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mercredi 7 décembre 2016 - Michael

MTV Headbangers Ball : Iced Earth + Ensiferum + Kataklysm + Unearth

Bataclan - Paris

Michael

Avocat le jour, rédacteur sur Horns Up la nuit et photographe à mes heures perdues.

Ce mercredi 7 décembre 2016, le Bataclan accueillait la date parisienne du MTV Headbangers ball dont le programme, pour le moins éclectique, était le suivant : Unearth (USA – Metalcore), Kataklysm (Canada – Death metal), Ensiferum (Death mélo/folk – Finlande) et Iced Earth (USA – Heavy metal). Retour sur cette soirée qui s’est avérée être un bon cru en dépit du grand écart musical entre les groupes.

Unearth

Dire que j’avais hâte de voir Unearth sur scène est un doux euphémisme. Le groupe produit un metalcore inspiré, technique, loin des nombreux clichés du genre. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter une oreille à Watchers of Rules, leur dernier album, qui est un concentré d’énergie, de hargne et d’envolées mélodiques. Et, à vrai dire, la mayonnaise prend également sur scène avec un son excellent et des lights très à l’avantage du groupe, ce qui n’est pas toujours le cas pour une première partie. Les breakdowns ultra efficaces du groupe comme sur My Will Be Done ou bien encore The Swarm étant parfaitement portés par un jeu de lumières qui invite la foule encore clairsemée à cette heure à s’en donner à cœur joie.

Si le groupe n’avait pas l’air très connu par les présents ce soir, et pour cause compte tenu des têtes d’affiche, le groupe ne s’est pas démonté et a produit un show carré et propre. Buz Mcgrath étant fluidissime à la guitare et Trevor plus solide que je ne l’imaginais en live. Après, musicalement, on aime ou on aime pas, c’est comme tout. Mais j’ai été ravi de pouvoir entendre les titres du dernier album que je trouve particulièrement bons (The Swarm et Never Cease). En revanche, si les titres de The Oncoming Storm sont très efficaces en live (notamment This Lying World), j’ai trouvé Giles un peu en déça, alors que j’aime bien ce titre sur cd.

Quoi qu’il en soit, Unearth aura été bon ce soir, et ce fut un plaisir que de pouvoir enfin voir le groupe évoluer sur scène, après les avoir ratés tant de fois. On notera également la présence sur scène du batteur Jordan Mancino de Wowenwar, sosie non officiel de Clovis Cornillac, en lieu et place du batteur Nick Pierce, absent pour cette tournée.

Setlist :
The Great Dividers
Watch It Burn
The Swarm
This Lying World
Giles
Never Cease
Zombie
Autopilot
My Will Be Done

Kataklysm

Les années se suivent et se ressemblent pour Kataklysm. Les albums s’enchaînent avec plus ou moins de fortune, le groupe brillant rarement par son originalité, mais on en arrive toujours au même constat : que l’on aime ou pas sur cd, que c’est bon en live ! Bien que produisant un death metal à vous briser le cou compte tenu de tous ces riffs incisifs, le groupe n’en arrive pas moins à produire un show rafraîchissant. Maurizio, dont la performance vocale et scénique est sans faille, a toujours le mot pour rire entre deux titres, toujours le petit mot qui va bien pour remercier les gens présents. D'une simplicité et d'une humilité déconcertante.

Côté setlist, pas ou peu de surprise avec un Kataklysm faisant la part belle à son dernier album Of Ghosts and Gods avec pas moins de quatre titres dont la très bonne The World Is a Dying Insect, la très remuante Black Sheep et l’excellentissime Thy Serpents Tongue, vouée à devenir l’un des titres cultes du groupe à voir l’effet de son riff principal sur les cervicales du public. Même si, comme à l’accoutumée, ce sont les titres As I Slither et Taking the World by Storm qui remportent la palme du public avec levées de coudes et moshpit en ébullition.

Le public justement, parlons-en. Comme on l’a dit, l’affiche était un peu bizarre dans cette soirée avec quatre groupes qui n’ont musicalement pas grand-chose à voir ensemble. Et pourtant, la mayonnaise a globalement bien pris, avec un public relativement présent (même si le Bataclan nouvelle formule qui, au demeurant, a été magnifiquement rénové tant en ce qui concerne l’espace que l’acoustique, était loin d’être rempli : étage vide et de l’espace dans la fosse). Quoi qu’il en soit, c’est après près de 45 minutes d’une rouste monumentale que les Québécois quittent la scène après nous avoir rappelé qu’ils sont une valeur sûre du genre en live, même si l’on vient parfois à regretter les manques de prises de risques sur album.

 

Setlist :
Breaching the Asylum
The Black Sheep
As I Slither
Taking the World by Storm
At the Edge of the World
It Turns to Rust
Blood in Heaven
Thy Serpents Tongue
Crippled & Broken
The World Is a Dying Insect

Ensiferum

J’ai du voir Ensiferum une petite dizaine de fois en live. Du coup, avec le recul, je me rends compte de beaucoup de choses qui viennent toujours un peu ternir les prestations. Il en va ainsi de l’absence de communication de Petri, de l’inutilité totale de la nouvelle accordéoniste ou bien encore des mimiques qui sont un peu toujours les mêmes. Et même si tel a un peu été le cas ce soir, j’ai énormément apprécié le show, en dépit d’une setlist comprenant pas moins de 3 titres sur 8 du dernier album, que je n’apprécie pas vraiment. Plusieurs facteurs expliquent sûrement cela : un son excellent, des lights encore une fois réussies et une énergie débordante sur scène.

Les Finlandais sont arrivés sur scène avec From Afar, porté par des lumières très rapides et légères. Et le ton fut donné pour une prestation qui, à l’exception de l’ultime titre Lai Lai Hei sur lequel je reviendrai, s’est déroulée à 100 à l’heure ! Même si je préférais l’époque où le groupe démarrait par Ad Victoriam suivi de Blood is the Price of Glory, From Afar est très solide et permet vraiment de lancer le show de la plus belle des manières avec son rythme entraînant et son refrain fédérateur. Dommage qu’un Warrior Without a War, terriblement insipide, vienne faire redescendre la pression avant que In My Sword I Trust et ses sing-alongs relancent les débats.

Le public ne s’y méprend d’ailleurs pas et donne de la voix et de son corps sur ce titre. S’en est suivi ensuite la fofolle Two of Spades, que je n’apprécie pas trop, et Heathen Horde qui a le mérite de pouvoir faire participer le public. Mais la folie de ce set, qui aura vu Marrkus et Sami faire le show sur scène comme toujours, vient des trois derniers titres : la chantante Twilight Tavern, la rapide Ahti et l’apaisante et mélodique Lai Lai Hei. On en viendra juste à regretter un public pas forcément voué à la cause du groupe, ce qui peine à faire prendre de l’ampleur à ces derniers titres qui nécessitent une participation du public. Il suffisait de voir le peu de personnes connaissant le titre Ahti, qui est pourtant un classique du groupe en live !

Mais ne boudons pas notre plaisir. Si le groupe n’est pas si rare que ça dans notre contrée, c’est toujours un plaisir de les voir (même si je trouve toujours Petri aussi fade et Netta Skog inutile). On aurait simplement aimé une setlist faisant un peu plus la part belle à l’album éponyme ou, tout simplement, que le groupe nous ressorte quelques vieilleries comme il a pu le faire par le passé, notamment avec Treacherous GodsToken of Time ou bien encore Little Dreamer.

Setlist :
From Afar
Warrior Without a War
In My Sword I Trust
Two of Spades
Heathen Horde
Twilight Tavern
Ahti
Lai Lai Hei

Iced Earth

Autant ne pas vous faire perdre votre temps : je ne suis pas vraiment un fan d'Iced Earth. C’est un peu le problème (là encore), d’une affiche aussi éclectique, c’est qu’elle peine à convaincre tout le monde. Je vous laisse donc quelques photos et prie les fans de bien vouloir nous excuser pour cette absence.

Merci à Cartel Concerts.

Photos