une brillante performance de la part des Philadelphiens, et un concert qui passe d’ailleurs extrêmement vite. On regrettera juste un énorme manque de public et un son parfois brouillon, mais je ressors assurément de la tente avec le sourire aux lèvres. 

PHIL CAMPBELL & THE BASTARD SONS
MAINSTAGE 01
13:35 > 14:15

IGORRR
TEMPLE
13:35 > 14:15

Schifeul : Je tente la fin du set d’Igorrr histoire de voir ce que ça donne en live, n’étant pas plus fan que ça hormis quelques titres et putain ! J’ai jamais vu la Temple aussi blindée, même pour les trucs de merde genre Alestorm ! Celle-ci dégueule de partout et c’est bien dur de se faufiler. Heureusement, mes béquilles ‘moultipass” me permettent de me frayer un chemin jusqu'à la PMR. Bon pas de bol, c’est le dernier morceau et il n'y a que du mix, j'essaye de recapter ça à l’occasion, mais je ne reviens toujours pas de l’affluence du machin…

NAILS
ALTAR
14:20 > 15:00

Sleap : Après avoir assisté à une partie du concert de Bongripper, l’irrésistible envie de revoir Nails me reprend. Je retourne donc sous l’Altar tout en sachant pertinemment que leur show n’égalera jamais celui donné au Temples Festival il y a deux ans. J’en ai la confirmation avec le son : tout bonnement exécrable pour ce set des Californiens. Cependant, je suis pour une fois très content du public. Même si c’est loin d’être aussi violent que lors du concert susmentionné (où le pit était tout simplement constitué de l’intégralité de la salle), la baston semble tout de même de rigueur au Hellfest. C’est notamment à partir de You will Never be One of Us, joué en deuxième, que le public s’enflamme. Il serait peut-être temps que j’écoute cet album… Le pit est immense et très peuplé. La tente semble d’ailleurs comble pour la venue du quatuor, je ne pensais pas le groupe aussi populaire. Peut-être un peu trop de circle pits à mon gout, mais on se croirait presque à la Warzone, quelle énergie !

Le frontman, faisant toujours penser à un Phil Anselmo sous stéroïdes, ne cesse de remercier le public pour ce show en « fly in ». Pour ma part, le meilleur moment du concert est l’improbable reprise de Sick Boy de G.B.H. en fin de set avant le final sur Unsilent Death. Malgré un son déplorable, je passe donc finalement un très bon moment face aux Américains. 

Schifeul : On passe en mode “grosse bagarre” (enfin, pas moi hein...) pour le set des Nails qui vont réduire la Altar à un foutu champ de bataille. Todd Jones, clairement pas là pour enfiler des perles, aidé de ses acolytes vénères vont broyer l’assistance sous les hymnes de violence tirés en majeur partie de You Will Never Be One of Us. Bon, comme toujours sous la Altar, le son pas top n'aide pas les compos déjà assez bordéliques comme ça, mais ça n'empêche personne de se foutre sur la gueule. Un concert à mettre bien haut dans le top tatane de ce Hellfest.

BONGRIPPER
VALLEY
14:20 > 15:00

Di Sab : Un an après leurs premiers passages en France (la date parisienne est chroniquée dans nos pages), Bongripper revient et cette fois ci c’est une foule hyper conséquente qui s’apprête à les accueillir. Je prends mon mal en patience en priant de ne pas regretter de ne pas être allé voir Nails. En effet, difficile d’estimer au préalable ce que va donner ce groupe sur une scène aussi grande et avec un laps de temps aussi court. Mais Bongripper c’est la force tranquille : 40 minutes, deux titres (il y a moyen que ce soit le record de toute l’histoire du fest d’ailleurs) mais deux titres qui te font passer par tous les états : du début hyper solennel de Worship jusqu’à la fin limite drone d’Endless en passant par des moments aériens et des passages qui labourent littéralement ton poitrail, ces 40 minutes furent éprouvantes. En effet, le son bien que très net est beaucoup trop fort mais donne au show une dimension autant physique qu’auditive. Le groupe, comme il y a un an, se donne beaucoup de mal, et paradoxalement bouge énormément malgré sa musique pesante. Surtout, ils n’en reviennent pas. Entre les deux titres, de grands sourires et des petits mouvements de tête, eux qui n’avaient joué que devant un Glazart bien vide, on voit qu’ils ont du mal à réaliser qu’ils viennent de blinder une Valley totalement conquise. Au terme du concert, le public reste de longues minutes pour les acclamer, le groupe en profite, un bel instant de communion qui clôt un des meilleurs concerts du week-end. Revenez vite (avec du merch et un troisième titre si possible). 

Shawn : Cinq années. Putain, cinq années où à chaque annonce du Hellfest mes yeux se sont plissés pour aller lire les lignes en plus petit dans l’espoir d’y voir marqué Bongripper. Cinq éditions à espérer me retrouver sous la Valley embrumée de volutes de fumée, et pour me retrouver en face à face avec le Bong suprême. Et quand en octobre dernier la félicité fût venue, je savais que rien ni personne ne me ferait louper ce moment. Entre temps, on avait eu l’occasion de suivre le groupe sur leurs dates nantaise et parisienne l’an passé, mais c’est surtout une volonté vivace de voir le groupe en festival qui nous consumait. Et tout s’est joué en deux titres. Le doom, le vrai. Les mecs arrivent, te sortent deux titres de 20 minutes et se barrent. LE DOOM PUTAIN ! Rien de moins que Worship et Endless, même si en vrai j’aurais espéré un Hail ou un Satan en plus. Et dès les premiers larsens, on sent que le public est déjà en transe, la plupart des gens ferment les yeux, les têtes s’activent, chacun se laisse emporter par la lourdeur écrasante de leur son (cette basse …). Un de mes collègues photographes me dira plus tard : « J’comprends pas cette musique, c’est le même riff en boucle ». Précisément. Bien entendu le groupe étant uniquement instrumental, aucun mot n’est adressé au public, mais l’humilité et les gestes du groupe en fin de set, très humble et carrément impressionné par son succès auront marqué les esprits. Après 40 minutes de set, la Valley est ravagée : Bongripper est venu et il a tout rasé. Un des meilleurs concerts du week-end pour ma part. Et comme l’a si bien dit DiSab juste au-dessus : revenez quand vous voulez (et avec du merch putain). Et pour le fun fact final, on aura quand même croisé le bassiste d’Airbourne, incognito dans le public. Et il kiffait sa race.

Lactance : Nails ou Bongripper ? Je crois bien qu'on tient le dilemme ultime de cette seconde journée, si ce n'est du week-end entier. Rapidement lassé par le son immonde du premier (que je souhaitais tout de même voir en priorité), c'est finalement sur le deuxième que je me rétracte, en quittant à toute vitesse l'Altar pour la Valley. Comme lors de leur tout premier concert à Paris, au Glazart, les doomsters de Chicago ne plaisantent pas une seule seconde en nous déversant leur musique pachydermique à souhait, venue liquéfier chaque spectateur sur place note après note. Une seule petite déception à noter pour ma part : l'absence totalement injustifiée de Descent, alors qu'Endless mérite cent fois moins de garder une place au chaud sur la setlist (avouez-le). Mais avec seulement deux morceaux dans son barillet aujourd'hui, compliqué pour Bongripper de satsifaire tout le monde. Qu'à cela ne tienne, je ne désespère pas d'obtenir un jour un morceau extrait de Hippie Killer. Mais par pitié, j'ai plus de thunes, alors me forcez pas à venir au Roadburn pour ça hein.

Setlist :
Worship
Endless

 

ZEKE
WARZONE
15:05 > 15:55

CHELSEA GRIN
ALTAR
16:00 > 16:40

Michaël : Chelsea Grin, fait partie de cette lignée de groupes de deathcore que les amateurs du genre - ou ceux que le genre ne révulse pas - prennent plaisir à voir du fait de l’énergie sur scène ou de quelques breakdowns bien pensés mais pour lesquels l’intérêt s’arrête lorsqu’il s’agit de prolonger l’expérience sur CD. En tout cas, tel est mon cas depuis pas mal de temps désormais. Les live de Chelsea Grin sont toujours funs à regarder, Alex Koehler a une voix relativement puissante et dynamique mais pour le reste, cela ne me dit rien qui vaille. Le groupe ne parvient ni à produire l’intensité d’un Whitechapel, ni à développer l’atmosphère d’un Thy Art Is Murder. Surtout, les compositions peinent à décoller où à aiguiser notre intérêt davantage. En somme, Chelsea Grin fut un bon moment bien cathartique en ce deuxième jour de festival. Ni plus, ni moins.

 

BLOOD CEREMONY
VALLEY
16:00 > 16:40

Sleap : Changement de registre radical pour moi avec les Canadiens de Blood Ceremony. Groupe que je suis depuis la sortie du tout premier album et qui doit être le seul que je connaisse véritablement dans toute la scène « Doom psychédélique à chanteuse ». Je ne savais pas trop ce que cela allait donner en live et, à l’instar de Crypt Sermon, le groupe va mettre une belle claque au public présent. En plus d’une qualité studio irréprochable, la musique du quatuor s’avère également excellente en live, surtout avec le son de la Valley. Fidèles aux ambiances occultes 60’s et 70’s, les intervalles sont souvent « diaboliques ». De plus, le guitariste et la frontwoman semblent également très enclins aux improvisations. Cette dernière n’hésite d’ailleurs pas à se lancer dans de longs soli de flûte traversière avec une technique d’« overblowing » qui n’est pas sans rappeler Ian Anderson de Jethro Tull (notamment sur I’m coming with you, l’un de mes morceaux préférés joués aujourd’hui). En outre, sa voix envoûtante semble agir sur beaucoup de personnes présentes : certaines les bras au ciel, d’autres allongées en transe, d’autres dansant, etc. Cette formidable prestation s’achève sur le magnifique The Magician et s’impose déjà comme l’un des highlights de mon week-end. Bravo !

Di Sab : Samedi a été indéniablement la journée des bonnes surprises. Après la découverte Verbal Razor et la tuerie Crypt Sermon (racontée plus haut par mes petits camarades de classe), on augmente encore les doses, voici l’heure de la branlée Blood Ceremony. Moi qui ne suis que peu friand des espèces de revival Sabbathiens à chanteuse, Wucan m’avait déjà piégé l’année dernière au Up in Smoke en me mettant une bonne claque mais là, c’est un tout autre niveau. Début des grosses difficultés pour rentrer sous la Valley en journée, ce sera récurrent le Dimanche, la chaleur a poussé des types de Mainstage à chercher un peu de fraîcheur ici. A défaut d’une fraîcheur relative, vous avez au moins vu un des meilleurs concerts de la scène (qui en a pourtant vu défiler cette édition). A l’instar de leur Maître, il y a chez Blood Ceremony un sens de la mesure que je ne soupçonnais pas chez eux. Alors que je les classais aux côtés des groupes de revival un peu maladroits à vouloir en faire trop, c’est tout l’inverse. Les lignes de flûte ou d’orgue offrent un joli contraste avec les riffs iommiques tout en nous rappelant que Jethro Tull n’est jamais loin. Les compos prennent systématiquement la bonne direction et ne s’embourbent jamais dans des solos d’orgues chiants ou des breaks trop gnagnans. La voix envoûtante d’Alia O’Brien (moins soul et démonstrative qu’un groupe comme Blues Pills et moins caressante que celle de Farida de The Devil’s Blood mais plus proche de ce que propose Virginia Monti) sera la touche finale de ce tableau cohérent et équilibré. Quitte à écouter du revival, autant en écouter du bon, jetez-vous sur Blood Ceremony ! 

 

SKEPTICISM
TEMPLE
16:45 > 17:35

Sleap : Après le Doom traditionnel, retour au Funeral Doom pour la dernière fois aujourd’hui. Décidément, quelle journée ! Skepticism est l’un des pionniers de cette scène si particulière et, même au Hellfest, les Finlandais semblent attirer pas mal de fans.

Malheureusement, le son n’est toujours pas au beau fixe sous la Temple. Même certaines parties d’orgue ont du mal à se faire entendre, c’est dire. Scéniquement le groupe ne change pas d’un iota avec les costumes queue-de-pie, les roses blanches, le miroir brisé au-dessus du piano, etc. Rien à dire, l’ambiance est là. J’apprécie tant bien que mal le show, tout comme au Fall of Summer, mais le cadre et le son me restent en travers de la gorge. Et toujours pas de Everdarkgreen à l’horizon !

Bref, un show évidemment très loin de ma première fois en Finlande (concert old school, en salle, en tête d’affiche, à domicile, etc.) mais qui a le mérite de me faire un tant soit peu voyager. À tous les open air qui bookent du Funeral Doom : choisissez le bon cadre et le bon horaire pour faire jouer ce genre de groupes, s’il vous plaît… 

STEEL PANTHER
MAINSTAGE 01
16:55 > 17:55

Michaël : Que dire, que dire. En regardant un concert de Steel Panther, on est partagé entre le rire et l’embarras. Parce que, très clairement, c’est drôle. Que ce soit les titres des chansons, les paroles mais également et surtout le jeu de scène et les échanges entre les différents membres du groupes qui, bien que clairement pas spontanés, sont du plus bel effet. Mais d’un autre côté, c’est d’une beaufitude sans fond qui met plus mal à l’aise qu’autre chose quand on se retrouve avec 30 filles qui, sous couvert de liberté absolue, sont en réalité chosifiées à des fins marketing pour le plus grand bonheur du groupe et des photographes qui peuvent faire le plein de photos de seins en quelques minutes. On ressort de tout ça en ayant rigolé mais franchement un peu gêné. Même si le rire l’emporte, assurément.

Shawn : Assurément, avoir Steel Panther en festival, c’est l’assurance d’avoir du fun et des seins à l’air. Le Hellfest l’a bien compris et, deux ans après leur dernier passage en terres clissonnaises, revoilà le groupe parodique à nouveau sur scène. Nul besoin de représenter le groupe puisque depuis l’explosion de leur notoriété en 2010, ils ont fait couler des seaux d’encre. La formation défend ici son dernier opus, Lower The Bar qui commence à montrer quelques faiblesses au niveau de la composition. Le groupe serait-il déjà en train de s’essouffler ? Si sur album on est en droit de se poser la question, sur scène il n’en est rien. Bien plus qu’un simple concert, c’est un véritable show théâtral que la formation nous offre. Et c’est surtout le côté imprévisible du tout qui rend leur prestation intéressante puisque le groupe s’est toujours calé sur son public pour y adapter ses pitreries. Se chambrant entre eux entre les titres, le groupe en fait parfois des tonnes, parfois trop mais laisse toujours ce petit goût sucré en bouche. Ainsi le groupe nous distillera la plupart de leurs meilleurs titres (Death To All But Metal, Community Property, …) tout en lâchant quelques nouveaux titres à l’image de Poontang Boomerang dont l’accueil est encore un poil timide. Bref, Steel Panther fait du Steel Panther et c’est exactement ce que le public attend. A voir si sur le long terme la formation californienne ne s’enferme pas trop dans ce rôle.

Setlist :
Eyes of a Panther
Goin' in the Backdoor
Just Like Tiger Woods
Fat Girl (Thar She Blows)
Death to All but Metal
That's When You Came In
Poontang Boomerang
Community Property
17 Girls in a Row
Gloryhole
Party All Day (Fuck All Night)

DECAPITATED
ALTAR
17:40 > 18:30

Schifeul : Au Hellfest, faut toujours que je m’endorme devant un groupe. Une année, c’était Coffins, une autre Behexen, bah là, c’est Decapitated. Petite différence tout de même, sur les deux premiers, j’étais allongé dans l’herbe lors de leur prestation et c’est bercé par leur musique, dans un état d’apaisement, que j’ai sombré dans les bras de Morphée. Là, j’me suis endormi comme une merde sur ma chaise parce que c'était pas ouf. Je me réveille donc vers la fin du set alors que le groupe joue Spheres Of Madness.

Bon, y a que moi qui doit trouver le groupe surcoté en diable à en voir le bordel dans le pit. Faut dire, reposé et avec juste 4 titres à voir, Decapitated, ça passe. Surtout que certains titres plus récents ont l’air un tout petit peu moins redondants que ce qu’ils ont pu faire par le passé.

 

 

MARS RED SKY
VALLEY
17:40 > 18:30

Shawn : Avec Mars Red Sky, j’ai toujours eu l’impression que les concerts étaient quitte ou double. Soit leur live sont vécus avec intensité et le public suit, soit la sauce ne prend pas. Et si on avait apprécié leur prestation en première partie de Blues Pills à Toulouse, de leur passage au Hellfest, on ne sait pas vraiment quoi penser. Le power trio bordelais défend là son troisième opus, Apex III - Praise for the Burning Soul sorti l’an dernier, un album qui avait plutôt bien fonctionné. Et c’est là où l’impression se fait de plus en plus forte : la formation serait-elle avant tout un groupe studio, lieu où s’exprime tout leur potentiel ? Car sur scène, le trio est là, exécute titre après titre sans grande conviction... mais il manque cruellement ce supplément de magie, ce petit truc en plus qui te met des étoiles dans les yeux. Malgré la chaleur ambiante et le ronflement agréable de leur musique, le groupe semble froid et peu réceptif (peut-être stressé ?) à ce qu’il se passe, à l’image de Jimmy, bassiste du groupe qui tournera le dos au public la moitié du temps. Dommage, c’était un jour sans.

 

TURISAS
TEMPLE
18:35 > 19:35

Schifeul : Toujours coincé sur la PMR, me voilà devant Turisas, vous savez le groupe de Battle metal qui te joue de la musique de kermesse ? Ouais désolé, j’ai jamais trouvé la moindre once de truc guerrier ou un minimum épique chez eux. M’enfin, voyons voir ce que ça donne. Mise de côté leur pénible musique, on a un groupe qui ne lésine pas à la tâche. Ça bouge, en particulier le violoncelliste qui court partout et l'ensemble est mené par un frontman qui échange volontiers, s'essayant à l’humour, avec un public qui lui rend bien. “ N'oubliez pas de boire beaucoup d’eau, et encore plus de bière, oui”. En gros, si t’aimes bien le pouet pouet ou que t’es du genre à libérer l’apéro, ça passe crème, sinon barre-toi. À noter dans le public, un petit gamin sur les épaules de son père, qui lève sa corne à boire. Merde, foutu handicap ! J’aurais bien tiré sèchement sur son t-shirt, histoire qu’il se fasse le coup du lapin avant de crier son premier apéro... Allez, au moins ils n'ont pas joué Rasputin, on est sauvés.

Setlist :
The Varangian Way
To Holmgard and Beyond
A Portage to the Unknown
Cursed Be Iron
Fields of Gold
In the Court of Jarisleif
Five Hundred and One
The Dnieper Rapids
Miklagard Overture
Stand Up and Fight

D.R.I.
WARZONE
18:35 > 19:35

Sleap : Autre changement radical de la journée : Funeral Doom -> Crossover ! Je fais mes premiers pas du jour dans la Warzone et, dès le début du set de D.R.I., c’est la tempête de sable. Si je ne devais garder qu’un point faible à ce festival, ce serait la poussière. Les concerts à la Warzone sont l’équivalent d’une immersion totale dans l’univers de Mad Max. En plus des dégénérés mentaux (dans le sens positif du terme, s’il en existe un…), la poussière est l’élément caractéristique de cette édition.

Mais en dehors de ça, le set des Américains passe tout aussi bien que la dernière fois où j’avais pu les voir (il y a déjà 5 ans). Comme d’habitude, on alterne les brûlots old school tels que Violent Pacification ou I’d Rather Be Sleeping avec des titres plus « récents ». En plus des fantastiques mosh pits comme le public de la Warzone sait les concocter, il y a également des dizaines et des dizaines de fans du groupe qui chantent presque toutes les paroles. Le pied ! Et l’apothéose est évidemment atteinte avec la fin de set sur les extraits cultes des Dirty Rotten LP, Crossover et Thrash Zone. Un très bon moment !

Setlist :
Who Am I?
I'd Rather Be Sleeping
Violent Pacification
Argument Then War
Slumlord
Dead in a Ditch
Suit and Tie Guy
Acid Rain
In the Pit
Manifest Destiny
Against Me
Anonymity
As Seen on TV
Mad Man
Couch Slouch
I Don't Need Society
Beneath the Wheel
Abduction
The Five Year Plan

CHELSEA WOLFE
VALLEY
19:40 > 20:40

Di Sab : Bien que ce soit l’un des concerts que j’attendais le plus (un des rares artistes dont je suis très fan et que je n’avais pas vu auparavant), un je ne sais quoi ne l’a pas rendu inoubliable. Un bon concert au sein d’une journée exceptionnelle ? Un choix pas hyper pertinent dans la setlist (avec un début ultra pesant, l’enchainement Feral Love/Carrions Flower/Dragged Out et un enchainement Pale on Pale + 2 nouveaux titres à la fin, ce qui calme vraiment le jeu et nuit à la dynamique du concert là où une alternance aurait peut-être été plus judicieuse) ? Un son pas excellent alors que la Valley nous habitue à la perfection ? En tout cas, concert où Chelsea a décidé de mettre en valeur l’aspect le plus metal de sa carrière, Abyss logiquement bien représenté au détriment d’Apokalypsis, à mon grand dam. Le son, justement pas excellent, a tendance à sous-mixer la voix et le public ne profite plus de cet espèce d’effet épiphanique avec les lignes de chant qui apparaissent et prennent le dessus sur l’instru. Après, j’insiste vraiment sur les points négatifs mais les titres sont quand mêmes d’une qualité rare, je suis ravi d’avoir entendu Iron Moon et les nouveaux sont réellement prometteurs (dans la veine Abyss, très plombés). Surtout, Chelsea est absolument captivante. Impossible de la quitter des yeux bien qu’on ne voit qu’à peine son visage, qu’elle ne laisse rien transparaître et qu’elle n’adresse pas au public le moindre mot (elle souffrirait d’une timidité excessive). Un concert pas exceptionnel d’une très grande artiste. Ca arrive, à bientôt en club à charge de revanche ? 

Lactance : Après son collègue King Dude l'an passé, c'est au tour de Chelsea Wolfe de faire son apparition au Hellfest cette année. Dans un cérémonial empreint de recueillement et de solennité, la chanteuse arrive sur scène tout de noir vêtue, masquée d'un voile sombre en travers du visage, évoquant la panoplie parfaite de la veuve endeuillée. Au bout de quelques secondes d'attente retentissent enfin les premières notes fantomatiques de Feral Love, qui plongent subitement la Valley dans un état de torpeur et d'abattement, sous les incantations spectrales de l'artiste américaine. 

La petite particularité qui frappe immédiatement en ce début de set, c'est l'absence des bourdonnements électroniques sur le morceau susmentionné, qui ont été remplacés par des notes continues à la basse, ainsi que par des roulements tribaux sur les toms graves de la batterie. Accompagnée par un live-band réunissant 3 autres musiciens sur scène, Chelsea Wolfe a choisi en effet de doomiser sa musique au maximum, en accordant une place prédominante aux instruments classiques (dont le tempo me paraît aussi légèrement ralenti). Au risque de susciter une légère frustration pour ceux qui, comme moi, attendaient beaucoup de certaines ambiances électronisantes, souvent en clair-obscur, qui font toute la saveur de son univers lugubre et brumeux.

En adoptant un son plus organique qu'à l'accoutumée, la chanteuse tend ainsi à diluer son esthétique dark ambient au profit d'une atmosphère plus robuste et massive, qui trouve malgré tout sa place sous la Valley. En particulier sur les pistes extraites d'Abyss, comme Dragged Out ou Iron Moon (et leurs sonorités plus chtoniennes), mais aussi de manière plus générale avec la voix immersive de la chanteuse, qui délivre une performance remarquable d'un bout à l'autre du concert, en nous envoûtant avec ses plaintes délicates et sensuelles. A contrario, les passages néo-folk ont tendance à me paraître nettement plus fades, puisque les musiciens n'apportent finalement pas grand chose au matériau de base (en se contentant de superposer quelques lignes en plus, sans réel intérêt). Certains passages de Pale To Pale me laissant ainsi tout de même sur ma faim. Comme Di Sab, je reste encore plus curieux de savoir ce que ça pourrait donner en club ou sans live band.

Setlist :
Feral Love
Carrion Flowers
Dragged Out
After the Fall
Simple Death
Iron Moon
Static Hum
16 Psyche
Pale on Pale
Survive

SAXON
MAINSTAGE 02
20:00 > 21:00

Sleap : Cela faisait trois ans que je n’avais pas vu Saxon, et force est de constater que les Anglais sont toujours aussi impressionnants en live, même après quarante ans de carrière. Le quintet arrive sur un titre de AC/DC et nous balance un extrait de leur dernier album en date qui, ma foi, passe très bien en live. Puis la setlist revient inexorablement sur les cinq premiers monuments du groupe, et c’est la liesse. Des poings qui se lèvent, des refrains hurlés à l’unisson, et même quelques pogos sur Heavy Metal Thunder ou Motorcycle Man. Le son est excellent et le groupe est toujours aussi carré sur scène, c’est éblouissant. La voix de Biff est au top et les soli des deux guitaristes sont à tomber par terre… Comme le disait un ami à moi : comment peut-on se branler sur des Virtue ou des Traitors Gate qui ont sorti même pas 5 pauvres titres sur un EP en ’85 et dénigrer des groupes comme Saxon à la discographie constante depuis quarante ans et qui sont toujours une putain de valeur sûre en live ? Cela m’échappe… Bref, aujourd’hui comme hier, il est des groupes de la NWOBHM qui restent au-dessus, et Saxon en fait indéniablement partie. Chapeau bas !

Setlist :
It's a Long Way to the Top (If You Wanna Rock 'n' Roll) (AC/DC song)
Battering Ram
Motorcycle Man
Sacrifice
Power and the Glory
Battalions of Steel
20,000 Ft
Dogs of War
Heavy Metal Thunder
747 (Strangers in the Night)
Crusader
Wheels of Steel
Denim and Leather
Princess of the Night

 

ALCEST
TEMPLE
20:45 > 21:45

Di Sab : Si j’étais mythomane compulsif et que j’inventais ce report, je n’égalerai même pas un dixième de la réalité. Putain, quel alignement d’étoiles. Alcest, comme vous le savez, c’est doux. Mais vraiment, du genre soyeux, c’est ta gorgée de thé chaud un soir d’hiver, c’est le petit souffle frais sur une terrasse de Provence, c’est ta couette qui te protège contre les voleurs et les monstres, c’est le petit plus mignon qui te réconforte et te file la banane comme on disait dans les années 90. J’arrive sous la Temple, un repas chaud tout amical dans le ventre et hop, direct je me retrouve entouré par de petites montées post-rock pacifiques et aimantes qui tournoient tranquille autour de moi. Salut vous, merci de me faire sourire niaisement, il se passe quoi ici du coup ? Eh bah du coup, là, t’as le feel good moment (comme on dit dans les magazines de modes) du Hellfest. Mais une joie un peu béate, pas festive à la Turbonegro. Malgré les passages en chant saturé (très réussis pour ceux qui douteraient encore des capacités de Neige), jamais on ne quitte cette espèce de légèreté si caractéristique qui fait qu’on adhère totalement ou qu’on trouve ça simplement ridicule. Par contre, la Temple a clairement choisi son camp et le charme opère. Ici, de vieux potes partagent un joint et se font un câlin, les couples se sourient et s’aiment et SURTOUT, un type dodelinant de la tête avec un pichet plein dans la main renverse un peu de bière sur le bras de son pote et d’un geste machinal mais caressant L’ESSUIE putain !!!! Pushing the Bromance to the very maxx !!!!!!!! Sur scène, c’est tout aussi chou, Neige est tout timide, tout touché alors que c’est lui qui nous touche. Un concert qui montre le meilleur de chacun d’entre nous. Vraiment trop mimi pour moi.

Schifeul : J’ai jamais compris le délire autour d’Alcest, pour certains le groupe fait rêver, voyager ou provoque une foule d’émotion. Perso, moi ça m’emmerde. Mais comme il ne faut pas mourir con et que là, j’ai la possibilité d’écouter en me mettant dans les meilleures conditions (à comprendre, sans avoir mal aux pieds), pourquoi pas. Rapidement, on arrive à ce qui m'horripile là-dedans, Neige qui miaule. Oui, je sais, c’est le concept même d’Alcest qui veut ça, mais ça ne passe pas. Après, j’avoue, musicalement y deux trois trucs qui m’ont touché, mais sans plus. Au moins, je suis fixé là-dessus. À noter qu’en milieu de set, Neige s’adresse au public pour dire à quel point il est content d’être là et de jouer devant une foule bien plus conséquente qu’à leur dernier passage au Hellfest, le tout d’une petite voix, limite gêné de prendre la parole. Le truc drôle, c’est que soit c’est le type le plus timide du monde, soit il joue la comédie pour en remettre une couche sur l’image fragile du projet. En même temps s’il balançait du “wouhou ça va ? Tapez des mains !” ça casserait effectivement le délire.

 

 

COMEBACK KID
WARZONE
20:45 > 21:45

AIRBOURNE
MAINSTAGE 01
21:05 > 22:15

Michaël : Airbourne fait du Airbourne, et cette fois-ci, sans problème de son qui vient parasiter la moitié du set des Australiens. Du coup, on a le droit à un show ultra dynamique, à un Joel O'Keefe bondissant comme à l'habitude et à une compilation de covers d'AC/DC de titres du groupe dont les classiques Running Wild''Girls in Black ou bien encore Too Much, Too Young, Too Fast. A noter également que trois titres du dernier album ont été joués (Breakin' Outta HellDown On You et Rivalry) qui ne m'auront pas laissé un souvenir impérissable (tout comme d'ailleurs l'album dans son intégralité). Bref, pour résumer, un show sympathique qui aura rameuté beaucoup de festivaliers prêts à faire la fête. Et il ne faut probablement pas en demander plus au groupe.

PRIMUS
VALLEY
21:50 > 22:50

 

Lactance : Beaucoup en rêvaient, le Hellfest l'a fait : Primus a bien fait le déplacement jusqu'à Clisson pour pimenter notre fin de soirée (et plus encore). À force d'avoir saigné Sailing The Seas Of Cheese ou Pork Soda pendant des années et des années, il m'était tout simplement impossible de passer à côté de cet événement exceptionnel, que j'attendais du moins avec autant d'impatience que le concert de Faith No More en 2015. Et que dire si ce n'est que Les Claypool et ses deux acolytes auront dépassé (de très loin) toutes mes attentes du weekend, quand bien même la Valley n'aura pas été avare en bonnes surprises, loin s'en faut.

Alors que le public ne semble plus pouvoir tenir en place en scandant des "Primus sucks" à tout va , les trois compères engagent directement les hostilités par Those Damned Blue-Collar Tweekers, soutenu par ses rythmiques pimpantes et claironnantes, tout simplement parfaites pour foutre le dawa. Même si le son paraît étrangement faible par rapport à ce qu'on nous a envoyé dans les tympans aujourd'hui, les fans explosent de joie comme si on venait enfin de les délivrer. Perso, je ne tarde pas non plus à m'encanailler en reprenant les paroles (toutes plus farfelues les unes que les autres) de ce premier morceau, qui nous plonge fissa dans l'univers saugrenu du trio.

Le manège reprend de plus belle juste après avec Too Many Puppies et Pudding Time, venus secouer la Valley au rythme de riffs plus groovy cette fois-ci, mais toujours toqués, entraînés par une quatre cordes douée d'un son funky complètement ouf (qui me traîne encore dans la tête à l'heure actuelle). Car de l'autre côté de la barrière de sécurité, c'est bien sûr Les Claypool qui régale tout le monde et qui attire tous les regards du public. Flanqué de son plus beau chapeau melon et de sa petite paire de lunettes rondes, le bassiste a effectivement de quoi nous mettre en appétit ce soir en alignant séances de slaps sur séances de slaps, mais en nous gratifiant aussi de quelques solos en guise d'interludes. Un vrai bonheur de voir enfin le maître à l'oeuvre, surtout dans de pareilles conditions et avec des fans aussi investis !

En plein milieu du set, Primus nous envoie également valdinguer sur Mr Krinkle, marqué par l'arrivée d'un violoncelle et d'un Les Claypool affublé d'un masque de cochon (comme dans le clip original, dont certains fragments tournent d'ailleurs sur l'écran en arrière-plan). Encore une fois, difficile de garder son calme et de ne pas savourer le moindre coup d'archet, la moindre petite variation, la moindre note, qui nous tombent sous le nez comme du pain béni. Mais le trio américain sait garder ses meilleures pirouettes pour plus tard, en nous lâchant seulement à la fin la doublette Jerry Was A Racecar Driver/My Name Is Mud (et leurs riffs complètement loufoques), qui récoltera les derniers tonnerres d'applaudissements. Quoi qu'il en soit, mille mercis pour ce gros moment, j'admets, ça valait le coup d'attendre !

WARDRUNA
TEMPLE
22:55 > 23:55

Shawn : Wardruna, toute une histoire … La dernière (et seule) fois que j’avais vu la formation norvégienne, c’était il y a 3 ans, en Ukraine. Un festival niché au sommet des Carpates ukrainiennes, accessible uniquement après 40 minutes de télésiège. Un écrin de verdure sans lumière parasite, sans bruit parasite. Juste toi, et le groupe. Face à face. Les yeux dans les yeux, et la voie lactée au-dessus des têtes.  Après une perfection telle, dur d’imaginer revoir le groupe dans d’autres conditions, moins élogieuses. Et avec leur présence au Hellfest, on craignait surtout la présence d’arrivistes peu au fait de la musique et de l’atmosphère particulière qui entoure Wardruna, à plus forte raison depuis leur participation à la bande son de la série Vikings ayant offert à la formation un sérieux coup de projecteur. Les Ases ont dû entendre nos craintes puisqu’il n’en sera rien.

Lumières tamisée, quelques brasiers allumés sur scène, l’habillage est volontairement sobre, mais authentique. Einar Selvik, en maitre de cérémonie, a déjà le public au creux de sa main dès les premières notes. Le concert se vit égoïstement, en fermant les yeux, en méditation intérieure, confronté à sa propre réalité. Entre chaque titre, on reprend son souffle, on réouvre délicatement les yeux pour se retrouver à nouveau à la Temple, jusqu’au prochain titre nous emmenant sur les plaines glacées de Norvège, à plus de 10 siècles de notre époque. Leur musique, emprunte du témoignage viking et nordique qu’elle porte, est pure, belle, sobre et tamisée. Un set hors du temps, à mon sens le meilleur du week-end et de très loin. Entre percussions, utilisation d’instruments rares (cornes, lur, …), le groupe nous plonge et replonge dans son ambiance chamanique. On en ressort un peu secoué mais encore rêveur. Le public ne s’y trompera pas et c’est une véritable ovation d’applaudissements qui conclura le set. Un moment tout spécial puisque Einar, un peu surpris par une telle clameur sortira de sa sobriété habituelle en lâchant un sourire de satisfaction. Une connexion rare entre un groupe et son public, d’autant plus avec une telle humilité. Mention spéciale au titre Raido, concluant leur prestation : véritable pépite sur scène. Un concert de haut vol éclipsant totalement l’absence de Gaahl sur scène depuis désormais un peu plus d’un an.

Schifeul : Place à Wardruna, dont j’entends le plus grand bien depuis un certain temps, mais dans lequel je ne me suis pas jeté plus que ça. Bon, je veux dire, comme tout le monde, j’ai une copine à fond dedans et j’ai regardé la série Vikings, mais en général, les trucs pagan/folk, en plus avec instrument d’époque, ça passe, mais je ne suis pas fan. Je m'apprêtais donc à passer un moment sympa, mais sans plus. Mais ce ne fut absolument pas le cas, car j’ai passé là un moment fantastique, où chacune des chansons m’a transporté, où je ne me suis pas ennuyé une seule seconde et où je fus émerveillé tant musicalement que par ce que j’ai vu sur scène. Un concert parfait.

Majoritairement accès sur leur dernier album Runaljod - Ragnarok, Wardruna va jouer un set précis, aux chants justes et envoûtant. Mais ce soir le visuel est tout aussi grandiose, tant par l’attitude des musiciens sur scène que par les différents effets. Comme les nombreuses torches allumées et ce jeu d’ombres et lumières. Ainsi, les projections d’ombre sur l’immense toile en fond de scène font tour à tour penser à un taureau ou encore une autre fois à des géants. Je frissonne encore de ce transcendant final sur Algir - Stien Klarnar...

Par ailleurs, le groupe recevra l'un des meilleurs accueils du festival à en voir le boucan entre les morceaux. Ce qui paradoxalement énerve quelques fans, argumentant dans le sens où ça casse l’atmosphère d’un concert de Wardruna. Bon perso le silence entre les morceaux, ça ferait un peu naze, je trouve, et tant que ça reste silencieux pendant les morceaux, ça me va.

 

 

AGNOSTIC FRONT
WARZONE
22:55 > 23:55

Michaël : Le problème avec Agnostic Front, c'est qu'on se répète souvent dans les live report. Il y a rarement des hauts et des bas, c'est toujours ce même show, monolithique, dense, puissant de l'un des fers-de-lance du mouvement hardcore new-yorkais. Un plaisir absolu pour les sens et le moyen de finir de lâcher les dernières forces dans la bataille qui nous restent après une journée sous une chaleur aussi accablante. Un petit Gotta Go pour chanter à tue-tête, un For my family pour se sentir new yorkais quelques instants et on pourrait se secouer dans le pit pendant des heures, et ce même si les titres de The American Dream Died peinent toujours autant à me convaincre en live (dont Police Violence). N'ayant pas été familiarisé à ce genre plus jeune, je préfère toujours les groupes un peu plus modernes de Hardcore, mais un concert d'Agnostic Front, a fortiori dans un cadre aussi beau que la Warzone (qui est définitivement la plus belle scène de ce festival) mérite le détour.

Setlist :
The Eliminator
Dead to Me
My Life My Way
Police Violence
Only in America
For My Family
Friend or Foe
Victim in Pain
Old New York
All Is Not Forgotten
Peace
Crucified
Gotta Go
Take Me Back
Police State
A mi manera
Addiction
Blitzkrieg Bop

AEROSMITH
MAINSTAGE 01
23:25 > 00:55

Michaël : Autant le préciser, je n’ai pas assisté à l’intégralité du show d’Aerosmith, ayant privilégié Agnostic Front. Dernière tournée oblige (enfin, a priori), je me suis tout de même rapidement placé devant les Mainstage pour assister aux dernières minutes sur scène de Steve Tyler. Et quelle déception ! Pas un mot pour le public, des écrans géants qui ne fonctionnent pas en permanence, un groupe qui joue pour lui, dans son coin, sauf lorsqu’il s’agit de faire crier le public pour renforcer son ego. Même à l’issue du concert, le susnommé a remercié l’ensemble des membres du groupe puis s’est barré en se limitant à quelques politesses pour le public. Compte tenu du contexte de la tournée, on aurait pensé à une longue prise de parole pour remercier le public pour toutes ces années. Et non, rien. En réalité, assister à un concert d’Aerosmith ce soir, c’était ni plus ni moins que regarder une bande vidéo, un groupe qui s’en fout un peu d’être là et qui fait juste son boulot. Que ce soit Clisson, Paris, l’Ouganda ou le Kazakhstan. Arrivé à être déçu d’un concert dont on attendait pas grand-chose, c’est fort !

Setlist :
Let the Music Do the Talking
Young Lust
Cryin'
Livin' on the Edge
Love in an Elevator
Janie's Got a Gun
Stop Messin' Around (Fleetwood Mac cover)
Oh Well (Fleetwood Mac cover)
Mama Kin
Sweet Emotion
I Don't Want to Miss a Thing
Come Together (The Beatles cover)
Dude (Looks Like a Lady)
Train Kept A-Rollin' (Tiny Bradshaw cover)
-----
Dream On
Walk This Way

OPETH
ALTAR
00:00 > 01:00

Sleap : Je vais tenter de vous épargner les sempiternels mêmes speechs sur Opeth tant ce show était identique à beaucoup de mes autres concerts du groupe. En résumé, du Opeth de festival : une arrivée sur le même extrait de Popol Vuh pour le film Nosferatu de Werner Herzog, des titres Metal Prog récents et un peu de growl pour faire plaisir aux metalleux (Heir Apparent cette fois-ci), le tout saupoudré d’un humour dont seul Åkerfeldt a le secret. Le public, bien que constitué en majorité de fans, reste caractéristique du Hellfest, avec ses dauphins gonflables, ses frites de piscine et ses pogos malvenus. Une configuration à laquelle je suis déjà bien habitué concernant Opeth. Bref, un concert pour ma part comme les précédents : sympathique sans plus. 

Setlist :
Sorceress
Ghost of Perdition
Cusp of Eternity
Heir Apparent
Era
Deliverance

SLO BURN 
VALLEY
00:00 > 01:00

Di Sab : Fini les bêtises de Primus et les niaiseries d’Alcest, exit la fraternité d’Agnostic Front, la cupidité d’Aerosmith et l’authenticité de Wardruna, on arrive au faîte de ce festival. Depuis 2010, Barbaud en bon nécromancien, fait revivre sur les planches les projets de John Garcia. Après Kyuss, Unida et Hermano, on le pressentait tous, on l’a eu, Slo Burn est là.

 Feu de paille n’ayant duré qu’un an immédiatement après le split de Kyuss, le groupe n’a sorti qu’un EP et une démo, l’équivalent d’un album en somme, mais d’une qualité qui titille Welcome to Sky Valley, c’est dire ! Déjà hyper impressionné par la performance d’Hermano avec pourtant un répertoire qui ne me fait ni chaud ni froid, c’est bouillonnant que je m’apprête à accueillir Slo Burn. Après une petite introduction vidéo mettant en scène leur éléphant fétiche, John Garcia entre en scène sur mon titre favori, Muezli pour un pétage de cable absolument immédiat. Au niveau de la setlist, Amusing the Amazing (l’EP) introduit et clôt le set (2 titres d’entrée, Muezli et The Prizefighters et un final absolument irréel sur July et le tube Pilot the Dune) avec la démo en intégralité au centre dans un ordre random. Tout comme Kyuss, la musique de Slo Burn est relativement versatile tout en comportant une dimension incroyablement catchy. Se faisant tantôt sensuel, tantôt vindicatif, Garcia est, légitimement au centre de l’attention. Juste comme toujours, avec un charisme absolument hallucinant. Il y a en lui quelque chose qui me fait penser à la boxe. Esquive chaloupée à gauche, à droite pour mieux rentrer dans le groove et placer son premier temps de manière incisive, incroyable ! A la manière de sa voix, chaque geste est travaillé et juste. Des déhanchés au changement de main du micro, Garcia ne fait rien d’exceptionnel mais il le fait parfaitement. Peu de communications entre les titres, il semble prendre cher et met de longues minutes à retrouver son souffle, mais au terme de ce concert parfait, on le sait satisfait de la réaction du public. Alors que la hype était immense, Garcia a réussi à la soutenir sans sourciller le moins du monde. Ce mec !!!   

 

 

KREATOR
MAINSTAGE 02
01:00 > 02:05

Michaël : Avec Kreator, c’est une histoire d’amour qui a commencé assez tardivement, à savoir au Hellfest 2007. Je n’étais pas vraiment branché thrash metal à l’époque, et la première fois que j’ai vu Mille et consorts sur scène ce fut une claque monumentale. Depuis le groupe ne me quitte plus. Alors certes, je suis pleinement conscient des petites lacunes de ce groupe, à savoir que les prestations sur scène sont toujours les mêmes, que ça ne bouge pas énormément, qu’il n’y a pas de headbanging en groupe ou autres trucs d’apparats. Mais c’est du bon, du très bon, de l’excellent thrash metal même, distillé par un groupe simple, abordable et très talentueux.

La soirée aurait toutefois pu mal commencer pour les Allemands, dont l’intégralité des guitares et accessoires ont été - temporairement - perdus par leur compagnie aérienne et qui ont donc dû jouer avec le matos de Chelsea Grin et Pretty Maids. Mais c’est grâce à la grande fraternité entre les groupes (...!) que Kreator a pu nous lâcher un set du feu de dieu et nous rappeler qu’ils sont tout là haut dans la hiérarchie du thrash. Avec une setlist aux allures de best of (Pleasure to Kill, Phantom Antichrist, Phobia, People of the Lie, Violent Revolution ou bien encore la sublimissime Enemy of God), malgré l’absence de quelques pépites (Death to the World / Extreme Agression / All of the same blood / Flag of Hate), et une scène aussi bien éclairée, aménagée que scénarisée, Kreator nous a fait mal, très mal. En dépit de l’heure tardive, c’est une foule relativement dense qui s’est présentée pour venir prendre sa raclée.

Et c’est avec un plaisir non dissimulé - malgré la perte définitive de ma voix sur Enemy of God et la fatigue - que j’ai quitté la Mainstage 2, encore une fois convaincu par un groupe qui ne fait rien d’exceptionnel, mais qui le fait très bien.

Lactance : Alors que les fans d'Aerosmith prennent tranquillement leur cliques et leurs claques, Kreator surgit dans la nuit pour prendre d'assaut la Main Stage 2. Paré à marquer le coup pour le dernier concert de cette folle journée, la légende du thrash teuton réussira à nous vider commplètement de notre énergie, en nous offrant un show des plus intenses et d'un professionnalisme sans faille.

Comme je m'en doutais un peu, la setlist de ce soir met essentiellement le paquet sur les deux derniers albums de la discographie, laissant planer un gros parfum de "violente révolution" dans l'air. À titre personnel, ça ne me dérange absolument pas. En effet, même si on peut taxer le groupe d'avoir émoussé sa puissance de frappe au fil du temps, toujours est-il que Kreator a trouvé un créneau cohérent et original ces dernières années, en condensant avec brio la force du thrash et la sensibilité mélodique (toute relative) d'un groupe comme Arch Enemy. Un très bon filon pour poutrer sévère en live, preuve en est de la réussite de certains titres ce soir comme Satan Is Real et Civilization Collapse, qui permettent aux Teutons de parvenir à leurs fins en lançant des circle-pits déchaînés, sous l'oeil attentif d'un Mille Petrozza enthousiaste et d'un Ventor très solide à la batterie.

Jeux de lumière spectaculaires, décorum apocalyptique soigné dans les moindres petits détails, quelques fusées de détresse par ci, quelques effets pyrotechniques par là... Hormis les pistolets fumigènes un peu cheapos sur Gods Of Violence, les Allemands ne se foutent pas non plus de notre gueule avec leur mise en scène tout droit sortie d'une grosse prod' hollywoodienne (aussi badass que la scénographie de King Diamond l'an passé). Mention spéciale enfin à Total Death qui, en l'absence de Flag Of Hate, aura tout de même infligé une belle mandale collective, en nous rappelant les heures les plus sombres du thrash allemand.

Setlist :

Hordes of Chaos
Phobia
Satan Is Real
Gods of Violence
People of the Lie
Total Death
Phantom Antichrist
Fallen Brother
Enemy of God
Hail to the Hordes
Civilization Collapse
Violent Revolution
Pleasure to Kill

SUICIDAL TENDENCIES
WARZONE
01:05 > 02:05

Sleap : Même si, comme beaucoup, j’ai déjà pu voir la bande à Mike Muir il y a à peine un ou deux mois, je trépigne d’impatience de prendre ma deuxième dose. Suicidal Tendencies est l’un des grands patrons de la scène Crossover américaine et leurs prestations live sont toujours ahurissantes quel que soit l’endroit. Et le Hellfest ne fera évidemment pas exception à la règle. Le jeune speaker ultra « ghetto » vient comme d’habitude annoncer le groupe et stimuler encore plus les nombreux fans présents. Et dès l’intro de Can’t Bring Me Down, on assiste à l’explosion de pit la plus violente de tout le fest : presque toute la fosse qui pète un câble en même temps. Et le bordel est lancé pour plus d’une heure ! Avant cette année, je ne m’étais pas rendu compte à quel point ce groupe était populaire, mais j’en ai maintenant la confirmation définitive : la Warzone est tout simplement blindée. Et, en plus des centaines de personnes en casquettes / maillots sportifs / t-shirts / bandanas à l’effigie du groupe, il y a vraiment de tout. Du vieux fan des années 80 à la jeune adolescente en passant par le gros amateur d’extrême ou le simple Jean-Michel Métale… Ce groupe fédère, c’est le moins que l’on puisse dire !

Mis à part le génial frontman et sa gestuelle si particulière, les autres membres du groupe sont cette fois-ci plus énergiques sur scène. Même Dave Lombardo esquisse un petit sourire de temps en temps ! Je n’évoque même pas le pit tant celui-ci est immense et apocalyptique. La déferlante de poussière que l’on se prend dans la bouche, le nez ou les oreilles est également indescriptible, mais qu’importe. Tout le monde chante les paroles en se mettant sur la gueule, un vrai régal ! Il s’agit ni plus ni moins que de la meilleure ambiance fosse de la journée, et l’une des toutes meilleures du week-end ! La bagarre s’achève sur le fameux Pledge your Allegiance où tous les gens des deux côtés de la scène sont invités à rejoindre le groupe pour pogoter et slammer dans tous les sens. Les fédérateurs « ST ! ST ! » me restent encore en tête à l’heure où j’écris ces lignes. Je désespère déjà de ne pas pouvoir revoir le groupe cet été…

Di Sab: Après Slo Burn, le déluge. Une brève hésitation entre Deafheaven et Suicidal Tendencies avant qu’au final, mes pas me conduisent à la Warzone. Enfin, près des stands de bouffe de la Warzone, le concert étant blindé de chez blindé. Bien m’en a pris histoire de finir cette journée d’une façon pas trop compliquée. J’avais des préjugés sur ce qu’était un concert de Suicidal Tendencies, et c’est ça à 400%. Pendant l’intro samplée de You Can’t Bring me Down le groupe se positionne de chaque côté de la scène et hop, c’est parti, ils font leurs longueurs pendant une heure, peinards. Mike Muir est vraiment ce qui se fait de plus fin en matière d’humour entre sa gestuelle si caractéristique a mi-chemin entre un bon dab et le crawl et ses speechs d’un quart d’heure qui tiennent autant du coach de musculation que la gamine sur Skyblog (où il t’explique qu’il ne faut pas perdre le contrôle et laisser les gens t’empêcher d’être qui tu es, enfin bref il y a matière à faire des photos de couvertures Facebook pendant les siècles à venir). Le groupe est soutenu par un public qui leui mange littéralement dans la main, un des plus déchainés que j’ai eu l’occasion de voir à la Warzone toutes éditions confondues. La scène est masquée par la poussière dès le deuxième titre, à 100m du groupe, ça slame encore, pendant que les plus créatifs font des circles pits sur les tables de bars. Il faut dire que la setlist n’aide pas à garder son calme avec une quinte flush de tout ce qui se fait de plus efficace chez SuicidalWar Inside my Head (sur lequel un fan vient taper le feat), l’hilarante Clap Like Ozzy, Possessed to Skate, Cyco Vision (!), Trip at the Brain ( !!) et les classiques Pledge your Allegiance/Subliminal. Il manquait Lost Again ou encore Sorry et bien que Lombardo soit un monstre, son jeu rend la musique de Suicidal Tendencies plus nerveuse et rentre dedans mais celle-ci perd tout de même en groove - mais bon, ce n’est que peu de chose: malgré ces petits détails, les Californiens ont plié la Warzone et c’est exactement ce qu’on attendait d’eux. S. T. !!!    

Setlist :
You Can't Bring Me Down
I Shot the Devil
Clap Like Ozzy
Freedumb
Trip at the Brain
War Inside My Head
Subliminal
Possessed to Skate
I Saw Your Mommy
Cyco Vision
Pledge Your Allegiance

 

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N'oubliez pas de lire notre live report de la journée du Vendredi.

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Crédits :

Textes par l'équipe Horns Up.

Les photos de Decapitated et Saxon par Julien Chazeaubénit, de Photo-Concert, collaborateur de Metalorgie.

Photos d'ambiance et des autres groupes par Michaël et Shawn, équipe Horns Up.

Photos