Chronique Retour

Album

08/06/17 - ZSK

Excommunion

Thronosis

LabelDark Descent Records
styleDeath Metal
formatAlbum
paysUSA
sortiemai 2017
La note de
ZSK
7/10


ZSK

Seul membre de la rédaction qui n'écoute pas PNL.

Eh bien, il n’est pas facile à suivre l’ami Terry « Christbutcher » Clark. Américain de son état, il fonde Excommunion en 1998, tout d’abord sous le nom Goatdeamon. Après une démo, deux splits et un full-length (Superion, 2002), le groupe cessera ses activités en 2006, avant que Christbutcher n’émigre en Finlande. Là-bas, il fondera Maveth en 2007, avec entre autres des membres d’Archgoat et True Black Dawn, ainsi que des futurs contributeurs à Cryptborn et Phlegein. Mais après 9 années d’existence et un seul album (même si on peut considérer la compil de démos Breath Of An Abomination comme un album à part entière), Maveth cessera d’exister et Christbutcher fera le chemin exactement inverse : retour aux USA et reformation d’Excommunion. Compliqué en apparence, mais ça a au moins le mérite d’être clair. De toute manière, en quelque sorte, Excommunion est Maveth et Maveth est Excommunion, Christbutcher demeure la tête pensante des deux formations qui pratiquent le même style, à savoir un Death-Metal bien sombre, brutal et lourd, façon Morbid Angel et Immolation mais également fortement influencé par le Death finlandais, et ce dès les premiers efforts d’Excommunion. Maveth c’était Excommunion avec un line-up finlandais, voilà tout. Excommunion sera donc Maveth avec un line-up américain, désormais plus restreint que par le passé vu qu’avec Christbutcher, ne figure désormais au générique que Kyle « Naas Alcameth » Spanswick, bien sûr connu pour ses groupes de BM occulte Akhlys, Bestia Arcana et bien sûr Nightbringer pour qui Christbutcher tient la basse en Live depuis 2014. La boucle est bouclée.

15 (!) ans après Superion, voilà donc le grand retour d’Excommunion avec un deuxième « full » length, Thronosis. Si Breath Of An Abomination de Maveth avait montré que malgré son passage de l’Atlantique, Christbutcher était toujours en forme, Coils Of The Black Earth (2014) le seul et unique véritable album du feu groupe américano-finlandais m’avait moins convaincu, en ayant choisi la lourdeur et la lenteur comme moyen d’expression, bien loin des moments de violence de Breath Of An Abomination et Superion avant lui. Thronosis va permettre de rééquilibrer tout ça. On retrouve de toute manière tous les éléments caractéristiques du Death-Metal de Christbutcher, entre production caverneuse et vocaux glaireux, pas grand-chose n’a changé et Naas Alcameth s’est bien fondé dans le moule, ne transformant pas Excommunion en un énième clone de Nightbringer. On reste toujours sous l’égide d’un Death-Metal très ténébreux, pas très original mais qui fait du bien par où il passe et qui se montre bien poisseux quand il ralentit la cadence. Par rapport à Superion et aux débuts de Maveth, Excommunion va donc un peu remettre de mid-tempo dans l’équation, faisant finalement de Thronosis l’album le plus complet de la carrière de Christbutcher dans le pur Death-Metal. Maveth n’est donc pas mort et Excommunion non plus, et on s’apprête donc à reprendre notre bonne dose de Metal de la Mort bien noir concoctée par le Boucher du Christ. Notre petite dose cependant…

Thronosis ne présente que 4 morceaux pour une durée d’à peine 29 minutes. Jurisprudence The Synarchy Of Molten Bones et encore une fois il y aura un débat fougueux pour savoir si Thronosis sera un album, un mini-album, un EP ou autre chose. De toute manière, avec un style aussi frontal, il n’y a finalement pas besoin d’en faire des tonnes. Et puis si Thronosis se serait tiré en longueur on aurait pu s’en lasser… Car malgré son côté expéditif, ce second album (?) d’Excommunion tourne vite en rond, se résumant souvent à une alternance de parties rapides et lentes. Il est déjà clair que quand Excommunion tabasse, il ne le fait franchement pas à moitié, et ce dès les premières notes de "Twilight of Eschaton". D’un Death-Metal massif et sans compromis, le duo passe donc bien vite à des passages très rampants particulièrement ténébreux. Il faut donc ensuite aimer cette dualité au sein d’un Death-Metal tout de même très influencé mais à la fois efficace et prenant. Ce n’est que mon avis et sachant que Coils Of The Black Earth m’avait laissé de marbre, je préfère donc quand Excommunion envoie la sauce, ce qui est à peu près le cas la moitié du temps étant donné que Thronosis est très bien équilibré. Mais on fait vite le tour de ces 4 compositions un peu redondantes, en retenant tout de même quelques moments forts, surtout ces explosions de violence Death-Metal assez monumentales (l’accélération finale jouissive de "Nemesis", la riffaille bien méchante de "World Crucifier", l’urgence de celle de "Blessed Is the Epoch of Darkness and Strife"). Excommunion et donc un peu Maveth est/sont de retour, c’est indéniable, et cela ravira les fans les plus aguerris du style Christbutcher et du Death-Metal « finlandais » en général. Dommage que le duo américain ne soit pas spécialement inspiré pour faire quelque chose de plus mémorable dans l’absolu, mais c’est un retour satisfaisant qui montre que ni Excommunion, ni Maveth ne sont morts.

 

Tracklist de Thronosis :

1. Twilight of Eschaton (7:00)
2. Nemesis (7:46)
3. World Crucifier (7:35)
4. Blessed Is the Epoch of Darkness and Strife (6:32)